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Actualités

Victime d’un accident causé par un énorme morceau de glace, Ryan Lowry lance un message de prévention

TROIS-RIVIÈRES — «J’ai été très chanceux dans ma malchance, parce que si l’angle du morceau de glace avait été un petit peu différent, les conséquences auraient été beaucoup plus graves. J’aurais pu y rester». C’est en ces termes que le camionneur originaire de l’Estrie, Ryan Lowry, a résumé sa mésaventure survenue jeudi sur l’autoroute 55, alors qu’il circulait près de Saint-Wenceslas.

L’accident de la circulation causé par un énorme morceau de glace s’étant détaché d’un camion semi-remorque aurait pu avoir de très lourdes conséquences pour le camionneur. Un accident qui rappelle d’ailleurs l’importance de déneiger et de déglacer les véhicules avant de prendre la route, exhorte Contrôle Routier Québec.

L’incident est survenu alors que deux semi-remorques, l’un circulant en direction nord et l’autre, celui de M. Lowry, en direction sud, se sont croisés sur l’autoroute 55. À ce moment, un énorme morceau de glace s’est détaché du toit du camion qui circulait en direction nord, et est allé fracasser le pare-brise du camion de Ryan Lowry.

«Tout est allé très vite. Le morceau est venu se fracasser dans mon pare-brise, et j’ai été blessé au visage. J’ai eu des coupures au front, au nez, aux oreilles, aux lèvres et jusque dans mon cou. Mon épaule a également eu des coupures et j’ai un énorme bleu sur le bras qui va jusqu’à mon biceps», résume le camionneur. Blessé, il a réussi à immobiliser son semi-remorque de façon sécuritaire dans l’accotement. Au même moment, un contrôleur routier du bureau de Trois-Rivières passait par là et a pu venir en aide au conducteur.

LNH

Concours d'habiletés: Shea Weber reprend sa couronne au tir le plus puissant

SAINT-LOUIS — Alors que les femmes ont été mises à l'avant-plan pour une deuxième année de suite lors du concours d'habiletés de la LNH, le défenseur du Canadien de Montréal Shea Weber a retrouvé sa couronne au tir le plus puissant.

Weber a gagné l'épreuve, vendredi au Enterprise Center de St. Louis, à la suite d'un lancer frappé de 106,5 milles à l'heure. Il a devancé le défenseur des Capitals de Washington John Carlson, qui avait réussi un tir de 104,5 milles à l'heure.

Le capitaine du Bleu-blanc-rouge avait remporté l'épreuve du tir le plus puissant trois années consécutives, de 2015 à 2017, mais il n'avait pas été sélectionné au match des étoiles de la LNH lors des deux dernières saisons.

Avant que Weber puisse en mettre plein la vue avec ses boulets de canon, l'équipe féminine du Canada a vaincu celle des États-Unis 2-1 lors d'un match de deux périodes disputé à trois contre trois.

Rebecca Johnston et Mélodie Daoust ont touché la cible pour les Canadiennes alors que Hilary Knight a répliqué pour les Américaines. Néanmoins, les deux équipes espèrent que cette démonstration de talent dans un événement de cette envergure permettra d'aider le hockey féminin dans un avenir rapproché.

La formation canadienne comprenait Daoust, Johnston, Marie-Philip Poulin, Meghan Agosta, Blayre Turnbull, Sarah Nurse, Natalie Spooner, Renata Fast, Laura Fortino et Ann-Renée Desbiens.

Knight, Kendall Coyne Schofield, Brianna Decker, Amanda Kessel, Alex Carpenter, Annie Pankowski, Jocelyne Lamoureux-Davidson, Kacey Bellamy, Lee Stecklein et Alex Rigsby portaient les couleurs des États-Unis.

En ce qui concerne les joueurs de la LNH, le joueur de centre des Islanders de New York Mathew Barzal a détrôné le triple champion en titre Connor McDavid de l'épreuve du patineur le plus rapide. Barzal a fait arrêter le chrono à 13,175 secondes, alors que McDavid, qui a subi une importante blessure au genou au terme de la dernière saison, a réussi un temps de 13,215.

En plus de l'ajout du match de hockey féminin, le concours d'habiletés a mis en vedette une nouvelle épreuve. Les joueurs, placés sur une plateforme dans les gradins, tentaient d'envoyer les rondelles sur les cibles installées sur la glace.

L'attaquant des Blackhawks de Chicago Patrick Kane a été couronné vainqueur. Knight et Poulin ont également fait partie de cette épreuve.

Le gardien des Blues de St. Louis Jordan Binnington a ravi ses partisans en remportant l'épreuve des arrêts consécutifs en échappée. Il a repoussé 10 tirs de suite, dont un de l'attaquant des Sharks de San Jose Tomas Hertl, qui arborait un masque de Justin Bieber.

Le défenseur des Hurricanes de la Caroline Jaccob Slavin a quant à lui gagné l'épreuve des tirs de précision.

Affaires

Laundromat participera à la foire de mode Magic à Las Vegas

Déjà bien présente aux États-Unis, la PME granbyenne Laundromat compte sur sa participation à la plus importante foire commerciale de mode en Amérique du Nord, qui se tiendra à Las Vegas, pour y étendre davantage ses racines.

Laundromat, spécialisée dans la commercialisation de tricots du Népal faits à la main, sera l’une des quelque 50 sociétés et marques québécoises du secteur de la mode qui prendront part à une mission, organisée par la grappe métropolitaine de la mode, mmode, dans le cadre de l’événement Magic 2020, du 5 au 7 février prochains.

Justice et faits divers

Pierre Paul-Hus dénonce que Gallese pouvait voir des femmes pour du sexe

L’agente de libération conditionnelle qui a développé une «stratégie» permettant à Eustachio Gallese de rencontrer des femmes «seulement afin de répondre à [ses] besoins sexuels» a envoyé un meurtrier vers des femmes vulnérables, dénonce le député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus.

M. Paul-Hus, qui est vice-président du Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale à la Chambre des Communes, a été choqué d’apprendre l’existence de ladite stratégie dans le plus récent rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) concernant Gallese. 

«C’est complètement fou de dire à un homme comme ça : “Va voir une prostituée, ce n’est pas grave!”. On ne peut pas accepter ça», dit Pierre Paul-Hus.

À «quelqu’un comme ça, qui est allé en dedans parce qu’il a tué une femme, qui a des pulsions sexuelles, qui est dangereux, dire : “Ah, c’est pas grave, monsieur, allez-y, ça va vous faire du bien”, ça ne marche pas», ajoute-t-il.

Accusé du meurtre de Marylène Lévesque, 22 ans, mercredi soir, dans un hôtel de Sainte-Foy, Eustachio Gallese avait tué sa conjointe en 2004. En semi-liberté après avoir purgé 15 ans de prison, il présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC). 

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) savait que Gallese entretenait des relations «inappropriées» avec des femmes. Mais cela ne l’a pas empêchée de prolonger la semi-liberté de l’homme de 51 ans, lui permettant d’habiter dans une maison de transition. 

Dans son rapport, la Commission note, en s’adressant à Gallese, que «l’audience a permis de réaliser que vous entreteniez, et ce, bien qu’en ayant obtenu l’accord de votre ÉGC, des relations avec des femmes que la Commission juge plutôt inappropriées».

Pour Pierre Paul-Hus, la signification est claire. On lui a «permis d’avoir des relations sexuelles avec des prostituées. C’est ce que ça veut dire, finalement». Ce faisant, la commission a en quelque sorte «considéré que les prostituées ne sont pas à risque», dit M. Paul-Hus. 

La victime, Marylène Lévesque, travaillait comme masseuse dans un salon de massage érotique de Québec. Gallese, qui avait été «barré» du salon, aurait offert à la jeune femme 2000 $ pour aller la rejoindre dans une chambre de l’Hôtel Sépia. C’est à cet endroit qu’elle a été tuée. 

Manon massé «écœurée»

Vendredi, la députée solidaire Manon Massé a été choquée pour des raisons similaires à celles de M. Paul-Hus. Ça «m’écœure de penser qu’on a laissé une jeune femme être exposée, sans aucune surveillance, à un homme potentiellement violent et dangereux pour sa sécurité, un homme qui a été reconnu coupable en 2006 d’avoir tué son ex-conjointe à coups de marteau, et condamné à la prison à vie», a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) s’est aussi dite stupéfaite qu’il ait été permis à Gallese de rencontrer des femmes pour assouvir ses besoins sexuels. «En d’autres mots, on aurait accepté de se servir de femmes dans l’industrie du sexe pour vérifier la capacité de cet homme ayant fait montre d’une violence meurtrière envers les femmes par le passé de réintégrer la société!», a estimé la CLES.

Selon Diane Matte, cofondatrice de la CLES, «il nous faut, comme société, sortir de la prostitution, car sa banalisation tue des femmes de tout âge». 

Vendredi, Geneviève Ricard, porte-parole de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, a indiqué au Soleil que la «Commission ne peut commenter aucun cas particulier, en vertu de la Loi sur les renseignements personnels».

De manière générale, Mme Ricard souligne que le processus décisionnel de la Commission «est très rigoureux et structuré et s’appuie sur une évaluation approfondie du risque de récidive que présente le délinquant». 

En 2018-19, 99,9 % des délinquants en semi-liberté ont complété leur période de supervision sans avoir été condamné pour une nouvelle infraction violente, fait-elle valoir. 

De son côté, Pierre Paul-Hus promet de déposer une motion en chambre le plus rapidement possible pour convoquer la Commission des libérations conditionnelles devant le Comité permanent de la Sécurité publique et sécurité nationale afin que les responsables du dossier de Gallese s’expliquent. 

En chambre, M. Paul-Hus compte aussi interpeller le ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, à propos de la semi-liberté accordée à Gallese.

Justice et faits divers

Meurtre à Sainte-Foy: un conjoint jaloux et contrôlant

«Plote un jour, plote toujours». Ce sont les mots qu’Eustachio Gallese — accusé jeudi du meurtre de Marylène Lévesque — a écrits sur le mur de sa chambre, juste après avoir tué sa conjointe de plusieurs coups de couteau, le 21 octobre 2004.

Le procès devant jury de Gallese, accusé du meurtre non prémédité de Chantal Deschênes, a duré moins de deux semaines à la fin de l’automne 2006. Toutes les notes sténographiques tiennent dans une seule boîte.

On ressort de la lecture avec l’image d’un couple qui se déchire, d’un conjoint jaloux et contrôlant, de deux fillettes qui ont failli voir l’horreur.

Chantal Deschênes, barmaid de 32 ans, et Eustachio Gallese, directeur de la restauration âgé de 36 ans, se sont connus en travaillant à l’Hôtel Québec en 2003. Leur relation s’officialise à Noël et ils emménagent ensemble dans le logement de Chantal, sur le boulevard Pie-XII à Sainte-Foy.

Chantal est maman de deux petites filles. Eustachio Gallese est séparé et père de trois enfants. Gallese a été déclaré coupable de voies de fait sur son ex-conjointe en 1997 en Ontario et condamné à 7 jours de prison.

Les premiers mois se passent bien. Celui que l’on surnomme «Stach» emmène ses enfants et celles de Chantal les dimanches pour patiner ou jouer dans les manèges. 

La relation du couple se dégrade au fil des mois. Pour plusieurs raisons, différentes selon les acteurs du drame.

Eustachio Gallese témoignera qu’il avait un problème d’alcool, travaillait trop et était dépressif. Il consultera médecin et psychologue à l’automne 2003 et aura d’ailleurs des documents pour un arrêt de travail.

Selon Gallese, Chantal Deschênes rentre souvent vers 6h du matin, soit beaucoup plus tard que la fin de son quart de travail au bar de l’Hôtel Québec. Il n’aime pas cela. Il reproche aussi à sa conjointe d’avoir des conversations vulgaires avec d’autres employés.

Chantal Deschênes se confie à quelques reprises à sa mère, à sa grand-mère et à une collègue de travail. «Stach» est jaloux, dit Chantal, et la surveille constamment. Quelques jours avant sa mort, Chantal dit à son amie Gisèle Brisson qu’elle a peur de laisser son conjoint, car elle craint de perdre son emploi. Elle ne s’est jamais plainte de violence physique.

La grand-mère de Chantal a témoigné que sa petite-fille avait peur de son conjoint violent. Elle voulait le laisser, mais il refusait de partir, dira la grand-mère. La dame lui avait conseillé de faire venir la police. Chantal avait refusé parce qu’elle avait trop peur.

Selon la grand-mère, «Stach» avait menacé de «défaire le visage» de sa conjointe, que personne ne puisse voir ses yeux, sa beauté.

«Il ne voulait pas que personne la regarde. Et il ne voulait pas qu’elle regarde les clients», résume la grand-mère.

«Jamais personne t’aura»

La mère de Chantal a témoigné de propos inquiétants que Gallese aurait servis à sa fille. «Si tu veux que je parte, jamais personne t’aura.»

Le 20 octobre 2004, la veille du drame, le chauffeur de taxi Louis Plante a reconduit Chantal Deschênes comme il avait souvent l’habitude de le faire. La femme, habituellement joviale, est nerveuse. Elle lui dit qu’elle vient de «casser» avec son ami et qu’ils se sont engueulés. Elle lui dit qu’il était jaloux.

Eustachio Gallese et Chantal Deschênes ont finalement dormi ensemble le soir du 20 octobre dans le logement sur Pie-XII.

Les deux petites filles sont parties pour l’école tôt le matin, comme à l’habitude.

Eustachio Gallese a témoigné au procès. Il a raconté la scène insoutenable. «L’apocalypse, c’est ça qui est arrivé», dit-il à son avocat, Me Michel Croteau, aujourd’hui retraité.

Selon Gallese, sa conjointe, très fâchée contre lui, aurait voulu le frapper avec un marteau alors qu’il était toujours au lit. Il dit avoir reçu un coup. L’homme, qui mesure six pieds, réussit à empoigner le marteau et c’est lui qui donne plusieurs coups à sa conjointe, une femme de cinq pieds et cinq pouces. 

Il va ensuite à la cuisine et revient avec deux couteaux de boucherie. Il poignarde Chantal au visage et au thorax en utilisant ses deux mains. La pathologiste n’a jamais pu déterminer avec précision le nombre de coups. Elle sait toutefois que la victime ne s’est jamais levée du lit après l’agression et qu’elle a aussi été étranglée.

Lorsqu’il constate que Chantal Deschênes est morte, Eustachio Gallese s’assoit sur le lit. Il recouvre le corps avec la douillette. L’homme saisit un crayon et va écrire les mots «plote un jour, plote toujours», sur le mur, près de la porte. 

En panique, il se tient la tête à deux mains. Il voit du sang partout dans la pièce.

Gallese témoigne qu’il pense à se suicider. Il écrit aussi un mot d’adieu à ses trois enfants et à leur mère.

Il recouvre la fenêtre avec du tissu pour éviter que les filles voient la scène en rentrant de l’école pour dîner.

Lorsque les petites arrivent, Eustachio Gallese les intercepte dans l’entrée et leur annonce qu’il les amène au restaurant. Leur mère est partie magasiner, dit-il. 

Après la sortie au McDonald’s, «Stach» reconduit les filles à l’école. 

Il se rend ensuite chez son ex-femme à Saint-Nicolas et c’est de là qu’il appelle le 9-1-1 en disant vouloir confesser un crime.

Lorsque le policier arrive, Gallese s’approche de lui en tendant les mains en croix et dit : «Arrêtez-moi». Le policier demande pourquoi. Il répond : «Je viens de tuer quelqu’un»

Des policiers de Québec iront chercher les deux fillettes à l’école tandis que des collègues se rendent au logement et que d’autres amènent Eustachio Gallese pour l’interroger. Il est calme, en contrôle et veut parler. Les policiers doivent lui demander d’attendre d’être dans la salle de l’interrogatoire vidéo pour livrer son récit.

Au procès, la défense a plaidé que l’accusé se trouvait dans un état colérique et incontrôlable tel qu’il ne pouvait formuler l’intention de tuer et qu’il est coupable d’homicide involontaire. 

La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux a rappelé aux jurés les peurs confiées par la victime à ses proches. Elle a souligné le fait que le corps de Chantal ne portait aucune plaie de défense. Et que l’accusé, qui disait avoir vu noir après le coup de marteau, n’avait même pas de fracture à la main.

Après seulement 24 heures de délibérations, le jury donne raison à la Couronne et déclare Gallese coupable de meurtre au second degré.

Le juge Jacques J. Lévesque le condamne à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.

«Je veux m’excuser à la famille. Je ne leur demande pas pardon, juste m’excuser», seront les dernières paroles de Eustachio Gallese devant le tribunal.

Actualités

Jonathan Lafrenière-Milot coupable d’homicide involontaire

Jonathan Lafrenière-Milot soutenait que c’est en légitime défense qu’il a poignardé Cédric Dupuis Skinner, le 28 juillet 2018, derrière un restaurant de la rue Authier à Granby.

La victime avait alors tenté de le frapper après lui avoir volé un sac de 3,5 g de cocaïne. « Par réflexe », l’accusé de 29 ans aurait ensuite levé sa main gauche dans laquelle il tenait un couteau long de 10 cm. Une version que le tribunal n’a pas retenue.

Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, a déclaré M. Lafrenière-Milot coupable, vendredi, des accusations d’homicide involontaire et de trafic de cocaïne déposées contre lui.

Stoïque, vêtu d’un complet sombre, l’accusé surnommé Joe Jack Milo n’a pas réagi lors de l’énoncé du verdict.

Tout son témoignage n’a pas été rejeté. En fait, la version de M. Lafrenière-Milot corroborait en grande partie celle d’un autre témoin, Charles Messier.

Au procès, M. Messier a raconté comment lui et M. Dupuis Skinner, passablement éméchés, avaient prévu voler l’accusé, un trafiquant de drogue, sans le payer adéquatement. La victime, âgée de 20 ans, a tenté de frapper M. Lafrenière-Milot aux petites heures du matin, mais a raté son coup.

C’est après que les déclarations diffèrent.

Actualités

Décès d’un léopard de l’Amour au Zoo de Granby

Le Zoo de Granby a annoncé vendredi après-midi le décès, constaté la veille, de Dimitri, un léopard de l’Amour mâle âgé de 14 ans. Rétabli complètement d’un mélanome important depuis quelques années, Dimitri souffrait néanmoins de certains problèmes de santé, dont une faiblesse cardiaque.

Une nécropsie devrait permettre d’identifier les causes précises de ce décès soudain. Puisque la longévité moyenne des léopards de l’Amour sous les soins des institutions accréditées se situe aux alentours de 18 ans, Dimitri était considéré comme avancé en âge.

Arrivé à Granby en 2007, il était le père de Baiko et Milan, deux jeunes mâles. Leur naissance par césarienne constituait d’ailleurs une première nord-américaine dans le milieu zoologique, et une grande fierté pour l’équipe du Zoo.

«C’est une espèce qui nous tient beaucoup à cœur en raison de son statut. Elle est classée en danger critique d’extinction par l’International Union for Conservation of Nature, a indiqué le directeur des soins animaliers, Karl Fournier, dans un message publié sur la page Facebook du Zoo de Granby. Malgré son regard perçant et impressionnant, Dimitri était un très bon mâle envers notre femelle Megan et aussi pour les techniciens en soins animaliers avec qui une belle relation de confiance était établie.»

Santé

Coronavirus: cinq questions pour cinq experts

Le nouveau coronavirus (2019-nCoV) qui circule en Asie a maintenant fait 26 morts et près d’un millier de malades. Deux cas ont été confirmés aux États-Unis. Au Québec, tous les cas sous observation se sont avérés négatifs. Les responsables ne sonnent pas l’alarme pour le moment, puisqu’il y a nettement plus de choses qu’on ne sait pas au sujet de ce virus que de choses que l’on sait. La Presse canadienne a posé cinq questions à cinq experts.

À quel point la situation actuelle est-elle préoccupante?

Docteure Caroline Quach-Thanh, responsable de l’unité de prévention et contrôle des infections au CHU Sainte-Justine :

«Comme avec tout nouveau virus dont on découvre les propriétés au fur et à mesure qu’il se transmet, c’est toujours préoccupant parce que la sévérité de l’infection est encore inconnue, le nombre de cas réels est encore inconnu... À tout le moins on sait à quel virus on a à faire, on sait qu’on est capables de prévenir la transmission, à tout le moins dans les hôpitaux si on met bien en place les mesures de prévention des infections, mais il faut quand même garder l’œil bien ouvert et ne pas s’asseoir sur nos lauriers.»

Pierre Talbot, spécialiste des coronavirus à l’Institut national de la recherche scientifique :

«La situation actuelle me semble une répétition de l’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2002-2003, causée alors aussi par un coronavirus, un des agents causals du simple rhume.»

Gary Kobinger, du département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de la faculté de médecine de l’Université Laval :

«Elle l’est déjà, préoccupante, mais pas nécessaire inquiétante. C’est un virus qui cause pour la plus grande partie des symptômes légers à modérés. Rarement sérieux. Il faut être prêt pour des présentations sérieuses et pour beaucoup des cas si jamais cela venait.»

Donald Cuong Vinh, du département de microbiologie et d’immunologie de l’université McGill :

«En Chine, c’est quand même important, c’est une crise locale. Mais au Canada, le risque présentement est faible, mais ça peut toujours changer. Il faut être vigilants, mais pas nécessairement hystériques. (...) N’oublions pas que nous sommes en plein milieu de l’hiver! Il y a déjà plein de virus qui circulent et potentiellement plus dangereux que ce coronavirus. La grippe, par exemple, ou le virus respiratoire syncytial (VRS), (...) sont abondamment présents, ils circulent, les gens peuvent devenir très malades, et les taux de mortalité avec ces virus, surtout celui de la grippe, ne sont pas négligeables. Les mesures qui sont en place pour protéger contre ces virus (...) sont les mêmes mesures que celles dont on a besoin pour ce coronavirus. On n’a pas besoin de faire plus. Il faut seulement être vigilants.»

Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill :

«Ça demande certainement la plus grande vigilance parce qu’il s’agit d’un événement de virus émergent dont on ne connaît pas encore les propriétés, et tant et aussi longtemps qu’on ne saura pas exactement à quoi on a affaire, il faut être très vigilants. Ça ressemble énormément à ce qui est arrivé avec le SRAS. (...) Comme c’est un virus émergent, il n’y a aucune immunité acquise dans la population, donc en principe ça peut se répandre rapidement. Le virus a maintenant une capacité de se transmettre de personne à personne. Ce qu’on ne sait pas, c’est à quel point les malades sont contagieux. Si on se réfère à l’exemple du SRAS, le SRAS était difficile à gérer parce que bien que la contagiosité moyenne était relativement faible, il y avait une très grande hétérogénéité chez les patients. Alors certains patients étaient peu ou pas contagieux, et d’autres au contraire étaient super contagieux (...) qui historiquement ont infecté 15 à 20 personnes. Et on n’a toujours pas de bonne façon de savoir si un patient infecté est super contagieux ou pas, alors on doit tous les traiter comme s’ils étaient super contagieux. Alors ça rend les événements à suivre un petit peu imprévisibles.»

Que pensez-vous de la gestion de la situation jusqu’à présent?

Docteure Quach-Thanh :

«Je pense que les gens de façon générale ont été très proactifs, ont été plus prudents que moins. J’ai trouvé fascinant de voir que le virus ait été séquencé aussi rapidement. Là où c’est un peu difficile, c’est de connaître vraiment le nombre de cas dont on parle et d’apprendre au fur et à mesure où on pensait qu’il n’y avait pas de transmission dans les hôpitaux, d’apprendre soudainement qu’il y a plusieurs travailleurs de la santé dans les hôpitaux qui ont été infectés... Donc on a besoin d’une transparence dans la gestion de l’éclosion et de l’épidémie pour qu’on puisse réagir à distance et prendre les meilleures mesures possible.»

M. Talbot :

«La gestion de la situation jusqu’à présent me semble à la mesure de la menace de transmission du 2019-nCoV de personne à personne et de pays à pays; à cet effet, je me dois de souligner la proaction et la collaboration apparemment transparente des autorités sanitaires chinoises, ce qui a été tout le contraire dans le cas du SRAS. Il faut démontrer que nous avons appris du SRAS.»

M. Kobinger :

«C’est difficile de dire, pourrait être mieux et pire. Les chiffres/données changent très vite, plus vite que le virus peut se propager donc il y a présentement beaucoup de nouveaux cas identifiés (qui existaient déjà). Tant que l’ajustement (et donc rapide augmentation) ne dure que quelques jours, c’est bon. Si ça double chaque 24 heures pour 20 jours, ça va être difficile.»

M. Vinh :

«La Chine semble avoir appris des leçons du SRAS en 2002, qu’on doit être vigilant face à de nouvelles infections respiratoires, dans ce cas virales. Il semble que les autorités chinoises sont plus transparentes avec les données qu’elles accumulent et elles semblent aussi être capables de mobiliser les ressources pour faire de la recherche (sur le nouveau virus). (...) L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que ce n’est pas une urgence globale, mais (...) de notre point de vue, quand on s’occupe des patients localement (...) on ne veut pas que ça déborde, que ça devienne un problème global pour ensuite dire que c’est une urgence globale. La façon dont on voit souvent les choses dans les hôpitaux, c’est qu’on veut réagir, parfois surréagir, au début pour prévenir une éclosion, au lieu d’attendre pour voir si c’est une éclosion et après ça dire qu’on va mettre des mesures en place.»

M. Tellier :

«À maints égards ça a été très bien et c’est une amélioration notable par rapport au SRAS. Le virus a été détecté, semble-t-il, relativement tôt dans l’événement, alors que c’est encore à peu près complètement confiné en Chine, la séquence génétique a été complètement déterminée, on a déjà des tests génétiques qui ont été mis au point, et on sait à quoi on a affaire. (Quand la crise du SRAS a commencé), on ne savait même pas à quel type de microbe on avait affaire (...) et c’est seulement en cours de route qu’on a su un petit peu à quoi on avait affaire. D’autre part, on profite des leçons apprises pendant la crise du SRAS en termes de prévention des infections et de surveillance proactive. Je pense que la gestion a été de beaucoup supérieure à ce qu’on a vu avec le SRAS et on est en bien meilleure posture.»

Quels conseils donneriez-vous à un voyageur qui doit se rendre dans cette région?

Docteure Quach-Thanh :

«Présentement je vous dirais que si les gens n’ont pas besoin d’aller dans la région de Wuhan, j’éviterais la région parce que l’épicentre a vraiment l’air d’être là. Maintenant, de toute évidence il y a eu de la transmission à l’extérieur de cette région-là, qui semble encore plutôt localisée, il ne semble pas encore y avoir de transmission locale soutenue, alors les précautions de base valent toujours, c’est-à-dire une bonne hygiène des mains, un nettoyage de l’environnement dans lequel on est (...) C’est sûr que le port du masque, si on va dans une région où il y a énormément de cas, peut diminuer la transmission parce que la transmission se fait principalement par gouttelettes, donc les gens qui toussent et le virus qui se dépose à nos voies respiratoires, donc le port du masque peut aussi être une bonne mesure de protection.»

M. Talbot :

«Je recommanderais à ce voyageur de ne se rendre dans cette région que si absolument nécessaire; dans ce dernier cas, il devra être vigilant et appliquer toutes les mesures disponibles de protection personnelle, notamment bien sûr un masque, que les Chinois utilisent beaucoup déjà pour se protéger de la pollution.»

M. Kobinger :

«Éviter la ville problématique si c’est possible (pas nécessaire de prendre des risques inutiles pour du tourisme), au moins jusqu’à ce que la situation soit mieux définie.»

M. Vinh :

«C’est sûr qu’on ne veut pas jouer avec le feu, donc si c’est un voyage qui peut être retardé à un autre point, lorsque les choses seront plus connues, peut-être que la crise est passée, c’est sûr que ce serait idéal. Si c’est absolument impossible d’éviter des voyages dans la région, les mesures qu’on utilise présentement pour se protéger contre les autres virus respiratoires devraient être adéquates.»

M. Tellier :

«Le conseil qui a été donné par les agences de santé publique aux États-Unis, c’est de ne pas y aller. Ça serait la seule façon d’avoir une certitude. Mais s’ils doivent vraiment y aller, il faut éviter les contacts avec le virus, ce qui est plus facile à dire qu’à faire, certainement éviter les marchés où ils vendent des animaux vivants, éviter les contacts avec les patients qui auraient cette maladie, ce qui est plus facile à dire qu’à faire surtout s’il y a des patients infectés qui sont asymptomatiques. (...) En principe, les masques respiratoires de type n95 seraient à recommander pour une protection respiratoire, mais ce n’est pas nécessairement confortable tous les jours. Les masques de type chirurgicaux produiraient une protection beaucoup moindre parce qu’on soupçonne qu’il y a probablement des événements de transmission par aérosol.»

À quoi doit-on s’attendre au cours des prochains jours/prochaines semaines?

Docteure Quach-Thanh :

«Je pense qu’on va voir de plus en plus de cas émerger un peu partout, avec les voyages transatlantiques (...) c’est certain qu’il va y avoir un cas qui va arriver dans un pays qui n’avait pas encore été touché. Je pense aussi qu’avec la capacité que nos laboratoires de santé publique ont déjà de détecter le virus, on va se mettre effectivement à en détecter parce qu’on va se mettre à le chercher et ce que j’espère c’est qu’il n’y ait pas de transmission locale soutenue. Donc pour moi, le message le plus important c’est aux gens qui voyagent et qui reviennent et qui ont des symptômes respiratoires, d’essayer d’éviter les endroits fort populeux et s’ils ont à aller à l’urgence de déclarer rapidement (...) qu’ils ont été dans un pays où il y avait de la transmission du nouveau coronavirus pour qu’on puisse les mettre en isolement de façon adéquate.»

M. Talbot :

«Je m’attends à une propagation à un rythme soutenu de l’épidémie et à l’augmentation du taux de mortalité pour atteindre environ 10 %, ce qui a été le cas pour le SRAS; la mise en place de mesures de surveillance et de mises en quarantaine des cas possibles devrait ralentir et éventuellement stopper la progression.»

M. Kobinger :

«Plus de cas détectés, plus de pays touchés, s’il commence a avoir de la propagation rapide dans d’autres pays alors nous allons être dans une situation où la capacité mondiale à contrôler un nouveau pathogène va être testée.»

M. Vinh :

«D’un point de vue médical, c’est sûr qu’on va voir de plus en plus (de patients), les gens vont avoir peur parce que les symptômes de ce coronavirus sont semblables aux autres symptômes viraux, c’est-à-dire comme la grippe et le VRS. Tous donnent les mêmes symptômes, donc tout le monde va s’inquiéter. On risque d’avoir quelque chose d’extrême où on essaie un petit peu de marginaliser certains gens, comme on a vu (...) avant avec le SRAS. Mais on ne veut pas (mettre en place) une culture où on dit qu’on va éviter les gens asiatiques qui toussent parce que ça va nous donner un virus. (...) Les gens vont avoir des infections virales, des rhumes et des grippes, et ça c’est normal. Il y a des taux déjà élevés, et ça n’a rien à voir avec le coronavirus. C’est certain qu’on va avoir un patient ou des patients confirmé(s) positif(s) pour cette nouvelle souche de coronavirus, mais il faut comprendre que les données qui sortent présentement, qui peuvent toujours changer, le taux de mortalité est inacceptable, mais faible, et les gens qui semblent surtout à risque sont les aînés, encore une fois comme les autres infections virales. Ça ne serait pas surprenant que le virus arrive ici, (...) mais les choses ne seront pas différentes de ce qui se passe déjà.»

M. Tellier :

«Un groupe de modélisation des maladies infectieuses au Royaume-Uni vient de produire un article de quatre pages pleines de mathématiques pour essayer de prévoir quelle est la situation actuelle, et avec très peu de prévisions. Je ne sais pas. De façon générale, un événement de virus émergent, avec un virus comme celui-là, il y a grosso modo trois ou quatre (possibilités). La première, c’est que ça va mourir très rapidement parce que le virus n’est pas capable de se transmettre à un taux suffisant pour maintenir l’infection ou pour déclencher une épidémie. La deuxième, c’est que ça déclenche une épidémie relativement petite, le virus n’est pas très contagieux et il y a moyen de le contrôler (...). Le troisième scénario, qui est toujours celui qu’on redoute le plus, c’est une pandémie à l’échelle mondiale (...) mais on n’a jamais vu ça avec un coronavirus, même un coronavirus aussi dangereux que le virus du cause le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, qui est associé à une mortalité de 40 pour cent (...) le virus est resté confiné presque exclusivement en Arabie saoudite avec un petit peu de cas au Moyen-Orient. Il faut quand même être très humbles parce que c’est un virus dont on ne connaît pas les propriétés et c’est un peu difficile de prévoir avec grande certitude ce qui va se passer.»

Quelles mesures recommanderiez-vous au ministre de la Santé du Canada?

Docteure Quach-Thanh :

«Ce n’est pas ma place de dire au ministre quoi faire, mais je pense que ce qui est très important c’est de réaliser à quel point les structures de santé publique qui sont en place à la fois par les laboratoires, par les directions de santé publique, l’Agence de santé publique du Canada sont des structures qui doivent avoir les moyens nécessaires pour être capables de gérer la situation, de sortir des recommandations rapidement pour que les différents hôpitaux aient une base sur laquelle s’appuyer pour mettre en place les différentes recommandations.»

M. Talbot :

«Je recommanderais en tout premier lieu de ne pas alimenter un sentiment de panique dans la population, en mettant l’emphase sur le fait que les coronavirus sont une famille de virus qui se propagent difficilement de personne à personne, en comparaison par exemple au virus de l’influenza causant la grippe, ce qui fait que l’épidémie actuelle pourra être contenue par des mesures de vigilance et de quarantaine, tout comme pour le SRAS.»

M. Kobinger :

«Ils savent déjà : plan de communication prêt, quarantaine prête au cas, diagnostic prêt, coordination des hôpitaux prête, prise en charge prête, etc. Je suis certain que c’est déjà prêt en tout cas.»

M. Vinh :

«Je pense qu’ils font déjà ce qu’ils sont capables de faire. La Chine doit être encouragée, être transparente et honnête avec ses données, ce qui semble être le cas. Le Canada et les provinces ont des processus déjà en place (...) pour faire le diagnostic aussi rapidement que possible. (...) Quand on a des éclosions comme celle-là, ou des éclosions potentielles, la seule façon qu’on sera capable de contrôler et de battre cette éclosion, et les autres éclosions dans le futur, c’est par la recherche. (...) Il faut comprendre comment ces virus sont sortis, comment ils infectent les humains et comment on peut les traiter. Si on peut répondre à ça, on peut développer des nouveaux traitements en cas que ça se reproduise.»

M. Tellier :

«Il n’est pas approprié pour moi de faire des recommandations. Le ministre a des ressources de consultation (...) et ce sont les meilleurs canaux. Je pense qu’on peut certainement réitérer les principes généraux de contrôle des infections et toute l’expérience qu’on a acquise avec le contrôle du SRAS.»

Les propos des experts ont été condensés à des fins de clarté et de concision.

Justice et faits divers

Le «Doc Mailloux» met la cour en garde contre le rapport sur le pasteur Mukendi

Que penser d’un pasteur qui abuse sexuellement d’une jeune fidèle en citant des versets de la Bible? La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe a travaillé fort pour que le «Doc Mailloux» qualifie la personnalité de Paul Mukendi. Mais le psychiatre a résisté.

Le «Doc Mailloux» avait été mandaté par la défense pour identifier les failles dans le travail de l’agent de probation, auteur du rapport présentenciel.

Mailloux, en lutte avec son ordre professionnel durant une bonne partie de sa carrière, a donc défendu farouchement les champs d’expertise exclusifs de la psychiatrie.

Aux yeux du psychiatre, l’agent de probation, membre de l’ordre des travailleurs sociaux, a outrepassé ses compétences et possiblement induit le lecteur en erreur, selon le psychiatre.

Paul Mukendi, 42 ans, pasteur du centre évangélique Parole de vie, a été déclaré coupable par un jury de multiples agressions sexuelles sur une ancienne fidèle. Le pasteur nie les gestes et porte sa condamnation en appel.

L’agent de probation Frédéric Mignault qui l’a rencontré se montre préoccupé par le risque de récidive car, selon lui, rien n’a changé depuis la période des infractions. Il se questionne aussi sur le «potentiel manipulatoire» de M. Mukendi. 

Le psychiatre Dr Pierre Mailloux avait plusieurs reproches à faire au travailleur social, notamment d’avoir écrit que le discours de Paul Mukendi était dénué d’émotion et qu’il ne paraît pas ébranlé par le processus judiciaire ou la conduite qu’on lui reproche. «Il (l’agent de probation) n’a pas la formation professionnelle pour interpréter son observation, insiste le psychiatre. Une observation peut être dangereuse quand on n’a pas la formation pour faire une interprétation.»

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe a voulu profiter de l’expertise du psychiatre assis dans la boîte, non loin d’elle.

Quelqu’un qui prétend faire des miracles et des délivrances n’a-t-il pas un potentiel manipulatoire, demande la procureure. Techniquement, Paul Mukendi pourrait être psychotique ou délirant et avoir un potentiel manipulatoire, a convenu le psychiatre, en précisant qu’il n’a pas fait d’évaluation du pasteur.

Lorsqu’un homme met la main sur la bouche de sa victime et utilise des versets bibliques pour l’agresser, qu’apprend-on de sa personnalité? veut savoir la procureure.

«Tout homme peut avoir une déviation sexuelle, ça n’a rien à voir avec la personnalité», rétorque le «Doc Mailloux».

Trois ans de probation, 10 ans de prison

Les parties ont fait des suggestions de peine diamétralement opposées.

Les avocats de Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand et Me Mathieu Camirand, ont plaidé pour une période de probation de trois ans et l’imposition de 240 heures de travaux communautaires pour leur client dénué d’antécédent judiciaire.

Ils ont insisté sur les graves répercussions de la couverture médiatique du procès pour le pasteur et sa famille. Paul Mukendi doit toujours se promener avec son chauffeur et doit maintenant filtrer les visiteurs qui se présentent à son église. Le pasteur a reçu des injures en public et des graffitis ont été peints sur l’église, a témoigné son attachée de presse.

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe a réclamé une peine de huit à dix de pénitencier qu’elle divise en deux périodes, la première lorsque la victime était mineure (de 14 à 18 ans) et la seconde pour la période jusqu’à la fin de la vingtaine. C’est durant cette période que la victime dit que le pasteur l’a frappée avant de la forcer à avoir un rapport sexuel.

Le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure rendra sa décision sur la peine le 27 février.

Santé

Coronavirus: le Canada ne connaîtra pas de quarantaines massives

TORONTO — Les Canadiens n’ont pas à s’inquiéter de voir des villes entières mises en quarantaine, même dans l’éventualité — probable — que des cas d’infection au nouveau coronavirus soient signalés au pays, ont assuré vendredi des responsables de la santé publique.

Ils affirment qu’on ne risque pas d’assister ici à ce qui s’est passé à Wuhan, ville chinoise de 11 millions d’habitants où serait née l’éclosion de pneumonie au nouveau coronavirus. «Si un cas survient ici — et il est probable que cela arrive —, la vie suivra son cours», a assuré le docteur Peter Donnelly, directeur de la Santé publique en Ontario.

Affaires mondiales Canada a recommandé vendredi d’«éviter tout voyage non essentiel» dans la province du Hubei, y compris dans les villes de Wuhan, de Huanggang et d’Ezhou, en raison de l’imposition par les autorités chinoises de «sévères restrictions de voyage» visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus.

Outre Wuhan, la Chine a fermé les transports dans au moins 12 autres villes, qui comptent plus de 36 millions de personnes. Les rues animées, les centres commerciaux et autres espaces publics sont devenus étrangement déserts, les masques sont obligatoires en public et certains hôpitaux sont à court de fournitures médicales.

Aucun cas au Canada

La médecin hygiéniste de Toronto, Eileen de Villa, a exhorté les citoyens à consulter des sources d’information crédibles sur l’éclosion virale, comme le site Internet de l’Agence de la santé publique du Canada.

Les symptômes de l’infection au coronavirus ressemblent à ceux du rhume ou de la grippe — toux, fièvre, serrement de poitrine et essoufflement. Mais l’infection peut se transformer en pneumonie, maladie plus grave.

Bien qu’aucun cas n’ait été signalé au Canada, les inquiétudes concernant la propagation du virus au pays ont ravivé — surtout en Ontario — les souvenirs de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. L’éclosion avait fait 44 morts dans la grande région de Toronto et la ville était devenue temporairement une «pestiférée» —l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait lancé un avis conseillant aux voyageurs d’éviter la métropole canadienne.

Mieux préparés qu’en 2003

Le docteur Donnelly, de Santé publique Ontario, rappelle que la situation est maintenant très différente, car les autorités sont bien mieux préparées qu’elles ne l’étaient pour le SRAS : les communications sont plus efficaces, les hôpitaux disposent de meilleures installations d’isolement, si nécessaire, et un test fiable est disponible pour détecter le coronavirus dans les 24 heures.

«Il y a deux semaines encore, les scientifiques ne savaient rien de cette maladie; aujourd’hui, nous connaissons le génome complet du virus et nous disposons d’un test spécifique et fiable, a expliqué le docteur Donnelly. Or, dans de telles situations, ce qui compte, c’est la vitesse et la certitude.»

Par ailleurs, les responsables de la santé publique travaillent avec le Laboratoire national de microbiologie, à Winnipeg, pour mettre au point un test encore plus rapide, a rappelé le docteur Donnelly.

Sa collègue De Villa souligne par ailleurs l’importance de pratiquer une bonne hygiène de base pour prévenir la transmission des virus en général. Les mesures simples consistent à se laver soigneusement les mains, à tousser ou éternuer dans le pli de son coude, et à rester à la maison si l’on est malade.

Même si l’OMS a décidé pour l’instant de ne pas décréter d’«urgence de santé publique de portée internationale», le docteur Donnelly a assuré que les autorités déploient tous les efforts pour garantir que d’éventuels cas signalés au Canada seraient traités efficacement et avec célérité. La docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, déclarait jeudi que les chances d’une épidémie au pays étaient faibles.

Les responsables de la santé publique ont par ailleurs rappelé que le rhume provient de la même famille que le nouveau coronavirus et que le virus de la grippe tue des milliers de Canadiens chaque année.

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AUCUN CAS RÉPERTORIÉ AU QUÉBEC

À ce jour, au Québec, il n’existe aucun cas répertorié d’une personne ayant contracté le coronavirus.

Au cours des derniers jours, six personnes étaient en observation dans des hôpitaux de Québec et Montréal pour déterminer si elles étaient atteintes du coronavirus. Dans tous les cas, les tests ont été négatifs.

L’information a été fournie vendredi par le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, qui s’est montré rassurant, en faisant le point sur la situation à travers le Québec.

Mardi, M. Arruda avait indiqué que six voyageurs en provenance de la Chine étaient débarqués au Québec au cours des derniers jours en présentant des symptômes qui pouvaient s’apparenter à ceux associés au virus mortel, soit des troubles respiratoires.

Elles ont été placées aussitôt sous surveillance médicale dans des hôpitaux de Québec et de Mont­réal pour y subir des tests. Déjà, mardi, l’une d’elles avait reçu son congé.

Les cinq autres étaient toujours en observation, mais elles ont appris vendredi qu’elles n’avaient pas contracté le virus qui ébranle la Chine. «Il n’y a aucun nouveau cas de coronavirus pour l’instant au Québec ni au Canada», a assuré M. Arruda.

Le réseau est prêt

Cependant, par mesure préventive, il ne faudrait pas se surprendre de voir d’autres personnes dans les semaines qui viennent faire elles aussi l’objet d’une surveillance médicale en relation avec ce virus, a dit le principal responsable de la santé publique au Québec.

Et si jamais on découvrait qu’une personne a effectivement contracté le virus potentiellement mortel, le Québec ne serait pas pris au dépourvu, ayant déjà pris toutes les mesures requises pour empêcher la maladie de se propager, a insisté M. Arruda, convaincu que les autorités de santé publique n’avaient pas dormi «sur la switch» ces derniers temps.

Car, chose certaine, «le réseau [de la santé] est prêt à faire face à une éventuelle apparition de cas», selon lui.

«Notre réseau de la santé est sous tension» et prêt à toute éventualité, assure-t-il, exhortant la population à ne pas céder à une peur irrationnelle et non fondée, alors que la Chine multiplie les mesures draconiennes visant à contenir l’éclosion. La Presse canadienne

Actualités

Les travailleuses du sexe traitées comme des «sous-femmes» [VIDÉO]

Pendant que Québec demande des comptes à Ottawa à la suite du meurtre brutal d’une jeune femme, mercredi soir à Québec, par un assassin qui avait obtenu une semi-liberté, l’organisme Stella reproche à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) d’avoir délibérément orienté un homme dangereux vers une travailleuse du sexe.

À l’instar du député Pierre Paul-Hus, la directrice générale de l’organisme de défense des droits des travailleuses du sexe, Sandra Wesley, cachait difficilement sa colère, vendredi, après avoir pris connaissance du rapport de la Commission sur Eustachio Gallese, accusé du meurtre sans préméditation de Marylène Lévesque.

«Le rapport de la Commission évoque très clairement que son agente de libération conditionnelle a développé une stratégie pour qu’il puisse rencontrer des femmes pour ses besoins sexuels», a-t-elle souligné, rapport en mains.

«Donc, ces gens-là savaient que cet homme, qui était considéré très dangereux pour les femmes, n’était pas prêt à avoir des relations amoureuses avec des femmes, qu’il avait un historique de violence extrême envers les femmes, qu’on le laissait aller voir des travailleuses du sexe et il n’y a rien là-dedans qui se préoccupe de la sécurité des travailleuses du sexe.»

L’auteure, ex-escorte et militante pour les droits des travailleuses du sexe Mélodie Nelson abonde dans le même sens.

«Il y a un non-sens dans le fait que l’on reconnaît qu’il y a un risque et qu’on donne plus d’importance aux besoins sexuels d’un homme qu’au risque que d’autres femmes courent. Ç’a vraiment été fait avec l’accord de son agent correctionnel [...] et je ne suis pas vraiment capable de commenter là-dessus, je trouve ça vraiment horrible», laisse-t-elle tomber, visiblement bouleversée.

«On est une autre catégorie, comme des sous-femmes, sous-humains. Ici, [les travailleuses du sexe] ont été utilisées pour protéger le reste de la population, parce que même si c’était un risque modéré, il y avait un risque et on s’est dit que c’était moins grave», a-t-elle déploré.

Québec veut des réponses

La ministre de la Justice, Sonia LeBel, qualifie de troublants et préoccupants les faits entourant le meurtre de la jeune femme de 22 ans et exige des explications du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair.

La Commission, qui voyait en Eustachio Gallese un «risque élevé de violence envers une partenaire» en 2007, avait révisé son évaluation depuis ce temps pour conclure à un «risque modéré».

«Les libérations conditionnelles doivent effectivement prendre en compte les principes de réinsertion sociale, mais ils ont comme principe prépondérant d’abord et avant tout la sécurité de nos citoyens, la sécurité des gens», a rappelé la ministre LeBel, selon qui il est important «de bien comprendre les raisons qui ont mené à cette décision-là et de voir si les commissaires sont bien outillés, suffisamment outillés pour faire l’évaluation du risque».

Dans un bref courriel, le ministre Blair soutient notamment que «la protection du public est le critère prépondérant dans toutes les décisions prises par la Commission des libérations conditionnelles» et que «les actes de violence commis par les personnes en semi-liberté sont extrêmement rares».

Santé

Le coronavirus 2019-nCoV se cacherait dans les serpents

MONTRÉAL — Le nouveau coronavirus (2019-nCoV) qui circule en Asie proviendrait partiellement des chauves-souris et se serait caché dans les serpents avant de passer aux humains, concluent des chercheurs chinois.

Dans une étude publiée en ligne par le Journal of Medical Virology, les chercheurs de l’Université de Wuhan — la ville où l’éclosion a été détectée pour la première fois — rappellent que les victimes ont fréquenté un marché en plein air où elles ont côtoyé des fruits de mer, de la volaille, des serpents, des chauves-souris et du bétail.

En procédant à une analyse génétique détaillée du 2019-nCoV et en le comparant au profil génétique d’autres virus, les scientifiques concluent que le nouveau virus semble provenir d’une combinaison entre un coronavirus trouvé chez les chauves-souris et un autre coronavirus d’origine inconnue. Le 2019-nCoV se serait ensuite caché dans des serpents avant de sauter aux humains.

«Tout est possible»

«Oui, c’est possible, a commenté par courriel le chercheur Gary Kobinger, du département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval. Le virus s’apparente aux coronavirus de chauves-souris (nous et d’autres l’avions noté) et selon cette analyse de serpents. Il ne s’agit que de l’origine qui peut dater de plusieurs années/décennies. Tout est possible. Dans tous les cas, la vraie réponse va venir des échantillons récoltés dans le marché et ailleurs (échantillonnage de l’environnement qui inclut les animaux).»

Les chercheurs chinois croient que l’identification des serpents comme étant «fort probablement le réservoir [...] est très importante pour un contrôle efficace de l’éclosion causée par le 2019-nCoV».

L’étude recommande de tester l’efficacité des antiviraux disponibles face au nouveau coronavirus.

Santé

Élargissement de l’aide médicale à mourir: le Collège des médecins met en garde

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) met en garde le gouvernement Legault et les administrateurs du réseau de la santé au sujet de l’élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) aux personnes qui ne sont pas en fin de vie : les ressources mobilisées par la gestion des demandes d’AMM ne devront pas l’être au détriment des autres malades qui ont besoin de soins actifs.

Dans un éditorial publié jeudi matin sur le site Internet du CMQ, le secrétaire de l’ordre professionnel, le Dr Yves Robert, rappelle qu’en clinique, le pronostic vital est très important pour décider des soins appropriés à dispenser à une personne atteinte d’une maladie grave et incurable. 

«De plus, s’il peut être acceptable, à certaines conditions, d’abréger la période d’agonie vécue par une personne dont le décès est imminent et qui souffre de manière intolérable sans pouvoir être soulagée — ce qui était le cadre de réflexion initial jusqu’à maintenant —, il en va tout autrement d’une personne dont le décès n’est pas prévu à brève échéance. L’évaluation de l’ensemble de la situation clinique de la personne qui demande une AMM doit être effectuée avec encore plus de rigueur et de compétence, et le respect de tous les critères de la loi doit être confirmé», ajoute le secrétaire du CMQ.

Le Dr Yves Robert souligne qu’il importera toujours de considérer l’ensemble de l’arsenal thérapeutique disponible pour soulager la souffrance d’une personne, «mais aussi tout ce qui, au-delà des soins, pourrait améliorer sa qualité de vie».

Le docteur rappelle du reste que si on élargit le droit des patients à faire une demande d’AMM, «cela ne signifie pas pour autant que l’AMM sera administrée». Il souligne que la demande sera analysée en tenant compte des autres critères imposés par la loi et de l’évaluation de la situation clinique du patient, comme c’est déjà le cas présentement.

Le secrétaire du CMQ rappelle également aux responsables politiques et aux administrateurs du réseau de la santé qu’avec les modifications législatives à venir, «l’évaluation de la situation clinique prendra du temps et des ressources appropriées, qui devront être disponibles». «Le véritable défi sera de veiller à ce que les ressources mobilisées par la gestion des demandes d’AMM ne le soient pas au détriment des autres malades qui ont besoin de soins actifs», écrit-il.

Le Dr Robert s’intéresse aussi à la réflexion qui sera entamée à moyen terme avec les spécialistes en santé mentale. Selon lui, «les défis que représente l’accompagnement des malades atteints de troubles psychiatriques ou du comportement qui demandent une AMM deviennent particulièrement cruciaux dans le contexte des prochains changements législatifs, et les soignants devront être guidés».

Justice et faits divers

Un des criminels les plus recherchés au Québec arrêté après une cavale de 17 ans

MONTRÉAL — L’un des dix criminels les plus recherchés au Québec a été arrêté lundi aux États-Unis après une fuite de plus de 17 ans, a indiqué le Service de police de la Ville de Montréal.

Parthasarthie Kapoor a été arrêté à l’aéroport de Newark, au New Jersey. Il tentait de prendre un vol en direction de l’Inde.

Il est accusé d’avoir agressé sexuellement cinq garçons âgés de 7 à 14 ans après les avoir attirés chez lui. Les actes qui lui sont reprochés auraient été commis de 1998 à 2003.

L’homme, qui avait le statut de résident permanent au Canada, s’était enfui aux États-Unis en 2003 après avoir appris qu’il faisait l’objet d’une enquête criminelle. Des mandats d’arrestation pancanadien et international avaient alors été lancés contre le suspect afin qu’il puisse être ramené au pays.

Selon le site internet de la Sûreté du Québec, il aurait été mis au courant de l’enquête par un proche d’une des présumées victimes.

Parthasarthie Kapoor, âgé de 47 ans, a comparu mardi devant un tribunal du New Jersey. Il demeure détenu en attendant les procédures visant à l’extrader au Canada.

Actualités

Le détenu mange des morceaux du matelas de sa cellule!

La Tuque — Un homme de 45 ans de La Tuque a comparu sous plusieurs chefs d’accusation au palais de justice de La Tuque, jeudi. Stéphane Whittom a été accusé de voie de faits armés, méfait, entrave, menace de mort et d’intimidation.

Les policiers de la Sûreté du Québec de l’agglomération de La Tuque ont reçu un appel vers 3h45 jeudi matin concernant un individu violent dans une résidence. L’individu aurait saccagé l’intérieur d’un logement avec un marteau de construction.

Arts

Financement culturel dans les régions: Québec veut rétablir l’équité

Québec s’attaque à l’iniquité en matière de financement culturel dans les régions. De passage à Gatineau, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé, jeudi, un investissement supplémentaire de 5 millions $ dans les ententes de développement culturel (EDC) pour l’année 2020.

« Dans les faits, c’est du rattrapage qu’on fait pour les régions intermédiaires [comme l’Outaouais], a-t-elle précisé. Nous trouvions qu’il y avait de l’iniquité pour ces régions qui se trouvaient à être moins bien subventionnées. Nous avons modifié le programme des EDC pour nous assurer que les régions, à la grandeur du Québec, soient mieux outillées et financées. »

Les EDC ont été conclues avec les villes sous l’ancien gouvernement, en 2017. Ces ententes venaient à échéance en 2020, mais la ministre Roy a jugé bon de rouvrir le programme immédiatement afin d’amorcer le rattrapage entre les régions intermédiaires et les grandes villes comme Montréal et Québec. 

À LIRE AUSSI: Le futur musée régional de l'Outaouais, une priorité pour Québec

Un total de 88 villes et MRC se partageront donc un montant supplémentaire de 4 millions $ pour la réalisation d’initiatives culturelles sur leur territoire. Une autre somme de 1,2 million $ permettra aussi à 21 nouvelles EDC de voir le jour cette année. Les nouvelles sommes annoncées  portent l’investissement total pour les EDC en 2020 à 14 millions $. Il s’agit d’une augmentation de 56 % par rapport aux ententes signées sous le l’ancien gouvernement libéral pour l’année 2019-2020.

La ministre de la Culture et des Communications a ajouté que les nouvelles dispositions encadrant les EDC seront en vigueur dans le cadre des négociations pour les nouvelles ententes triennales qui couvriront la période 2020-2023. « On voulait valoriser les régions intermédiaires et on verra dans le prochain budget ce que ça représentera en termes de bonification », a-t-elle ajouté. 

Pour l’Outaouais, cette annonce représente un investissement supplémentaire de 455 350 $. « C’est une augmentation de 91 % des montants consacrés aux EDC cette année », a fièrement souligné le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe. « Il ne faut pas avoir peur de le dire, il y a du rattrapage à faire en Outaouais, a-t-il ajouté. Voilà un geste concret qui démontre qu’on fait ce rattrapage. On ne réglera pas le problème de sous-financement en Outaouais en arrivant un bon matin avec un chèque sous le bras. Ça va se faire sur plusieurs années avec des gestes concrets comme celui qu’on fait aujourd’hui. »

La ministre Roy s’est aussi dite consciente du rattrapage à faire en matière de financement culturel en Outaouais. « Les EDC sont un levier, a-t-elle dit. Il y en a d’autres qui devront être ajustés et on le fera éventuellement. Il y a aussi d’autres domaines où l’Outaouais mériterait d’avoir sa part du gâteau et on y travaille quotidiennement. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a salué la mesure, soulignant au passage que les EDC sont une façon de répondre directement aux demandes du milieu. « C’est un programme basé sur nos priorités, a-t-il dit. Ce n’est pas le gouvernement qui arrive avec de l’argent en nous disant de changer nos priorités. Ce sont nos priorités. Pour Gatineau [qui recevra 290 300 $ des 455 350 $ annoncés], une bonne part des montants ira au fond d’animation du centre-ville et au sentier culturel. Pour nous, la culture c’est pour donner une meilleure qualité de vie, améliorer notre environnement, mais c’est aussi pour revitaliser notre centre-ville. C’est un outil de développement puissant et cette entente va nous permettre de multiplier notre force de frappe. »

Affaires

Le coronavirus pourrait avoir des impacts sur l’économie

MONTRÉAL — Au-delà des inquiétudes strictement médicales, le nouveau coronavirus apparu en Chine soulève des préoccupations sur le coût économique potentiel d’une épidémie mondiale — comme on l’avait vu avec le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) il y a 17 ans.

Les autorités cherchent à éviter une répétition de la propagation du SRAS, qui avait coûté à l’économie canadienne environ 4 milliards $US en 2003.

«Le coût pour l’économie mondiale peut être assez colossal, en termes de PIB négatif, si cette épidémie atteint des proportions épidémiques, car jusqu’à cette semaine, les marchés sous-estimaient le potentiel de propagation de la grippe», écrit dans un rapport Stephen Innes, stratège en chef pour l’Asie auprès de la firme de services financiers AxiCorp.

L’industrie du voyage a déjà commencé à ressentir les contrecoups de cette éclosion, alors que les titres de quatre compagnies aériennes nord-américaines qui desservent la Chine, dont Air Canada, ont chuté mardi en Bourse, dans un climat d’anxiété grandissante face à l’infection virale. Aucune de ces compagnies aériennes n’atterrit à Wuhan, foyer d’origine de l’infection, mais leurs partenaires chinoises le font, et certains passagers passent d’un transporteur chinois à un transporteur canadien.

Les actions des trois plus grands croisiéristes américains ont également chuté; le titre de Royal Caribbean Cruises, qui jouit d’une forte présence chinoise, a perdu plus de 4 % cette semaine.

L’analyste Chris Murray, d’AltaCorp Capital, a rappelé la nervosité des investisseurs face aux titres du secteur touristique après l’éclosion de SRAS en 2002-2003, puis de la grippe H1N1 en 2009 et du virus Ebola en 2014. «Ces épidémies à plus grande échelle peuvent avoir un impact à court terme plus prononcé, rappelle-t-il. Cependant, dans les trois cas, le cours des actions s’est redressé assez rapidement, en quelques mois, une fois que l’on a mieux compris l’ampleur et la gravité de la propagation.»

Moindre ampleur

L’ampleur de l’épidémie à ce jour est en tous cas bien moindre que celle du SRAS, un virus de la même famille que le coronavirus qui s’était propagé en 2002-2003 de la Chine à une trentaine de pays dont le Canada — essentiellement dans la grande région de Toronto. Le SRAS avait infecté plus de 8000 personnes dans le monde, tuant près de 800 malades, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie avait infecté environ 438 Canadiens et fait 44 morts dans la région de Toronto.

Le SRAS a coûté 4 milliards $US au pays et environ 28 000 emplois, selon un rapport de 2014 du professeur Kai Ostwald, de l’École des politiques publiques et des affaires mondiales à l’Université de la Colombie-Britannique. Ces coûts sont attribuables en grande partie à des changements, motivés par la peur, dans le comportement des consommateurs plutôt qu’à des frais médicaux plus élevés, a estimé le professeur Ostwald. «Les gens ont considérablement réduit les activités qui les mettaient à proximité des autres — pas seulement l’avion ou les restaurants, mais aussi le boulot ou l’école.»

Selon la Commission canadienne du tourisme, les hôtels du Grand Toronto, où l’épidémie canadienne a été concentrée, ont perdu environ 39 millions $ de revenus en avril 2003 seulement. Selon le Conference Board du Canada, des volumes de trafic plus faibles à l’aéroport Pearson de Toronto ont entraîné des pertes de 220 millions $. Plus de 800 visites guidées en autocars ont été annulées à la fin d’avril — lorsque l’OMS a diffusé un avis de voyage d’une semaine pour Toronto —, avec une perte pouvant atteindre 6 millions $.

Air Canada a refusé de spéculer sur l’impact potentiel du coronavirus sur ses activités. Dans les rapports financiers de 2003, le transporteur indiquait que les revenus provenant des passagers avaient diminué en partie en raison de la baisse de la demande de voyages résultant de la crise du SRAS, en particulier sur le marché du Pacifique.

Chang Hoon Oh, professeur de commerce à l’Université Simon Fraser, a mis en garde contre toute réaction alarmiste à une épidémie relativement petite. Les autorités canadiennes sont maintenant mieux préparées aux virus de type SRAS, a-t-il rappelé. Mais il souligne également que le nombre de visiteurs chinois au Canada a augmenté depuis — il a été multiplié par 10 depuis 2000, pour atteindre 757 000 voyageurs en 2018, selon Statistique Canada.

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Jusqu’à quatre heures entre ciel et terre

Certains ont l’impression d’avoir vécu une expérience « historique », d’autres posent un regard plus critique sur la procédure mise en œuvre. Les commentaires étaient nombreux au lendemain de l’évacuation manuelle de quelque 200 skieurs mercredi soir, à la suite d’un bris majeur de la remontée l’Express du Village, à Bromont, montagne d’expériences.

Dans l’opération, certains clients sont demeurés immobilisés dans une chaise ou une télécabine pour une période allant jusqu’à quatre heures. Alors que la remontée mécanique s’est arrêtée peu après 19 h, la dernière télécabine a été évacuée à 23 h 45, a affirmé jeudi le directeur marketing et communication à la station de ski, Marc-André Meunier. 

Lors de l’évacuation, les chaises ont été priorisées, les skieurs étant plus exposés au froid et au vent, souligne le porte-parole de la station.

N’empêche, la soirée a été longue pour tous ceux qui sont demeurés prisonniers de l’Express du Village. C’est entre autres le cas du Granbyen Jean-Philippe Duval, qui était en compagnie d’un collègue de travail. Ils sont demeurés près de deux heures et demie perchés en hauteur. 

« On comprend que ce sont des choses qui peuvent arriver, mais aucune communication n’a été faite. On ne connaissait pas le plan. (...) Ils sont venus nous voir au bout d’une demi-heure pour nous dire qu’ils travaillaient sur une évacuation mécanique d’urgence, mais on est resté deux heures après sans que personne nous dise ce qu’il se passait. On était dans le brouillard », déplore M. Duval qui, bien qu’il ait eu froid, n’a pas souffert d’engelure. Il se réjouit d’ailleurs que le mercure n’ait pas glissé davantage sous le point de congélation.

Si lui et son ami ont attendu d’être évacués par l’équipe de patrouilleurs de la station, ce n’est pas le cas de six personnes qui se trouvaient un peu plus bas dans la remontée. Jean-Philippe Duval dit les avoir vu sauter de leur chaise pour se sortir de cette situation.

Selon lui, les autres skieurs qui prenaient place dans la chaise avec lui sont demeurés calmes, mais tous ont néanmoins ressenti une certaine frustration de se retrouver dans cette situation.

Justice et faits divers

Meurtre dans un hôtel de Sainte-Foy: l'accusé présentait un risque de récidive «modéré»

En semi-liberté après avoir purgé 15 ans de prison pour le meurtre de sa conjointe, Eustachio Gallese présentait un risque de récidive «modéré», selon son équipe de gestion de cas (ÉGC). La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) savait que l'homme entretenait des relations "inappropriées" avec des femmes dans la communauté, ce qui ne l'a pas empêchée de prolonger sa semi-liberté.

Le quinquagénaire bénéficiait de l’encadrement d’une maison de transition de Québec depuis mars dernier lorsqu’il a été arrêté pour le meurtre commis à l’hôtel Sépia. Il devait respecter certaines conditions, dont celle d’informer «immédiatement» sa surveillante de libération conditionnelle de toutes ses fréquentations ou relations intimes avec les femmes. 

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Jeune femme assassinée dans un hôtel de Québec

Dans sa décision datée du 19 septembre et concluant à la prolongation de la semi-liberté d’Eustachio Gallese, la CLCC mentionne que selon l’évaluation du risque de violence familiale faite en 2007, Gallese présentait «un risque élevé de violence envers une partenaire, mais un risque faible envers autrui en contexte familial». 

«Toutefois, votre ÉGC évalue maintenant que vous présentez un risque modéré de récidive, considérant les progrès que vous avez faits en lien avec votre criminalité», écrit la CLCC.

«Au cours de votre période d’incarcération dans le cadre de la présente peine, vous avez généralement maintenu un comportement conformiste, malgré votre gestion des émotions parfois problématique», mentionne encore la Commission, qui note que les suivis psychologiques et criminologiques ainsi que les programmes correctionnels auraient permis à Gallese de «faire des progrès importants». 

«Dans le cadre de votre suivi correctionnel, votre ÉGC indique que vous faites des réflexions et des liens sur plusieurs aspects de votre vie, incluant votre besoin de plaire. Bien que vous soyez toujours célibataire et que vous disiez ne pas être prêt pour entrer en relation sérieuse avec une femme, vous êtes en mesure d‘évaluer efficacement vos besoins et vos attentes envers les femmes», peut-on lire dans la décision de la CLCC.

Des relations «inappropriées»

Le document nous apprend qu’une stratégie a été développée afin que Gallese puisse rencontrer des femmes, «mais seulement afin de répondre à vos désirs sexuels». «Votre ÉGC vous a permis de faire ces rencontres moyennant que vous fassiez preuve de transparence», indique-t-on.

La CLCC mentionne que «l’audience a permis de réaliser que vous entreteniez, et ce, bien qu’en ayant obtenu l’accord de votre ÉGC, des relations avec des femmes que la Commission juge plutôt inappropriées». 

«Cette stratégie de gestion du risque telle que comprise et présentée en audience constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant. Dans ce contexte, la Commission s’attend à ce que cette grille d’analyse qui a culminé à cette approche soit réexaminée», écrit l’organisme.

La Commission a prolongé la semi-liberté d’Eustachio Gallese pour une période de six mois «puisqu’elle est d’avis qu’une récidive avant l’expiration légale de votre peine ne présentera pas un risque inacceptable pour la société et que cette libération contribuera à la protection de celle-ci en favorisant votre réinsertion sociale en tant que citoyen respectueux des lois».

Justice et faits divers

Meurtre dans un hôtel de Sainte-Foy: l’accusé avait tué sa conjointe en 2004

Eustachio Gallese a été formellement accusé jeudi après-midi du meurtre non prémédité d’une jeune femme de 22 ans, Marylène Lévesque, qui travaillait comme masseuse dans un salon érotique. Le suspect de 51 ans était en semi-liberté après avoir purgé une peine de 15 ans de prison pour le meurtre sordide de sa conjointe, survenu à l’automne 2004 dans le secteur de Sainte-Foy.

Selon la police de Québec, Gallese s’est présenté vers 23h35 mercredi à la centrale du parc Victoria, où il aurait avoué son crime. Il aurait aussi précisé que la victime se trouvait à l’Hôtel Sépia, près de l’Aquarium de Québec. 

Des policiers se sont dirigés rapidement à l’hôtel, où ils ont découvert la victime inanimée. La jeune femme «portait des traces de violence», indique Étienne Doyon, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Son décès a été confirmé dans les minutes suivantes. 

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Une scène de crime a été érigée autour de l’hôtel. L’Unité d’identité judiciaire et des enquêteurs se sont rendus sur place pour faire la lumière sur les circonstances de l’homicide.

Après avoir été rencontré par les enquêteurs, Gallese a été formellement accusé de meurtre au deuxième degré jeudi après-midi. 

Lors de sa comparution au palais de justice de Québec, Gallese était vêtu de la combinaison blanche remise aux détenus, avec son manteau par-dessus. Il écoutait attentivement les ordres de la cour et hochait la tête. Il affichait un air triste.

L’accusé s’est vu interdire de communiquer avec tous les membres de la famille de la victime de même qu’avec le conjoint de celle-ci. Il ne peut non plus entrer en contact avec les employés de l’hôtel Sépia et du restaurant le Galopin, ainsi qu’avec tous les témoins de l’éventuel procès. 

Les membres de la famille de la victime ont assisté à la comparution. Gallese les a d’ailleurs regardés à quelques reprises dans la salle. La plupart des proches de la victime, dont son conjoint, sont venus de Chicoutimi. Un proche a confirmé que la victime était masseuse érotique à Québec. Selon lui, elle et sa mère ne se seraient pas parlé depuis trois mois. 

Gallese demeurera incarcéré jusqu’à son retour devant un juge, le 27 février. 

Sauvagement battue

Eustachio Gallese avait été reconnu coupable en décembre 2006 du meurtre sans préméditation de sa conjointe, Chantale Deschênes, 32 ans. Le 24 octobre 2004, l’homme avait sauvagement battu sa victime à coups de marteau avant de la poignarder à plusieurs reprises. 

Chantal Deschênes travaillait comme barmaid à l’Hôtel Québec sous les ordres de Gallese. Pendant le procès, on avait appris que Gallese avait quitté femme et enfants pour aller vivre avec elle, mais qu’il s’était vite montré jaloux et possessif.

Le jury n’avait pas adhéré à la version de la défense voulant que l’homme alors âgé de 38 ans ait perdu la tête après avoir reçu un coup de marteau sur une main de la part de sa conjointe. Gallese avait été condamné à l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans. 

La Cour d’appel avait rejeté en 2009 les pourvois logés par Eustachio Gallese, qui faisait appel du verdict de culpabilité rendu par le jury et du délai préalable à une libération conditionnelle déterminé par le juge.

Les trois juges de la Cour d’appel avaient rappelé que Gallese avait des antécédents judiciaires, dont une condamnation pour violence conjugale à l’égard d’une précédente conjointe. Avec Marc Allard

Justice et faits divers

Groupe Capitales Médias: la demande d’appel des retraités rejetée

La Cour d’appel du Québec n’entendra pas la demande des retraités de quatre journaux de Groupe Capitales Médias, qui s’opposent à l’homologation du plan de relance des entreprises sous forme de coopératives.

Dans une décision de 18 pages, le juge Jacques J. Lévesque de la Cour d’appel rejette sans ambages la requête pour permission d’appeler présentée par l’avocate représentant les retraités du Soleil, du Nouvelliste, de La Voix de l’Est et du Quotidien.

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Le juge Lévesque considère que son collègue Daniel Dumais de la Cour supérieure a «judicieusement, raisonnablement et sensiblement exercé la discrétion qui était la sienne d’homologuer le plan, qu’il a particulièrement bien considéré les enjeux qui lui étaient présentés et que les reproches qu’on lui impute n’ont guère de fondement».

Rappelons que les six journaux anciennement propriété de Martin Cauchon ont été mis en faillite le 19 août. 

Une procédure de restructuration sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers s’est mise en branle. 

Un plan d’arrangement avec les créanciers a été présenté au tribunal. C’est un collectif des employés des six journaux qui propose de racheter l’entreprise et de la transformer en coopérative de travailleurs. Les employés investiront une partie de leur salaire dans l’entreprise. Le plan prévoit aussi la terminaison des régimes de retraite à prestations déterminées, qui ont accumulé un déficit de 65 millions $. Retraités et employés actifs perdront ainsi environ 30 % de leur rente.

Le plan, approuvé par la Cour supérieure le 23 décembre, prévoit aussi des quittances envers les centrales syndicales, les syndicats et les comités de retraite pour leurs actions dans le cadre de la restructuration depuis le 19 août.

C’est sur ce point bien précis des quittances que les associations de retraités voulaient pouvoir interjeter appel. Comme le relève la Cour d’appel, l’avocate des retraités a fait valoir qu’en contestant les quittances, elle voulait faciliter les recours juridiques déjà entrepris en vertu d’infraction alléguée au Code du travail ou la mise en œuvre d’une action collective contre les personnes qui pourraient être responsables du déficit important du fonds de pension.

La permission de se pourvoir ne sera accordée que si l’appel soulève une question sérieuse et d’intérêt général, rappelle le juge Lévesque. Les associations de retraités ne l’ont pas convaincu que c’était le cas, dit-il. 

Le pouvoir discrétionnaire du juge de la Cour supérieure et son rôle dans l’approbation du plan «font l’objet d’une jurisprudence constante», rappelle le juge Lévesque. 

Régime d’assurance-pension réclamé par QS

Dans un communiqué diffusé jeudi, Québec solidaire presse le gouvernement de la CAQ de mettre sur pied un régime d’assurance-pension au Québec afin de mieux protéger les retraités québécois.

«Depuis le 1er janvier, les retraités de Groupe Capitales Médias ont perdu près d’un tiers de leur fonds de pension. Avant eux, ce sont les gens de chez Sears, de la White Birch ou encore de Mabe Canada qui ont eu droit au même traitement. Combien de drames comme ceux-là va-t-on laisser se produire avant de passer à l’action? Ce genre de capitalisme sauvage doit cesser. Le gouvernement de M. [François] Legault doit agir cette année pour garantir qu’aucun Québécois ne verra plus partir en fumée le fruit de toute une vie de travail», fait valoir le député de Rosemont et porte-parole de Québec solidaire en matière de justice économique et fiscale, Vincent Marissal.

Pour le député solidaire, la solution passe par la mise en place d’un régime d’assurance-pension québécois inspiré du programme similaire mis sur pied en Ontario il y a 25 ans, «un régime qui a fait ses preuves depuis son implantation, puisqu’il affichait des surplus de plus de 736 millions $ au 31 mars 2018».

«M. Legault est carrément obsédé par ce que fait l’Ontario, et il aurait tout intérêt à s’en inspirer dans le cas des retraites! Depuis 25 ans, les retraités ontariens sont eux protégés en cas de faillite de leur entreprise. L’Ontario est pourtant bien loin d’être un État socialiste. Si le fonds d’assurance-pension a survécu à Mike Harris et à Doug Ford, c’est qu’il a aussi fait ses preuves du côté des employeurs, qui y voient une bonne façon d’attirer de bons candidats et de leur garantir plus de stabilité», souligne l’élu de Rosemont.

Selon Québec solidaire, le gouvernement caquiste a également la responsabilité de faire pression sur Power Corporation afin que l’entreprise protège les retraites des anciens employés de Groupe Capitales Médias, comme elle l’a fait pour les employés de La Presse.

«On va se le dire : c’est inhumain de laisser des gens qui ont travaillé toute leur vie vivre leur retraite, et pour certains, vivre leurs dernières années, dans la misère. Ce qu’a fait Power Corporation, ce n’est ni plus ni moins qu’une manigance comptable et franchement immorale, d’autant plus qu’on a appris que M. Cauchon a été payé 500 000 $ par année pour mettre à mort les journaux de Groupe Capitales Médias. Le gouvernement québécois a la responsabilité de faire pression sur Power Corporation pour qu’elle remplisse ses obligations morales et qu’elle ne laisse pas des centaines de retraités sur la paille», conclut-il.

Trois demandes du PQ

Au parlement de Québec, le député de Jonquière et candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, a qualifié la décision d’«étonnant[e] et surtout décevant[e]».

M. Gaudreault a du même coup réitéré trois demandes : «une enquête de Retraite Québec sur ce qui est advenu de la question des retraités lors de la transaction de 2015 entre Power Corporation et Groupe Capitales Médias», «que Power Corporation s’implique dans le renflouement des régimes de retraite des retraités de Groupe Capitales Médias» et «que l’Assemblée nationale adopte une loi pour protéger les régimes de retraite des employés, sur le modèle de l’Ontario, donc un régime d’assurance-pension du Québec». Avec Olivier Bossé

Actualités

Mort du syndicaliste Fernand Daoust

MONTRÉAL — Fernand Daoust, qui a marqué l’histoire du syndicalisme québécois pendant plusieurs décennies en oeuvrant à la FTQ, est décédé à l’âge de 93 ans.

On ignore la cause de la mort, mais on savait Fernand Daoust malade depuis un certain temps.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, écrit dans un communiqué que la mort de M. Daoust l’attriste profondément. Il ajoute qu’il était un homme profondément attachant qui a dédié sa vie à faire du Québec une société moderne, plus juste et plus démocratique, et de la FTQ la grande centrale qu’elle est devenue aujourd’hui.

Le secrétaire général, Denis Bolduc, ajoute que c’est une page importante de l’histoire du Québec et du mouvement syndical qui se tourne avec le départ de Fernand Daoust qui a été, précise-t-il, de tous les combats du Québec moderne.

Dans l’esprit populaire, «le grand Fernand» est indissociable de «Ti-Louis», Louis Laberge, son «acolyte» à la tête de la plus grande centrale syndicale du Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Sa vie professionnelle a été marquée par deux grandes causes: la défense des travailleurs et la défense de la langue française.

L’action syndicale de Fernand Daoust s’est étendue de 1950 à 1993.

Il est né le 26 octobre 1926 d’un père facteur et d’une mère qui travaillait dans des ateliers de couture. Il a étudié en Sciences économiques et en Relations industrielles à la Faculté des sciences sociales de l’Université de Montréal.

Il a fait ses premières armes au sein du mouvement syndical en 1950, à sa sortie de l’université. Il a d’abord milité au Syndicat des chapeliers, puis au Congrès du travail du Canada.

En 1959, il est devenu conseiller technique au Syndicat des travailleurs des industries pétrolière, chimique et atomique. En 1968, il est devenu directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

En octobre 1964, il a été battu par une seule voix au poste de président de la FTQ par celui qui allait devenir son complice pendant un quart de siècle, Louis Laberge.

Il est devenu secrétaire général de la FTQ en 1969. Il a occupé cette fonction de numéro deux de la FTQ jusqu’en 1991, date à laquelle il est devenu président. À ce titre, il était également vice-président provincial du Congrès du travail du Canada (CTC), la grande centrale pancanadienne.

Dès la création du Fonds de solidarité de la FTQ en 1983, il avait été nommé premier secrétaire.

Intellectuel nationaliste

Si Louis Laberge, qui est mort en 2002, avait la réputation d’être bouillant, coloré et direct, Fernand Daoust, son bras droit, incarnait l’intellectuel, plus réservé, diplomate, affable.

Fernand Daoust a toujours été très nationaliste, contrairement à Louis Laberge qui a été converti à l’option souverainiste plus tard dans sa carrière.

L’engagement nationaliste de Fernand Daoust remonte à son adolescence, lorsqu’il appartenait aux Jeunesses Laurentiennes, un groupe inspiré de la pensée du chanoine Lionel Groulx.

Son arrivée à la présidence de la FTQ en 1991 a coïncidé avec l’engagement plus évident de la centrale syndicale en faveur de la souveraineté du Québec.

Défenseur du français

En plus des droits des travailleurs, M. Daoust nourrissait une autre passion: la défense de la langue française. Il a souvent jumelé les deux, se battant pour le renforcement du français dans les milieux de travail.

En 1977 d’ailleurs, il devenait membre du conseil d’administration de l’Office de la langue française. Il a aussi été membre du Mouvement Québec français.

Au plan politique, Fernand Daoust appuyait la souveraineté du Québec mais, avant, avait été proche du Nouveau parti démocratique (NPD). Il a même été le président fondateur du Parti socialiste du Québec, un petit parti politique né de la scission des forces de gauche en 1963 et qui est mort en 1968.

Auparavant, en 1962 et 1963, M. Daoust avait même été candidat pour le NPD au Québec.

Face au CTC

Une des grandes réalisations de Fernand Daoust à la FTQ aura été la négociation d’un statut de «souveraineté-association» entre la FTQ et le CTC.

Cette nouvelle relation entre les deux grandes centrales québécoise et canadienne était devenue nécessaire à la suite d’un «incident» survenu en juin 1992, lors d’un congrès du CTC à Vancouver. Le candidat soutenu par la FTQ pour représenter le Québec à la vice-présidence du CTC avait été défait de justesse lors des élections. La délégation québécoise avait alors claqué la porte.

De longues négociations avaient ensuite mené à l’élaboration d’un nouveau rapport entre la FTQ et le CTC.

Le destin

Le 28 novembre 1995, en plein congrès de la FTQ à Montréal, Fernand Daoust était victime d’un grave accident de voiture, subissant de multiples fractures à une jambe et aux deux bras. En tant que président du conseil d’administration du Fonds de solidarité, il se rendait en taxi à l’aéroport pour s’envoler vers l’Argentine.

Hospitalisé pendant plusieurs semaines et opéré à quelques reprises, il avait ensuite entrepris une longue réadaptation.

Lors de l’assemblée annuelle des actionnaires du Fonds de solidarité, Fernand Daoust avait livré sur vidéo son dernier bilan comme président du conseil d’administration et avait annoncé qu’il ne solliciterait pas de renouvellement de mandat.

En 1998, il avait reçu le titre de Patriote de l’année de la Société Saint-Jean-Baptiste - un titre décerné à une personne qui s’est distinguée dans la défense des intérêts du Québec et des luttes démocratiques des peuples.

Il a également été fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2001.

La FTQ a fait savoir jeudi que les détails des funérailles de Fernand Daoust seront rendus publics par voie de communiqué plus tard dans la semaine.

Musique

Roger Waters de retour à Québec

Trois ans après sa dernière visite dans la capitale, Roger Waters y fera de nouveau escale cet été lors de sa nouvelle tournée This is Not a Drill.

L’ex-Pink Floyd s’arrêtera au Centre Vidéotron le 21 juillet avec un spectacle décrit comme «une expérience audiovisuelle à couper le souffle» où le musicien et son équipe évolueront sur une scène centrale dans une configuration à 360 degrés. 

La tournée visitera 31 villes nord-américaines et s’arrêtera aussi au Centre Bell de Montréal le 23 juillet. 

Les billets pour le spectacle attendu à Québec seront en vente le 31 janvier au gestev.com

Actualités

Douloureux souvenirs au lac Brompton

La tragédie survenue mardi soir au Lac-Saint-Jean n’est pas sans faire revenir de mauvais souvenirs dans la région de Valcourt, marquée il y a 25 ans par un événement tristement semblable.

Le 2 janvier 1995, quatre jeunes motoneigistes valcourtois avaient sombré dans les eaux du lac Brompton.

DOSSIER : Tragédie sur le lac Saint-Jean: 1 mort, 5 disparus

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Le guide aurait tenté de sauver le groupe

Justice et faits divers

Meurtre dans un hôtel de Sainte-Foy: «Elle se pensait en sécurité» [PHOTOS+VIDÉO]

Avant d’être tuée dans un hôtel de Sainte-Foy, Marylène Lévesque a confié à son meilleur ami, Louis*, qu’elle avait un rendez-vous avec un client qui avait été exclu du salon de massage érotique où elle travaillait. L’homme lui faisait peur, mais il lui offrait 2000 $ pour qu’elle le rejoigne dans une chambre de l’hôtel Sépia.

Le client, Eustachio Gallese, 51 ans, a été accusé jeudi après-midi du meurtre non prémédité de la jeune femme de 22 ans. 

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L’accusé avait tué sa conjointe en 2004

L'accusé présentait un risque de récidive «modéré»

Louis ignore si Marylène Lévesque savait que Gallese avait tué son ex-conjointe à Sainte-Foy en 2004. Mais il se souvient qu’elle lui a affirmé qu’elle était au courant que son client avait des antécédents criminels. 

«Elle m’a dit : “ouais, il est un peu creepy. Il a fait de la prison à cause de [l’histoire avec] sa femme, une affaire de même. C’est sûr que ça me fait un peu peur. Mais c’est dans un hôtel en plein milieu de la ville...” relate Louis. Elle se pensait en sécurité.»

Louis se rappelle que Marylène lui a dit que c’était la deuxième fois qu’elle allait voir ce client dans un hôtel. La première fois, il y a deux semaines, l’homme lui aurait offert 1300 $. Louis a essayé de la dissuader, inquiet du danger potentiel. «Je lui avais dit : “Marie, ça n’a pas de crisse d’allure d’aller là pour 1300 $”.»

Le matin du jour du meurtre, Louis a discuté avec son amie. Elle lui a confirmé qu’elle retournait voir le même client dans un hôtel de Sainte-Foy le soir, après sa journée au salon. Elle devait ensuite le retrouver pour souper. «Elle m’a dit : “J’ai mon affaire à l’hôtel, là... Mais tout de suite après, je m’en viens”.»

Louis a encore essayé de la décourager. Mais il n’a pas voulu insister, connaissant la force de caractère de son amie. Il sentait aussi qu’il était impuissant devant «l’appât du gain». «Il lui a offert 2000 $ pour hier [mercredi]», précise Louis. 

«Barré» du salon

Marylène Lévesque, qui est originaire de Chicoutimi et résidait à Saguenay avec son copain, venait environ deux jours par deux semaines à Québec, où elle travaillait au salon de massage érotique Gentlemen Paradise, sur l’avenue Branly. Elle logeait la plupart du temps chez Louis. 

Marylène n’avait pas l’habitude de voir des clients à l’extérieur du salon et elle n’était pas escorte, assure son meilleur ami. Mais Eustachio Gallese a été «barré» du salon de massage récemment, parce qu’il aurait été violent avec d’autres masseuses, selon Louis. C’est pour cette raison que Marylène aurait accepté de rencontrer l’accusé à deux reprises en dehors du salon. 

On ignore toutefois comment il a été en mesure de la contacter. Jeudi après-midi et en soirée, Le Soleil a tenté de joindre le Gentlemen Paradise. Il n’y avait pas de réponse et la boîte vocale du salon était pleine.

Une ex-masseuse du Gentlemen, qui a travaillé pendant près d’un an et demi avec Marylène Lévesque, était troublée par sa mort, jeudi. «Elle avait l’avenir devant elle. Elle était fine, elle était généreuse, elle était là pour ses amies», se souvient-elle.

À sa connaissance, les masseuses voyaient très rarement des clients en dehors du salon. «On le sait toutes que c’est dangereux de faire ça. Généralement, les femmes qui travaillent dans les salons, c’est justement pour la protection.»

Selon Louis, Marylène travaillait depuis environ cinq ans au salon de massage érotique, mais elle avait l’intention de passer à autre chose. Elle travaillait moins, deux jours par deux semaines. 

«La raison pour laquelle elle est allée dans cette chambre d’hôtel là c’est qu’elle a juste travaillé hier [mercredi]. Et aujourd’hui [jeudi], elle devait repartir rejoindre son amoureux au Saguenay, parce qu’elle aurait réussi à faire un ostie de gros salaire et pas travailler pendant trois semaines.»

Louis ressent une profonde injustice devant le meurtre de son amie, âgée d’à peine 22 ans. Marylène, «c’était une fille tellement pétillante, un happy sunshine et une des plus belles femmes que j’ai vues de ma vie», dit Louis. «Elle aimait la vie, elle avait une brillance dans les yeux, elle était prête à défoncer des portes.»

«Elle était amoureuse ben raide de son chum au Saguenay, ajoute Louis. Mais ça faisait une couple d’années qu’elle était pognée là-dedans», dit-il à propos des salons de massage érotique. 

Jeudi, Louis en avait déjà assez de voir des commentaires sur les réseaux sociaux teintés de préjugés sur les masseuses. De son côté, il se demande comment la société pourrait mieux les protéger contre les clients violents. 

Il ne comprend pas non plus comment la commission des libérations conditionnelles a pu considérer qu’Eustachio Gallese présentait un risque de récidive «modéré». «Le gars, il a tué sa femme à coups de marteau, dit-il. Et le risque de récidive est modéré Qu’est-ce qu’il faisait dehors?»

Jeudi, Louis a pleuré toutes les larmes de son corps. Il a repensé à la dernière fois qu’il a vu Marylène chez lui, mercredi matin. Il a pris un café avec elle. Avant de partir, elle l’a enlacé et lui a dit : «je t’aime mon b[ébé]». 

Maintenant, dit Louis, «je vais attendre toute ma vie qu’elle revienne de travailler». 

*Le vrai nom de Louis a été modifié pour protéger son identité.

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Environnement

Dominic Champagne fait la leçon aux parlementaires

«Je me dis : mais qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas dans la gravité de la situation? Combien de feux en Australie ça va prendre? Va-tu falloir que ce feu-là pogne ici ou qu’on ait des inondations cataclysmiques pour se dire : “Ah oui, mon Dieu!”»

Que ceux qui pensent que les commissions parlementaires sont plates se ravisent! Dominic Champagne était de passage à l’Assemblée nationale du Québec, mercredi après-midi, pour la deuxième des quatre journées de consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi numéro 44 «visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification».

Le metteur en scène et militant écologiste multimillionnaire, c’est lui qui l’a dit au micro, a livré un vibrant plaidoyer pour sauver la planète, comparant la lutte contre les changements climatiques tantôt à la guerre contre Hitler et le nazisme, tantôt à la conquête de la Lune.

Il a aussi demandé au ministre de l’Environnement Benoit Charette d’enchâsser dans la loi les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES). Et pas les 37,5 % annoncés par la Coalition avenir Québec (CAQ) pour 2030. Il plaide pour la moitié, entre 45 et 55 %, prescrite par le GIEC.

«Tu ne t’en vas pas sur la Lune en arrêtant à mi-chemin. Tu prends les mesures pour te rendre sur la Lune», a-t-il affirmé durant sa présentation, louant la détermination d’un John F. Kennedy et de ses successeurs durant la décennie 1960.

Manque de courage

L’homme de théâtre n’a pas ménagé les effets de discours, allant jusqu’à interpeller le ministre Charette, alors que celui-ci consultait une conseillère. «Quand le ministre n’écoute pas, c’est-tu sur mon temps?» a-t-il lancé, lui dont le flot de paroles débordait souvent le temps qui lui était imparti.

Tellement qu’après plusieurs avis polis, le président de la commission, le député libéral Saul Polo, a éteint le micro de M. Champagne après ses 45 minutes allouées.

Sans cible précise de réduction des GES, le projet de loi de la CAQ manque de sérieux, estime M. Champagne. Manque de courage et de cohérence, aussi.

«Le projet de loi n’est pas à la hauteur de la gravité de la crise, mais il peut encore l’être. On est là pour en discuter», a dit celui qui a aussi déposé un mémoire d’une trentaine de pages contenant 16 recommandations.

«Le statu quo n’est pas une option! Je salue les efforts que vous avez faits, c’est bien, mais c’est loin d’être suffisant. Le statu quo ou un projet de loi qui ne serait pas à la hauteur, lui, serait mortifère. Le statu quo, c’est poursuivre la dégradation du monde dans lequel on vit», a-t-il poursuivi.

Le ministre a défendu son projet de loi, disant vouloir se montrer réaliste. Comment atteindre en 2030 des réductions des GES de 50 % par rapport à 1990, quand dans les 30 dernières années, soit de 1990 à 2020, le Québec n’a diminué ses GES que de 8,7 %? La cible de 37,5 %, donc 28,8 % dans la prochaine décennie, s’avère «déjà excessivement ambitieuse», calcule M. Charette.

«Fin de la civilisation»

Les deux hommes ont passé deux heures ensemble la semaine passée, rencontre qui ne devait durer que 45 minutes. Mais M. Champagne maintient que la seule façon d’y arriver est d’inscrire la cible dans la loi avec des règlements coercitifs. Comme les feux de circulation, les panneaux d’arrêt et les limites de vitesse réduisent les accidents de la route.

Celui qui a hébergé Greta Thunberg lors de son passage à Montréal, fin septembre, s’est même demandé s’il devait faire une grève de la faim pour convaincre du bien-fondé de sa cause.

Il continue par contre à s’en tenir aux mots et connaît aussi bien ceux des autres. «Une des sommités climatiques au monde, John Schellnhuber, nous dit que la différence entre 2 °C et 4 °C de réchauffement, savez-vous c’est quoi? Pis c’est pas une joke! C’est la fin de la civilisation humaine!» a clamé M. Champagne, comme une bombe. «C’est ça qui est en jeu! Alors, ne finassons pas, ne politicaillons pas. Portons des gestes courageux et pour ça, il faut se donner de vrais objectifs avec les vrais moyens. Il y a urgence.»

Affaires

Audience de Meng Wanzhou de Huawei: «Mentir à une banque, c’est de la fraude»

VANCOUVER — Les avocats du gouvernement canadien ont soutenu mercredi que l’affaire de fraude contre Meng Wanzhou n’est pas «complexe» et que la Cour suprême de la Colombie-Britannique devrait permettre l’extradition de la dirigeante de Huawei aux États-Unis.

Les avocats du procureur général du Canada ont entamé leurs plaidoiries mercredi lors d’une audience pour extradition consacrée au test juridique de la «double incrimination» — les faits reprochés à Mme Meng aux États-Unis doivent également être illégaux au Canada pour qu’elle puisse être extradée.

Les États-Unis l’ont accusée de fraude parce qu’elle aurait menti à la banque HSBC au sujet de la relation de Huawei avec la filiale iranienne Skycom, ce qui aurait pu exposer l’institution financière à des sanctions pénales et civiles pour avoir violé l’embargo américain contre Téhéran.

La défense avait bouclé mardi ses plaidoiries sur la double incrimination. Elle a soutenu essentiellement que les allégations ne constituaient pas une fraude au Canada parce qu’Ottawa avait levé ses sanctions contre Téhéran et que la banque n’aurait donc encouru aucun risque financier au pays.

Le procureur Robert Frater a toutefois plaidé mercredi que la juge n’avait pas nécessairement besoin d’invoquer les sanctions américaines pour conclure que les fausses déclarations présumées de Mme Meng aux banquiers auraient fait courir des risques financiers à HSBC. Me Frater a soutenu que HSBC avait contacté Huawei en 2013 au sujet d’informations selon lesquelles Skycom faisait des affaires en Iran, et Mme Meng aurait offert de fausses assurances que l’entreprise chinoise ne détenait plus de participation dans la filiale iranienne.

Or, la banque avait déjà conclu un accord de réparation, pour avoir fait des affaires en Libye, au Soudan et en Birmanie, a rappelé l’avocat. Avec l’affaire Huawei, HSBC risquait fort de voir sa réputation ternie. «Notre thèse dans cette affaire n’est pas complexe : mentir à une banque pour obtenir des services bancaires, [causer] un risque de préjudice financier, c’est de la fraude», a résumé Me Frater.

Évaluer les risques

La défense plaidait plus tôt que le Canada avait levé ses sanctions contre l’Iran en 2016, avant l’arrestation de Mme Meng, en 2018, et que le gouvernement fédéral avait même encouragé depuis les relations commerciales avec ce pays.

Me Frater a répondu mercredi que les désirs du gouvernement canadien ne présentaient aucun intérêt pour une institution financière. «La banque doit se demander : est-ce que cette activité va nous faire perdre d’autres affaires? La banque a le droit d’exiger la franchise lorsqu’elle tente d’évaluer les niveaux de risque.»

L’avocat du procureur général a fait valoir par ailleurs que la jurisprudence permettait à la juge de tenir compte de la loi américaine sur les sanctions, dans un contexte pertinent, afin de comprendre le risque encouru par HSBC. «En droit, les faits ne sont compréhensibles que s’ils sont considérés par rapport au contexte juridique dans lequel ils se produisent», a-t-il plaidé.

Mme Meng, qui nie les allégations, est en liberté sous caution à Vancouver. Elle suit les audiences au tribunal avec l’aide d’un interprète.

L’audience sur la double incrimination devrait durer jusqu’à la fin de la journée jeudi. Si la juge Heather Holmes conclut que ce critère juridique n’a pas été respecté, Mme Meng ne sera pas extradée et elle sera libre de quitter le Canada. Elle pourrait par contre être arrêtée en mettant le pied aux États-Unis.

Si la Cour conclut qu’il y a double incrimination, l’audience d’extradition passera à la deuxième étape, prévue pour juin. Le tribunal examinerait alors les allégations de la défense selon lesquelles les droits constitutionnels de Mme Meng auraient été violés lors de son arrestation à l’aéroport de Vancouver, le 1er décembre 2018. Ses avocats soutiennent que les autorités canadiennes et américaines ont alors comploté pour mener une enquête criminelle en sous-main, à sa descente d’avion.

Justice et faits divers

Encore un mort sur l'autoroute 50

Le bilan mortel de l’autoroute 50 s’alourdit à un rythme effréné, alors qu’une sixième personne en 16 mois y est décédée dans une collision frontale, mercredi.

Sans dévoiler son identité, la Sûreté du Québec (SQ) a confirmé en fin de journée que la victime du premier accident mortel sur la 50, en 2020, était une femme de 54 ans, de Gatineau.

La victime circulait en direction ouest lorsqu’elle a dévié de sa voie pour se retrouver dans la direction opposée, à la hauteur de Buckingham. Elle a percuté de plein fouet un véhicule utilitaire sport (VUS) qui circulait vers l’est. Le conducteur du VUS n’a jamais pu l’éviter, alors que plus rien ne sépare ces deux voies, à cet endroit.

La SQ n’était pas en mesure de confirmer la cause exacte de ce changement de voie soudain, mercredi en fin de journée.

La violence de l’impact semble avoir fait reculer le VUS de quelques mètres, derrière sa course.

À LIRE AUSSI: La «route» 50, une chronique de Patrick Duquette

Les techniciens en reconstitution d’accidents ont quitté la scène à 12 h 30, heure à laquelle le tronçon de la 50 compris entre le chemin Lépine et l’avenue de Buckingham a été rouvert à la circulation.

La femme au volant de la petite voiture était seule à bord. « Une analyse toxicologique sera effectuée auprès de la victime, a mentionné le sergent Marc Tessier, de la SQ. Des inspections mécaniques seront effectuées sur les véhicules impliqués. »

La SQ a rajouté qu’elle interpellera le coroner dans cette affaire.

Deux personnes circulaient dans le VUS. 

L’une d’elles reposait toujours dans un état critique, mais stable, mercredi soir. L’autre personne a été grièvement blessée, mais sa vie n’est pas en danger.

Cette collision frontale s’ajoute aux trop nombreuses autres s’étant produites sur un tronçon de la 50 où les voies séparées deviennent contiguës.

Six personnes ont perdu la vie dans des circonstances semblables sur l’autoroute 50, entre Mirabel et Gatineau, depuis le 7 septembre 2018. 

La moyenne dépasse, depuis cette date, un décès aux trois mois. Les victimes ont toutes été impliquées dans une collision frontale dans un secteur ou rien ne sépare les voies opposées. 

Les secteurs du chemin Lépine, de L’Ange-Gardien, du chemin Doherty, de Lochaber, de Montebello et de Grenville-sur-la-Rouge ont tous connu de tels drames.

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Éducation

Québec connaît très mal les 156 000 bambins qui ne fréquentent pas les services de garde

EXCLUSIF / Plus du tiers des petits Québécois de 0 à 4 ans ne fréquentent pas un service de garde. C’est 156 000 bambins. Et après six mois de recherche, le gouvernement ne sait toujours pas où ils se trouvent, dans quel environnement ils grandissent et, surtout, quels sont leurs besoins. Quand on sait que les enfants plus vulnérables sont moins présents dans les services de garde, c’est inquiétant.

Dans un rapport commandé par le ministère de la Famille dont Le Soleil a pris connaissance et qui sera rendu public jeudi, on apprend qu’une importante lacune dans la mise en commun des données des différents ministères au sujet des enfants d’âge préscolaire empêche de bien répondre à leurs besoins.

«On ne peut pas dire au ministre de quoi ç’a l’air, ces enfants-là. Il y a beaucoup de données sur les parents et les familles, mais peu de données précises sur les enfants. Le Québec doit se doter d’une façon de suivre la trajectoire des enfants. Les ministères de la Famille, des Services sociaux, de l’Éducation ont des données, mais ça ne se parle pas», constate Jean-Pierre Hotte, coprésident du comité-conseil auteur du rapport Agir pour que chaque tout-petit développe son plein potentiel et président de l’organisme Avenir enfants.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, se rend à l’avis des experts. «Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est la lacune qu’on a dans la mise en commun de nos données pour arriver à dresser un portrait global de qui sont les petits Québécois et petites Québécoises, à quels services ils ont accès et où on devrait agir pour rejoindre les plus vulnérables», affirme M. Lacombe, surpris de ce constat.

Le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Colombie-Britannique ont déjà un système de suivi global de leurs enfants d’âge préscolaire. Le rapport recommande d’aller voir sur place pour s’en inspirer.

Pas que les mieux nantis

«Un rapport comme celui-là va me servir de coffre à outils pour le mandat, vers quoi on peut aller, quelles sont les meilleures pratiques et comment rejoindre les enfants les plus vulnérables. Parce qu’il faut cesser d’aider juste les enfants qui sont dans les familles les mieux nanties», déclare le ministre.

Même sans trop de données probantes, le comité présidé par M. Hotte et Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits, a rendu un document touffu de 92 pages colorées.

On y apprend que le ministre aurait beau livrer dès la semaine prochaine ses 15 000 nouvelles places promises en centre de la petite enfance (CPE) ou en garderies privées subventionnées, le problème resterait entier.

«Vous ouvrez 10 000 nouvelles places en CPE demain matin, on peut vous prédire avec un taux de certitude assez élevé que ce sont les plus instruits et les mieux nantis qui vont accaparer les places», avance M. Hotte.

«Les tout-petits qui bénéficieraient le plus des bénéfices associés à la fréquentation des services de garde, les enfants qui vivent en milieu défavorisé, les enfants de familles immigrantes, les enfants victimes de maltraitance, ceux pour qui ç’aurait le plus gros effet protecteur, souvent, c’est ceux qui sont moins dans les services», atteste Mme Dagenais.

«Parce qu’on constate que les barrières d’accès sont en majorité institutionnelles et non pas individuelles. Ce qui signifie qu’on peut agir dessus. Il y a la barrière de langue, juste de comprendre comment je fais pour obtenir une place en CPE, la barrière géographique, les horaires adaptés...» énumère la directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Vulnérabilité en hausse

Ce sont 35,7 % des enfants de 0 à 4 ans qui ne fréquentent pas les services de garde éducatifs à l’enfance. Si on enlève les bébés de moins d’un an, on se retrouve avec près de 100 000 gamins en âge d’aller à la garderie et qui n’y vont pas.

Le ministère vise à réduire cette proportion d’enfants hors réseau de 2 % chaque année du mandat de la Coalition avenir Québec, donc atteindre 29 % en 2022-2023.

Surtout que le nombre d’enfants à la maternelle considérés comme vulnérables dans au moins un des cinq domaines de développement a grimpé de 25 %, en 2012, à 27,7 %, selon l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle de 2017.

De là toute l’importance de leur offrir un service de garde de qualité le plus tôt possible, argue le ministre.

Pistes de solutions

Aller vers les familles et les accompagner vers les services, là se trouverait la clé. «Ça prend des intervenants terrain où sont déjà les familles, dans des lieux naturels comme les centres communautaires ou même aller à la maison. Car parfois, remplir le formulaire s’avère déjà une montagne», illustre Mme Dagenais.

Le rapport recommande entre autres la déclaration obligatoire de grossesse partout dans la province et non seulement dans certaines régions, comme c’est le cas en ce moment. Une recommandation partagée avec la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse présidée par Régine Laurent.

«Faut pas juste offrir un service et attendre que les gens viennent, mais offrir un service et aller chercher les familles les plus vulnérables pour les amener vers le service», résume le ministre Lacombe.

«On a beau avoir le meilleur plan, si on n’est pas présent sur le terrain pour établir un lien de confiance avec les familles les plus vulnérables, on n’y arrivera pas. Le rapport nous donne de bonnes pistes de solutions pour ça.»

Santé

Mystérieux virus chinois: cinq personnes sous surveillance au Québec

Il y a cinq personnes qui sont présentement sous surveillance dans les hôpitaux du Québec, en lien avec le coronavirus qui sème l’inquiétude en Chine.

Pour l’instant, rien n’indique que ces personnes ont effectivement contracté le virus potentiellement mortel, mais elles reviennent de Chine et ont des symptômes de maladies respiratoires qui méritent de ne rien laisser au hasard.

Elles sont présentement en observation dans des hôpitaux de Montréal et de Québec.

Au total, au cours des derniers jours, six voyageurs en provenance de Chine ont fait l’objet d’un examen des autorités médicales. Une d’elles a déjà obtenu son congé, mercredi, les tests étant négatifs.

Ces informations ont été fournies mercredi par le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, en conférence de presse.

Ce dernier a cherché à se faire rassurant, en affirmant que tout était en place dans le réseau de la santé pour intervenir rapidement si jamais un cas de coronavirus était détecté au Québec.

Des instructions ont été données pour détecter d’éventuels cas problèmes dans les aéroports et dans les salles d’urgence des hôpitaux.

Les principaux symptômes sont la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires.

Dans la région de Wuhan, en Chine, la propagation du nouveau virus a rendu malades des centaines de personnes et fait 17 morts jusqu’à maintenant.

L’intervention de M. Arruda est survenue alors qu’à Genève, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit déterminer si l’éclosion doit être considérée comme une «urgence de santé publique de portée internationale».

Quoi qu’il en soit, le Québec est déjà en état d’alerte. «Nous agissons exactement comme si c’était une urgence internationale», a observé M. Arruda, étant donné que régulièrement des voyageurs reviennent de Chine et «pourraient avoir la maladie».

«On préfère pécher par excès que de laisser un cas se promener dans la communauté», a-t-il commenté.