Jeux olympiques

L'argent à la finale du 1000m: Kim Boutin réécrit l’histoire

La Sherbrookoise Kim Boutin a de nouveau réécrit le livre d’histoire du patinage de vitesse courte piste au Canada en récoltant une troisième médaille individuelle, jeudi, une médaille d’argent, lors de la finale du 1000m.

Après le bronze au 500m et au 1500m, Boutin s’est une fois de plus hissée sur le podium grâce à une prestation inspirée qui a soulevé les cris de joie aux nombreux parents et amis présents une fois de plus aux aurores à la Cage aux sports de Sherbrooke.

Lire aussi:

Journée mouvementée pour la famille de Kim Boutin

 Le patinage de vitesse courte piste est une religion en Corée

Courte piste: les malheurs de Christie la "maudite"

La Sherbrookoise a été dans le coup pendant toute la course et a concrétisé sa deuxième place lorsque, revirement dramatique, les deux patineuses sud-coréennes Choi Minjeong et Shim Sukhee se sont touchées et ont chuté.

C’est la Néerlandaise  Suzanne Schulting qui a récolté l’or, alors que l’Italienne Arianna Fontana terminait troisième.

Avec trois médailles en poche, Kim Boutin a de bonnes chances d’être le porte-drapeau de la délégation canadienne à la cérémonie de clôture.

« Je n’ai pas pensé du tout pendant toute la course. Je suis vraiment comblée », a-t-elle indiqué après la course à Radio-Canada.


Justice et faits divers

Paquin écope de 12 mois de prison

Shawinigan — Marc-André Paquin, ce Shawiniganais de 33 ans qui avait asséné un coup de pied au visage de Martin Caron en septembre 2015 lors du Festival western de Saint-Tite, devra finalement purger une peine de 12 mois de prison.

C’est ce qu’a indiqué le juge Simon Ricard, mercredi avant-midi au palais de justice de Shawinigan. Le magistrat a donc suivi la suggestion commune faite par les avocats de la Couronne et de la défense dans ce dossier.

fait divers

Cruauté animale à Magog

Des accusations pourraient être portées contre un couple de Magog qui aurait omis de prendre soin de chiens, pratiquement laissés à eux-mêmes dans une maison louée.

Le bureau des enquêtes criminelles de la Régie de police de Memphrémagog (RPM) a ouvert une enquête pour cruauté envers les animaux et méfaits dans une résidence de la rue Stanley.

« Le tout débute lorsqu’un couple dans la vingtaine a loué une maison en décembre 2017. Ceux-ci avaient six chiens avec eux dans ce domicile », raconte le lieutenant Sylvain Guay, de la RPM.

« Il y a quelques semaines, le couple a quitté la maison et y revenait occasionnellement pour nourrir partiellement les animaux selon l’enquête. »

Mercredi matin, un enquêteur de la RPM, un représentant de la Société protectrice des animaux (SPA) et la propriétaire se sont rendus sur les lieux.

« Sur place, les planchers sont extrêmement endommagés par l’urine et les excréments des chiens et un congélateur laissé sur place contenait deux chiens morts de race Pitt Bull qui semblaient très amaigris, décrit M. Guay. Les autres animaux n’étaient plus sur place. »

« L’enquête pour cruauté envers les animaux a été ouverte en collaboration avec la Société protectrice des animaux. Cette dernière enquête sur les circonstances ayant mené aux décès des chiens. »

La RPM a aussi ouvert une enquête pour les dommages subis dans la maison. Ceux-ci s’élèvent à plusieurs milliers de dollars, ajoute Sylvain Guay.

Des arrestations sont à prévoir dans ce dossier, dit-il. Des infractions pourraient aussi être constatées par la SPA et aux règlements municipaux de Magog.

Galerie de photos

Actualités

Une usine de cannabis à Trois-Rivières?

Trois-Rivières — Il semble de plus en plus probable que Trois-Rivières ait sous peu son usine de cannabis. À l’instar de Louiseville, la Ville est présentement en pourparlers avec des promoteurs on ne peut plus sérieux qui souhaitent implanter d’ici la prochaine année une usine de cannabis dans le parc industriel des Carrefours.

L’entreprise Déméter Organi-K a l’œil depuis près de deux ans sur un terrain du parc industriel des Carrefours, situé à l’intersection nord-ouest du boulevard L-P. Normand et de la rue Charles-Mailhot. Un terrain pour lequel l’entreprise bénéficie d’une option d’achat accordée par le conseil municipal de Trois-Rivières en 2016. D’ailleurs, mardi soir, le conseil a prolongé cette option jusqu’au 15 février 2019.

Gatineau

Collusion: Gatineau s’attend à un remboursement de 2 millions$

La Ville de Gatineau pense pouvoir se faire rembourser un peu plus de 2 millions$ perçus en trop par les firmes de génie civil qui se sont livrées à de la collusion entre 2003 et 2009 grâce au «Code Gatineau».

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a précisé, mercredi matin, qu’à cette étape-ci du Programme de remboursement volontaire, Gatineau est déjà assurée de recevoir un montant de 1,4 million$. L’argent devrait entrer dans les coffres de la Ville avant la fin du printemps. 

Incapable, toutefois, de s’entendre avec AECOM sur un remboursement en vertu des paramètres du programme mis sur pied par le gouvernement du Québec, la Ville a annoncé qu’elle entamait des procédures juridiques contre cette firme, elle aussi partie prenante du Code Gatineau, afin de se faire rembourser l’argent volé.

«Cette firme a dit oui, on a fait quelque chose d’illégal, mais on ne veut pas payer, a résumé le maire. Nous, on dit, non, non, non, merci d’avoir avoué, mais vous allez aussi payer parce que les citoyens se sont fait voler et ça n’a pas de bon sens. Dans la mesure où cette firme a déjà avoué avoir fait de la collusion, la démonstration ne sera pas longue à faire. On est confiant de pouvoir aller chercher beaucoup avec AECOM. On est confiant de pouvoir dépasser les 2 millions$ en remboursement total.»

En tout, 131 contrats octroyés à l’une ou l’autre des firmes collusionnaires à Gatineau en 2003 et 2009 ont fait l’objet d’une analyse. Le programme de remboursement volontaire déterminait que la collusion représentait un maximum de 20% de la valeur de ces contrats. Pour Gatineau, cela aurait pu représenter une somme totale de 3,3 millions$.

«On va dépasser les 2 millions$ et je suis très content de pouvoir aller chercher cet argent qui a été volé aux contribuables, a ajouté M. Pedneaud-Jobin. On a fait de très vastes démarches pour analyser d’autres contrats qui dépassaient largement la période 2003-2009, on a exploré tout ça avec des ressources internes et externes, mais toutes nos autres démarches n’ont mené à rien. C’est une bonne nouvelle. Ça veut dire qu’on a un marché qui est sain à Gatineau.»

Afin de minimiser les coûts des procédures juridiques entamées contre AECOM, la Ville de Gatineau s’est associée avec la Ville de Montréal, qui elle aussi lance une poursuite contre la même firme. Des discussions sont aussi en cours avec la Ville de Saint-Jérôme, qui pourrait éventuellement joindre le groupe.

Entre 2003 et 2009, les firmes CIMA+, Desseau, Genivar et Tecsult (aujourd’hui une filiale de AECOM), toutes participantes au Code Gatineau, on monopolisé plus de 90% du marché des contrats de génie de moins de 500 000 $ à Gatineau. La qualité du stratagème, selon la Ville, était que les prix demeuraient près du barème établi par l’Association des ingénieurs-conseils du Québec. Les guerres de prix étaient complètement absentes. L’appareil municipal gatinois n’y a vu que du feu.

Actualités

L’intelligence artificielle, un risque terroriste et criminel

PARIS - Des experts internationaux sonnent l’alarme sur les risques d’une utilisation malveillante de l’intelligence artificielle par «des États voyous, des criminels, des terroristes», dans un rapport publié mercredi.

Selon eux, dans les dix prochaines années, l’efficacité croissante de l’IA risque de renforcer la cybercriminalité, mais aussi de conduire à des utilisations de drones ou de robots à des fins terroristes. Elle est aussi susceptible de faciliter la manipulation d’élections via les réseaux sociaux grâce à des comptes automatisés (bots).

Ce rapport de 100 pages a été rédigé par 26 experts spécialistes en intelligence artificielle (IA), cybersécurité et robotique. Ils appartiennent à des universités (Cambridge, Oxford, Yale, Stanford) et à des organisations non gouvernementales (OpenAI, Center for a New American Security, Electronic Frontier Foundation).

Ces experts appellent les gouvernements et les différents acteurs concernés à mettre en place des parades pour limiter les menaces potentielles liées à l’intelligence artificielle.

«Nous pensons que les attaques qui seront permises par l’utilisation croissante de l’IA seront particulièrement efficaces, finement ciblées et difficiles à attribuer», souligne le rapport.

Pour illustrer leurs craintes, ces spécialistes évoquent plusieurs «scénarios hypothétiques» d’utilisation mal intentionnée de l’IA.

Ils soulignent que des terroristes pourraient modifier des systèmes d’IA disponibles dans le commerce (drones, véhicules autonomes), pour provoquer des écrasements, des collisions ou des explosions.

Les auteurs imaginent ainsi le cas d’un robot nettoyeur trafiqué qui se glisserait subrepticement parmi d’autres robots chargés de faire le ménage dans un ministère berlinois. Un jour l’intrus passerait à l’attaque après avoir reconnu visuellement la ministre des Finances. Il se rapprocherait d’elle et exploserait de façon autonome, tuant sa cible.

Fausses vidéos 

Par ailleurs, «la cybercriminalité, déjà fortement en hausse, risque de se renforcer avec les outils procurés par l’IA», déclare à l’AFP Seán Ó hÉigeartaigh, directeur du «Centre for the Study of Existential Risk» de l’Université de Cambridge, un des auteurs du rapport.

Les attaques par hameçonnage ciblé (spear phishing) pourraient ainsi devenir beaucoup plus aisées à mener à une large échelle.

Mais pour lui, «le risque le plus sérieux, même si il est moins probable, est le risque politique». «Nous avons déjà vu comment des gens se servaient de la technologie pour essayer d’interférer dans les élections et la démocratie».

«Si l’IA permet à ces menaces de devenir plus fortes, plus difficiles à repérer et à attribuer, cela pourrait poser de gros problèmes de stabilité politique et contribuer peut-être à déclencher des guerres», estime Seán Ó hÉigeartaigh.

Avec l’IA, il devrait être possible de réaliser des fausses vidéos très réalistes et cela pourrait être utilisé pour discréditer des responsables politiques, avertit le rapport.

Les États autoritaires vont aussi pouvoir s’appuyer sur l’IA pour renforcer la surveillance de leurs citoyens, ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que des inquiétudes s’expriment concernant l’IA. Dès 2014, l’astrophysicien Stephen Hawking lançait une mise en garde sur les risques qu’elle pourrait faire courir à l’humanité, en dépassant l’intelligence humaine. L’entrepreneur Elon Musk et d’autres ont aussi tiré la sonnette d’alarme.

Des rapports spécifiques sur l’utilisation de drones tueurs ou sur la façon dont l’IA pourrait affecter la sécurité des États-Unis ont également été publiés.

Ce nouveau rapport apporte «une vue d’ensemble sur la façon dont l’IA crée de nouvelles menaces ou change la nature des menaces existantes dans les domaines de la sécurité numérique, physique et politique», explique Seán Ó hÉigeartaigh.

Apparue dès les années 1950, l’intelligence artificielle correspond à des algorithmes sophistiqués qui permettent de résoudre des problèmes pour lesquels les humains utilisent leurs capacités cognitives.

Ces dernières années, elle a fait des progrès substantiels notamment dans les domaines liés à la perception, comme la reconnaissance vocale et l’analyse d’image.

«Actuellement, il y a encore un écart important entre les avancées de la recherche et ses applications possibles. Il est temps d’agir», déclare à l’AFP Miles Brundage, chargé de recherche au «Future of Humanity Institute» de l’Université d’Oxford.

Cet expert a animé en février 2017 à Oxford un atelier sur les risques d’un usage malveillant de l’IA, qui a donné naissance à ce rapport.

«Les chercheurs en IA, les concepteurs de robots, les compagnies, les régulateurs, les politiques doivent à présent collaborer pour tenter de prévenir» ces risques, conclut Seán Ó hÉigeartaigh.

Actualité

Le chercheur Gaston Naessens n’est plus

Fumiste pour les uns, génie pour les autres, le controversé chercheur et inventeur du 714X, Gaston Naessens, est décédé vendredi, à l’âge de 94 ans, à sa résidence de Sherbrooke. Il est décédé des complications survenues à la suite d’une pneumonie, a indiqué à La Tribune son épouse Jacinte Naessens.

Mme Naessens a raconté que le chercheur était entré à l’hôpital le 30 janvier dernier alors qu’il était aux prises avec le virus de la grippe.

Lire aussi: Gaston Naessens: génie ou fumiste ?

« Il est sorti de l’hôpital le 6 (février) et à partir du 8 on a commencé à voir que ça dégénérait assez vite, a indiqué l’épouse du chercheur. Il n’arrivait pas à débarrasser ses poumons du mucus qui s’était accumulé. Tout geste lui demandait un effort considérable. Ça s’est détérioré jusqu’au 15. À ce moment-là, il était dans un état semi-comateux. On savait qu’on s’en allait vers la porte de sortie… »

D’origine française, le biologiste s’était installé au Québec au milieu des années 1960 après avoir été « déporté » de France, au terme de nombreux démêlés avec la justice et les autorités médicales françaises.

Peu de temps après son arrivée au Québec, il s’installe à Rock Forest où il ouvre un laboratoire adjacent à sa résidence du chemin Mills.

Croyant avoir trouvé en Estrie un havre de paix où il pourrait poursuivre ses recherches en toute quiétude, le biologiste de formation ne tarde pas à défrayer à nouveau la manchette.

Il met au point un produit, appelé le 714X, capable selon lui de guérir des patients atteints de cancer en phase terminale. Un produit qui aurait de meilleurs effets encore s’il était administré de façon préventive, dit-il.

Arrêté par la police

Le 30 mai 1989, le chercheur est arrêté par la police à son laboratoire lors d’une opération policière filmée en direct à la télévision. La nouvelle fait rapidement le tour du monde et soulève de nombreuses réactions au sein de la population et des milieux scientifiques.

Accusé de négligence criminelle et de fraude pour avoir donné de faux espoirs de guérison à une de ses patientes, Gaston Naessens est acquitté au terme d’un procès tenu au palais de justice de Sherbrooke.
Malgré cet acquittement, il continuera d’avoir maille à partir avec l’industrie pharmaceutique ainsi qu’avec Santé Canada qui a toujours refusé d’homologuer son produit à titre de médicament.

Au sujet de son invention, Gaston Naessens disait que le 714X n’agissait pas comme un remède classique qui cible une affection particulière. Il prétendait plutôt donner une nouvelle vigueur au système immunitaire du patient et aux mécanismes de défense naturels afin que celui-ci soit en mesure de combattre des maladies dégénératives telles que le cancer.

Or, certains chercheurs n’ont pas hésité à pourfendre les prétentions du chercheur concernant la composition du 714X, en affirmant que celui-ci était composé essentiellement d’eau et de camphre.

« Nous sommes sur une liste noire parce que cela dérange énormément l’industrie pharmaceutique, avait répliqué le chercheur dans une entrevue accordée à La Tribune en 2008. Cela démolit ce qui existe déjà. 

Au lieu de prendre la vie et la remonter, d’autres préfèrent tuer ce qui n’est pas bon », ajoutait-il à l’époque.

Pas un anti-médecine

Les nombreux obstacles entourant la reconnaissance du 714X n’ont toutefois pas diminué l’ardeur du chercheur, selon Jacinte Naessens, qui est elle aussi biologiste de formation.

« C’est un être qui a toujours voulu faire comprendre que les deux médecines pourraient très bien travailler ensemble. Gaston n’était pas un anti-médecine. Il aurait tellement voulu que les deux médecines, celle qui s’occupe du corps physique, et celle qui s’occupe du système immunitaire, puissent travailler main dans la main pour arriver à une solution durable aux personnes atteintes de maladies dégénératives. »

Mme Naessens indique qu’elle entend maintenant poursuivre les activités du laboratoire fondé par son mari ainsi que la promotion du 714X

« Je vais continuer, mais je n’ai pas l’intention de faire un combat, dit-elle. Ça va se faire tout en douceur, car le momentum actuel est bon. Le momentum nous dicte qu’il faut faire quelque chose parce que les taux d’incidence de cancer augmentent actuellement, peu importe les groupes d’âge. Alors, oui la recherche va continuer, oui l’application des produits va continuer, mais ça va se faire en collaboration avec la médecine, et non pas à l’enseigne de la controverse comme Gaston Naessens a dû le porter durant les 65 dernières années de sa vie », précise-t-elle.

Depuis une dizaine d’années, Gaston Naessens s’était fait plus discret. Dans une de ses dernières entrevues, il avait résumé en ces mots son parcours pour le moins controversé : « Je n’ai pas peur, mais je fais attention où je mets mes pieds. Je ne veux plus me battre. Je veux seulement aider, ce qui a toujours été mon but », confiait-il en 2008. « Nous ne sommes pas contre le système médical. Si on pouvait travailler ensemble, ce serait extraordinaire. Notre produit n’a d’ailleurs rien d’incompatible avec la chimiothérapie », plaidait-il.

Actualités

Louise Chabot quitte la présidence de la CSQ

LAVAL - La présidente de la CSQ, Louise Chabot, quittera la présidence de la centrale syndicale en juin prochain.

Elle vient d’en faire l’annonce aux délégués de la Centrale des syndicats du Québec, réunis en conseil général à Laval.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, Mme Chabot, sereine, a dit partir parce que «le moment est venu», après 30 années passées au sein de la CSQ, dont deux mandats à la présidence.

Mme Chabot n’a pas l’intention de se lancer en politique provinciale ou fédérale, mais avoue un certain penchant pour la politique municipale. Elle a sa résidence principale dans une toute petite municipalité près du parc national de la Mauricie.

«La politique municipale, quand vous me parlez de politique, un engagement au municipal, ça pourrait être quelque chose que je ne renierais pas», a-t-elle admis.

Bien que la CSQ soit surtout identifiée au monde l’éducation - puisqu’elle représente environ les deux tiers des enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que les professionnels de l’éducation et employés du soutien scolaire - elle représente également 5000 infirmières et infirmières auxiliaires. Mme Chabot est elle-même une infirmière.

Et elle a aussi obtenu son baccalauréat en droit. Les questions de justice sociale, d’équité, la passionnent.

Mais dès après son départ, en juin, elle veut «prendre le temps de s’arrêter» après avoir vécu dans les valises et connu les longues heures que nécessite l’engagement syndical.

Mandats éprouvants

Arrivée à la présidence de la CSQ en 2012, Mme Chabot aura connu un mandat marqué par une difficile négociation dans les secteurs public et parapublic en 2015, avec le front commun intersyndical.

Mais son mandat aura surtout été ponctué par des restrictions budgétaires répétées dans la santé, l’éducation et les services de garde - trois secteurs dans lesquels la centrale a des membres. Mme Chabot n’a eu de cesse de protester contre «le démantèlement de l’État» et, ensuite, de plaider pour un réinvestissement dans les services publics.

Front commun

En 2017, la CSQ a aussi perdu 4000 membres, à la suite des votes d’accréditation syndicale dans la santé, rendus nécessaires par les fusions d’établissements.

Ces votes d’accréditation syndicale dans la santé en 2017, et la rude campagne de maraudage entre syndicats qui les a précédés, «ça a laissé des traces», avoue Mme Chabot.

Malgré tout, elle croit que le front commun intersyndical survivra aux tensions qui persistent à la suite de ces votes dans la santé.

«Ça doit être possible. J’y crois à la nécessité des alliances, mais ça ne doit pas être une façade. Les alliances, ça doit être senti, parce qu’on partage quelque chose de commun», a-t-elle martelé.»

Elle rappelle qu’il y a eu deux négociations du secteur public où il y a eu des protocoles de non-maraudage entre les organisations syndicales. «C’était tout un pacte entre nous. On s’est dit: si on a une négo à faire en front commun, comment en même temps on peut se marauder?»

Mais des cicatrices demeurent. «C’est sûr que perdre des membres comme ça, ça nous rend peut-être frileux à penser: est-ce qu’on maintiendrait un pacte de non-agression en cas de front commun? Est-ce qu’on va profiter de la prochaine campagne de changement d’allégeance pour tenter de reconquérir» des membres? demande-t-elle.

Elle s’empresse toutefois d’ajouter: «je pense que ce serait une erreur au plan de la solidarité; je pense qu’on va être capable de dépasser ça comme mouvement syndical».

Femmes

Mme Chabot, qui dirige une centrale composée principalement de femmes, aimerait que celles-ci prennent plus de place à la tête des syndicats. «Ça reste un chantier inachevé» pour elle.

Mme Chabot n’a pas voulu s’avancer à savoir qui lui succédera, lors du congrès de juin. Elle a seulement affirmé qu’elle souhaiterait que ce soit une femme.

Mme Chabot avait été présidente de l’Union québécoise des infirmières en 1998-2000, puis 3e vice-présidente de la CSQ de 2000 à 2003, puis 1re vice-présidente de 2003 à 2012, avant d’être élue comme présidente en 2012.

Le départ de Mme Chabot de la CSQ survient après ceux de Régine Laurent de la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), de Lucie Martineau du SFPQ (Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec) et de François Vaudreuil de la CSD (Centrale des syndicats démocratiques).

La CSQ compte environ 200 000 membres; elle est la troisième centrale syndicale du Québec, en termes d’importance du membership, après la FTQ (600 000 membres) et la CSN (300 000).

Santé

Le conflit entre les optométristes et Québec risque d’aller en cour

Le conflit entre le gouvernement Couillard et les optométristes s’envenime, alors que ces derniers menacent de défendre leurs droits devant les tribunaux.

Par voie de communiqué mercredi, l’Association des optométristes du Québec (AOQ) a contesté l’arrêté ministériel publié le 16 février et faisant en sorte de forcer les optométristes à demeurer dans le régime public.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est toutefois montré rassurant en affirmant que les négociations avec les optométristes allaient reprendre, de nouvelles séances étant à l’horaire.

Il a dénoncé, lors d’une mêlée de presse, la «prise d’otages» de nombreux patients vulnérables exercée par les optométristes, en vue d’accroître la pression sur le gouvernement.

«Moi, je suis là pour les patients», a plaidé le ministre Barrette, voulant garantir l’accès des patients aux examens de la vue et se disant prêt à prendre les moyens à sa disposition pour y arriver.

Selon l’association, Québec n’a pas le pouvoir de suspendre le droit des optométristes de ne plus participer au régime public d’assurance-maladie.

Mécontents du processus de négociation entrepris avec Québec sur la grille de hausses tarifaires à fixer pour les années à venir, environ 90 pour cent des 1400 optométristes menacent depuis quelques semaines de se retirer du régime public à compter du 10 mars.

En guise de protestation, les optométristes avaient quitté la table de négociations après seulement deux séances.

Malgré ce climat tendu, le ministre s’est dit convaincu, mercredi, de pouvoir en arriver à une entente négociée avec eux.

L’entente quinquennale définit les conditions de participation des optométristes au régime public qui couvre la population de moins de 18 ans et de 65 ans et plus, ainsi que les prestataires de la sécurité du revenu. Ces assurés pourraient devoir payer une consultation de leur poche à compter du 10 mars, si aucune entente n’intervient d’ici là.

Grogne chez les aînés

Le gouvernement et les optométristes mettent la santé des aînés en péril, en éliminant la gratuité des examens de la vue pour les personnes âgées de 65 ans et plus, ont déploré, mercredi, les quatre plus grands organismes représentant les aînés québécois.

Selon Danis Prud’homme, directeur général du réseau FADOQ, près de la moitié des aînés québécois ont un revenu annuel d’environ 20 000 $ par année. Plusieurs d’entre eux pourraient donc décider de ne pas débourser une somme allant de 60 $ à 100 $ pour passer un examen de la vue, croit-il.

Cette décision pourrait avoir des conséquences néfastes sur leur santé visuelle et contribuer à accroître l’isolement des personnes âgées.

M. Prud’homme demande au gouvernement et aux optométristes de se rasseoir à la table de négociations pour trouver un terrain d’entente.

Les quatre organismes ayant décidé de faire front commun sont le Réseau FADOQ, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) et l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ).

La Capitale

Les futurs prêtres quittent le Vieux-Québec pour Vanier

Fondé dans le Vieux-Québec en 1663, le Grand séminaire de Québec déménagera dans le secteur Vanier cet été.

Les futurs prêtres et leurs formateurs seront bientôt logés dans les locaux des Sœurs du Bon-Pasteur situés au 233 de l’avenue Giguère, à l’intersection de la rue Chabot, a confirmé le diocèse de Québec mercredi. Cette communauté de religieuses a annoncé son départ de la Résidence Notre-Dame-de-Recouvrance pour juin, laissant la place aux séminaristes qui s’installeront à demeure en août.

La faute au déclin des vocations ? «Aujourd’hui, on en a moins qu’on en avait», convient l’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix. Mais il préfère voir des avantages dans la migration du Grand séminaire: «C’est un signe que l’Église s’adapte pour mieux former ses futurs prêtres. On ne peut plus former des prêtres comme autrefois.»

«Vivre ensemble»

Vrai cependant que les trois candidats à la prêtrise qui fréquent l’établissement disposent de beaucoup, beaucoup d’air dans les locaux du Vieux-Québec conçus pour accueillir «au-delà de 100 séminaristes», note M. Lacroix. Un environnement peu adapté à leur vie future dans des presbytères où sont regroupés plusieurs prêtres en communauté. Dans plus petit, ils devront développer leurs aptitudes au «vivre ensemble».

Il y aura néanmoins place à la croissance avec la quinzaine de chambres, poursuit le recteur du Grand séminaire de Québec, Luc Paquet. «Nous sommes dans un élan.»

Pardon ? Responsable de l’éducation des prêtres en devenir pour de nombreux diocèses — depuis Chicoutimi jusqu’à Gaspé — l’institution de la capitale espère accueillir plusieurs novices en septembre, de 4 à 6 de plus. Ceux-ci séjourneront sur place durant 5 ans pour les études puis vivront un stage rémunéré de 2 années en paroisse avant l’ordination.

Au fait, le Grand séminaire n’a pas toujours habité dans le Vieux-Québec, fait remarquer M. Paquet. En 1959, à l’étroit, il s’est installé dans ce qui deviendra le pavillon Louis-Jacques-Casault de la cité universitaire. En 1978, il fallait plus petit: l’école des prêtres est déménagée sur le chemin Saint-Louis. Elle est ensuite revenue dans le Vieux-Québec en 1997, en quête de locaux encore réduits. Après un autre cycle d’une vingtaine d’années, le Grand séminaire repart, vers Vanier cette fois.

Et les Sœurs du Bon-Pasteur, elles iront où maintenant ? La communauté vieillit et n’est plus assez volumineuse pour conserver tous ses bâtiments. Nous nous souviendrons qu’elle avait d’ailleurs vendu la Maison Béthanie du Vieux-Québec qui sera convertie en logements.

Les sœurs poursuivront néanmoins leur intervention auprès des femmes dans le besoin à la Maison Zoé-Blais voisine de la Résidence Notre-Dame-de-Recouvrance.

Le Séminaire de Québec a été fondé par le premier évêque de Québec, François de Laval, le 26 mars 1663, rappelle le site Web du diocèse. Son 350e anniversaire a donc été souligné en 2013. Le Séminaire a donné vie à plusieurs institutions: Grand Séminaire en 1663, le Petit Séminaire en 1668, l’Université Laval en 1852.