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Justice et faits divers

Crime d’honneur des Shafia: les confessions de Tooba Yahya

MONTRÉAL — Pour la première fois depuis qu’elle a été condamnée à la prison à vie pour l’assassinat de trois de ses filles et de la première femme de son mari, une affaire de crime d’honneur jamais vue au pays et qui a fait le tour du monde, Tooba Yahya, épouse de Mohammad Shafia, a récemment confessé son crime aux commissaires aux libérations conditionnelles du Canada.

Les circonstances du quadruple meurtre, son enfance en Afghanistan sur fond de guerre, son mariage arrangé alors qu’elle n’avait que 17 ans, sa relation de soumission avec son mari, ses sentiments envers sa mère, la culpabilité éprouvée pour la mort de ses enfants : Tooba Yahya a été un livre ouvert. 

Originaires d’Afghanistan, les Shafia et leurs enfants sont arrivés au Canada en 2007 et se sont établis dans l’arrondissement de Saint-Léonard, dans le nord-est de Montréal. 

Mme Yahya, 49 ans, et son mari ont été condamnés en 2012 à l’emprisonnement à vie pour avoir poussé, dans le canal Rideau à Kingston, une voiture dans laquelle se trouvaient trois des filles du couple, Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, et Geeti, 13 ans, et la première femme de Shafia, Rona Amir Mohammad.

Le crime a été commis il y a 10 ans, en juin 2009, et les quatre victimes ont péri noyées. Selon la théorie de la poursuite, les trois filles ont été victimes d’un crime d’honneur, car leur père n’acceptait pas leur façon de vivre. Cette retentissante affaire a été suivie partout au Canada et sur la scène internationale.

Le couple Shafia ne pourra obtenir sa libération conditionnelle avant 25 ans, mais Tooba Yahya a récemment témoigné devant les commissaires aux libérations conditionnelles pour demander la permission d’effectuer une sortie avec escorte, durant quelques heures, pour se recueillir sur la tombe de sa mère, décédée plus tôt cette année. La Presse a pris connaissance de la décision écrite des commissaires.

Volte-face

Durant le procès devant jury, Tooba Yahya avait témoigné que durant un voyage familial aux chutes Niagara, les membres de la famille s’étaient arrêtés dans un motel de Kingston, qu’en soirée, l’une de ses filles lui avait demandé les clés de la voiture pour y chercher des vêtements, mais que le lendemain matin, elle et ses sœurs étaient disparues et qu’elle (la mère) s’était rendue dans un poste de police pour signaler leur disparition.

Or, pour la première fois, Mme Yahya a admis et décrit le crime aux commissaires. Elle a raconté que vers 2h dans la nuit du 30 juin 2009, elle se trouvait dans un véhicule de marque Nissan avec ses filles. Mohammad Shafia et son fils Hamed les ont rejointes et son mari lui a demandé d’aller dans l’autre voiture utilisée par la famille, une Lexus. Mohammad Shafia a alors pris le volant de la Lexus et percuté l’arrière de l’autre véhicule dans lequel se trouvaient les trois filles et sa première femme. Tooba Yahya a expliqué aux commissaires qu’elle avait demandé à son mari ce qu’il faisait et que celui-ci lui avait répondu qu’il allait les tuer. Elle dit avoir tenté de l’en empêcher, mais il a heurté la Nissan une deuxième fois, et celle-ci a plongé dans le canal. Mme Yahya affirme qu’elle ignorait le projet de son mari de tuer ses filles, qu’il était incapable de vivre dans le déshonneur et qu’il lui a dicté quoi dire aux policiers. 

Durant l’audience, Mme Yahya a dit être coupable de ne pas avoir protégé ses enfants, mais ajouté qu’elle n’a pas été en mesure de les sauver. 

Elle a ajouté avoir voulu révéler la vérité plusieurs fois, qu’elle avait peur que son mari s’en prenne à ses autres enfants, mais qu’aujourd’hui, elle avait décidé de tout raconter aux commissaires. Elle a dit n’avoir jamais raconté cette version à ses autres enfants, mais que ceux-ci savent ce qui s’est passé. 

Un mari contrôlant

Mme Yahya a relaté avoir été anxieuse durant toute sa jeunesse en Afghanistan en raison de la guerre. L’un de ses frères est mort durant celle-ci, à l’âge de 22 ans. Son père est décédé alors qu’elle avait 12 ans et elle a été élevée par sa mère et des servantes. Alors qu’elle avait 17 ans, sa mère a accepté de donner sa main à Mohammad Shafia, même si ce dernier avait déjà une femme. Elle en a toujours voulu à sa mère pour cette décision. Durant plusieurs années, elle n’a eu aucun contact avec sa mère, car Shafia ne voulait pas la voir, parce qu’elle fumait et que c’était un comportement honteux.

Elle a eu sept enfants avec lui et dit ne jamais les avoir forcés à adhérer à une religion. Elle appréciait la première épouse de Shafia, car elle était bonne, en plus de l’aider et de la réconforter.

Durant 20 ans, elle a toujours suivi les règles imposées par son mari même si elles étaient dures à accepter. Il décidait où elle pouvait aller et qui elle pouvait voir. Elle craignait que si elle désobéissait, il ne parte en emmenant les enfants avec lui. «Vous dites que vous avez toujours su que ce n’était pas un homme bon, mais que vous aviez peur pour vos enfants», peut-on lire dans la décision. 

Durant l’audience, Mme Yahya a déclaré qu’elle pouvait maintenant prendre ses propres décisions et qu’elle n’avait plus peur de lui. 

«Depuis que je suis emprisonnée, j’ai découvert la liberté», a déclaré Mme Yahya aux commissaires, qui ont repris ses mots dans leur décision.

Une seule fois, en 2017, elle a communiqué avec son mari, mais il lui a encore parlé de déshonneur, et elle a décidé de mettre fin à la relation. Elle a rempli des documents de divorce, mais Shafia refuserait de les signer.

Pardon à sa mère

Mme Yahya demande une première sortie avec escorte, de quelques heures, pour «dire au revoir» à sa mère, décédée en mai dernier. Elle a dit aux commissaires qu’elle était encore en colère contre elle, mais qu’elle était prête à lui pardonner. 

Elle a des contacts avec ses trois enfants survivants en liberté, qui la visitent au pénitencier. 

Mme Yahya suit des cours d’anglais en détention et a un comportement «impeccable» avec les membres du personnel carcéral et ses codétenues, selon son équipe de gestion.

Les commissaires ont accepté de lui accorder ce premier élargissement, tout en soulignant toutefois la gravité du crime.

«Celui-ci est considéré comme un crime d’honneur et tel que spécifié par le juge lors du prononcé de la peine, cette notion tordue de l’honneur n’a pas de place dans une société civilisée. Il a causé la mort de quatre innocentes victimes dont trois, qu’en tant que mère, vous aviez le devoir de protéger», écrivent notamment les commissaires.

La sortie accordée à Mme Yahya devait durer cinq heures, entre 9h et 14h, et a eu lieu à une date indéterminée.

L’an dernier, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a décidé de révoquer la résidence permanente au Canada de Tooba Yahya et de Mohammad Shafia pour grande criminalité. Les deux devraient donc être expulsés vers leur pays d’origine, l’Afghanistan, après avoir fini de purger leur peine au Canada.

Actualités

Les frères Desmarais quittent la direction de Power Corporation du Canada

MONTRÉAL — Après 23 ans aux commandes de Power Corporation du Canada, Paul Desmarais Jr et André Desmarais quitteront leurs fonctions à la tête du conglomérat québécois dans la foulée d'une réorganisation annoncée vendredi.

Les changements prévoient une simplification de la structure de la société visant l'intégration de la filiale Corporation Financière Power, qui détient des participations majoritaires dans Great-West Lifeco, la Financière IGM et Wealthsimple, ainsi qu'une participation minoritaire dans Pargesa Holding.

Le président et chef de la direction de la Financière Power, Jeffrey Orr, prendra la relève des frères Desmarais aux commandes de la société établie à Montréal.

«La réorganisation est une étape naturelle qui reflète notre évolution, alors que nous passons de société de portefeuille diversifiée à société principalement axée sur les services financiers», a souligné André Desmarais, dans un communiqué.

Les frères Desmarais demeureront toutefois chez Power Corportation puisqu'ils conserveront leurs fonctions de président et vice-président, respectivement, du conseil d'administration.

De plus, Pansolo Holding, une société de portefeuille contrôlée par famille, conservera le contrôle de Power Corporation au terme de la réorganisation en détenant entre 50,2 % et 50,6 % des droits de vote.

Les actionnaires minoritaires de la Financière Power recevront 1,05 action à droit de vote subalterne de Power Corporation ainsi qu'un montant en espèce en échange de leurs titres de la Financière Power. Cela constitue une augmentation de 4,50 $ — ou environ 11 % — par rapport à la valeur de leurs actions actuelles.

«Simplifier notre structure d'entreprise permettra de mieux comprendre Power Corporation et de l'évaluer adéquatement, a indiqué M Orr. En même temps, la stratégie plus ciblée nous permettra de mieux concentrer nos placements et nos efforts dans le but de créer et de redistribuer de la valeur pour les actionnaires.»

Dans une note, l'agence de notation DBRS Morningstar a estimé que les changements annoncés devraient se traduire par des économies estimées à environ 50 millions $ au cours des deux prochaines années.

À son avis, la réorganisation est «favorable» puisqu'elle pavera la voie à une structure «plus simple et moins coûteuse».

Actualités

Enfant mordu par un chien: le service de garde demeure ouvert

Le service de garde en milieu familial où un bambin a été mordu par un chien, à Orford, continue à accueillir des enfants malgré la perte de son accréditation. Le ministre de la Famille du Québec, Mathieu Lacombe, assure que la situation est prise au sérieux et promet de veiller à ce que les enfants qui fréquentent toujours l’endroit soient en sécurité.

Selon les informations obtenues, la propriétaire du service de garde concerné, Jane Howell, a simplement décidé de modifier le statut de sa garderie après que le bureau coordonnateur du CPE L’Enfant-Do lui eut retiré sa reconnaissance. Sa garderie est alors devenue une organisation privée et non subventionnée.

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Morsure de chien dans une garderie: Dominique Alain «troublée» par l’incident

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CHSLD Horace-Boivin: le résident violent subira une évaluation psychiatrique

Le tribunal a ordonné jeudi une évaluation psychiatrique pour un homme de 71 ans à qui l’on reproche d’avoir semé un « climat de terreur » au CHSLD Horace-Boivin de Waterloo, notamment en frappant une infirmière et deux préposés.

Daniel Westover fait face à une accusation de voies de fait armées. Il reste détenu d’ici à sa prochaine comparution fixée au 19 décembre. 

S’il est libéré par la suite, il doit être transféré dans un établissement de la région spécialisé pour ce type de clientèle, a indiqué cette semaine une porte-parole de la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. M. Westover doit aussi répondre d’accusations pendantes de menaces et non-respect de ses conditions de libération provisoire. 

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Justice et faits divers

Une raclée en pleine filature [VIDÉO]

Au beau milieu d’une opération de filature, des policiers de Québec voient leur « sujet d’intérêt » se faire battre, presque sous leur nez. Comment intervenir sans torpiller l’enquête? Avec un petit mensonge…

Au printemps dernier, la division des enquêtes du Service de police de la Ville de Québec est plongée dans le projet Mataf, un mot qui signifie matelot ou mousse.

La situation est préoccupante: pas moins de six enquêteurs recueillent des informations sur les nombreux « burn de drogue » qui se produisent sur le territoire durant cette période. Le « burn » est le terme utilisé par les policiers pour nommer les violentes invasions des domiciles des trafiquants par d’autres criminels qui repartent avec de la drogue ou de l’argent.

En quête de renseignements, les policiers écoutent les appels 9-1-1 pour déceler, parmi des plaintes de bruit dans le voisinage, lesquelles sont en fait des invasions de domicile non déclarées.

Le 25 avril, une équipe de filature décide de suivre Carl Rousseau, connu, selon la police, comme  un collecteur de dettes de drogue. On veut documenter les allées et venues du grand gaillard mesurant environ 6’3’’ et pesant plus de 250 livres. 

Les agents de filature voient Rousseau se rendre dans le stationnement d’un édifice à logement de la rue Duval dans Limoilou. 

Les agents-fileurs vont filmer une partie de l’action avec leurs caméras. Les policiers ne le savent pas encore, mais c’est leur jour de chance: des caméras de surveillance installées sur un édifice à logements vont capter les événements.

Une voiture Mercedes avec à bord quatre individus se présente. Alexandre Lapointe reste dans l’auto. Francis Barette, Yannick Desjardins et Yann Graveline-L’Ecuyer  débarquent et vont parler à Rousseau. 

Sur les images, on voit un Rousseau, découragé par les discussions, qui se prend le visage dans les mains. Il suit malgré tout le trio. 

Quelques minutes plus tard, Francis Barette assène un violent coup de poing à la tempe de Carl Rousseau. Le costaud s’écroule au sol. Il restera étendu environ cinq minutes. 

Les trois individus retournent à bord de leur véhicule et quittent les lieux. 

Après leur départ, Carl Rousseau réussit à se lever et titube jusqu’à sa voiture.

Une «menterie»

L’enquêteur Fabien Marceau, qui agissait en support à la filature, s’approche et va rejoindre Rousseau. Il constate que l’homme a le visage ensanglanté, tuméfié et qu’il peine à rester debout.

« Là, je dois dire une menterie pour garder la filature secrète, explique le sergent-détective Marceau. Je lui ai dit qu’une madame avait appelé le 9-1-1 pour dire qu’un homme venait de manger une volée. »

Rousseau opine, mais ajoute aussitôt qu’il ne veut porter plainte d’aucune façon. La victime est amenée à l'hôpital en ambulance pour faire soigner des fractures au visage.

La filature sera rapidement transportée sur la voiture Mercedes, qui s’est mise en direction des ponts.

Pour les policiers du SPVQ, il est clair que les protagonistes frayent avec le crime organisé. En raison de ce contexte potentiellement explosif, le lieutenant-détective Gino Dufour du SPVQ demande l’aide du Groupe tactique d’intervention pour intercepter les quatre individus. 

Les policiers commencent par ralentir la circulation sur l’autoroute pour faciliter l’opération. La Mercedes sera stoppée sur l’autoroute 20 ouest, en direction de Montréal, près de Joly.

Les quatre hommes sont calmes et coopèrent avec les policiers.

Pendant que les suspects sont amenés au poste de police pour être interrogés, la voiture est fouillée. Les policiers trouvent un gant de plomb et un pistolet Glock 9mm avec ses balles.

Arrestation illégale?

Les quatre hommes sont accusés de voies de fait avec lésions. Ils ont commencé à subir leur procès cette semaine.

Leurs avocats demandent à la cour l’exclusion de plusieurs preuves, notamment les contenus des téléphones cellulaires, parce que, disent-ils, l’arrestation a été faite sans motif et la détention était illégale.

Aucun agent de la filature n’a vu le coup de poing qui a assommé Carl Rousseau, plaident les avocats de la défense. Les images des caméras de surveillance, qui montrent clairement l’agression, n’ont été disponibles que plusieurs heures après l’arrestation.

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Édith Blais n’a pas été oubliée

Il y aura un an lundi que la Sherbrookoise Édith Blais est disparue au Burkina Faso en compagnie de son copain italien Luca Tacchetto. Même si peu de nouvelles informations ont filtré dans les derniers mois, il ne faut pas conclure qu’aucun effort n’est fait pour assurer sa libération, assure David Morin, codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent et professeur à l’Université de Sherbrooke.

Rappelons que la piste privilégiée est celle que la jeune femme de 35 ans a été enlevée après avoir quitté Bobo-Dioulasso. Chrystia Freeland, alors ministre des Affaires étrangères, avait confirmé en septembre qu’on croyait la Sherbrookoise toujours en vie.

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« Le temps qui passe pour quelqu’un en captivité est toujours préoccupant. Ce sont des dossiers extrêmement complexes qui prennent du temps à résoudre. Les quelques exemples que nous avons dans la même région sont ceux de gens qui sont des otages depuis deux, trois ou quatre ans. Après un an, nous sommes dans les délais que nous pouvons constater », résume David Morin.

Le quasi-silence des autorités ne doit pas être interprété comme une forme d’inaction, selon le professeur de l’Université de Sherbrooke. « Les groupes djihadistes de cette région avaient annoncé qu’ils ne communiqueraient plus sur les otages. Le silence est souvent de mise pour l’ensemble des parties prenantes. Ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien, mais c’est un signal que c’est extrêmement compliqué. Il n’y a aucune raison de penser que le gouvernement canadien n’est pas entièrement mobilisé. »

À Affaires mondiales Canada, on se limite au même commentaire depuis un an. « Nous sommes au courant qu’une citoyenne canadienne est portée disparue au Burkina Faso. La priorité du gouvernement du Canada est toujours d’assurer la sûreté et la sécurité de nos citoyens. Pour cette raison, nous ne commenterons et ne publierons aucune information susceptible de compromettre les efforts en cours ou de mettre en danger la sécurité des Canadiens. »

Les démarches pour faire libérer Édith Blais s’inscrivent dans un contexte d’instabilité au Burkina Faso, mais aussi dans la région délimitée par le Mali et le Niger. Une attaque survenue mardi a d’ailleurs fait au moins 71 morts au Niger.

Justice et faits divers

Alexander-Galt: des versions contradictoires des témoins

L’adolescent qui a sorti un couteau en présence d’une élève de l’école secondaire Alexander Galt à Sherbrooke sera vraisemblablement dirigé vers des sanctions extrajudiciaires.

L’adolescent devrait être inscrit au rôle de la chambre de la jeunesse, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke, pour reconnaître certains faits au dossier.

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Selon la preuve contenue au dossier, l’adolescent a sorti un couteau de poche et l’a mis à la hauteur de sa poitrine la lame dirigée vers la victime. Selon les images des caméras de surveillance de l’établissement scolaire, il n’y aurait eu aucun mouvement ou attaque vers la jeune fille. Cet épisode s’est déroulé en présence de cinq ou six autres élèves du même groupe au début octobre.

Les versions contradictoires des témoins de la scène ne permettent pas de prouver des menaces hors de tout doute raisonnable.

L’adolescent devrait reconnaître les faits de l’accusation de voies de fait en portant de façon ostentatoire une arme. L’accusation initialement portée d’avoir menacé avec une arme sera ainsi modifiée.

Si l’adolescent accomplit les mesures extrajudiciaires qui devraient être proposées par le procureur aux poursuites criminelles Me François Houle, l’accusation sera abandonnée.

L’avocate de la défense Me Annie-Pier Babineau de l’aide juridique devrait donner son aval à ce dénouement dans les procédures entreprises dans cette affaire.

La Commission scolaire Eastern Townships avait confirmé cette semaine que le retour en classe de l’adolescent était imminent, son président Michael Murray souhaitant que la situation revienne à la normale.

Des mesures ont été prises pour éviter que les deux jeunes se retrouvent ensemble seuls en même temps.

Le « safe school protocol » a été enclenché à la suite des évènements malheureux. Les différentes personnes impliquées, dont les parents, ont été rencontrées.

Des élèves de l’école secondaire Alexander Galt avaient organisé une manifestation pour soutenir l’adolescente victime dans cette affaire.

Justice et faits divers

Polytechnique: Jean-Claude Rochefort se définit comme un prisonnier politique

MONTRÉAL — Jean-Claude Rochefort, cet admirateur du tueur de Polytechnique, s'est présenté comme un «prisonnier politique et d'opinion» lors de son enquête sur le cautionnement, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Exposant ses idées de manière désordonnée, il n'en a pas moins reconnu être l'auteur des propos antiféministes violents publiés sur le web sous le pseudonyme de Rick Flashman.

«C'est une admission sur un certain élément de la preuve, mais ce n'est pas ce qui était visé à la base pour notre défense», a toutefois précisé son avocat, Me Marc-Olivier Carrier.

«C'est la nature de ce qui a été dit qui devra être analysée. Ça arrive fréquemment dans ce genre d'accusation qu'on se penche sur la nature et non sur le fait (de déterminer si) c'est lui ou pas qui a écrit cela.»

Le juge Serge Delisle n'a toutefois pas rendu de décision sur le banc à l'issue de l'audience, prenant sa décision en délibéré. Elle sera rendue lundi.

«Je pense que le juge a bien fait de prendre le dossier en délibéré si effectivement il mérite de regagner sa liberté», a opiné Me Carrier.

Jean-Claude Rochefort est détenu depuis son arrestation, le 5 décembre, la veille des commémorations du 30e anniversaire de la tuerie de l'école Polytechnique au cours de laquelle 14 jeunes femmes avaient été froidement assassinées en 1989 lors d'un attentat antiféministe.

L'homme de 70 ans fait face à une accusation d'incitation à la haine après que les policiers eurent retracé l'origine d'un blogue où les propos contre les femmes dépassaient les bornes.

Me Carrier a fait valoir que les démêlés judiciaires passés de M. Rochefort n'ont jamais impliqué de violence et que, même si ses propos peuvent être qualifiés de choquants, le septuagénaire ne représente pas une menace pour autant.

La Couronne s'oppose à sa remise en liberté, évoquant le risque de récidive, puisque l'accusé a été arrêté pour exactement les mêmes raisons il y a dix ans. La procureure, Me Josianne Laplante, estime également que sa détention est requise afin de ne pas miner la confiance du public envers l'appareil judiciaire.

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Fillette tuée à Granby: une enquête préliminaire en février pour la belle-mère

Seule la belle-mère de la fillette trouvée morte à Granby, en avril dernier, subira son enquête préliminaire en février 2020.

La femme de 36 ans et son conjoint de 30 ans, le père de la victime, étaient de retour en cour jeudi au palais de justice de Granby. 

Concernant le père, la défense a indiqué ne pas être prête à fixer une enquête préliminaire. Celle de la belle-mère doit toutefois avoir lieu des 24 et 25 février prochains et ne fera entendre qu’un témoin. Ce témoignage pourrait par la suite être versé au dossier du père, a indiqué Me Laurence Bélanger, du ministère public. 

La Couronne a également autorisé la divulgation, à la défense, de documents liés à l’arrestation des accusés et gardés sous scellés jusqu’ici. 

Le père, qui a obtenu sa liberté provisoire en septembre, fait face à des accusations de négligence criminelle, séquestration, abandon d’enfant et omission de fournir les choses nécessaires à la vie. Sa conjointe, qui n’a pas demandé à être remise en liberté, est pour sa part accusée de meurtre au 2e degré, séquestration et voies de fait graves. 

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La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique

Trois-Rivières — La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant le décès de cet octogénaire atteint d’Alzheimer survenu, le 1er décembre, au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, à Trois-Rivières.

 «Il faut que les gens sachent ce qui s’est passé pour qu’il n’y ait plus jamais de famille qui subisse ça», espère Marc Bastien, le fils de l’octogénaire.

Au Bureau du coroner, on confirme avoir reçu une demande à cet effet et qu’elle est sérieusement étudiée. «Effectivement, il y a des discussions à l’interne. On souhaite évaluer la meilleure option possible. Parmi les options, oui, il peut y avoir une enquête publique», explique Dominique D’Anjou, porte-parole.

Rappelons que Guy Bastien, 82 ans, est mort à la suite d’une chute. Selon sa famille, il est tombé lors d’une altercation avec un agent de sécurité, ce que nie l’employeur de ce dernier. M. Bastien avait subi une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale. C’est son fils qui a contacté le 911 pour qu’il soit transporté à l’hôpital après l’avoir trouvé couvert de sang et de vomi dans sa chambre. 

Cette famille a reçu une foule de témoignages à la suite de ce drame. «On a reçu des centaines de messages à travers la province. C’était soulageant mais aussi inquiétant», confie M. Bastien. Plusieurs de ces personnes ont été confrontées à une situation semblable. «Il y a des préoccupations au sujet de la formation des gardiens de sécurité. Quel que soit la compagnie, le problème est connu. Il ne faut pas juste qu’il soit connu, il faut des solutions pour changer ça. C’est pour ça que l’enquête publique va - on espère - faire changer les choses», mentionne M. Bastien. Tout ce qui s’est passé à la suite de la chute a également indigné bien des gens. «C’est arrivé à d’autres familles. Leur père ou leur mère ont chuté et ils ont été tout simplement recouchés dans leur lit alors qu’ils auraient dû avoir des soins», déplore M. Bastien.

Le coroner mène déjà une enquête dans ce dossier. M. Bastien a une totale confiance en ces démarches. «On sait qu’ils font leur maximum.» Il pense toutefois autrement de l’enquête interne menée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Il est d’ailleurs très déçu de la sortie du CIUSSS le lendemain de la mort de son père. 

«Les sorties du CIUSSS, c’était loin d’être des regrets. C’était plus pour essayer de manipuler, je pense, la population. Il essayait de contourner le sujet plutôt que de prendre la problématique de front. Ça nous a choqués vraiment. C’est vraiment essayer de manipuler l’opinion de la population, et non de prendre leurs responsabilités et d’essayer de changer les choses. C’est un élément supplémentaire qui nous incite à espérer que tout le travail d’enquête soit fait.»

Il croit d’ailleurs qu’une enquête publique permettrait d’aller vraiment au fond des choses et d’améliorer les chances que de véritables solutions soient mises de l’avant. Pris dans un véritable tourbillon depuis la mort de M. Bastien, sa famille tente de passer à travers cette épreuve tout en tentant d’obtenir des réponses. «Le temps s’est arrêté. On est loin du deuil. Ce qui va nous aider à vivre notre deuil, c’est lorsque toutes les enquêtes vont être terminées, et que des solutions vont être trouvées pour les autres familles, de vraies solutions.»

Malgré toutes les émotions que suscitent ces démarches, la famille n’a pas l’intention de laisser tomber. «L’enjeu est trop important pour qu’on arrête. Les commentaires des gens sur les médias sociaux font en sorte que ça en vaut la peine. Le deuil arrivera quand il arrivera.»

Les funérailles de Guy Bastien seront célébrées le 21 décembre.

Justice et faits divers

La Loi sur la laïcité de l'État n'est pas suspendue par la Cour d'appel

MONTRÉAL — La Loi sur la laïcité de l’État, connue avant son adoption comme le projet de loi 21, reste pleinement en vigueur : la Cour d’appel du Québec a refusé jeudi de la suspendre pendant la durée de la contestation judiciaire.

Selon la Cour, le débat sur les questions constitutionnelles soulevées est complexe et mérite de s’y pencher en profondeur — et non pas dans le cadre d’une demande de suspension temporaire.

Rien n’est donc terminé ici : le but ultime des opposants à cette loi est de la faire invalider, et de s’en débarrasser pour de bon.

Pour eux, la demande de suspension ne visait qu’à minimiser les dégâts en attendant la suite des procédures, car il peut s’écouler des années avant que le dossier ne soit réglé.

La Loi sur la laïcité de l’État — adoptée en juin à l’Assemblée nationale — interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions, dont les policiers et les procureurs de la Couronne, ainsi qu’aux enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire. En l’adoptant, le législateur québécois avait invoqué la clause dérogatoire — souvent appelée clause nonobstant — pour éviter une contestation de la loi par ceux qui feraient valoir qu’elle est discriminatoire et contraire à la Charte des droits.

Cette demande de suspension avait été formulée par le Conseil national des musulmans canadiens, l’Association canadienne des libertés civiles et Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hijab.

Demandant qu’elle soit invalidée, ils avaient fait valoir que la loi est discriminatoire et cause des torts sérieux et immédiats aux minorités religieuses et aux droits des femmes musulmanes, qui seraient particulièrement visées par la Loi.

Jugement de la Cour d’appel 2-1

Par leur jugement livré jeudi après-midi, deux juges sur trois du banc de la Cour d’appel ont maintenu la décision du juge Michel Yergeau de la Cour supérieure, qui avait refusé de suspendre les articles 6 et 8 de la loi en juillet dernier.

Dissidente, la juge en chef Nicole Duval Hesler aurait toutefois accueilli en partie l’appel et suspendu pendant l’instance l’application de l’article 6, qui interdit le port d’un signe religieux aux personnes appartenant aux professions visées lorsqu’elles sont dans l’exercice de leurs fonctions. L’article 8 porte sur l’obligation pour certains employés de l’État de donner des services à visage découvert.

Plusieurs groupes et citoyens, ainsi que le Parti québécois, ont demandé la récusation de la juge Duval Hesler, en raison notamment de propos qu’elle a tenus lors de l’audition de cette affaire fin novembre. Selon eux, ses paroles soulevaient des doutes sur son impartialité. De nombreuses plaintes ont été déposées au Conseil canadien de la magistrature.

En rendant son jugement, la juge Dominique Bélanger de la Cour d’appel a rappelé qu’à cette étape des procédures, la Cour doit tenir pour acquis que la Loi sert un objectif d’intérêt général valable.

Surtout qu’ici, un débat nouveau doit avoir lieu, car il reste à voir si l’article 28 de la Charte canadienne des droits et libertés — une disposition peu utilisée, portant sur l’égalité des sexes — peut servir à faire invalider la Loi, car il serait à l’abri de l’effet de la clause dérogatoire.

Malgré le fait que la juge Bélanger estime que «les enseignantes portant le voile subissent un préjudice sérieux et irréparable durant l’instance» et qu’il est «apparent que leurs droits fondamentaux sont brimés», elle tranche que la Cour doit s’incliner à cette étape. 

Le jugement fait réagir

«Nous n’en avons pas fini avec cette loi injuste», ont écrit dans un communiqué l’Association canadienne des libertés civiles et le Conseil national des musulmans canadiens.

Déçues du résultat, les deux organisations ont précisé n’avoir jamais pensé qu’il serait facile de se battre pour les droits des Québécois et des Canadiens. Elles disent être en train d’examiner les options qui s’ouvrent à elles.

Le gouvernement du Québec est satisfait de constater que la Loi sur la laïcité de l’État demeure en vigueur. «Nous continuerons à défendre le bien-fondé et la constitutionnalité de cette Loi, comme ceux de toutes les lois adoptées démocratiquement par l’Assemblée nationale», a indiqué dans un communiqué la ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel.

Quant à son homologue fédéral, David Lametti, il a l’intention de suivre le procès à venir de très près. Il a réitéré la position des libéraux, qui estiment qu’il n’est pas du ressort d’un gouvernement de dire à ses citoyens quoi porter ou ne pas porter.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet est satisfait du jugement. «Nous, on a assez peu d’appétit pour les enjeux judiciaires autour de la Loi 21. On souhaiterait qu’elle ne soit simplement pas contestée, qu’elle aille de l’avant et qu’elle contribue à la saine harmonie de la société québécoise, comme c’est bien sûr son mandat.»

Santé

Une éclosion de salmonellose au Canada liée à des serpents et des rongeurs domestiques

OTTAWA - Une éclosion de salmonellose dans six provinces canadiennes depuis deux ans et demi serait vraisemblablement liée à des contacts avec des serpents et des rongeurs «de compagnie», indique l’Agence de la santé publique du Canada.

Un avis publié cette semaine indique que 92 cas de cette infection bactérienne ont été signalés entre avril 2017 et octobre 2019, dont 52 au Québec. On a signalé aussi 16 cas en Ontario et neuf cas au Nouveau-Brunswick.

L’agence affirme que selon les constatations de l’enquête menée jusqu’ici, l’exposition à des serpents et à des rongeurs a été identifiée comme «source probable de l’éclosion».

«Plusieurs personnes infectées déclarent avoir eu un contact direct ou indirect avec des serpents, avec des rats de compagnie et avec des rongeurs servant à nourrir (les reptiles) avant l’apparition de la maladie», indique l’agence fédérale.

Les reptiles et les rongeurs peuvent être porteurs de la bactérie salmonelle même s’ils semblent propres et en bonne santé. Les gens peuvent tomber malades par contact direct avec les animaux, mais aussi par contact indirect, avec leur environnement. «Par exemple, un enfant qui joue dans une pièce où un reptile s’est promené peut être à risque de contracter la salmonellose», précise-t-on.

L’Agence de santé publique recommande notamment de se laver fréquemment les mains et de manipuler en toute sécurité les serpents et les rongeurs et leur nourriture - y compris les rongeurs congelés utilisés pour nourrir les serpents, car la congélation ne détruit pas les salmonelles. Il ne faut pas non plus garder des rongeurs congelés dans un réfrigérateur où se trouvent des aliments destinés à la consommation humaine.

D’autres cas ont aussi été signalés en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Actualités

Travailleur écrasé par des tuyaux de fonte: formation déficiente [VIDÉO]

Un manque de formation des employés serait l’une des causes de l’accident de travail survenu en juin dernier dans la cour d’un garage municipal. Un travailleur de 35 ans y a tragiquement perdu la vie, écrasé par des tuyaux de fonte.

Le 19 juin, Éric Bernier, chauffeur de dépanneuse, travaillait sur le terrain d’un garage municipal de Charlesbourg, sur le boulevard Jean-Talon Ouest. L’homme était un employé de l’entreprise Remorquage Auclair inc., sous-traitant pour la Ville de Québec. 

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu publiques les conclusions de son enquête jeudi.

Il est expliqué que la victime et son collègue, un chauffeur de chargeuse employé de la Ville, n’avaient eu aucune indication claire quant aux tâches à effectuer ni sur la méthode à utiliser. Ainsi, «la gestion déficiente des activités de déchargement de matériaux amène les travailleurs à utiliser une méthode de travail improvisée lors de la manutention de tuyaux de fonte», conclut le rapport d’enquête. 

Le travailleur décédé s’était positionné sur la plateforme de la dépanneuse, avec les tuyaux de fonte. La chargeuse sur roues s’est avancée pour déplacer les tuyaux, qui ont roulé des fourches de levage pour écraser le travailleur tombé au sol. Les tuyaux de fonte pèsent 400 livres chacun. 

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sherbrooke

Opération policière en psychiatrie: les employés soulagés

SHERBROOKE - Les employés du département de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont soulagés après l'opération policière effectuée pendant tout l'avant-midi, mercredi, au 8e, 9e et 10e étage du pavillon Émile-Noël de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

« L'effet dissuasif devrait être là. On espère que ça va calmer les patients qui, on le pense, entraient de la drogue et en vendaient à d'autres patients », soutient un employé qui préfère garder l'anonymat.

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«La psychiatrie n’est pas une jungle», rassure le Dr Trudel

Il faut dire que les employés de la psychiatrie étaient sous tension depuis plusieurs semaines. « Recevoir des menaces verbales dans des moments de crise, c'est une chose... Mais quand on reçoit des menaces directes et que nos collègues se font crever leurs pneus pendant leur quart de travail, là c'est venu nous shaker en masse », indique une autre employée.

Le climat de peur qui s'est installé chez les employés mettra du temps à se dissiper. Un employé qui vient travailler à pied a maintenant très peur de marcher seul aux alentours de l'hôpital.

Un autre indique qu'il est à un cheveu d'abandonner sa profession. « Je suis rendu que j'arrive travailler le matin et que je regarde l'heure à tout moment en me disant : mais pourquoi il n'est pas quatre heures? C'est un signal d'alarme qu'on n'aime plus son emploi, hein? En fait, je l'aime encore. J'aime travailler en psychiatrie, je ne voudrais pas aller ailleurs. Mais je ne suis plus capable de vivre tous mes quarts de travail dans la peur. Je veux me rendre à ma retraite sur mes deux jambes, en bonne santé. Je ne veux plus risquer d'être blessé chaque fois que je viens travailler », clame-t-il.

Actualités

Un cerf de Virginie s'invite dans une cour d'école

Les élèves de l’école St-Bernard de Granby ont reçu un visiteur plutôt inhabituel, jeudi matin, dans leur cour de récréation. Un chevreuil s’est retrouvé sur le terrain, près de l’école, incapable de trouver une issue pour en sortir. L’intervention des agents de protection de la faune a été requise pour reconduire l’animal dans son environnement.

La présence de la bête a été remarquée par les membres du personnel à leur arrivée à l’école, vers 7 h 40. L’animal, qui présentait des blessures au visage et à une patte, s’est retrouvé coincé dans la cour et se tenait près de la clôture. Le personnel de l’établissement a contacté les agents de la faune pour aider l’animal à retourner en forêt. 

« Dès que les enfants ont commencé à arriver à l’école, ils ont été dirigés à l’intérieur de l’établissement, comme c’est le cas lors des jours de pluie », explique Alexandra Langlois, coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs. 

Les agents de protection de la faune ont utilisé une fléchette tranquillisante pour endormir l’animal, explique Sylvain Carrier, porte-parole au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Les agents l’ont ensuite placé sur un brancard pour le transporter au camion qui l’a ensuite conduit dans son environnement naturel.

« Il a été relocalisé dans un milieu boisé à Shefford », précise M. Carrier. 

La visite du cervidé a créé une certaine excitation chez les enfants, mais aussi de l’inquiétude chez certains. Lorsque l’intervention des agents a été complétée, la direction a adressé un message aux élèves pour les rassurer et les informer que le cerf était hors de danger.

Affaires

Profits et revenus en hausse pour Transat A.T.

MONTRÉAL - Une augmentation du prix des billets et la progression des revenus accessoires ont permis à Transat A.T. de tripler ses profits au quatrième trimestre, alors que le voyagiste québécois est en voie de passer sous l’aile d’Air Canada.

La société mère d’Air Transat a dévoilé jeudi un bénéfice net de 20,3 millions $, ou 54 cents, pour la période de trois mois terminée le 31 octobre, alors que les revenus ont grimpé de 3,7 %, à 693,2 millions $.

Transat A.T. a expliqué que ses résultats étaient notamment attribuables à une hausse des prix de vente moyens sur l’ensemble de ses programmes ainsi qu’à la croissance de ses revenus accessoires - comme les services à la carte, les repas et frais de surplus pour les bagages.

Entre-temps, l’entreprise établie à Montréal s’attend à passer dans le giron d’Air Canada à la fin du deuxième trimestre de 2020 si les approbations réglementaires requises sont obtenues et que les conditions sont remplies.

«Nous travaillons à obtenir les autorisations nécessaires à la conclusion de notre transaction, tout en mettant beaucoup d’efforts à servir nos clients et à améliorer nos résultats», a souligné le président et chef de la direction du voyagiste, Jean-Marc Eustache, dans un communiqué.

En août dernier, les actionnaires de Transat A.T. avaient accepté l’offre bonifiée de 18 $ par action - soit environ 720 millions $ - du plus important transporteur aérien au pays. La transaction fait toutefois l’objet d’un examen minutieux des autorités réglementaires puisqu’elle permettra à Air Canada de contrôler environ 60 pour cent du marché transatlantique depuis le Canada.

Air Canada a dit avoir l’intention de préserver les marques Transat et Air Transat et de maintenir son siège social montréalais.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice par action ajusté de Transat A.T. a été de 72 cents au quatrième trimestre, par rapport à 36 cents à la même période il y a un an.

La performance trimestrielle de la société a dépassé les attentes des analystes, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 69 cents sur un chiffre d’affaires de 676 millions $, d’après la firme de données financières Refinitiv.

Entreprises dans cette dépêche: (TSX:TRZ, TSX:AC)

Justice et faits divers

Affaire du juge Michel Girouard: l’appel du Conseil de la magistrature rejeté

OTTAWA - La Cour suprême du Canada ne se penchera pas sur les questions entourant le processus pour discipliner les juges nommés par le fédéral.

Le plus haut tribunal du pays a refusé d’entendre la demande du Conseil canadien de la magistrature pour voir si ses décisions disciplinaires peuvent échapper à tout examen judiciaire - une notion que les tribunaux inférieurs ont catégoriquement rejetée.

La saga pour révoquer le juge Michel Girouard, de la Cour supérieure du Québec, dure depuis sept ans. Une plainte déposée en novembre 2012 allègue que M. Girouard, alors qu’il était avocat, aurait acheté de la drogue.

Un comité d’enquête du Conseil de la magistrature avait d’abord rejeté les allégations, puis une deuxième plainte a conduit la majorité des juges du Conseil à recommander en février 2018 que M. Girouard soit destitué.

M. Girouard a demandé à la Cour fédérale d’invalider cette recommandation.

Le Conseil a soutenu que son mécanisme d’appel interne est plus serré qu’un appel devant la Cour suprême, un tribunal composé de neuf juges. Mais le juge Simon Noël, de la Cour fédérale, a répliqué qu’il trouve «inconcevable» qu’un seul organisme puisse décider seul du sort d’une personne.

M. Girouard avait été nommé juge à la Cour supérieure du Québec par le gouvernement Harper en 2010.

À LIRE AUSSI : La destitution du juge Girouard recommandée

Justice et faits divers

Vol de données de célébrités: l’accusé avait aussi une carte d’accès à l’Assemblée nationale

L'homme de 45 ans soupçonné d'avoir piraté des téléphones cellulaires d'artistes a comparu, jeudi, au palais de justice de Québec. Il a été remis en liberté sous plusieurs conditions.

Pascal Desgagnés, un résidant de Québec, a été arrêté mercredi par le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Il fait face à des accusations de vol d’identité, fraude à l’identité, méfait à l’égard de données informatiques, utilisation non autorisée d’ordinateurs et utilisation frauduleuse de mots de passe.

Mardi, TVA Nouvelles rapportait que des dizaines de personnalités auraient été espionnées sur leur téléphone, dont plusieurs artistes tels que l’animatrice Véronique Cloutier.

Conditions strictes

Au palais de justice jeudi, Pascal Desgagnés a dû s’engager pour la somme de 5000 $. Il a promis de garder la paix et d’aviser les policiers de tout changement de lieu de travail ou de clients.

Il lui sera interdit d’utiliser internet ou un réseau sans fil sauf dans le cadre d’un travail légitime et rémunéré entre 7h et 21h. La connexion devra provenir uniquement de Vidéotron.

Les policiers sauront quels appareils il utilise, et donc pourront à tout moment vérifier ses activités.

L’homme bénéficiera d’une exception pour consulter Netflix, PlayStation, Tou.tv, ainsi que le portail de l’école de son fils. Il n’aura pas le droit d’utiliser les réseaux sociaux.

Lorsque le juge lui a demandé s’il consentait à toutes ces conditions, Desgagnés, vêtu d’un manteau noir, les cheveux grisonnants et l’air impassible, a répondu : «Tout à fait.»

La procureure au dossier, Dana Cernacek, a également lu une liste d’initiales appartenant à 32 personnes avec lesquelles Desgagnés ne pourra, sous aucun prétexte, entrer en contact.

Les personnes ont été identifiées par leurs initiales afin de «protéger leur vie privée», a expliqué Me Cernacek en mêlée de presse, sans toutefois confirmer qu’il s’agissait des «victimes» dans cette affaire.

«À ce moment-ci, nous ne pouvons pas commenter sur le nombre de victimes parce que ça fait partie de la divulgation de la preuve et actuellement, elle n’est pas publique», a-t-elle déclaré.

Mercredi, le SPAL avait refusé d’identifier les victimes ou de confirmer qu’il s’agissait de «personnalités».

À sa sortie du palais de justice, jeudi, tandis qu’il était poursuivi par les journalistes, Desgagnés a lancé : «J’ai aucun commentaire à faire. C’est complètement agressant.»

À LIRE AUSSI : Résident de Québec arrêté dans une histoire d'espionnage de cellulaires de vedettes

Beaucoup de données

Selon la police, les victimes «n’auraient subi aucune perte financière» et le porte-parole du SPAL a indiqué que l’accusé utilisait «des quantités très importantes de données» à des «fins personnelles», sans offrir de précisions sur la nature des données.

Les infractions auraient été commises entre le 20 décembre 2013 et le 21 janvier 2019.

Plusieurs perquisitions ont eu lieu au domicile de l’accusé, sur des sites Web, sur des tours d’ordinateur ainsi que sur d’autres dispositifs informatiques.

Pascal Desgagnés détenait une carte d’accès de l’Assemblée nationale, puisqu’il était consultant externe pour le centre d’expertise numérique.

Toutefois, ses accès aux systèmes informatique et téléphonique étaient «limités», selon la porte-parole de l’Assemblée nationale, Julie Champagne, qui précise que la carte d’accès a été révoquée mercredi.

Elle a confirmé à La Presse canadienne, jeudi, que des démarches étaient en cours pour vérifier si des téléphones de députés auraient pu être piratés.

Desgagnés était de surcroît consultant chez Desjardins. «Je peux vous assurer que les informations auxquelles M. Desgagnés [...] avait accès ne permettent pas de pirater des cellulaires», a indiqué par courriel la porte-parole Chantal Corbeil.

L’avocate de Desgagnés, Geneviève Côté, n’a pas souhaité commenter, jeudi. L’accusé reviendra devant le tribunal le 31 mars.

Actualités

118 femmes tuées au Canada en 2019; taux inférieur au Québec

GUELPH, Ont. - Un rapport dévoilé la semaine dernière révèle que 118 femmes et filles ont été tuées cette année à la suite de violences au Canada, ce qui signifie qu’il y a eu un meurtre de femme à chaque trois jours, en moyenne.

Dans ces dossiers, 87 pour cent des accusés étaient des hommes et 13 pour cent, des femmes.

Le rapport publié par l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation ajoute que les femmes âgées de 25 à 54 ans continuent d’être surreprésentées dans le bilan des meurtres de femmes. Neuf femmes tuées sur dix cette année avaient au moins un enfant.

Un peu plus d’un accusé sur quatre s’est suicidé après le meurtre, la majorité de ces cas impliquant des partenaires intimes masculins actuels ou anciens.

Le rapport précise que les taux les plus élevés de meurtres de femmes et de filles ont été observés dans deux des trois territoires, le Nunavut et le Yukon. Parmi les provinces, les pires taux ont été relevés au Manitoba et en Alberta, alors que les plus faibles ont été compilés en Nouvelle-Écosse, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les détails sur les meurtres de femmes dans les provinces du Canada révèlent qu’au Québec, 605 femmes et filles ont été assassinées de 1997 à 2015.

D’autre part, en général, il y a eu déclin important du nombre de meurtres au Canada depuis 1975, davantage chez les hommes que chez les femmes.

Le rapport provisoire de l’Observatoire canadien du fémicide pour la justice et la responsabilisation a été publié au jour du 30e anniversaire de la tuerie du 6 décembre 1989 qui a coûté la vie à 14 jeunes femmes à l’École polytechnique de Montréal. L’Observatoire basé à Guelph, en Ontario, entend le mettre à jour le mois prochain.

Actualités

Jugement en appel sur la pyrrhotite: pas avant les «tout premiers mois de 2020»

Trois-Rivières — Tous les feux semblaient au vert pour que la Cour d’appel rende avant Noël son jugement tant attendu sur la pyrrhotite. Mercredi, toutefois, une note de service a été envoyée par le juge François Pelletier à toutes les personnes visées leur disant que cette décision ne sera finalement déposée que «dans le cours des tout premiers mois de 2020». Le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas, ne cache pas jusqu’à quel point il est excédé. «L’autre fois, je disais que j’étais tanné de me faire niaiser... Et ça continue», fulmine-t-il.

Sa réaction ne vient pas juste du fait qu’en avril prochain, ça fera deux ans que les victimes attendent ce fameux jugement, mais également parce que la CAVP n’arrive plus à faire avancer ses dossiers entre-temps. Voilà deux ans qu’elle réclame notamment que le gouvernement s’implique pour aider les gens à faire leurs tests de pyrrhotite, mais sans jamais rien pouvoir se mettre sous la dent, et ce, malgré les promesses électorales. «Ça fait plusieurs fois qu’on demande à rencontrer le ministre fédéral François-Philippe Champagne et on ne réussit pas à le voir», illustre M. Gélinas.

Le président de la CAVP tiendra sous peu une rencontre avec son conseil d’administration. «Ça se peut qu’on change de stratégie», dit-il, «qu’on sorte la batte de baseball», dit-il en parlant évidemment au figuré quoique l’envie est très, très grande de poser des actions physiques, «de revenir aux bonnes vieilles méthodes», dit-il, comme des manifestations bien senties par exemple. «On a des idées. On va en discuter», dit-il. «Tout le monde est en maudit», surtout depuis l’arrivée de la missive du juge de la Cour d’appel, mercredi.

Santé

Discrimination à l’embauche: les jeunes médecins poursuivent le ministère

«Avez-vous des enfants ou l’intention d’en avoir?» Après trois ans à dénoncer les pratiques discriminatoires à l’embauche dont ils sont victimes, les jeunes médecins du Québec ont décidé de poursuivre le ministère de la Santé et la Procureure générale du Québec pour que cesse enfin cette discrimination.

La Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) dénonce les pratiques discriminatoires des employeurs depuis 2016, alors qu’elle avait publié les résultats d’un premier sondage révélant que près du quart des médecins résidents s’étaient fait demander en entrevue s’ils avaient des enfants ou s’ils avaient l’intention d’en avoir.

Le regroupement a reconduit le même sondage auprès des finissants de 2017. Là encore, les résultats étaient similaires : 32 % s’étaient fait demander s’ils avaient ou voulaient avoir des enfants.

Un troisième sondage a été réalisé en juin dernier. Cette fois, 28 % des 176 répondants se sont fait demander s’ils avaient des enfants ou avaient l’intention d’en avoir. 

La FMRQ rappelle que ces pratiques, qui ont cours dans toutes les régions et pour toutes les spécialités médicales, sont discriminatoires en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et de la Charte canadienne des droits et libertés.

Or malgré les «nombreuses interpellations» faites par la FMRQ auprès des deux derniers gouvernements, rien n’a été fait pour que cesse cette discrimination, déplore la fédération dans un communiqué diffusé jeudi matin. 

D’où la décision de déposer à la Cour supérieure une poursuite et une demande d’injonction au nom de tous les médecins résidents qui ont été «lésés».

Préjudice moral

La FMRQ demande plus précisément pour elle-même et pour ses membres des dommages-intérêts moraux de 100 000 $ de la part du ministère de la Santé et de la Procureure générale du Québec «afin de compenser le préjudice moral découlant de la négligence, de l’immobilisme et de l’inaction du gouvernement depuis 2016». 

Elle réclame également des dommages-intérêts punitifs de 200 000 $ relativement à cette «discrimination systémique» dont ses membres sont victimes. Toutes les sommes accordées, s’il y a lieu, seraient versées à des organismes de défense des droits de la personne, précise la FMRQ.

Pour le président du regroupement, le Dr Christian Campagna, les questions sur la parentalité «n’ont rien à voir avec la compétence ou les exigences requises pour pratiquer la médecine au Québec».

«Le Québec a besoin de médecins pour assurer l’accessibilité aux soins. Le gouvernement doit agir pour mettre un terme à cette discrimination inacceptable envers la relève médicale et envers les jeunes femmes en particulier. On arrive en 2020, il serait temps que les employeurs en médecine respectent les droits fondamentaux», fait valoir le jeune médecin.

La FMRQ réclame que des «directives claires» sur les bonnes techniques d’entrevues et la préservation des droits des candidats soient communiquées à tous les établissements de santé du Québec. 

Elle demande également que soit mis sur pied un programme de formation pour tous les intervenants impliqués dans des entrevues de sélection pour des postes de médecins en pratique.

Le cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, n’a pas voulu commenter le dossier «puisque des recours judiciaires sont en cours».

Actualités

1,5 million de litres de pétrole déversés à la suite du déraillement d’un train en Saskatchewan

LANIGAN, Sask. - Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada affirme que le déraillement d’un train de marchandises du Canadien Pacifique ayant causé un violent incendie, lundi, a déversé 1,5 million de litres de pétrole dans la nature.

Selon le BST, 33 wagons-citernes et un wagon-trémie ont déraillé près de Guernsey, à environ 115 kilomètres au sud-est de Saskatoon.

Du lot, environ 20 citernes ont été fissurées et ont pris feu. Le brasier a fait rage durant près de 24 heures, a révélé l’agence fédérale.

Pas moins de 19 citernes se sont entièrement vidées de leur contenu, ce qui représente 1,5 million de litres de pétroles s’étant écoulés dans la nature ou s’étant répandus dans l’air après avoir été brûlés.

Les wagons-citernes impliqués dans le déraillement sont un mélange de catégorie 117R et de catégorie 111.

Les wagons 117R sont une version améliorée des citernes impliquées dans la tragédie de Lac-Mégantic. Ils sont considérés comme possédant des caractéristiques de sécurité supérieures.

En ce qui concerne les citernes de catégorie 111, le BST avait annoncé en 2015 qu’ils devaient être graduellement retirés de la circulation dans le transport de matières inflammables.

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Actualités

Le F.A.-Gauthier revient enfin à la maison [VIDÉO]

Le F.A.-Gauthier retourne à la maison, il est prêt à reprendre du service. Le navire quittera Lévis vendredi pour prendre la direction de Matane. «L’épisode difficile est derrière nous, on l’espère. On passe à autre chose», exprime Stéphane Lafaut, pdg de la Société des traversiers du Québec (STQ).

Les citoyens de la Gaspésie et de la Côte-Nord peuvent être soulagés, le navire assurera de nouveau la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout dès le 20 décembre, «si tout va bien». La préparation finale du bateau se déroulera dans les prochains jours, de même que des essais en mer et à quai.

La STQ assure qu’il s’agit toujours du meilleur navire pour effectuer le travail à cet endroit, malgré les pépins importants rencontrés. 

«Avant la crise, on avait seulement 28 traversées sur plus de 3000 qui avaient été annulées. C’est aussi un navire qui a été conçu pour les besoins des consommateurs, les habitants du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord. Les gens ont toujours été très satisfaits de la qualité du navire, au niveau des commodités à bord. En même temps, c’est un navire de grand gabarit qui est capable d’assurer un service fiable», soutient le président-directeur général de la STQ, M. Lafaut. 

Les déboires de la traverse de Matane s’additionnent depuis l’arrêt de service du F.A.-Gauthier à la mi-décembre 2018 pour des problèmes de propulsion. Ses remplaçants ont eu de la difficulté à bien assurer la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout, le navire Apollo avait notamment été déclaré bon pour la casse après 17 jours en service. La situation a été clarifiée à maintes reprises de «cauchemar» pour les clients de ce secteur. Depuis juillet, c’est le Saaremaa 1 qui s’occupe de la liaison.

«Rien ne sera laissé au hasard et la STQ ne négligera aucun effort pour nous assurer que le navire est au meilleur niveau de fiabilité dès son retour. Nos équipes doivent réaliser les derniers ajustements nécessaires. Un protocole de remise en service rigoureux a été mis en place.»

Déplacements sans stress pour les Fêtes

La STQ a mis en place une liaison aérienne complémentaire quotidienne entre Mont-Joli, Baie-Comeau et Sept-Îles pour la période des Fêtes, du 21 décembre au 6 janvier. 

«On a vécu une année exceptionnelle quand on regarde la perte de la qualité du service. Pour s’assurer que les gens puissent prévoir à l’avance leurs déplacements durant le temps des Fêtes, on a mis en place un service de navettes aériennes comme mesures exceptionnelles. C’est une initiative de la STQ», ajoute M. Lafaut. 

Même si le F.A.-Gauthier devrait assurer la traverse pendant toute cette période, la STQ souhaite «rassurer sa clientèle» sur la prévisibilité du service. Les tarifs pour le service aérien ont été ajustés afin d’être uniformes avec ceux du service maritime. Les clients peuvent consulter l’horaire et réserver leur place dès maintenant sur le site Web de la STQ, sur la page de la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout (www.traversiers.com).

Faire le point

Le 17 décembre 2018, on avait retiré le F.A.-Gauthier de ses fonctions pour des travaux d’entretien planifiés. La découverte de débris métalliques dans le système de lubrification des propulseurs avait forcé l’arrêt du service pour une période indéterminée. On ne peut préciser pour l’instant d’où proviennent de tels débris.

Depuis l’arrêt complet du navire, de nombreux travaux ont été effectués en plus des réparations, différentes interventions pour la mise à niveau, la maintenance et des travaux afin de prévenir de prochains imprévus. Un arrêt technique est tout de même prévu en 2020 pour l’entretien, le Saaremaa 1 sera alors de retour en renfort.

On assure que les propulseurs sont tout à fait fonctionnels, une analyse complète a été réalisée et les composantes internes ont été remplacées. M. Lafaut a aussi indiqué que les problèmes du système de refroidissement sont réglés et que l’équipe s’est débarrassée de la moisissure.

«Nous croyons être parvenus à avoir réglé définitivement le problème. Un nettoyage complet a été effectué l’été dernier», a précisé le pdg. 

La STQ s’est d’ailleurs tournée vers le CISSS du Bas-Saint-Laurent pour qu’il valide les mesures déployées pour assurer une qualité de l’air optimale. 

«Tout le monde a très hâte que le navire soit de retour. Nous sommes tout à fait conscients que la patience et la confiance de nos clients ont été mises à rude épreuve durant la dernière année. Personne à la STQ n’est heureux du déroulement de la dernière année à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout. La dernière année nous aura appris une chose : nous ne sommes jamais à l’abri d’un imprévu», soulève aussi M. Lafaut. 

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Justice et faits divers

Espionnage de cellulaires de vedettes: un résident de Québec arrêté

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a procédé à l’arrestation de Pascal Desgagnés, un résident de Québec âgé de 45 ans, «dans le dossier de vol de données cellulaires».

Mardi, TVA Nouvelles rapportait que des dizaines de personnalités auraient été espionnées sur leur téléphone, dont plusieurs artistes et des joueurs du Canadien de Montréal.

Lors d’un point de presse mercredi après-midi, le sergent Patrick Barrière a refusé d’identifier les victimes ou de confirmer qu’il s’agissait de «personnalités».

Le suspect fait face à des accusations de vol d’identité, fraude à l’identité, méfait à l’égard de données informatiques, utilisation non autorisée d’ordinateurs et utilisation frauduleuse de mots de passe.

Pas de «pertes financières»

Selon la police, les victimes «n’auraient subi aucune perte financière» et le porte-parole du SPAL a indiqué que le suspect utilisait «des quantités très importantes de données» à des «fins personnelles», sans offrir de précisions sur la nature des données.

«Ce sont des choses qui seront dévoilées au procès, au moment où on se parle, il utilisait les données à des fins uniquement personnelles», a mentionné le sergent Patrick Barrière.

La police n’a pas non plus l’intention d’expliquer le modus operandi du suspect pour «ne pas encourager d’autres méfaits».

Plusieurs perquisitions ont eu lieu au domicile du suspect, sur des sites Web, sur des tours d’ordinateur ainsi que sur d’autres dispositifs informatiques.

Le SPAL a entrepris cette enquête en mai 2018 après le dépôt d’une plainte par une présumée victime.

Toujours selon la police, les victimes ne se connaissent pas et certaines sont américaines.

Le sergent Patrick Barrière a tenu à mettre en garde le public contre le vol de données personnelles.

«Le risque zéro n’existe pas, à partir du moment ou des données personnelles sont entreposées sur des supports informatiques, il y a toujours des risques», a-t-il fait valoir.

L’enquête du SPAL a été menée en partenariat avec la Sûreté du Québec.

Quant à Pascal Desgagnés, il demeurera détenu jusqu’à sa comparution prévue jeudi à Québec.

Actualités

Meurtre de Steve Lamy: René Kègle cité à procès

Trois-Rivières — René Kègle a été cité à subir son procès sur le chef tel que porté contre lui, soit le meurtre prémédité de l’entrepreneur en construction Steve Lamy le 8 octobre 2018 dont le corps avait été retrouvé deux jours plus tard dans un véhicule incendié.

Au terme d’une enquête préliminaire qui s’est terminée en fin de journée mercredi, la juge Dominique Slater l’a renvoyé à l’étape du procès, bien que le renvoi n’était pas contesté par la défense. Son dossier a été fixé au prochain terme des assises de la Cour supérieure le 9 avril.

Affaires

Première victoire en justice pour les steaks sans viande et burgers végétariens

WASHINGTON — Les steaks et burgers végétariens, nouvelle tendance culinaire aux États-Unis, ont enregistré mercredi une première victoire judiciaire dans leur combat pour pouvoir utiliser des références à la viande sur leurs étiquettes.

Un tribunal fédéral a suspendu une loi de l’Arkansas qui prévoyait d’interdire les mots «viande», mais aussi «saucisse», «rôti» ou «burger», dans la présentation de ce type de produits, même suivis des mentions «végétarienne» «à base de plantes» ou «vegan».

La loi, entrée en vigueur en juillet, prévoyait des amendes de 1000 dollars par produit mal étiqueté.

La société Tofurky, qui produit un ersatz au rôti de dinde (turkey en anglais) à base de tofu, avait porté plainte en juillet au nom de la défense de la liberté d’expression, garantie par le premier amendement de la Constitution américaine.

«Quand les consommateurs choisissent des produits à base de plantes, ils ne le font pas parce qu’on les trompe, mais parce qu’ils sont conscients des conséquences sanitaires et environnementales de la consommation de produits animaliers», avait alors déclaré le patron de Tofurky, Jaime Athos.

Kristine Baker, juge fédérale à Little Rock, a jugé mercredi que «Tofursky avait des chances de gagner sur le fond» et qu’il «subirait un préjudice irréparable» si la loi restait en vigueur. Elle l’a donc suspendue en attendant un examen de fond du dossier.

Des actions en justice ont également été engagées contre des lois comparables adoptées dans le Missouri, le Mississippi ou encore la Louisiane, avec le soutien de la puissante association de défense des droits civiques ACLU, de l’ONG The Good Food Institute et du groupe de défense des animaux Animal Legal Defense Fund. «Nous nous réjouissons que le tribunal ait bloqué cet effort clairement inconstitutionnel d’étouffer la concurrence avec de la censure. Les parlements qui ont adopté ou considèrent des lois aussi absurdes devraient en prendre note», a réagi un avocat de l’ACLU Brian Hauss.

Selon le Good Food Institute, les ventes d’alternatives à la viande ont bondi de 23 % en 2018 aux États-Unis, sur fond d’inquiétudes pour l’environnement, le bien-être animal et la santé.  

Affaires

Réservations: Air Canada donne encore des maux de tête aux voyageurs

Implanté il y a plus de trois semaines, le nouveau système de réservation d’Air Canada continue à donner des maux de tête à de nombreux voyageurs, qui se tournent vers les réseaux sociaux pour exprimer leur frustration.

Si le ministre fédéral des Transports Marc Garneau a indiqué mercredi avoir discuté avec le plus important transporteur aérien au pays, il a toutefois concédé qu’Ottawa «ne pouvait rien faire» dans ce dossier.

«Nous leur avons fait savoir que plusieurs clients nous ont exprimé leur frustration, s’est-il limité à dire, dans les couloirs du Parlement. Air Canada en est très consciente. L’entreprise est passée à un nouveau système pour les réservations et elle fait de son mieux pour remédier à la situation.»

Sur les réseaux sociaux, les voyageurs mécontents continuaient à se plaindre des heures d’attente pour annuler un vol ou changer de siège, ce que le nouveau système de réservation n’a apparemment pas permis dans certains cas.

Entre-temps, les appels au service à la clientèle étaient dirigés directement vers un message vocal dans lequel le directeur des centres de services d’Air Canada, Jean-François Loignon, offrait ses excuses tout en demandant aux clients qui ne voyagent pas dans les 24 prochaines heures de consulter leur itinéraire de voyage en ligne.

«Nous sommes désolés que nous ne puissions pas vous mettre en attente à l’heure actuelle», expliquait-on.

Informations de voyage erronées

Peu de temps après le déploiement du nouveau système de réservation, le 18 novembre, Air Canada avait indiqué que «dans un nombre très limité de cas», les numéros de réservation avaient été dupliqués et que certains clients avaient reçu des informations de voyage erronées, bien qu’aucune donnée personnelle financière ou de passeport n’ait été partagée.

Sans fournir d’échéancier, le transporteur aérien a indiqué, mercredi, dans un courriel, qu’il s’affairait à corriger le tir le plus rapidement possible.

«Il s’agit d’un important projet en technologies de l’information qui s’est échelonné sur deux ans en plus de nécessiter 700 000 heures de développement, a fait valoir Air Canada. Dans le cadre d’un projet d’une telle complexité, les problèmes sont inévitables.» Selon le défenseur des droits des passagers Gabor Lukacs, ces problèmes concernant le service à la clientèle sont «un exemple de l’incapacité du gouvernement fédéral à protéger les voyageurs».

La charte canadienne des voyageurs s’appliquera dans son entièreté à compter de dimanche, mais M. Lukacs a estimé qu’elle était «édentée» en ce qui concerne les problèmes rencontrés par les clients d’Air Canada ces dernières semaines.

En cas de retard de plus de trois heures ou d’annulation de vol attribuable au transporteur, les passagers lésés pourront réclamer jusqu’à 1000 $.

Les agences aussi touchées

L’attente n’épargne pas les agences de voyages, puisque chez CAA-Québec, qui compte 14 points de service, le porte-parole Philippe St-Pierre a expliqué, au cours d’un entretien téléphonique que les délais étaient également plus longs.

«Quand nos représentants finissent par avoir la ligne, on va régler trois, quatre ou cinq dossiers», a-t-il souligné, en ajoutant que cette situation ne venait pas bouleverser le cours normal des activités.

Christophe Serrano, de l’agence montréalaise Voyage super prix, a abondé dans le même sens, rappelant que l’attente au bout du fil, même pour ceux qui travaillent dans le milieu, était souvent très longue par les temps qui courent.

«On y arrive parce qu’on insiste, a-t-il dit. Mais je trouve cela incroyable qu’une compagnie comme Air Canada n’ait pas fait preuve de davantage d’anticipation. On ne fait pas cela en plein mois de novembre, avant le temps des Fêtes.»

Généralement, Vol en retard est sollicitée lorsque les voyageurs reviennent à la maison. Mais ces derniers jours, l’organisme qui aide les voyageurs lésés à obtenir un dédommagement observe une hausse du volume d’appel de clients d’Air Canada qui ne sont pas encore partis, a indiqué le président-directeur général de l’entreprise, Jacob Charbonneau.

Au cours d’une entrevue téléphonique, celui-ci s’est montré «très étonné» de ce qui se passe chez le plus grand transporteur aérien au pays.

«Il est rare qu’une compagnie de cette ampleur effectue une migration avec une cassure, a dit M. Charbonneau. Souvent, on le fait par phase, avec des systèmes parallèles. Chez Air Canada, on a décidé d’arrêter d’accepter les réservations une journée pour migrer sur la nouvelle plateforme et là, il y a un paquet de bobos qui sortent. Cela a été mal planifié.»

Affaires

Trop-perçus: feu vert à l’action collective contre Hydro

Une action collective en dommages peut aller de l’avant contre Hydro-Québec, qui se fait reprocher d’avoir surfacturé ses clients pour environ 1,2 milliard $ entre 2008 et 2013.

L’action a été autorisée par le juge François Duprat de la Cour supérieure, dans un jugement rendu mercredi.

Maintenant que l’action a reçu le feu vert, les étapes du dossier vont se dérouler et elle se rendra éventuellement à procès. Rien n’est donc encore décidé.

Le magistrat n’a toutefois pas autorisé l’action contre le gouvernement du Québec, même si cela avait été demandé.

Dans cette action collective, il est reproché à Hydro-Québec d’avoir accumulé des excédents — aussi appelés trop-perçus — de plus d’un milliard entre 2008 et 2013, soit des sommes payées par ses abonnés au-delà des rendements prévus aux tarifs. La société d’État aurait surestimé ses dépenses tout en sous-estimant ses revenus.

Il est aussi allégué qu’au cours de cette période, Hydro-Québec aurait manipulé les données présentées à la Régie de l’énergie, de façon à obtenir un rendement plus favorable et supérieur à celui qui avait été autorisé.

Cela constitue un non-respect d’une obligation de bonne foi, de transparence et d’information, fait valoir Nadia Mbenga Molima, un client résidentiel qui est le représentant du groupe pour cette action collective.

Quant au gouvernement du Québec — l’actionnaire et le mandant d’Hydro-Québec — il était au courant de cet état de choses, et en plus, c’est lui qui a récolté une part importante de ces excédents, ajoute-t-il.

C’est la Régie qui détermine chaque année, après des audiences publiques, les tarifs d’électricité en fonction des prévisions budgétaires présentées par la société d’État. Elle doit fixer un «juste tarif» pour le consommateur, rappelle le juge.

Hydro-Québec plaide que le recours est une contestation incidente des décisions de la Régie, ce qui n’est pas permis. De plus, elle fait valoir que les décisions de la Régie n’ont pas été attaquées en temps voulu et que l’action en justice a donc été intentée hors des délais.

1,2 milliard $

Le gouvernement du Québec a plaidé pour sa part qu’aucune faute n’était alléguée à son égard. Le juge Duprat lui a donné raison. «La simple allégation que l’État est actionnaire d’Hydro-Québec n’est pas générateur de responsabilité et l’action proposée ne peut être autorisée sur cette base», écrit-il.

Elle l’est toutefois à l’égard du fournisseur d’électricité : le demandeur a établi «au stade de l’autorisation, que sa demande présente une cause défendable et n’est pas frivole face à Hydro-Québec».

L’action collective est donc autorisée au bénéfice de tous les clients d’Hydro-Québec qui ont reçu et payé des factures d’électricité entre 2008 et 2013. Il est demandé que la société d’État rembourse ce 1,2 milliard à ses clients.

Mercredi, Jonatan Julien, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, a indiqué qu’il va suivre le déroulement de l’action collective avec attention.

Il a toutefois ajouté que le projet de loi 34, devenue la Loi visant à simplifier le processus d’établissement des tarifs de distribution d’électricité, adoptée la semaine dernière, fait justement en sorte que dorénavant, il n’y aura plus d’écart de rendement, puisque le tarif d’électricité ne sera plus basé sur un rendement attendu.

La loi prévoit d’ailleurs une remise de 500 millions $ aux clients d’Hydro-Québec au début de l’an prochain, un gel tarifaire pour 2020 et des hausses au niveau de l’inflation pour les quatre années suivantes.

Il restera à voir l’impact de ces changements sur l’action en justice qui vient d’être autorisée.

Affaires

Les Canadiens ont dépensé 908 M$ en cannabis légal

Les Canadiens ont dépensé 908 millions $ en cannabis récréatif au cours de la première année de sa légalisation, mais les ventes en ligne ont diminué à mesure que de nouveaux magasins physiques ouvraient leurs portes, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Selon l’agence fédérale, les Canadiens ont dépensé 24 $ par habitant dans les magasins de cannabis du 17 octobre 2018, date de légalisation du cannabis, à la fin de septembre 2019.

Le Canada est devenu l’an dernier le deuxième pays au monde, après l’Uruguay, à légaliser la drogue. La demande a d’abord semblé dépasser l’offre, les détaillants ayant rapidement mis en garde contre une pénurie imminente de produits. Selon Statistique Canada, la demande a semblé être la plus élevée au cours de l’année dans le Yukon, où les ventes par habitant se sont chiffrées à 103 $. Les ventes par habitant de l’Île-du-Prince-Édouard suivaient, à 97 $.

Les ventes par habitant ont atteint 10 $ en Colombie-Britannique, leur valeur la moins élevée parmi les provinces.

Au Québec, les ventes de cannabis par habitant se sont établies près de la moyenne nationale, à 23 $.

Tout au long de l’année, l’accès des Canadiens aux magasins de cannabis a augmenté. Le nombre de magasins de détail est passé de 217 en mars à 407 en juillet, selon l’agence. L’Alberta compte le plus grand nombre de magasins, soit 176, tandis que la Colombie-Britannique était la deuxième à ce chapitre, avec 57 magasins. L’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon comptaient tous deux quatre établissements.

Environ 45 % des Canadiens vivaient à moins de dix kilomètres d’un magasin de cannabis en juillet, par rapport à 19 % qui vivaient à moins de trois kilomètres.

Avec l’augmentation du nombre de magasins physiques, la part des ventes en ligne est passée de 43,4 % en octobre 2018 à 5,9 % en septembre 2019.

«Alors que la vente au détail en ligne assure un accès aux produits du cannabis à l’ensemble des Canadiens, indépendamment de la proximité d’un magasin physique, l’accessibilité continue de s’accroître au fur et à mesure que des magasins ouvrent leurs portes partout au pays», a écrit Statistique Canada dans son rapport.

Affaires

Nouvel accord de libre-échange: «Inquiet» pour l’aluminium, Legault appuie tout de même l’entente

OTTAWA — Le premier ministre du Québec veut savoir pourquoi Ottawa a réussi à mieux protéger l’acier, mais pas l’aluminium, dans la nouvelle version de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM).

Cette question, le premier ministre du Québec entendait la poser à Justin Trudeau dès mercredi après-midi alors qu’un appel téléphonique entre tous les premiers ministres du pays était prévu.

M. Legault, malgré son inquiétude pour l’aluminium, ne remet cependant pas en question son appui à l’ACEUM.

«Et moi et l’Association de l’aluminium disons que malgré ça, quand on fait la balance des inconvénients [...], on pense qu’il faut signer l’entente», a tenu à souligner le premier ministre qui poursuivait son voyage en Californie, mercredi.

«Mais ça me déçoit, disons, de voir qu’on a réussi à faire un gain avec l’acier, mais pas avec l’aluminium», a ajouté M. Legault. Et la sortie de M. Legault à Sacramento n’y change rien.

Mardi, les trois pays ont signé à Mexico la nouvelle entente qui, selon l’Association de l’aluminium du Canada et selon le Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, nuira à l’industrie québécoise.

À Ottawa, le gouvernement libéral compare cette version à l’ALENA qu’elle remplace. Or, dans l’ALENA, il n’y avait pas de garantie pour l’aluminium. L’ACEUM s’assure que 70 % des matériaux utilisés dans la fabrication des automobiles sont de source nord-américaine. Mais alors qu’on définit clairement, pour l’acier, comment établir l’origine des matériaux, ce n’est pas le cas pour l’aluminium.

Au Québec, on croit que ce silence permettra au Mexique de continuer à importer son aluminium de Chine et d’ailleurs.

La vice-première ministre, qui pilote ces négociations depuis des mois, a tenté d’expliquer pourquoi l’acier a pu être protégé davantage que l’aluminium.

«La cible la plus importante pour moi, c’était de trouver [...] un accord qui permettra la ratification», a précisé Chrystia Freeland.

«En route [vers] cette cible, j’ai essayé de trouver encore des moments gagnants pour le Canada et on a trouvé quelque chose qu’on a ajouté. En même temps, la chose la plus importante, c’est la grande cible», a-t-elle dit, lors d’un point de presse à la sortie de la réunion du caucus libéral.

Un «sacrifice»

En après-midi, aux Communes, ces explications ne suffisaient pas à faire taire l’opposition. «Pendant 10 ans, le Canada s’interdit de protéger l’aluminium comme il le fait de l’acier», a lancé le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet qui a parlé de «sacrifice».

Les députés bloquistes, élus dans les régions où l’on retrouve les alumineries, ont repris, en écho, ces reproches.

«Pourquoi le premier ministre utilise encore le Québec comme monnaie d’échange dans les accords internationaux?» a demandé Mario Simard.

«Plutôt que de faire croire que tout va bien, est-ce que le premier ministre est capable de penser deux minutes aux travailleurs de l’aluminium parce que l’inquiétude, dans ma région, elle est bien réelle», s’est plaint Alexis Brunelle-Duceppe.

Les conservateurs, même s’ils n’ont pas encore décidé s’ils voteront pour ou contre la ratification de l’accord, n’ont pas voulu être en reste.

«Le premier ministre a laissé tomber nos travailleurs», a accusé Richard Martel.

«Gain net»

Face à toutes ces critiques, Justin Trudeau a maintenu qu’il y avait là «un gain net» pour le secteur de l’aluminium québécois. 

Pas besoin, donc, d’aide fédérale pour ce secteur; le premier ministre n’envisage pas un programme quelconque d’indemnisation comme celui dont profitent les agriculteurs soumis à la gestion de l’offre.

Les bloquistes, après une lecture d’une partie de l’entente, sont plus décidés que jamais à voter contre la ratification.

«Quiconque voterait contre cet accord [...] est en train de voter contre les travailleurs en aluminium au Saguenay et ailleurs au Québec et au Canada», de l’avis de Justin Trudeau.

La ministre Freeland a offert aux députés de l’opposition une séance d’information sur le nouvel accord. Elle assure qu’ils y trouveront de bonnes nouvelles pour tous les secteurs de l’économie canadienne, y compris l’aluminium.

«La ratification du nouvel ALENA sera très bonne pour tout le Canada parce que toute l’incertitude dans notre commerce avec les États-Unis sera finie», a-t-elle argué.