Victime d'une faillite spectaculaire en 2013, le festival Maniganses revient d'entre les morts.

Le festival Maniganses renaît

Victime d'une faillite spectaculaire en 2013, le festival Maniganses revient d'entre les morts. Le groupe qui planche sur un projet de relance depuis quelques mois, à l'initiative du Théâtre La Rubrique, vient de recueillir des appuis précieux grâce auxquels une nouvelle édition sera présentée à l'été 2015.
C'est ainsi qu'un acteur incontournable, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), a accordé son appui à l'événement d'envergure internationale qui a pignon sur rue à Jonquière. Des entretiens avec des membres de la direction, mercredi et vendredi, ont éliminé toute équivoque à ce sujet.
«Le CALQ va soutenir la reprise du festival. Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est d'envoyer une demande pour le 1er février», a confirmé la directrice générale de La Rubrique, Lyne L'Italien, lors d'une entrevue accordée au Quotidien. Maniganses recevra ainsi la subvention qui avait été prévue pour 2013 et 2014, soit 138 000$ par année.
Bien sûr, il faudra passer par un jury formé de pairs avant de recevoir un premier chèque, mais les échanges avec la direction du CALQ, dont le président du conseil d'administration, Stéphane Laroche, donnent à penser que cette étape sera franchie sans coup férir. «Nous avons obtenu l'assurance que notre dossier sera bien reçu», résume Lyne L'Italien.
Solidarité retrouvée
S'il y a eu un deuxième échange hier, c'est en raison de l'autre nuage qui planait sur Maniganses. Il provenait de l'ouest de la province, où différentes organisations convoitaient la dépouille du plus grand festival international de marionnettes établi au Québec. Prenant acte de la faillite, certains avaient avancé leurs pions, notamment du côté du CALQ.
Les Trois jours de Casteliers et la compagnie des Sages Fous, basés à Montréal et Trois-Rivières, faisaient partie du groupe aux côtés de l'Association québécoise des marionnettistes. Leur désir de récupérer la subvention de Maniganses était compréhensible, eu égard au sous-financement dont pâtit leur champ d'activités.
«Ils ont été pris au dépourvu par notre décision de relancer le festival. Il a fallu qu'on se parle en quelques occasions pour mettre les choses au clair sans provoquer un conflit. Après notre dernier échange, on peut dire qu'il y a une belle concertation dans le monde de la marionnette. On va collaborer tous ensemble, avec l'appui du CALQ», se réjouit Lyne L'Italien.
Il y a consensus à propos du festival saguenéen, mais également sur la nécessité d'augmenter l'enveloppe destinée à la marionnette. «Nous nous sommes entendus sur l'existence d'un sous-financement, au moment même où la marionnette connaît un bouillonnement. C'est la discipline qui se développe le plus, notamment à l'international», rapporte la directrice générale de La Rubrique.
Désormais, la seule inconnue qui persiste se rapporte au Conseil des arts de Saguenay. Une demande d'aide a été déposée en octobre, à hauteur de 50 000$. Une réponse est attendue d'ici au début de février et son importance dépasse la question monétaire. Il serait étrange de ne pas recevoir de financement de la part d'une instance locale, en effet, alors que Québec se montre solidaire du projet.
Rappelons qu'en plus de la Rubrique, la Tortue Noire, le Théâtre CRI, les Amis de Chiffon et la compagnie À Bout Portant, qui sont toutes implantées au Saguenay, participent à la résurrection de Maniganses.