Jean-Pierre Bolduc, Terry Mc Lellan, André Gobeil, Nancy Tremblay, Marc Gagnon, Johan Simard, Nathalie Collard, Nadine Boivin et Sana El Bahloul annoncent la création d’une équipe des Couguars en E-Sport au Cégep de Chicoutimi pour l’année scolaire 2019-2020.

Le E-Sport chez les Couguars

Les Couguars du Cégep de Chicoutimi accueilleront prochainement une nouvelle équipe en leurs rangs. Et ce ne sera pas dans une discipline traditionnelle. Dès l’année scolaire 2019-2020, le E-Sport fera officiellement son entrée dans un premier établissement collégial de la région.

Tous les intervenants impliqués dans le déploiement de ce projet audacieux sont animés d’une grande fébrilité, à un peu plus d’un an de sa mise en oeuvre. À commencer par le directeur général de l’établissement, André Gobeil. Le Chicoutimien d’origine, arrivé en poste au début de 2018, s’est exilé pendant plusieurs années. Il a notamment oeuvré dans le domaine du numérique et des jeux vidéo. Le E-Sport, c’est quelque chose qui lui tient beaucoup à coeur. Heureusement pour lui, c’est aussi le cas de plusieurs professionnels du Cégep de Chicoutimi, tous mobilisés autour de la question des saines habitudes de vie chez les jeunes.

Il est de notoriété publique que de nombreux adeptes de jeux vidéo ont tendance à s’isoler et à négliger la pratique de l’activité physique. L’objectif de la création d’une équipe d’E-Sport, formée d’une cinquantaine d’étudiants, est justement de sortir ces jeunes de leur sous-sol, de leur permettre de socialiser et de bénéficier du soutien et de l’encadrement d’une équipe multidisciplinaire, au même titre que les joueurs de football, de basketball, de soccer ou de volleyball. Afin de permettre à ses spécialistes en nutrition, en psychologie, en éducation physique et en informatique d’élaborer un programme taillé sur mesure pour les besoins de la clientèle en E-Sport, le collège s’est donné un délai d’un an avant l’arrivée de la première cohorte.

« Notre équipe va travailler à définir le projet et l’environnement. On veut offrir le meilleur environnement possible pour ces jeunes », met en contexte André Gobeil.

Meilleure performance
Johan Simard, qui est coordonnatrice du Département d’éducation physique, signale qu’un « gamer » qui a de bonnes habitudes de vie va améliorer ses performances en jeux vidéo. « On va cibler l’activité physique, l’alimentation, la gestion du stress, le sommeil, les techniques de relaxation. On va déterminer des paramètres et les développer auprès des jeunes », a-t-elle mis en relief.

Son collègue conseiller à la vie étudiante, Jean-Pierre Bolduc, signale que les Couguars, version E-Sport, recevront le même soutien et bénéficieront du même rayonnement que les équipes sportives. Le Cégep de Chicoutimi entend donc leur fournir une image de marque, laquelle mettra en valeur les porte-étendards des Couguars en E-Sport et leur fournira un espace vivant qui tranchera avec l’image typée de la « grotte ».

« On ne les placera pas dans les catacombes du cégep. Ils auront leur place bien en vue », confirme Jean-Pierre Bolduc.

Le directeur Gobeil souligne que les jeux vidéo et le sport électronique sont devenus une réalité chez les jeunes. « Il y a aussi l’enjeu de la dépendance. On va tenter de voir comment on pourra utiliser les outils qu’on aura développés dans d’autres contextes », note André Gobeil, qui est convaincu de la possibilité de trouver l’équilibre entre jeux vidéo et réussite scolaire.

Cet équilibre est impératif, estime Nancy Tremblay, coordonnatrice de département de psychologie. « Il y a un lien entre l’équilibre de vie des athlètes et la santé mentale. La gestion des priorités est très importante », a-t-elle fait valoir, lors d’une entrevue réalisée vendredi.

Le volet études sera au coeur même du programme en E-Sport. À l’instar d’autres disciplines sportives, les joueurs devront maintenir un dossier académique reluisant s’ils veulent conserver leur place dans l’équipe. Les étudiants seront choisis sur la base de certains critères, lesquels sont en cours d’élaboration.

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LA PARITÉ HOMME-FEMME VISÉE

L’équipe de E-Sport des Couguars du Cégep de Chicoutimi veut atteindre la parité homme-femme. 

À ce titre, le directeur secteur scolaire de la Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE), Pierre-Mark Lavoie, précise que de plus en plus de filles sont des adeptes. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs des figures de proue du domaine. 

Le Cégep de Chicoutimi emboîte le pas au Cégep de Matane, qui a déployé le premier projet collégial de E-Sport au Canada avec les Capitaines, et accédera à la ligue au nom fort sympathique de Cyber Espoirs. Les cégeps de La Pocatière et Édouard-Montpetit, de même que le Collège Dawson, en font partie. D’autres établissements, notamment Jonquière, Trois-Rivières, Shawinigan et Montmorency, s’activent également, signe que le E-Sport est un domaine en pleine effervescence. 

Un entraîneur et du personnel seront bientôt embauchés. De jeunes joueurs de jeux vidéo seront aussi invités à prendre part aux discussions qui mèneront à l’élaboration du programme, du contenu à la couleur de l’uniforme. 

« On veut être bons, mais pas au détriment des vrais enjeux. Quand on aura atteint le diplôme et un mode de vie sain, on aura gagné sur toute la ligne », conclut André Gobeil, qui souhaite que l’équipe de E-Sport devienne un tremplin vers l’épanouissement de cette catégorie d’étudiants.