Le docteur Clément Paradis a acquis les anciennes cloches de l’église Saint-Philippe d’Arvida, lesquelles se retrouvent désormais devant l’organisme CAPABE, qui vient en aide aux personnes accidentées ou blessées au travail. La structure symbolise les trois étapes du rétablissement.
Le docteur Clément Paradis a acquis les anciennes cloches de l’église Saint-Philippe d’Arvida, lesquelles se retrouvent désormais devant l’organisme CAPABE, qui vient en aide aux personnes accidentées ou blessées au travail. La structure symbolise les trois étapes du rétablissement.

Le docteur Clément Paradis redonne vie aux cloches de l’église Saint-Philippe

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Après des mois de délais, les anciennes cloches de l’église Saint-Philippe d’Arvida entament enfin leur deuxième vie, alors qu’elles ont été installées devant le Centre d’aide aux personnes accidentées ou blessées à l’emploi (CAPABE), sur le boulevard Talbot, à Chicoutimi.

Les cloches de l’église démolie en 2019 ont été complètement remises à neuf, puis elles ont été assemblées dans une structure. L’oeuvre symbolise le processus de rétablissement des personnes victimes d’un accident de travail. En effet, chacune des trois cloches représente une étape du rétablissement, explique leur nouveau propriétaire et cofondateur du CAPABE, le docteur Clément Paradis, qui se spécialise dans le traitement des personnes blessées au travail.

« La grosse cloche, c’est la personne pour qui tout va bien dans la vie, mais un événement imprévu arrive et la personne est jetée par terre. La cloche est donc en bas, explique-t-il. Ensuite, on se remet sur les rails et on se réhabilite tranquillement, ce qui est représenté par la deuxième cloche, pour finalement arriver à notre état de rétablissement, où on est revenus dans la société, où on est fonctionnels, mais il faut sacrifier quelque chose, une partie de nous, d’où la petite cloche. Pour un travailleur, ça peut être une perte de mouvement, une cicatrice ou une souffrance particulière. »

Selon le Dr Paradis, la symbolique peut aussi s’appliquer à plusieurs autres aspects de la vie. « Le rétablissement, c’est un peu partout dans nos vies. C’est important en médecine, mais aussi dans la société. Il y a plein de raisons pour se rétablir. On peut l’appliquer à notre communauté. Avec la pandémie, toute notre économie a été sacrée à terre. Maintenant, il faut se remonter et se réinventer. Chacun a ses souffrances personnelles. »

C’est le docteur lui-même qui a procédé à l’achat des cloches, car il voulait leur donner une deuxième vie, leur offrir une deuxième chance. « Je ne voulais pas qu’elles finissent par être détruites pour récupérer le métal. Elles ont maintenant une nouvelle fonction. Elles sont, elles aussi, passées par le rétablissement. Elles ne pouvaient plus faire leur travail comme avant, comme un travailleur accidenté qui doit retourner aux études pour changer de métier. »

M. Paradis fera un dévoilement officiel entouré de ses proches, dimanche, et les cloches pourront à nouveau sonner. « Avec la pandémie, on ne peut pas être beaucoup. Ce sera donc une petite cérémonie intime. C’est important pour ma famille parce que c’était l’église où ma mère et sa soeur avaient fait des sculptures. C’est un deuil pour toute la communauté d’Arvida et il va rester quelque chose de cette église. Je veux que ce soit un symbole d’espoir. »

Un long chemin

Plusieurs mois se sont écoulés depuis que Clément Paradis a approché la fabrique de l’église Saint-Philippe. « Ça doit faire deux ans que je suis là-dessus. Il y a eu l’acquisition, puis je voulais faire une belle structure. On a fait des plans d’ingénierie, puis on a revu nos plans. Au début, je voulais faire un clocher, mais la Ville ne voulait pas. Ensuite, il y a eu la pandémie. Ç’a retardé les travaux. Les cloches sont prêtes depuis cet hiver », raconte Dr Paradis, qui voulait initialement inaugurer l’oeuvre architecturale au mois de mai.

Métal-Art Soudure, une entreprise de Canton-Tremblay, a restauré les cloches, une mission qui n’a pas été de tout repos. « C’était des semaines de travail, à les frotter, à les nettoyer. C’est une des premières fois qu’on fait de la restauration. Des cloches, c’est la première fois. C’était un projet différent et qui faisait beaucoup jaser. On se demandait tous de quoi ça allait avoir l’air et aujourd’hui, on est fiers du résultat », explique Jimmy Pineault, de Métal-Art, qui s’affairait à préparer les cloches pour le dévoilement, jeudi matin.


« C’est important pour ma famille parce que c’était l’église où ma mère et ma soeur avaient fait des sculptures. C’est un deuil pour toute la communauté d’Arvida et il va rester quelque chose de cette église. Je veux que ce soit un symbole d’espoir. »
Dr Clément Paradis

S’il est fier du résultat, c’est parce que les cloches ont retrouvé leur éclat d’autre fois, de quoi réjouir le docteur Clément Paradis. « Elles sont vraiment belles. Je trouve vraiment que c’est une belle structure qui a une belle symbolique. Je suis très content du résultat. Ma clinique est voisine de l’organisme et je suis fier d’être à côté de ça. »