Suzanne Carrière a reçu le Prix Hommage Aînés 2020
Suzanne Carrière a reçu le Prix Hommage Aînés 2020

Le dévouement d’une bénélove d’Alma honoré

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
L’engagement bénévole d’une Almatoise a été souligné par le gouvernement du Québec. Suzanne Carrière a en effet reçu le Prix Hommage Aînés 2020, pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Récompensant 18 personnes ayant contribué au bien-être des aînés et à leur participation accrue dans la société, les prix ont été remis par la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, lors d’une cérémonie virtuelle.

Ce n’est d’ailleurs pas la première reconnaissance attribuée à Mme Carrière, qui a aussi reçu la médaille du Lieutenant-Gouverneur du Québec en 2014. La récipiendaire jeannoise offre son temps depuis une vingtaine d’années à titre de bénévole dans différentes organisations, ayant notamment comme objectif la défense du droit des aînés. Elle-même âgée de 70 ans, Mme Carrière souhaite qu’on les reconnaisse à leur juste valeur et continue de défendre cette cause qui lui tient à cœur.

« Il faut se défaire de cette stigmatisation, où l’on voit les aînés comme des boulets. Nous avons encore quelque chose à apporter. La preuve, c’est que les organisations manquent toutes de bénévoles avec la pandémie, puisque les aînés ne peuvent plus s’impliquer comme avant », explique-t-elle au Quotidien.

Elle-même a considérablement diminué le rythme, avec le contexte actuel. Alors qu’elle ne consacre aujourd’hui qu’une ou deux heures par semaine à ses implications, celles-ci représentaient auparavant de 15 à 20 heures hebdomadairement. Hôpital d’Alma, Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP), Table régionale de concertation des aînés (TCRA)... Mme Carrière n’a pas perdu une occasion d’apporter son aide et de donner de son temps.

« Les Auxiliaires bénévoles ont dû quitter l’hôpital d’Alma au printemps à cause de la pandémie. On m’a alors chargée de la Minute de douceur, qui est devenue par la suite la Pause amicale. On appelle des personnes âgées qui sont seules, juste pour prendre de leurs nouvelles, assurer une présence, et les écouter », raconte la dame au sujet des activités qui l’occupent ces temps-ci.

Une relève plus difficile à convaincre

Dans un monde où les gens rêvent de leur retraite pour voyager et vivre d’autres expériences qu’ils ne pouvaient se permettre lorsqu’ils étaient au travail, le dévouement de Mme Carrière a de quoi sortir du lot. Comment entrevoit-elle la relève dans le monde du bénévolat ?

« C’est plus difficile. Les gens croient qu’ils ont besoin d’offrir 40 heures... Non, ils pourraient donner seulement deux ou trois heures à une ou deux associations et ce serait parfois suffisant pour combler les besoins. »

La prochaine génération pourrait toutefois venir sauver la situation, selon Suzanne Carrière. Ses expériences, qui l’ont amenée à travailler sur des projets intergénérationnels avec les jeunes, lui auront permis de constater qu’ils savent, eux aussi, s’impliquer.

« C’est dommage parce qu’on ne l’entend pas. On ne parle pas de leurs bons coups, on ne parle que des mauvais. Ça m’a rassurée de voir que des jeunes pouvaient prendre les rênes d’activités bénévoles auprès de leur communauté, mais aussi auprès des aînés. C’était merveilleux de voir ça. »

Quoi qu’il en soit, Mme Carrière croit fermement qu’il s’agit d’un tempérament inné, combiné à l’éducation familiale, qui nous pousse à vouloir aider les autres. « Je suis tombée dans la marmite du bénévolat quand j’étais jeune, je n’ai pas de mérite. C’est une philosophie de vie aussi, de dire que quand je reçois beaucoup, je redonne. »