Copropriétaire de la Fromagerie Saint-Laurent, François Saint-Laurent croit qu’il n’appartient pas aux contribuables de financer les projets d’entreprises privées.

Le développement passe par la concertation

François Saint-Laurent a avalé de travers la sortie médiatique de Luc Boivin, qui a affirmé que les normes environnementales nuisent à la croissance de petites fromageries régionales comme Saint-Laurent, à Saint-Bruno, et Perron, à Saint-Prime.

Le copropriétaire de l’entreprise familiale implantée en 1930 n’a pas digéré que le DG de la Fromagerie Boivin se lance dans un tel exercice de généralisation.

« J’ai été très surpris et j’ai sursauté. Il avait l’air d’en connaître plus que nous autres sur l’entreprise et d’être plus au courant que nous autres de ce qui se passe chez nous. Si lui il a des problèmes, on n’est pas obligés d’en avoir aussi », a fait valoir François Saint-Laurent.

Selon le directeur, les entreprises, et non les contribuables, ont la responsabilité de payer la note si elles souhaitent concrétiser des projets d’expansion. Il cite en exemple les investissements que son entreprise a dû réaliser dans les années 90 pour soutenir sa croissance. C’était en lien avec la modernisation de l’usine de traitement des eaux usées de Saint-Bruno.

« On a été obligés d’investir et on l’a fait parce que c’est notre responsabilité. C’est aussi notre responsabilité, comme entreprise, de se plier aux règles environnementales. Pour protéger l’environnement, oui, mais aussi pour les générations qui vont nous suivre. Pour nous, c’est une fierté de respecter les normes », note François Saint-Laurent, qui administre l’entreprise familiale de troisième génération avec ses frères Yves et Luc.

François Saint-Laurent signale qu’un projet important en lien avec la déphosphatisation des eaux usées sera bientôt déployé par la municipalité, une initiative à laquelle la Fromagerie Saint-Laurent a l’intention de participer, même si cela nécessitera des investissements de sa part.

Nutrinor
Chef de la direction chez Nutrinor, Yves Girard a indiqué que la coopérative, qui est propriétaire à 75 pour cent de la Fromagerie Perron de Saint-Prime, préfère travailler en collaboration plutôt qu’en confrontation avec les municipalités.

« On est dans une situation où on veut faire du développement et on veut le faire avec une approche durable. Ce développement passe par le maintien de relations saines avec les municipalités. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de contraintes, mais il y a des solutions. Et contrairement à M. Boivin, on va continuer à investir dans la région », a déclaré celui qui occupe également le poste de président du conseil d’administration de la Fromagerie Perron.