Martine Boivin, consultante et formatrice en immigration chez Mastera – Formation continue du Cégep de Jonquière, est entourée de Nancy Gagnon, directrice de la formation continue et des affaires internationales, et de Marie-Claude Gauthier, conseillère pédagogique au service aux entreprises.

Le défi du taux de rétention des personnes immigrantes

Le taux de rétention des personnes immigrantes au Saguenay–Lac-Saint-Jean atteint 50 %. L’une des façons d’augmenter cette statistique est de voir plus loin que l’accueil, notamment auprès des entreprises.

Martine Boivin, consultante et formatrice en immigration chez Mastera – Formation continue du Cégep de Jonquière, accorde une très grande importance à la formation, non pas des nouveaux arrivants, mais bien de leur nouvel entourage. Elle est souvent appelée à accompagner des entreprises pour les aider à développer des compétences interculturelles et à mettre en place des mesures pour retenir les personnes issues de l’immigration qui viennent travailler au sein de leur entreprise.

« On va conseiller de préparer l’arrivée de la personne issue de l’immigration au sein de l’entreprise, oui, au niveau de la direction, mais également de former les personnes sur le terrain, donc tous les collègues de travail, de trouver des alliés interculturels qui vont aider à l’arrivée puis à l’inclusion des personnes immigrantes à plus long terme », a-t-elle expliqué au Quotidien.

Selon Mme Boivin, le travail ne dure pas que six mois. Oui, il faut accorder une grande attention à l’accueil, mais ce qui est autant – sinon plus – important, c’est l’intégration à long terme, « pour s’assurer que les personnes vont rester au sein de l’entreprise ».

La famille

Dans tout ce processus, Mme Boivin assure qu’il ne faut pas penser qu’au travailleur, mais aussi à la famille. Au besoin, explique-t-elle, des organismes existent pour accompagner le ou la conjointe et les enfants.

« C’est important de penser à la famille. Une personne immigrante qui vient s’installer dans la région, si elle a une famille, si la famille n’est pas épanouie, si la femme – si c’est un conjoint qui travaille – ne trouve pas un travail, il y a des risques que les personnes repartent par la suite », prévient-elle.

Mais est-ce que les entreprises peuvent le prévoir ? Absolument, assure-t-elle.

« C’est important pour les entreprises, surtout pour celles qui recrutent à l’international, de penser à l’arrivée de la famille, de penser à l’arrivée de la femme et des enfants, pour s’assurer que tout le monde soit bien et épanoui. »

Cependant, ce n’est pas que le travail de l’employeur, précise Mme Boivin. La communauté et les municipalités, par exemple, doivent voir à l’intégration des immigrants. « L’emploi, c’est important, mais le bien-être l’est aussi. »

Conférence et formation

Jeudi matin, à l’hôtel Delta Saguenay, Mme Boivin s’adressera à la communauté d’affaires dans le cadre des RDV Formations de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord, sous le thème Gestion inclusive de la diversité ethnoculturelle en milieu de travail.

Son intention est d’aider les entreprises à définir leur profil interculturel dans le but de voir ce qu’elles doivent améliorer pour mieux intégrer la main-d’œuvre immigrante et mieux la retenir.

En février et en mars, Mastera – Formation continue du Cégep de Jonquière offrira également deux formations pour mieux outiller les gestionnaires dans la dotation, la communication et l’intervention en contexte ethnoculturel.