Couple de résidants de la communauté andine de La Moya
Couple de résidants de la communauté andine de La Moya

Le CSI contraint de remanier ses stages de coopération

Le Centre de solidarité internationale (CSI) du Saguenay–Lac-Saint-Jean a dû remanier ses stages de coopération internationale en Équateur afin d’être en mesure de les poursuivre malgré la pandémie. Même si les stagiaires sur le terrain ont dû être rapatriés, l’organisme a bâti deux nouveaux projets dans la région du Chimborazo, ce qui lui permet de poursuivre sa mission. Le premier consiste à lutter contre la violence conjugale; le second vise à soutenir les Équatoriens dans la lutte contre la COVID-19.

Financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), le programme Québec sans frontières (QSF) permet au CSI du Saguenay–Lac-Saint-Jean de bâtir divers stages et projets de coopération internationale. Grâce aux partenaires sur le terrain, l’organisme a été en mesure de modifier ses projets et de maintenir son impact sur les populations dans le besoin, malgré le contexte entourant la COVID-19.

Que ce soit pour les sensibiliser à l’importance des mesures sanitaires ou pour les appuyer dans la lutte contre la violence domestique, le CSI a tout mis en oeuvre pour être en mesure d’y arriver, souligne Jessica Côté, adjointe aux stages internationaux.

Prévenir le coronavirus

Avant la pandémie, l’un des stages prévus dans la région du Chimborazo consistait à valoriser les femmes autochtones des régions rurales grâce à l’art en produisant, par exemple, des courts métrages de sensibilisation. Les conditions de vie des populations étaient alors améliorées par un accès à la culture, explique Mme Côté.

« Cet été, nous n’avons pas pu envoyer de stagiaires sur le terrain étant donné la pandémie et les restrictions qui y sont associées. Nous travaillons donc en collaboration avec la fondation Arte Nativo, qui est basée dans la communauté de la Moya, pour réussir à réorienter le projet vers la lutte contre la COVID-19. Nos partenaires sont impatients de poursuivre leur mission malgré le contexte de pandémie », a-t-elle mentionné.

Un volet santé et des activités de sensibilisation ont été ajoutés au projet de coopération afin de bien informer la communauté sur le virus et sur les façons de s’en protéger. Le côté culturel a également été poursuivi, puisque des vidéos de sensibilisation ont été produites.

Un autre volet ajouté vise quant à lui à développer la sécurité alimentaire. « Nos partenaires sur le terrain m’expliquaient que l’influence des grandes entreprises est de plus en plus présente dans la région. Ils souhaitent donc se réapproprier leurs terres et leurs champs pour redonner les savoirs qui ont été perdus avec les années. À la suite de la crise, il était parfois difficile d’obtenir de la nourriture importée », a-t-elle ajouté.

Impacts

Les divers partenaires sur le terrain informent l’organisme du Saguenay–Lac-Saint-Jean des besoins de la population, selon la mission de leur organisation, puis le Centre de solidarité internationale crée des liens avec des partenaires québécois qui travaillent dans le champ de compétence relié aux besoins. L’échange d’expertise contribue à améliorer les conditions de vie des communautés touchées par le programme.

« Ensemble, nous travaillons à monter des projets qui vont soutenir et outiller nos partenaires pour leur permettre de réaliser leur mission, a expliqué l’adjointe aux stages internationaux. Habituellement, nos stagiaires, qui ont été formés au préalable sur le sujet, vont offrir leur soutien aux partenaires terrain. Même si la mobilité internationale a été fermée cette année, nous pourrons fournir une certaine somme d’argent, grâce à QSF et au MRIF, et continuer d’outiller les communautés à distance, selon leurs différents besoins. Le but est que les partenaires développent leur propre expertise, qui perpétuera dans le temps pour qu’ils deviennent complètement autonomes. »

Lutter contre la violence conjugale

La différence entre les hommes et les femmes dans les régions rurales de l’Équateur est particulièrement forte, confirme Mme Côté. « La fondation Nosotras, avec qui nous collaborons, lutte contre la violence conjugale, économique et sociale dans les foyers. Elle offre de l’accompagnement de travailleurs sociaux et fait beaucoup de sensibilisation pour permettre aux personnes touchées de sortir de leur situation vulnérable. »

Afin de soutenir la fondation, le CSI contribuera à la rédaction et la mise en oeuvre des nouvelles façons de faire pour que les activités d’accompagnement et de sensibilisation puissent poursuivre malgré le contexte de pandémie en réussissant à répondre aux mesures d’hygiène.

« Si possible, nous aimerions maintenir le partenariat dans les prochaines années. Nosotras est un partenaire solide dans le domaine et échanger nos expertises nous permettrait de construire collectivement un changement social. »

Les deux projets devraient démarrer dans les prochaines semaines et se poursuivre jusqu’en novembre.

Les stagiaires développaient un atelier avec des enfants de la communauté durant le stage Québec sans frontières en 2019.