Le CQFA retrouve ses ailes

Soupir de soulagement au Centre québécois de formation aéronautique qui a repris ses vols, lundi matin, après une pause de plus de deux mois.

Malgré l’arrêt plus long que prévu (on espérait une reprise au début mai), son directeur, Steeve Noreau, a bon espoir de voir les finissants de 3e année recevoir leur licence de pilote professionnel au 30 juin. Mais pour l’école, ça veut dire que pour la première fois, il n’y aura pas de pause estivale. Les étudiants de deuxième année, qui font leurs cours de pilotage de base, devront voler tout l’été pour être à jour à la fin d’août et entreprendre leur spécialité en ligne, brousse ou hélicoptère.

« Oui, on est contents, et nous avons eu une excellente collaboration de la santé publique (régionale), a commenté Steeve Noreau. Elle a approuvé le plan que nous lui avions présenté et nous sommes satisfaits. »

Dans le bimoteur Piper Navajo, la présence de plusieurs étudiants avec un instructeur oblige le port du masque.

Pour éviter toute contamination, le CQFA a commencé par rappeler les étudiants qui étaient restés dans la région. Certains ont pu voler en solo jeudi et vendredi dernier.

« Nos étudiants qui étaient à l’extérieur dans des zones froides ont aussi pu réintégrer leur appartement. Ceux en zone chaude, dans le Montréal métropolitain, sont en quarantaine. Ils ont été testés pour la COVID et ils restent en quarantaine dans les résidences du cégep jusqu’à ce qu’on confirme qu’ils ne sont pas atteints », explique M. Noreau. Actuellement, 21 des 25 étudiants qui doivent se soumettre à ce protocole attendent leurs résultats.

Le masque est requis pour les vols avec instruteur et le cockpit est désinfecté après chaque vol.

Distanciation

Même s’il s’assure que personne n’est contaminé, le CQFA va respecter les règles de distanciation sociale. Les locaux ont été réaménagés à cette fin, la cafétéria et la salle des étudiants ont été fermées. « Les étudiants ne viennent que faire un “in and out” pour leurs briefings et leurs vols », précise Steeve Noreau. Enfin, le local de la répartition n’est plus accessible. Dorénavant, la paperasse obligatoire, comme les entrées dans le carnet de vol et les calculs de masse et centrage (pour s’assurer de l’équilibre de l’avion en vol), se fait par voie électronique. Une façon de faire qui sera dorénavant la règle, même après la crise.

Pour les leçons de vol avec instructeur, tout le monde doit porter un masque, étant donné qu’on ne peut respecter la règle du deux mètres, et l’avion est désinfecté après chaque atterrissage.

Le seul hic pour l’instant est que, pour faire face au défi, le CQFA devra faire appel à de l’aide extérieure. Il aura besoin d’instructeurs, mais peut-être aussi d’avions en sous-contrat avec une autre école pour rattraper le temps perdu.

Au CQFA, le comptoir de la répartition n’est plus accessible. Les élèves doivent remplir la feuille de vol et les calculs de masse et centrage par voie électronique.