François Gagnon, amputé de sa jambe gauche et d’une partie de son pied droit après avoir été frappé par la bactérie mangeuse de chair, était porte-parole de l’événement.

Le courage de François Gagnon

L’an dernier, aidé de ses béquilles, François Gagnon avait participé à L’Autre défi, une marche organisée par le Fonds de dotation Santé Jonquière et le Centre de réadaptation en déficience physique Le Parcours. Il avait alors parcouru 500 mètres. Un an plus tard, l’homme de 37 ans, qui a subi une double amputation après avoir été atteint par la bactérie mangeuse de chair, était de retour à titre de porte-parole de l’événement. Maintenant doté de prothèses, François Gagnon avait de quoi être fier après avoir parcouru trois kilomètres.

Pas moins de 371 personnes souffrant d’une déficience physique, sensorielle ou motrice ont participé à l’activité, dont le départ se donnait à l’hôpital de Jonquière. Certains d’entre eux étaient accompagnés de proches ou de leur thérapeute en réadaptation physique. L’objectif de cette marche, qui en était à sa septième édition, était d’amasser des sous pour l’achat d’équipements sportifs adaptés, en plus de supporter l’initiation à différents sports et loisirs adaptés dans la région, ainsi que de faciliter l’intégration des gens souffrant d’une déficience physique.

Cette année, le thème de la marche était la réintégration au marché du travail après une épreuve. C’est d’ailleurs pour cette raison que François Gagnon a accepté avec plaisir le titre de porte-parole de l’événement.

Audrey Savard (à gauche sur la photo), une jeune femme atteinte d’une déficience intellectuelle, s’implique au sein d’une foule d’organisations. Elle était de la marche L’Autre défi, vendredi, à Jonquière.

Celui qui a joué dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec au sein des Foreurs de Val-d’Or et pour les Marquis de Jonquière, dans la Ligue nord-américaine, a été frappé par la bactérie mangeuse de chair en décembre 2017. Plongé dans le coma durant neuf jours, le jeune homme a dû dire adieu à sa jambe gauche et à une partie de son pied droit.

« J’ai fait un choc toxique, parce que mon sang ne se rendait plus dans les extrémités, pour alimenter mes organes vitaux. C’est pour cette raison que j’ai dû être amputé », raconte François Gagnon, dont la bonne forme physique l’a aidé dans sa réadaptation.

« Ça m’a pris un bon deux à trois mois à réapprendre à marcher. Avec l’aide du centre Le Parcours et de mes proches, je m’en suis bien sorti et ça va bien aujourd’hui. J’ai recommencé à jouer au hockey et au tennis. Aujourd’hui, je suis content de rendre un peu ce qu’on m’a donné au centre durant ma réadaptation, c’était important pour moi. Surtout que le thème, c’est la réintégration au travail et j’ai moi-même recommencé à travailler cette année », a expliqué M. Gagnon, qui a pu marcher une distance de trois kilomètres.

Après avoir fait les marathons de Montréal et de Boston, Marie-Michèle Fortin, atteinte d’une paralysie cérébrale, a franchi l’arrivée de l’Autre défi poussée par un proche.

« J’étais venu l’an dernier au défi et j’étais encore en béquilles, j’avais juste pu faire 500 mètres ! Mais ça avait été très motivant », a souligné l’homme à la bonne carrure, aujourd’hui pétillant de santé. Il confie que son moral va très bien malgré les épreuves qu’il a eu à surmonter.

Il a d’ailleurs fait son retour au travail en décembre dernier. Il remercie son employeur, Rio Tinto, d’avoir facilité sa réintégration. « Je voulais être porte-parole aussi pour encourager les employeurs à faire preuve d’ouverture et à se tourner vers une main-d’oeuvre différente », a ajouté M. Gagnon.

La marche de vendredi a permis d’amasser autour de 40 000 $. Les participants, jeunes et moins jeunes, pouvaient s’inscrire pour une courte marche ou pour une plus longue. Certains ont même parcouru 10 kilomètres, à pied ou en fauteuil roulant.

Pas moins de 371 personnes ont participé à L’Autre défi, vendredi, à Jonquière.

L’arrivée des participants, au pavillon Nikitoutagan du parc de la Rivière-aux-Sables, a donné lieu à de touchantes scènes, alors que les participants et les thérapeutes s’enlaçaient après avoir obtenu leur médaille.