À la suite d’une séance spéciale du conseil d’administration tenue mercredi matin, Bruno Gauthier, président de la Corporation des centres-villes de Chicoutimi, a indiqué que les discussions menées jusqu’à présent visent à restructurer les associations avec la formation de Sociétés de développement commercial financées de façon autonome.

Le couperet tombe sur les centres-villes

La restructuration des activités de financement de Promotion Saguenay incite Saguenay à utiliser le couperet à l’endroit des associations de centres-villes et à proposer des regroupements au sein d’une société de développement commercial, afin d’assurer un financement autonome par les commerçants.

Au cours de la dernière semaine, des rencontres ont eu lieu entre les représentants de la Ville et les dirigeants des cinq corporations de centres-villes de Saguenay. Ces discussions visaient à créer un nouveau mode de financement de ces organismes, qui bénéficient annuellement de 750 000 $ en deniers publics provenant de Promotion Saguenay.

À la suite d’une séance spéciale du conseil d’administration tenue mercredi matin, Bruno Gauthier, président de la Corporation des centres-villes de Chicoutimi, a indiqué que les discussions menées jusqu’à présent visent à restructurer les associations avec la formation de Sociétés de développement commercial financées de façon autonome au moyen d’une taxe prélevée directement sur le compte de taxes des commerçants, une mesure que ne sont pas prêts à adopter ces derniers pour le moment.

Selon lui, les expériences de création de telles sociétés dans d’autres villes ont toutes conduit à leur fermeture pour diverses raisons, dont les difficultés à prélever les cotisations ou la fragilité de certains commerces.

Outre la restructuration des corporations, Saguenay a annoncé qu’elle ampute 138 000 $ à la subvention qu’elle accordait à la Corporation des centres-villes pour le prochain exercice 2019 sur les 261 000 $ accordés en 2018. Le nouveau budget 2019 devrait être à la baisse et enregistrer un déficit de 18 000 $.

M. Gauthier a mentionné que pour le moment, la Corporation ne souhaite pas partir en guerre contre la Ville, mais souhaite plutôt discuter avec les élus de l’utilité des corporations existantes lors de rencontres à venir. « Il existe un engouement présentement pour la rue Racine. On assiste à des constructions neuves. Il y a des réfections de façade. Les activités comme les festivals des bières et des vins permettent d’aller chercher des commandites et d’organiser des activités. Il y a de petites boutiques spécialisées, des restaurants qui ouvrent. Notre rôle est aussi de faire pression pour l’amélioration du centre-ville, du déneigement, l’ajout de 54 cases de stationnement comme c’est le cas à la cathédrale », explique M. Gauthier.

Du côté de la Zone Talbot, qui compte 500 membres, la présidente Louise Blanchette confirme que les discussions autour d’un rebrassage des structures sont en cours même si son organisme assure son financement de façon autonome via une formule de péréquation via le compte de taxes. Malgré tout, elle craint que son organisme perde une aide financière d’environ 60 000 $ provenant de Promotion Saguenay pour la réalisation d’études de positionnement de marchés, pour aller chercher de la clientèle supra régionale. En ce qui a trait à la création d’une société de développement commerciale, Mme Blanchette préfère attendre avant de se positionner, mais affirme que faute d’argent supplémentaire, l’enjeu n’en vaudrait pas la peine. « En fonction de notre prochaine rencontre avec la ville, on fera connaître nos intentions à la population ».

Elle a rappelé que la Zone Talbot a déposé un plan quinquennal de développement de l’artère commerciale.

Du côté des autres associations de centres-villes, la situation semble plutôt floue. Guillaume Beaulac, de l’Association du centre-ville de Kénogami, affirme que tout se joue actuellement au niveau politique et qu’aucune décision n’a été prise concernant la formation d’une société de développement commercial ou des coupes de budget. « On est dans l’attente de ce que la Ville va faire ».

Du côté de la Corporation du centre-ville La Baie, Pierre-Olivier Côté, président, a déclaré ne rien savoir au sujet de la coupe de subvention de 70 000 $ que reçoit annuellement l’association de marchands. « On sait qu’il va y avoir restructuration, mais on dirait que la Ville ne veut pas nous inclure dans le dossier. Un comité a été formé pour savoir ce qu’ils font avec les associations de centres-villes ». Il a conclu en affirmant qu’en coupant la subvention, son association serait incapable de survivre, elle qui ne compte que 33 membres.