La salle du conseil de ville de Saguenay était bondée pour cette deuxième séance de consultation publique sur les matières organiques.

Le compostage ou la biométhanisation

Le compostage ou la biométhanisation sont les deux types de traitement préconisés par Saguenay pour les matières organiques. Ces deux façons de faire ont été présentées aux citoyens, mercredi soir, dans le cadre de la deuxième et dernière séance de consultation publique.

Plus de 70 personnes ont rempli la salle du conseil de l’hôtel de ville de Saguenay, pour écouter et se faire entendre par le Service de développement durable et d’environnement de Saguenay, ainsi que la commission du même nom.

Pour le compostage, deux options sont relevées. Le compostage ouvert ou le compostage semi-couvert. Idem dans le cas de la biométhanisation. Un procédé aérobique (avec apport d’oxygène) et un procédé anaérobique (sans air) sont pris en considération.

Dans le cas du compostage, les matières organiques seraient amenées au centre de traitement, puis placées dans un broyeur, avant d’être fermentées, portées à maturation et affinées. Pour ce qui est de la biométhanisation, un procédé plus technologique, les matières organiques sont contrôlées et préparées, avant de prendre le chemin de l’usine de biométhanisation et compostage.

À cet endroit, du compost et du biogaz peuvent être produits. Dans ce dernier cas, il pourrait être revendu à l’entreprise Énergir (anciennement Gaz Métro). À titre d’exemple, le directeur du Service de développement durable et d’environnement de Saguenay, Denis Bernier, a fait savoir que pour une tonne de matières organiques, un mètre cube de biogaz est produit.

Pour ce qui est des coûts, une plateforme de compostage représente des investissements entre 10 et 14 M$. Grâce au Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage (PTMOBC), du gouvernement provincial, les coûts d’acquisition peuvent être subventionnés à hauteur de 50 pour cent.

Dans le cas d’une usine de biométhanisation, il en coûterait au moins 25 M$, mais le PTMOBC subventionnerait un peu plus de 66 pour cent des coûts d’acquisition.

« Le gouvernement favorise la biométhanisation, mais elle ne l’oblige pas, a indiqué Simon-Olivier Côté, conseiller municipal et président de la commission de développement durable et d’environnement de Saguenay. Le coût de prétraitement est toutefois un peu plus important pour le compostage, mais au bout du compte, ça revient un peu au même. Il faut regarder la ventilation des coûts et cette étape n’est pas encore complétée. »

Les citoyens ont pu prendre possession de certains documents. Les types de traitement analysés ont été décrits, en plus d’une liste des avantages et inconvénients sur les modes de collecte (sac ou bac) et sur les types de traitement (compostage ou biométhanisation).

« On est en train de créer une nouvelle culture de consultation à Saguenay, a fait remarquer M. Côté. Il faut forger une opinion publique et les messages véhiculés lors de ces consultations et les médias vont nous aider à le faire. On espère que plusieurs courants vont sortir au cours des prochaines semaines, ce qui va nous aider à prendre une décision finale. On veut entendre les préoccupations des gens. »

La semaine dernière, deux modes de collecte ont été retenus lors de la première séance de consultation publique. Il s’agira du tri à la source à l’aide d’un bac ou d’un sac.

Au cours des derniers jours, l’ajout d’un troisième bac (après ceux des déchets et du recyclage), la réduction à un seul ramassage par mois du bac à ordures et le choix du matériau utilisé dans le cas où le sac serait privilégié ont été les principaux sujets qui ont fait réagir.

Traitement et collecte, même prix

Peu importe les façons de faire qui seront privilégiées, autant pour le type de traitement que le mode de collecte, le coût demeure le même. On parle d’environ 25 dollars par année, par unité d’habitation, pour chaque volet. L’impact global des coûts serait donc de 50 dollars par année, par unité d’habitation.

Les citoyens peuvent déposer des mémoires jusqu’au 26 mars. Les consignes sont expliquées sur le site ville.saguenay.ca.

Le Service de développement durable et d’environnement de Saguenay et la commission du même nom vont par la suite se réunir. Les acteurs au dossier pensent pouvoir présenter un projet final d’ici la fin du mois d’avril.