Le Complexe BC accueille maintenant 10 entreprises oeuvrant dans divers domaines.
Le Complexe BC accueille maintenant 10 entreprises oeuvrant dans divers domaines.

Le Complexe BC de Saint-Prime plein à craquer

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les promoteurs à l’origine du Complexe BC de Saint-Prime ont réussi un tour de force en redonnant vie au bâtiment autrefois associé aux Industries Tanguay, lequel fut inoccupé pendant près d’une décennie. Un total de 10 entreprises s’y retrouvent maintenant, alors que plus de 75 travailleurs franchissent les portes de l’espace de plus de 90 000 pieds carrés chaque matin. Toutes les options sont évaluées par les copropriétaires afin d’amener plus loin ce projet de condominium entrepreneurial.

Le succès est tel que Frédéric Beaudoin et Sandra Côté, qui ont fait l’acquisition du bâtiment en novembre 2015, doivent, quatre ans plus tard, refuser des demandes d’entrepreneurs désirant y trouver un espace à louer.

Le succès associé au projet est la finalité de plusieurs années de travail. À l’instar de plusieurs autres entrepreneurs, les débuts ont été plus que rocailleux pour ceux qui ont mis sur pied le projet sans bénéficier de subventions gouvernementales.

« Avec mon beau-père, nous étions à la recherche d’investissements. Ça ne me dérangeait pas de travailler, il y avait beaucoup, énormément de travail à faire », raconte Frédéric Beaudoin.

Il aura fallu près d’une année et demie de travail pour nettoyer les lieux, assurer une certaine mise à niveau et exécuter les travaux de rénovation. « Cette période fut difficile. On a rencontré tellement de gens intéressés qui visitaient et qui ne redonnaient pas de nouvelles ou refusaient. On avait des paiements à faire, mais il n’y avait aucun revenu », se rappelle M. Beaudoin.

Le couple, en affaires comme dans la vie, a dû faire preuve de patience alors que le premier locataire s’est finalement amené dans le bâtiment à l’été 2017. Un effet boule de neige s’en est ensuite suivi alors que d’autres entreprises se sont ajoutées et que certaines ont augmenté leurs espaces de location.

Le Complexe BC accueille maintenant dix entreprises oeuvrant dans divers domaines.

L’imposant bâtiment rafraîchi est maintenant composé de plusieurs bureaux ainsi que d’une section industrielle qui comprend entre autres des ponts roulants. Les locataires proviennent de divers secteurs d’activités allant du domaine de la construction à l’industrie du voyage, en passant par la fabrication de vêtements. Les entreprises disposent d’espaces de différentes tailles alors qu’une salle commune est accessible à tous.

Appui municipal

Malgré l’absence d’aide financière gouvernementale, l’initiative privée a pu, dès le début, bénéficier du support de la municipalité de Saint-Prime. Le maire Lucien Boivin a vu en ce projet une démarche audacieuse. « Il fallait avoir du monde décidé. C’est une usine, c’est très grand. Ça prenait du courage quand on me présentait le projet, je voyais que c’était gros », rappelle-t-il.

L’élu a multiplié les démarches afin d’aider les promoteurs à conclure la transaction et à débuter le projet de transformation du bâtiment. « Ç’a été une collaboration de tous les instants. On se rencontrait souvent pour discuter des projets potentiels. Il y avait plusieurs beaux projets et toutes sortes de possibilités », souligne Lucien Boivin, qui tenait absolument à trouver une autre vocation à l’immense bâtiment inhabité pendant près de 10 ans.

En dépit de l’absence d’aide financière gouvernementale, les propriétaires du Complexe BC ont bénéficié d’un programme municipal qui permet de profiter d’une diminution de taxes municipales sur une période de cinq ans.

Plusieurs options sur la table

Face à un bâtiment complet et à une constante demande d’entrepreneurs du secteur, Frédéric Beaudoin assure évaluer toutes les options qui s’offrent à lui. L’agrandissement du bâtiment existant ou la construction d’un nouvel espace pourraient bien figurer parmi les options envisagées. « On n’a quasiment plus de travail. La bâtisse est louée, tout fonctionne. On recherche, on est à l’affût de ce qui peut arriver », conclut Frédéric Beaudoin.

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JOKER SPORTS POURSUIT SA CROISSANCE

Installée dans le Complexe BC à Saint-Prime, l’entreprise Joker Sports poursuit sa croissance dans le marché des uniformes sportifs en plus d’occuper davantage d’espaces au sein du condominium industriel. De nouveaux espaces permettront à la jeune entreprise d’optimiser sa fabrication de chandails sportifs. 

La demande pour ces chandails créés à partir du processus de sublimation ne s’essouffle pas. Entre 1000 et 1500 chandails personnalisés sont produits chaque semaine.

« Au Québec, on ne fournit pas à la demande. Les prix ont énormément monté en Chine, on est rendu de plus en plus compétitif. Quelqu’un qui commande un produit en Chine payerait moins cher chez nous présentement. Le milieu du textile a tellement changé, c’est rendu fort au Québec », mentionne le directeur, Alexandre Dufresne, qui est d’avis que l’engouement ne fait que commencer. 

Comme bien des entreprises, le besoin de main-d’œuvre spécialisée est un frein à l’augmentation de la production de Joker Sports. En ce moment, l’équipe fait face à un manque de couturières, une main-d’œuvre qui se fait rare. Ainsi, les dirigeants derrière l’entreprise qui crée de A à Z des uniformes de hockey, de baseball, de basketball, de dekhockey ainsi que des chandails kangourou, planchent sur un travail d’optimisation.

L’objectif est de réaménager la section couture afin d’augmenter le rythme et l’efficacité. Le travail réalisé avec un consultant externe vise à élaborer une chaîne de travail optimale. Une attention est notamment portée aux patrons des divers produits afin de les simplifier au maximum.

L’analyse et l’amélioration du processus permettraient, selon les estimations, d’augmenter la capacité de production de 20 %. « On n’a pas d’expertise dans ce domaine, on a appris sur le tas. On a beaucoup de pertes de temps, on est moins efficace qu’on devrait l’être. Il y a des manières de travailler, des choses qu’on ne connaît pas. On veut vraiment maximiser au complet avec le nombre de personnes qu’il y a », explique Pierre Maurice Dufresne, qui est responsable des opérations. 

L’entreprise de Saint-Prime, qui peine à fournir à la demande, embauche en ce moment une quinzaine de personnes. « On doit envoyer du matériel à l’extérieur. La demande est grande. On travaille à augmenter le nombre d’emplois à court terme », souligne Alexandre Dufresne. 

Pour une première fois, depuis sa création, Joker Sports effectuera une première sortie officielle. La participation à des salons dédiés au plein air à Montréal et à Québec avec comme objectif de faire connaître ses produits à une partie du Québec.