La propriétaire de l’Auberge de la rivière Saguenay, Pauline Gagnon, estime que le point de vue magnifique, exceptionnellement masqué mardi après-midi, sera affecté par le terminal maritime.

Le Collectif de la Batture ne lâche pas

Même si la période d’interventions du public est terminée depuis le 13 août auprès de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE), les membres du Collectif de la Batture ne baissent pas les bras dans leur contestation de la construction d’un terminal maritime sur la rive nord du Saguenay au profit d’Arianne Phosphate. Mais du côté du promoteur Port de Saguenay, son directeur général, Carl Laberge, affirme que tout le processus de consultation a été fait dans les règles.

Pauline Gagnon, une des membres du regroupement comprenant une soixantaine de personnes, est allée porter son message mardi en fin d’après-midi lors du conseil d’arrondissement de La Baie. Elle entend répéter l’opération lors de l’assemblée du conseil de ville lundi prochain.

« Je viens parler du port maritime en rive nord. Nous on est situés juste en face et les gens qui s’y installent disent que c’est beau et tranquille. Ça nous fait peur du point de vue touristique, car il n’y a aucune opposition. Ce serait faire un dommage permanent dans une section qui est si belle », a lancé aux conseillers la propriétaire de l’Auberge de la rivière Saguenay.

Selon elle, les citoyens du chemin de la Batture à La Baie n’ont jamais été rencontrés par les promoteurs du projet, contrairement à ce qui s’est produit alors que le site initial projeté se trouvait à l’anse à Pelletier.

Mme Gagnon affirme que le caractère touristique de La Baie serait grandement affecté, notamment pour les gîtes et auberges qui se trouvent dans le secteur. Elle a demandé si quelqu’un avait songé à mettre sur pied un programme de compensation pour ces établissements. Elle déplore qu’elle et ses clients auraient devant les yeux une excavation de la montagne d’une hauteur de 65 mètres pour une largeur de 270 mètres. De plus, elle croit que le bruit des installations de chargement sera clairement entendu sur la rive nord du Saguenay.

« On va rencontrer Mme Néron la semaine prochaine », a d’abord répondu le président de l’arrondissement, Éric Simard. Ce sera l’occasion pour lui d’en savoir plus sur la position de la Ville. « Nous aussi, on s’interroge. La qualité de vie de nos citoyens passe avant tout », a ajouté son collègue Raynald Simard.

Le terminal maritime serait bien visible pour les clients de l’Auberge de la rivière Saguenay.

«On a suivi les balises»
Joint en soirée par Le Quotidien, Carl Laberge a affirmé qu’il était normal que les consultations se tiennent près du lieu ciblé, soit à Sainte-Rose-du-Nord et à Saint-Fulgence.

« On a suivi les balises proposées. On considère que les gens qui avaient à faire des commentaires ont eu le temps de le faire », a-t-il soutenu, en disant que les consultations étaient ouvertes à tout le monde. Il a aussi maintenu que le site actuel proposé est le même depuis le début du processus de l’ACEE, commencé en juin 2015, comme il est d’ailleurs indiqué sur le site Internet de l’agence.