Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean prêt pour une 2e vague

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean sera en mesure de faire face à une seconde vague de la pandémie de COVID-19 malgré les enjeux importants de ressources humaines pour tout le secteur de l’infirmerie, qui est en ce moment sous pression.

Un peu plus tôt cette semaine, la présidente régionale de la Fédération des intervenantes en soins du Québec (FIQ), Julie Bouchard, sonnait l’alarme sur la situation qui prévaut dans les établissements de la région. Une précarité qui a forcé la fermeture de l’obstétrique de Dolbeau et du 6e étage de l’hôpital de Jonquière, qui n’accueille toujours pas de patients.

« Nous avions un enjeu avant la pandémie comme dans toutes les organisations, autant au CIUSSS qu’ailleurs. Il y a eu la pandémie et l’été n’a pas été facile. Nous devons reprendre les activités normales, mais nous allons devoir vivre avec la COVID-19 et les citoyens n’ont pas à s’inquiéter sur les services du CIUSSSS », assure Marie-Ève Tremblay, coordonnatrice des activités de remplacement pour l’hôpital régional.

Son service a la responsabilité de s’assurer, jour après jour, que les équipes de travail sont complètes dans tous les établissements. Marie-Ève Tremblay convient que le temps supplémentaire et le temps supplémentaire obligatoire sont des moyens utilisés pour pallier la précarité des ressources disponibles. Elle ajoute que la situation actuelle est comparable à celle de l’an dernier.

« Même si c’est comparable, ça ne veut pas dire que ce n’est pas une préoccupation. Un temps supplémentaire, c’est un temps supplémentaire de trop. »

La pandémie a évidemment rendu la tâche du service beaucoup plus complexe. Des membres du personnel ont été retirés pour des questions de risque relié à leur état de santé et déplacés vers d’autres activités. À titre d’exemple, le service de protection des infections, qui a été grandement sollicité, a vu ses effectifs doubler.

Non pas que ce personnel n’est pas important, mais chaque fois qu’une infirmière quitte son poste pour être dans une affectation comme la protection des infections ou la création en urgence des cliniques de dépistage, ce sont des bras en moins pour tout le volet clinique et les soins directs aux patients.

Le CIUSSS compose aussi avec une réalité historique qui fait que les personnes qui choisissent de partir à la retraite optent pour le printemps. Cette situation s’est répétée malgré la mobilisation pour la COVID-19. Elle arrive à un moment où le personnel chargé de trouver des ressources atteint la fin de la liste. Il est évident qu’avec tous ces éléments additionnés, l’été a été difficile pour l’ensemble du CIUSSS.

Malgré ces problèmes, la coordonnatrice ne baisse pas les bras. Évidemment, il n’y a pas de solution miracle à une telle situation, si l’on considère qu’il faut entre trois et cinq ans pour former des infirmières. Surtout que le nombre de finissantes qui auraient pu obtenir leur permis de travail a été réduit significativement en raison de la pandémie. En plus, les départs à la retraite sont plus nombreux que les embauches.

Les étudiantes en sciences infirmières font partie des moyens à la disposition du CIUSSS pour ajouter des bras aux équipes. Le CIUSSS a demandé aux étudiantes de donner le maximum de disponibilités. Marie-Ève Tremblay a aussi tenu à souligner l’apport de plusieurs retraitées qui ont décidé de revenir au travail et qui n’ont pas nécessairement quitté au terme de la première vague de COVID-19. Elles font, d’une certaine façon, partie des solutions à court terme pour diminuer la précarité de la situation des ressources humaines.

Selon les explications de Marie-Ève Tremblay, le CIUSSS avait mis en place, bien avant la pandémie, un projet qui consistait à rehausser les emplois. L’exercice est long et complexe et consiste à apporter plus de stabilité dans les équipes en éliminant les « petits postes », afin de regrouper des heures et d’offrir des emplois plus attrayants.

La FIQ a déjà soulevé ce problème d’attraction pour le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui voyait plusieurs finissantes quitter pour les centres comme Québec et Montréal en raison de la qualité des emplois offerts. Le projet mis de l’avant par le CIUSSS a aussi pour objectif d’augmenter la capacité d’attraction.

La seconde vague de la pandémie pointe à l’horizon et le CIUSSS aura du renfort dans la catégorie des préposées aux bénéficiaires, qui seront attitrées à un seul établissement. Le service de Marie-Ève Tremblay aura un peu plus de marge de manoeuvre pour les deux titres d’emploi d’infirmière.

La situation vécue au CHSLD de la Colline, qui a été le théâtre d’une éclosion majeure de COVID-19, avait mis en lumière la précarité du personnel en soins infirmiers. Pendant cette éclosion, le CIUSSS a laissé vacants des centaines de quarts de travail, dont une bonne partie étaient normalement comblés par des infirmières et infirmières auxiliaires.