Le CIUSSS doit couper 10 millions $

Le Centre intégré universitaire de santé et de service sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean doit trouver 10 millions $ pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2018-2019. Il s’agit du déficit anticipé par l’organisation, qui planche maintenant sur une stratégie pour réduire les dépenses.

Le CIUSSS vient de terminer l’année financière avec un déficit de 959 000 $ sur un budget de près de 878 millions $. Contrairement aux années passées, l’organisation ne peut utiliser son fonds stratégique pour combler le manque à gagner, car les réserves ont été entièrement écoulées. Le déficit s’ajoute donc au budget 2018-2018, lequel prévoit un manque à gagner de 9,5 millions $, attribuable à une hausse des salaires, du temps supplémentaire et surtout du taux d’absentéisme.

« On est présentement en discussion avec le ministère concernant notre déficit de cette année. En effet, notre fonds stratégique est vide, donc on ne peut l’utiliser. Mais on croit être en mesure de retourner à l’équilibre budgétaire au cours des prochains mois », précise Julie Labbé, présidente-directrice générale du CIUSSS.

Mesures
Si les abolitions de postes ont marqué les dernières années, la direction du CIUSSS mise plutôt sur la réduction du taux d’absentéisme des employés pour trouver une partie des 10 millions $. En 2017-2018, près de 25 millions $ ont servi à payer les gens en arrêt de travail, ce qui représente une hausse de 6 millions $ en seulement une année. À l’heure actuelle, le taux d’absentéisme dépasse les 8 %.

« C’est notre priorité depuis un an. On travaille sur plusieurs fronts pour réduire l’absentéisme. On travaille sur la charge de travail, on est allé voir le climat dans les départements, on a aussi ciblé les secteurs plus en souffrance pour apporter rapidement des changements. Il y a des travailleurs sociaux, des psychologues organisationnels. Les gestionnaires aussi, on leur a donné des habiletés pour faire face à cet enjeu, notamment en les formant à mieux reconnaître les gens en souffrance. On espère avoir des résultats de ces efforts au cours de la prochaine année », souhaite la PDG du CIUSSS.

La direction ne peut garantir aucune abolition de poste. Mais cette mesure ne semble pas faire partie des premières pistes de solution.

« Il y aura des départs à la retraite en 2019, mais je ne vois pas comment on irait couper des postes lorsque la priorité est de réduire l’absentéisme au travail. Et notre solution pour faire face à ce défi ne sera pas coercitive. On veut que les gens soient bien travail », insiste Mme Labbé.

Le CIUSSS est d’ailleurs en négociation locale avec quelques syndicats. Une entente de principe est récemment intervenue avec la FIQ, la première dans l’ensemble des établissements du Québec qui sont présentement en négociations. Outre l’absentéisme, la direction tentera de réduire le temps supplémentaire en faisant une meilleure gestion des lits et des lits de débordement, notamment en période de grippe ou de gastroentérite.

Le CIUSSS croit également que des regroupements d’achats sont encore possibles pour réduire les coûts des fournitures médicales et administratives.