Le directeur des ressources humaines du CIUSSS, Alexandre Boivin, le directeur de la Santé publique le docteur Donald Aubin et la directrice du programme des Services adaptés à la personne âgée, Chantale Boivin, ont fait le bilan de la situation de la COVID-19.
Le directeur des ressources humaines du CIUSSS, Alexandre Boivin, le directeur de la Santé publique le docteur Donald Aubin et la directrice du programme des Services adaptés à la personne âgée, Chantale Boivin, ont fait le bilan de la situation de la COVID-19.

Le CIUSSS applique des mesures pour éviter le déplacement du personnel

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean met en place des mesures pour éviter le déplacement du personnel entre les zones infectées par la COVID-19 et celles qui ne le sont pas. Toutefois, ses représentants ne pouvaient pas garantir, vendredi en point de presse, que la directive ministérielle sera toujours respectée, alors que certaines situations l'obligent.

«Au niveau des déplacements, nous sommes toujours dans une optique de suivre les directives du ministère. C’est toujours ce que l’on applique le plus possible. Lorsqu’on a des soins à donner à une population, on doit, parfois, faire des choix déchirants qui peuvent impliquer de déplacer une ressource dans un autre milieu pour assurer des soins», a précisé Alexandre Boivin.

Le patron des ressources humaines, qui participait à son premier point de presse depuis le début de la crise, a tout de même ajouté que des mesures sont mises en place pour éviter ces déplacements quand il est possible de le faire. Des alertes ont été installées dans le système informatique. De plus, un employé du CIUSSS qui se voit affecter d’une zone chaude à une zone froide doit en aviser les gestionnaires.

Depuis le 15 avril dernier, le CIUSSS a identifié au moins 23 employés qui ont fait des séjours à de la Colline pour revenir par après à l’hôpital de Chicoutimi. En plus de ces personnes, quatre autres employés ayant effectué le même déplacement ont été infectés par le coronavirus.

Les équipes de la Santé publique travaillent en ce moment à reconstituer l’historique de chacun de ces cas afin de déterminer si d’autres personnes ont été infectées ou auraient pu être en contact avec ces employés.

Il est devenu évident, depuis le début de l’éclosion à de la Colline, que le CIUSSS n’a pas les ressources en ce moment pour supporter d’autres éclosions importantes et qu'il arrive à peine à maintenir des équipes à de la Colline. Les dirigeants du CIUSSS veulent également transformer la culture qui prévaut dans les CHSLD.

Pour plusieurs employés qui œuvrent depuis des années dans ce milieu, leur lieu de travail n’est pas un établissement hospitalier de longue durée. Ils ou elles considèrent ce lieu un peu comme leur maison. C’est ce qu’on leur a inculqué depuis la création des ces centres dédiés à des personnes nécessitant trois heures et plus de soins quotidiens.

Doutes

Les médias ont reçu plusieurs témoignages, depuis le début de la pandémie, selon lesquels les employés qui expliquaient à un gestionnaire avoir été en fonction à de la Colline n’étaient pas entendus.

Ces situations de déplacement du personnel commencent à semer le doute, au sein du personnel du CIUSSS, quant aux décisions des gestionnaires en lien avec ces mouvements de main-d’oeuvre. Des employés du CHSLD de Métabetchouan, le plus important de la région, ont clairement démontré leur mécontentement à leur employeur qui a envoyé dans cet établissement une personne qui avait passé un certain temps au CHSLD de la Colline.

«La personne n’a été en contact avec aucun patient à de la Colline et cette personne a toujours porté ses équipements de protection individuels. Devant le tollé, nous avons décidé de la retirer mais je le répète, c’était une situation à zéro risque», a insisté la directrice du programme de Soutien adapté aux personnes âgées, Chantale Boivin. Elle demande au personnel de faire confiance à la direction du CIUSSS.

«Même si la situation est explosive et même inquiétante et préoccupante, je demanderais au personnel de nous faire confiance. Dans ce cas-ci (Métabetchouan), c’était une situation avec zéro risque», a insisté Mme Boivin.

Interrogée sur l’état d’esprit du personnel au CHSLD de la Colline qui assiste, impuissant, à des décès sur une base quasi quotidienne, la gestionnaire a assuré que les équipes étaient toujours dédiées aux soins. Le personnel bénéficie de plus d’un support de professionnels pour verbaliser ces moments difficiles et ainsi être en mesure de faire leur travail adéquatement.

«Vous seriez étonnés de voir comment cette équipe est mobilisée. C’est assez incroyable de voir des gens aimants qui se serrent les coudes pour arriver à soigner des gens de façon adéquate et optimale. On a encore eu un décès cette semaine où la famille disait: ‘‘C’est dommage que les journalistes ne soient pas dehors parce que je leur dirais comment vous faites un travail exceptionnel. Et comment le manque de personnel ne se fait pas sentir auprès du résident’’», a raconté Chantale Boivin.

Elle a admis qu’il y avait un défi quotidien pour combler tous les quarts de travail dans ce CHSLD.