LE CHSLD Jacques-Cartier est présentement à risque de devenir un important foyer d’éclosion de la COVID-19 au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
LE CHSLD Jacques-Cartier est présentement à risque de devenir un important foyer d’éclosion de la COVID-19 au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le CHSLD Jacques-Cartier frappé par la COVID; récidive à de la Colline

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CHSLD Jacques-Cartier de Chicoutimi pourrait devenir dans les prochaines heures le nouvel épicentre de la seconde vague de COVID-19 dans la région après Isidore-Gauthier alors qu’en moins de 72 heures, sept cas positifs ont été confirmés chez les résidents. Un premier cas d’employé contaminé au CHSLD de la Colline a aussi été rapporté au Quotidien dans cette seconde vague.

Selon ce qui a été confié au Quotidien par une source au sein du personnel, l’employé à de la Colline avait des symptômes et son gestionnaire lui a demandé de se faire tester. Le résultat positif a été confirmé en début de soirée. Même si un seul cas ne permet pas de confirmer une éclosion, la nouvelle a rapidement eu un effet dévastateur au sein des équipes.

«Plusieurs personnes se remettent à peine de ce que nous avons vécu pendant la première vague et elles ne veulent plus vivre le même drame. Ça va être difficile si le cas se transforme en éclosion», a confié au Quotidien une source très bien informée.

La situation à Jacques-Cartier a débuté par un seul cas en début de semaine et pas plus tard que mardi après-midi, six autres cas ont été confirmés. Il a toutefois fallu attendre jusqu’à 16h en fin d’après-midi mercredi pour obtenir l’information. Dans son rapport quotidien qui fait état du décompte remontant à 16h la vielle, le CIUSSS ne faisait toujours état que d’un seul cas.

La mise à jour quotidienne, publiée par le ministère de la Santé et des Services sociaux «État de situation des cas confirmés et des décès par CHSLD», en date de mercredi, faisait de son côté état de sept cas confirmés de COVID-19 au CHSLD Jacques-Cartier, ce qui représente 7 % des résidents de l’immeuble. Cette mise à jour ne comprend pas le nombre d’employés infectés par la maladie.

Un premier cas positif de COVID-19 depuis le début de la deuxième vague a été confirmé, mercredi soir, au CHSLD de la Colline.

Les caractéristiques de ce début d’éclosion ressemblent étrangement aux situations vécues dans les CHSLD de la Colline et Isidore-Gauthier, à Alma. L’explosion de plusieurs cas en l’espace de 48 à 72 heures a été le résultat de personnes asymptomatiques atteintes de la COVID-19 qui ont propagé sans le savoir la maladie dans leur environnement.

Au cours de l’entrevue qu’il accordait au Quotidien, le directeur de la Santé publique, le docteur Donald Aubin, a fait état du problème de transmission des données entre la santé publique et le ministère. Il y a de fortes chances que les sept cas confirmés à Jacques-Cartier auraient normalement dû s’additionner aux 19 cas du rapport quotidien.

Le Quotidien a tenté d’obtenir des informations auprès des syndicats en soirée, mercredi, afin de savoir si des membres du personnel de Jacques-Cartier ont été contaminés depuis le début de la semaine dans ce CHSLD. Le Quotidien a finalement obtenu la confirmation qu’en plus des résidents, des membres du personnel ont aussi été contaminés.

Le CIUSSS a procédé à une opération de dépistage au CHSLD Jacques-Cartier afin d’avoir une idée de l’ampleur de l’éclosion. Ces opérations permettent également de mettre en place des mesures pour tenter de freiner la contagion.

Pour donner une idée du niveau de contagion de ce virus dans les endroits sensibles comme les CHSLD, il faut regarder les statistiques. Dans la première vague, le coronavirus a infecté 23 % des résidents du CHSLD de la Colline et 38 % du personnel dans un centre de 98 lits et de 180 employés, avec 23 % de décès chez les résidents.

Pour Isidore-Gauthier, malgré l’expertise acquise depuis le début de la pandémie, et selon les chiffres du ministère, 42 % des résidents ont été infectés. D’après les calculs du Quotidien, près 50 % des 90 employés avaient été infectés en plus de 7 décès qui représentent aussi 23 % des résidents.