Les travaux de reconstruction des installations du Chevrier du Nord de Saint-Fulgence ont été lancés cette semaine, plus de deux mois après l’incendie qui a détruit la grange-étable et l’atelier-boutique de l’élevage de chèvres angoras. Annie Pilote, copropriétaire de l’entreprise, prévoit que les travaux seront terminés au plus tard en novembre.

Le Chevrier du Nord renaît de ses cendres [PHOTOS]

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le Chevrier du Nord de Saint-Fulgence renaît de ses cendres deux mois après l’incendie qui a ravagé les installations de l’élevage de chèvres angoras et son atelier-boutique de création vestimentaire.

Les travaux de reconstruction ont débuté mercredi sur les terres familiales de l’entreprise du rang Saint-Joseph, dans la petite municipalité située à proximité de Saguenay.

Les nouvelles installations, qui auront une envergure semblable, seront séparées en trois bâtiments au lieu de deux. L’atelier-boutique sera reconstruit au même emplacement. La grange-étable qui abritait les chèvres angoras et le foin laissera place à deux bâtiments distincts, soit une chèvrerie et un hangar.

Le lancement des travaux marque un nouveau départ pour Annie Pilote, copropriétaire de l’entreprise familiale, après les deux derniers mois qui ont été éprouvants.

Les travaux de reconstruction des installations du Chevrier du Nord de Saint-Fulgence ont été lancés cette semaine, plus de deux mois après l’incendie qui a détruit la grange-étable et l’atelier-boutique de l’élevage de chèvres angoras. Annie Pilote, copropriétaire de l’entreprise, prévoit que les travaux seront terminés au plus tard en novembre.

« C’est une façon d’entrevoir qu’on peut poursuivre sur une bonne voie. C’est la concrétisation, on voit ça en pratique », a-t-elle partagé. Les travaux devraient être terminés au plus tard en novembre.

Des travailleurs des Entreprises Mitshuap, de Mashteuiatsh, s’activaient jeudi autour des fondations de l’atelier-boutique, lors du passage du Quotidien.

Des travailleurs des Entreprises Mitshuap, de Mashteuiatsh, s’activaient jeudi autour des fondations de l’atelier-boutique, qui sont tout ce qui a pu être récupéré à la suite de l’incendie qui a détruit les installations en juin.

Ces fondations sont tout ce qu’il reste de l’incendie qui a ravagé les bâtiments de l’élevage de chèvres angoras l’après-midi du 16 juin. Les flammes ont pris naissance, pour une raison qui demeure inconnue, dans un équipement situé à l’extérieur de la grange-étable.

Les flammes se sont propagées aux épinettes, arbres à noix et arbres ornementaux situés à proximité du bâtiment avant de gagner l’atelier-boutique.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Dix bêtes ont péri dans l’incendie sur la quarantaine que comptait le troupeau. Des mois de production artisanale – manteaux, foulards ou encore tuques fabriqués grâce au mohair, poil fin et soyeux de la chèvre angora – ont été détruits.

Une partie de l’histoire familiale en fumée

C’est aussi une partie de l’histoire familiale qui s’est envolée en fumée avec la grange-étable centenaire qui se trouvait sur les terres achetées par les parents d’Annie Pilote en 1960.

« On n’a plus de traces ici du passé patrimonial de la région », a souligné Annie Pilote, qui a lancé l’élevage de chèvres en 1999 avec son père Camil Pilote et son frère Régis afin de donner une nouvelle vie aux terres familiales.

Son père, âgé de 88 ans, est d’ailleurs toujours actif sur la terre agricole et assure l’entretien mécanique. Vivre cette épreuve en famille les a aidés à aller de l’avant. « On voit la misère de l’un et l’autre, ce qui fait que ça nous donne le courage de poursuivre », a-t-elle exprimé.

Un toit pour l’hiver

« Il y a eu des périodes de découragement, c’est clair, a-t-elle poursuivi. Dans le début, il faut parler rapidement de rebâtir et ça nous ne le disait pas du tout. » Le temps était compté : les chèvres avaient besoin d’un toit en prévision de l’hiver.

La chèvrerie se trouvera à cet emplacement sur les terres familiales de l’entreprise du rang Saint-Joseph, à Saint-Fulgence.

La démolition, le nettoyage du site, la coupe des arbres brûlés et la planification de la reconstruction ont dû se succéder rapidement. La couverture des assurances a permis de financer la reconstruction des bâtiments, lesquels seront davantage fonctionnels.

Depuis l’incendie, les chèvres s’abritent sous deux structures couvertes qui se trouvaient déjà dans le pâturage. Leur toison a permis aux chèvres de bien vivre les variations de température, cet été.

« Là où elles sont plus incommodées, c’est quand il pleut, avec de grandes averses. Elles sont quand même 24 femelles pour deux petites cabanes. Elles ont une hiérarchie et elles ne sont pas toujours toutes les bienvenues dans les cabanes ! », a expliqué Annie Pilote, tout en donnant du foin à ses chèvres qu’elle appelle affectueusement ses « fifilles ».

Le troupeau peut même profiter de la protection d’un âne, dans un enclos voisin, près des boucs. L’animal acheté l’an dernier n’hésite pas à pourchasser les prédateurs ou à se manifester bruyamment quand un coyote s’approche du troupeau. Si bien qu’aucune bête n’a été attaquée cette année.

Cette photo d’archives montre les anciennes installations du Chevrier du Nord.

Réouverture pour les Fêtes

Après la tonte des chèvres, qui aura lieu plus tard qu’à l’habitude cet automne, Annie Pilote espère pouvoir offrir ses premières créations sur sa boutique en ligne pour les Fêtes. Le nouvel atelier-boutique devrait également être accessible au public à ce moment.

« On y va un pas à la fois », a-t-elle souligné, en embrassant du regard le site des travaux.

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VERS DES PIÈCES UNIQUES

La période d’arrêt forcée par l’incendie a été l’occasion pour Annie Pilote, copropriétaire du Chevrier du Nord, de réfléchir à ses créations, qui se tourneront davantage vers les pièces exclusives.

« J’ai vraiment le goût de produire des choses exclusives. Ça fait quand même longtemps que j’ai ce désir-là. Je suis vraiment plus à l’aise de faire ça que de faire des produits de chaîne. »

Elle compte continuer de produire de petites séries de créations vestimentaires. « Mais probablement pas les mêmes qu’avant. Je ne veux pas retourner dans ce passé-là. Ce n’est pas que je n’y étais pas bien, mais je veux aller de l’avant avec d’autres choses. »

La créatrice compte acquérir des équipements différents et s’inspirer de sa formation universitaire en art pour faire évoluer son artisanat. Elle souhaite conserver sa reconnaissance d’Économusée de la lainerie ou encore la faire évoluer selon la transformation de ses pratiques artisanales.