Les chauffeurs de taxi de la région déclenchent une grève illimitée, dès 7h.

Le chauffeurs de taxi en grève dès lundi matin 7h

Les chauffeurs de taxi du Saguenay-Lac-Saint-Jean entreprennent des moyens de pression pour protester contre la déréglementation de leur industrie, prévue par le gouvernement de François Legault. Ils déclenchent une grève illimitée, lundi dès 7h, et manifesteront cet avant-midi.

Réunis dans une assemblée qui a duré plus de deux heures, dimanche, les chauffeurs de taxi du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont décidé d’un plan de match pour faire part de leur mécontentement au ministre des Transports caquiste, François Bonnardel. Ce dernier a affirmé qu’il comptait mettre fin au système des permis de taxi.

«L’industrie est prête pour un long conflit», lance avec détermination Hugo Lapointe, un chauffeur de Chicoutimi qui possède deux permis de taxis acquis au coût de près de 70 000$. Des coups d’éclat sont prévus dès lundi, dans l’ensemble du Québec.

Dans la région, les conducteurs se réuniront à la Zone portuaire de Chicoutimi, un peu avant 9h, et feront une manifestation. «On veut se faire voir», précise Hugo Lapointe.

Une cinquantaine de chauffeurs de taxi ont déjà confirmé leur présence à cet événement qui passera par le boulevard Talbot et qui ira jusqu’au bureau de la députée de Chicoutimi, Andrée Laforest.

Une manifestation est prévue lundi avant-midi.

Pendant la grève, les chauffeurs refuseront de faire toutes les courses régulières. L’industrie du taxi effectuera seulement les déplacements de nature médicale.

Permis

Au coeur de ce conflit se trouve l’enveloppe budgétaire offerte pour indemniser les propriétaires de permis. Le gouvernement Legault a doublé la proposition faite aux chauffeurs par l’ancien gouvernement libéral. Un demi-milliard de dollars est présentement sur la table.

Selon Hugo Lapointe, même s’il est plus généreux, le montant offert par le gouvernement pour mettre fin au système des permis de taxi n’est pas suffisant. Il désavantagerait encore plus ceux qui en ont fait leur métier en région, la distribution de ce 500 millions ne se faisant pas équitablement selon que l’on soit en région ou en dans les grands centres.

Une compensation pour le rachat d’un permis s’approchant de l’équivalent de 1% de sa valeur est proposée aux propriétaires de permis de taxi du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En dehors du fardeau monétaire, cette déréglementation annoncée menace même sa profession.

«Ce n’est pas seulement la question des permis qui est importante. Ce sont nos emplois qui risquent de disparaître», ajoute M. Lapointe, qui se voit exercer cette profession encore pendant une vingtaine d’années.

Une rencontre est prévue avec le gouvernement, mardi. Les chauffeurs de taxi décideront ensuite de la marche à suivre pour les prochains jours de grève.