Des jeunes ont appris à se servir d'une perceuse à percussion ou d'un marteau durant le Défi des recrues.

Le CFP cherche à allumer une étincelle

Le Défi des recrues du Centre de formation professionnelle de Jonquière lance une opération séduction auprès des jeunes étudiants afin de les intéresser aux métiers manuels. Ils espèrent allumer une étincelle dans les yeux de ces jeunes.
Les jeunes élèves ont même pu expérimenter la puissance qui fut à la source de la Révolution industrielle au XIX<sup>e</sup> siècle, avec cette course de bateaux à vapeur.
Environ 1700 jeunes de sixième année et du secondaire I et II sont passés, depuis deux jours, au CFP de la Commission scolaire de La Jonquière (CSJ) afin de se familiariser avec les métiers de la construction, de la plomberie, de l'électricité, de la soudure, du briquetage, du maçonnage et de la cuisine. 
Cette première édition se déroule dans les murs de l'école polyvalente Jonquière. Les jeunes sont invités à participer à une vingtaine de défis leur permettant de toucher à chacune des formations offertes au CFP, sans oublier de petits tests de français.
L'initiative de la commission scolaire et de Compétences Québec se veut un projet pilote qui pourrait éventuellement s'étendre à d'autres commissions scolaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l'ensemble du Québec.
La mise en place de cette activité découle du fait que les dirigeants du CFP savent très bien que les formations collégiales et universitaires ne sont pas faites pour tous les étudiants. 
Devant ce constat, ils ont pris la décision de tenter d'intéresser ces enfants. Et ils s'y prennent assez tôt afin que les élèves puissent se faire une idée avant d'arriver en secondaire IV et V.
« Ce défi ne s'est jamais fait en région. Nous espérons présenter une école qui pourra orienter les jeunes et leur montrer ce qu'est la formation professionnelle. En invitant les jeunes de la sixième année et des deux premières années du secondaire, ça nous permet de leur donner le temps de faire un choix éclairé », explique Martial Verreault, directeur du CFP de Jonquière.
« En leur montrant ce qu'ils pourront apprendre, nous pensons pouvoir attirer des jeunes qui seront tentés par ces métiers. Car il ne faut pas les forcer. Ça prend des passionnés, des étudiants qui vont choisir un métier qu'ils vont aimer, si nous ne voulons pas qu'ils quittent en cours de chemin », reprend M. Verreault.
Tout au long des journées de visite, les jeunes ont pu avoir un avant-goût des métiers enseignés au CFP. Ils ont monté un mur de briques afin de reproduire un personnage et ont notamment touché à la soudure, en fabriquant les initiales de leur prénom et nom de famille. Ils ont utilisé le marteau et la perceuse et eu un avant-goût des métiers rattachés à l'électricité.
« Tout doit se faire en un laps de temps de 10 à 15 minutes. Les écoles se trouvent en compétition entre elles, car les participants veulent réussir et obtenir les meilleurs pointages. Ça met de la vie. »
« Nous pouvons réussir à tenir cette activité grâce à la collaboration du personnel et des étudiants réguliers », soutient M. Verreault.
Il y a déjà eu des formules similaires au Québec. Des olympiades avaient été présentées, mais n'attiraient nécessairement pas l'attention des jeunes étant donné que le tout était présenté dans des stands.
Le Jonquiérois Jean-Rock Gaudreault, directeur général de Compétences Québec, précise que le projet pilote du CFP Jonquière vise à implanter cette idée à d'autres commissions scolaires.
« Ce que nous voulons, c'est de mettre en valeur les métiers enseignés dans les CFP. Nous voulons attirer les jeunes, car les CFP demeurent un secret bien gardé. En les amenant à participer, ça peut davantage les intéresser », précise M. Gaudreault.
être créatif
Autre élément qui amène le CFP de Jonquière à aller de l'avant en invitant les jeunes à découvrir les métiers, c'est que les dirigeants savent très bien qu'il y aura de plus en plus de demandes de la part des entreprises pour le recrutement de personnel.
« Le défi est de planifier la qualification de la main-d'oeuvre. Dans peu de temps, les entreprises vont courir après les CFP pour trouver des travailleurs. Nous ne pouvons attendre à la dernière minute pour préparer la relève. Il faut s'adapter rapidement à la situation », ajoute Martial Verreault.
Carl Dumas, directeur du département de la cuisine, de la boucherie et de la pâtisserie au CFP, croit que l'efficacité des programmes de formation professionnelle réside dans l'importance de permettre aux étudiants d'être impliqués rapidement dans la réalité.
« De notre côté, en alimentation, nous n'arrivons pas à suffire à la demande. Nous cherchons donc à ce que nos élèves puissent toucher à la pratique rapidement. »
« Ils sont mis dans le bain après avoir touché à une partie de la théorie. Nous voulons nous assurer que les jeunes sont à leur place. Ça ne doit pas être agréable de suivre une formation de 1500 heures, de pratiquer et de se rendre compte que ce n'est pas ce que l'on veut », note M. Dumas.
Avec le restaurant La Pomme d'Api, les étudiants vivent en partie la réalité du service à offrir dans les restaurants. 
« C'est pour ça qu'ils sont envoyés rapidement dans le feu de l'action, afin qu'ils vivent le stress de servir plusieurs personnes avec peu de personnel », conclut Carl Dumas.