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Le casse-tête des maisons de soins palliatifs du Lac-Saint-Jean
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Le casse-tête des maisons de soins palliatifs du Lac-Saint-Jean
Dépendantes de subventions gouvernementales et de revenus philanthropiques, les maisons de soins palliatifs du Lac-Saint-Jean ont vu leurs dons chuter, au cours des derniers mois, en raison des restrictions entourant les célébrations funéraires et de l’annulation de la plupart des activités-bénéfices. La prime COVID offerte dans le milieu de la santé et le recrutement de 10 000 préposés aux bénéficiaires par Québec se sont ajoutés aux casse-tête entourant la rémunération et la rétention de la main-d’oeuvre.
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Soli-Can Lac-Saint-Jean Est traversera la tempête

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Soli-Can Lac-Saint-Jean Est traversera la tempête

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La bonne santé financière de Soli-Can Lac-Saint-Jean Est permettra de traverser la crise causée par la pandémie. L’organisme, qui a besoin d’environ 1000 $ de dons quotidiennement, a été privé de milliers de dollars en raison de l’annulation d’activités-bénéfices et de la baisse du nombre de rites funéraires. Les dons en mémoire représentent environ 50 % de dons provenant de la communauté.

L’organisme, qui doit récolter 30 000 $ de dons mensuellement, a observé, depuis la pandémie, des mois où les dons totalisaient à peine 8000 $. La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) permet, en partie, de contrer les pertes.

« On a été très chanceux. Beaucoup de gens ont initié des activités de financement. On a reçu beaucoup d’appels. Des gens ont vendu des masques. Une personne s’est même fait raser les cheveux en échange de dons. Ça nous a permis de rattraper une partie du manque à gagner », explique la directrice générale de l’organisme, Marie-Lyne Fortin, qui n’est guère surprise de la diminution.

Une campagne de financement virtuelle a été lancée en mars afin de pallier les pertes. L’initiative aura permis d’amasser 10 000 $.

« On se maintient. On ne voit pas trop à long terme. On se dit qu’on pourrait relativement bien terminer notre année financière [...] Il n’y aura pas de surplus financiers extravagants, mais on sera en mesure de combler les pertes », indique Mme Fortin.

L’organisme peut, en temps normal, bénéficier de l’apport régulier de près de 150 bénévoles. La pandémie et les mesures visant à limiter sa propagation ont obligé Soli-Can à mettre fin à presque tout le bénévolat. Des employés ont dû se charger de certaines responsabilités, ce qui a causé une hausse des charges salariales.

Néanmoins, la pandémie n’a pas causé la fermeture de l’un des six lits de la maison de soins palliatifs Au jardin de MesAnges. Toutefois, les services de soutien et d’entraide ont dû être interrompus pendant deux mois. Ils ont été revus et sont maintenant offerts à domicile. L’équipe de Soli-Can est en réflexion quant à la reprise des activités de groupe dans une autre formule, en respectant les directives de la Santé publique.

Sans grande surprise, les mesures liées au contrôle de la pandémie de COVID-19 sont à l’origine de dépenses imprévues pour les maisons de soins palliatifs. Une demande de fonds d’urgence a été formulée à l’échelle provinciale, auprès du ministère.

« On est obligés de supporter le volet technique. On n’a pas toujours les équipements, le personnel et les ressources. Nous avons besoin de sous pour nous adapter à cette nouvelle réalité, qui pourrait être là un bon moment », mentionne Marie-Lyne Fortin.

Défi de main-d’oeuvre

L’organisme Soli-Can n’échappe pas aux difficultés de recrutement de la main-d’oeuvre. Tout comme les autres maisons de soins palliatifs, il s’avère difficile de rivaliser avec le réseau de la santé.

« On n’offre pas les conditions du public. C’est difficile de rivaliser pour les conditions de rémunération, mais on offre plus de souplesse dans les horaires. Ça reste quand même 26 $ de l’heure pour les préposées. Des gens seront quand même prêts à accepter des désavantages pour obtenir cette rémunération. Tout le monde a une voiture à payer », souligne la directrice générale de l’organisme, Marie-Lyne Fortin.

La période des vacances s’avère difficile pour la maison de soins palliatifs Au jardin de MesAnges. Des services pourraient être réduits, l’instant de quelques semaines, afin de permettre à tous les employés de se reposer.

Le Havre du Lac-Saint-Jean continue contre vents et marées

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Le Havre du Lac-Saint-Jean continue contre vents et marées

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La maison de soins palliatifs Le Havre du Lac-Saint-Jean a décidé de maintenir les opérations, et ce, malgré une perte de dons qui s’élève, depuis le début de la crise sanitaire, à près de 10 000 $ mensuellement. Les problématiques découlant de la COVID-19 se sont ajoutées à un important rattrapage salarial orchestré au cours de la dernière année.

Le conseil d’administration a réfléchi, au début de l’été, à la possibilité d’interrompre les services pendant la période estivale. En raison de la demande, il a été convenu de poursuivre les opérations.

« Ce qui m’importe, c’est de répondre aux besoins de la communauté, quitte à ne plus être capable un moment donné. Tant qu’on sera capables d’y répondre, on le fera. Là, on est encore capables. L’heure du souper est difficile pour les filles parce qu’il n’y a plus de bénévoles en raison de la COVID [...] On essaie de ramasser des sous et on se croise les doigts pour obtenir la subvention augmentée du gouvernement », indique la directrice générale, Judith Camier, qui demeure tout de même positive.

Au cours de la dernière année, les charges salariales de l’établissement, qui compte une quinzaine d’employés, ont bondi à la suite d’un rattrapage. « Quand la COVID a commencé, on était déjà très précaires. On allait essuyer un déficit plus important que prévu. On avait dû augmenter les salaires pendant l’année, ce qui a augmenté la charge salariale. On ne peut pas se fier qu’à la bonne volonté des gens. Il y a un manque de main-d’oeuvre, surtout pour les préposées aux bénéficiaires et les infirmières auxiliaires [...] Le marché de l’emploi a tellement évolué. On ne peut pas se permettre de les payer 15 $, tandis qu’à côté, ils vont gagner 26 $ », explique Mme Camier.

La maison de soins palliatifs s’est également retrouvée devant la décision d’offrir ou non la prime COVID de quatre dollars l’heure. « Même si on n’accueille pas de cas, ici, on l’a vécu. Les tests avant d’entrer, les petites toux, les problématiques avec les visiteurs. Ça nous a coupés de la moitié de notre mission. On ne s’occupe pas juste des patients ; on s’occupe des familles. On ne pouvait plus le faire. On jouait un peu à la police. La COVID nous a affectés. On a pris la décision de prendre le risque de donner cette prime pour garder notre personnel. On s’entend que trouver du bon personnel pour travailler en soins palliatifs, ce n’est pas toujours évident. Il faut s’occuper de notre monde », souligne Mme Camier, qui se réjouit de compter sur une équipe stable.

La maison de soins palliatifs, qui doit amasser près de 300 000 $ par année dans la communauté, a également dû faire une croix sur une somme de près de 20 000 $ qui aurait été amassée lors d’activités de financement prévues cet été. L’équipe compte mieux organiser le volet financement de la fondation.

La solution passe par la subvention

Comme chaque maison de soins palliatifs, Le Havre du Lac-Saint-Jean reçoit une subvention annuelle de 78 000 $ par lit. La directrice générale est d’avis que la solution aux problèmes financiers passe par une hausse de ce financement.

« C’est de reconnaître que c’est presque quatre fois plus cher d’opérer un lit en soins palliatifs à l’hôpital qu’en maison de soins palliatifs [...] Il y a beaucoup de donateurs qui attendent après le ministère. Ils n’ont pas à compenser les compétences provinciales. La santé, ce n’est pas de compétences municipales. C’est une question de reconnaissance. S’ils nous augmentent, oui, on ira chercher le reste. Ça met trop de pression sur le reste de la communauté », dit Judith Camier, qui affirme qu’il s’agit d’un « service bon marché pour le gouvernement ».

Elle estime les réels besoins de subventions annuelles à 150 000 $ par lit. La demande formulée auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux s’élève à 110 000 $ par lit.

La Maison Colombe-Veilleux toujours en recrutement

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La Maison Colombe-Veilleux toujours en recrutement

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Rouverte depuis près de deux mois, la Maison Colombe-Veilleux de Dolbeau-Mistassini maintient le cap. Les besoins de main-d’oeuvre occupent toujours le conseil d’administration de l’unique maison de soins palliatifs de la MRC de Maria-Chapdelaine, laquelle a dû fermer ses portes pendant cinq mois en raison d’un manque de personnel. À cela s’ajoutent les défis découlant de la COVID-19.

Malgré la reprise des services, l’équipe de la maison de soins palliatifs aurait tout de même besoin de recruter une infirmière et des préposées aux bénéficiaires supplémentaires.

« On tient le phare. Tout le monde est en forme et heureux. Ç’a bien été pour la réouverture. On a réussi à recruter un peu de personnel, assez pour opérer. Mais il ne faut pas que quelqu’un se blesse », résume le président du conseil d’administration, Pierre Hébert.

Le recrutement massif du gouvernement afin de pourvoir des milliers de postes en CHSLD et les conditions offertes en milieu hospitalier ne facilitent en rien les opérations de recrutement de la maison de soins palliatifs, qui avait également fermé ses portes en décembre 2018, faute de personnel.

« C’est une réalité. À Dolbeau-Mistassini, c’est encore plus criant. Les fameuses primes COVID-19 et autres données dans d’autres maisons, ça n’aide pas », mentionne Pierre Hébert.

Le président du conseil d’administration n’exclut pas la possibilité de bonifier l’échelle salariale, qui offre déjà une rémunération figurant parmi les plus élevées.

Fermée le 4 mars, la Maison Colombe-Veilleux a rouvert ses portes en pleine pandémie. L’établissement, qui offre habituellement trois places, a pris la décision de limiter les opérations à deux lits, en raison des différentes mesures visant à limiter la transmission de la COVID-19.

Revenus à la baisse

L’actuelle pandémie fait mal aux liquidités de la maison de soins palliatifs. Des dépenses s’ajoutent; les revenus diminuent. Pierre Hébert indique qu’il s’agit d’un autre élément préoccupant.

La Fondation de la Maison Colombe-Veilleux a été forcée d’annuler l’Omnium Joan Pelchat. L’événement permet d’amasser, année après année, environ 60 000 $. Le reste du financement découle des dons faits dans les salons funéraires, lesquels ont grandement diminué au cours des derniers mois.

Le président du conseil d’administration de la Maison Colombe-Veilleux s’attend à des appuis, cet automne, grâce au travail de l’Alliance des Maisons de soins palliatifs du Québec. « S’il ne se passe rien, la forme actuelle des maisons de soins palliatifs telle que nous les connaissons ne sera plus suffisante. Il pourrait y avoir des fermetures », conclut Pierre Hébert.