François Olivier Hébert est chercheur à l’Université Laval.

Le cannabis médical démystifié

Comment fait-on pour réintégrer le cannabis dans nos cultures, après des années d’interdiction ? Qu’est-ce qui fait que l’être humain réagit à la plante ? Comment cette ressource peut-elle amener des bienfaits en santé publique ? À quelques jours de la légalisation officielle, rarement le sujet aura été autant d’actualité. Et pour répondre aux questions qui se trouvent sur toutes les lèvres, François Olivier Hébert, chercheur à l’Université Laval, livrera une conférence, samedi, au Côté-Cour de Jonquière.

Pendant plus de deux heures, le spécialiste de l’Association québécoise des intervenants en cannabis médical (AQICM) parlera de la plante, de son histoire, de ses propriétés et de ses applications, en plus de répondre aux questions de l’auditoire. La conférence s’intitule « Considérations biologiques fondamentales et bases moléculaires de l’interaction physiologique entre la plante de cannabis et l’humain ». Spécialisé en biologie, François Olivier Hébert s’intéresse à la plante de façon sérieuse depuis 2011.

« Dès la première publication du génome du cannabis, je me suis aperçu de toute la complexité de la plante. C’est une plante fascinante », fait valoir celui qui promet d’amener son sujet de façon artistique, théorique et scientifique, en utilisant une pléiade d’exemples.

« Le cannabis sativa coévolue avec les sociétés humaines depuis maintenant plus de 12 000 ans. L’ampleur de sa complexité biochimique n’a d’égale que la confusion et la disparité d’opinions qu’elle sème dans l’opinion publique. Dans un contexte de légalisation récréative imminente à l’échelle du Canada, comment peut-on utiliser les ressources et données scientifiques actuellement disponibles pour procéder à une utilisation adéquate et rationnelle de cette substance ? », peut-on lire en guise de résumé de la conférence sur la page Facebook de l’AQICM.

Appuyé d’éléments scientifiques, le conférencier parlera des diverses façons d’intervenir auprès des patients qui aimeraient en faire usage.

« Je vous propose une réflexion informée portant sur différents aspects positifs et négatifs liés à l’utilisation du cannabis à des fins médicales dans le but de déboulonner les mythes et d’identifier les fondements de la recherche scientifique de demain », explique-t-il.

Mieux comprendre

Après la conférence, le consultant scientifique estime que l’auditoire aura une meilleure compréhension des données biologiques de base concernant les traits d’histoire de vie du cannabis et des raisons pour lesquelles l’humain interagit avec les composés actifs. Les personnes qui auront assisté à la présentation pourront aussi faire la distinction entre les types de produits dérivés et leurs caractéristiques, reconnaître et évaluer en quoi le cannabis peut aider certains individus et prévenir les dosages élevés en ingestion. Les détenteurs de billet sauront aussi faire la différence entre le cannabis à usage médicinal et celui à usage récréatif.

Comme le fait valoir François Olivier Hébert, il y aura toujours des gens en faveur de la légalisation du cannabis et d’autres contre. Par l’entremise d’un langage intelligible et grâce à l’utilisation d’exemples cliniques concrets vulgarisés, le conférencier veut ramener deux polarités en un centre plus nuancé.

Tous les fonds recueillis serviront à AQICM et à l’Institut national du cannabis pour offrir un encadrement et un service de consultation gratuit aux organismes et aux patients en réduction des méfaits et en prévention. Les intéressés peuvent visiter la page Facebook de l’AQICM.

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TRANSPORTER DE LA MARIJUANA SERA AUTORISÉ SUR LES VOLS INTÉRIEURS

Les Canadiens pourront bientôt transporter jusqu’à 30 grammes de cannabis dans leurs bagages, à main ou en soute, à bord des avions sur les vols intérieurs, avec la légalisation prochaine de cette drogue douce, a annoncé jeudi le gouvernement.

«À partir du 17 octobre 2018, les passagers pourront transporter une quantité légale de cannabis, soit 30 grammes, dans leurs bagages placés en cabine ou en soute, s’ils voyagent sur un vol intérieur», a dit à l’AFP Delphine Denis, porte-parole du ministre des Transports, Marc Garneau.

La possession de cannabis à bord de vols internationaux restera illégale, même à destination d’États américains ayant légalisé l’usage récréatif de la marijuana.

Les contrevenants s’exposeraient à «de lourdes sanctions pénales», a souligné Mme Denis, la vente et la consommation de cannabis étant interdites par la loi fédérale américaine.

Fumer à bord des avions restera aussi interdit.

Le ministère des Transports installe actuellement une nouvelle signalisation informant les voyageurs des règles applicables dans les aéroports, les gares ferroviaires et maritimes, et le long des autoroutes menant aux États-Unis. 

Agence France-Presse