Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, pose devant l’un des terrains appartenant à la municipalité qui pourraient accueillir des serres de cannabis.

Le cannabis dans la mire de Desbiens

Desbiens veut accueillir les premières serres de cannabis au Saguenay–Lac-Saint-Jean et une usine de transformation. La municipalité serait d’ailleurs l’une des mieux positionnées au Québec pour recevoir de telles installations.

C’est ce qui ressort d’une étude exploratoire réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, pour le compte de la localité jeannoise. À quelques semaines d’une imminente légalisation, Desbiens tient à prendre publiquement la position de tête dans l’économie du cannabis récréatif et médicinal. En conférence de presse, le maire Nicolas Martel a dévoilé les grandes lignes du rapport et les résultats des premières discussions tenues avec des promoteurs intéressés.

«  Desbiens a tout ce qu’il faut. On offre même plus de superficies que ce que les autres projets ont en ce moment ailleurs au Québec. Les promoteurs ont bien vu ça  », a insisté le maire Nicolas Martel. Ce dernier fait référence à un immense terrain zoné agricole situé en face du lac Saint-Jean. Des terres qui peuvent accueillir de futures serres. Un autre terrain zoné commercial, sur lequel peut être aménagée une usine de transformation, se trouve devant les champs. Avec la voie ferrée et la ligne de gaz naturel qui passent directement sur le site, de même que la facilité d’approvisionnement en eau, les terrains appartenant à la municipalité offrent tout ce que les promoteurs recherchent.

«  Il y a déjà eu une visite, et une autre est prévue dans les prochaines semaines. Ce sont des gens occupés. Si les lieux n’avaient pas convenu, ils l’auraient dit d’emblée. Desbiens est vraiment l’une des villes les mieux structurées pour accueillir un tel projet  », a ajouté Éric Dufour, qui a mené l’étude exploratoire.

En plus du site offert par Desbiens, le contexte est également favorable à l’implantation de serres de cannabis au pays. La capacité des principaux producteurs du Canada frôle les 50 000 kilos, alors que les prévisions annoncent une consommation de 400 000 à 600 000 kilos. On compte près de 11 millions de consommateurs au pays, dont 1,4 au Québec. Desbiens a investi 20 000 $ dans cette première étude, et un autre mandat vient d’être donné à la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour la réalisation d’une étude de faisabilité.

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UN DIRECTEUR D'ÉCOLE QUI CHERCHE DES PRODUCTEURS DE POT

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, s’est trouvé entre l’arbre et l’écorce pendant plusieurs mois. Intéressé à l’industrie du cannabis pour dynamiser son milieu, celui qui est aussi directeur d’école était également préoccupé par les conséquences de la consommation chez les jeunes. «  Lorsqu’on a annoncé la légalisation du cannabis, je n’étais pas trop chaud à l’idée. Le développement du jeune peut être affecté par la consommation de cette substance. C’est prouvé. Je me suis questionné longtemps à ce sujet  », a admis le maire et directeur d’une polyvalente. 

Nicolas Martel a préféré tirer des revenus pour sa municipalité. De l’argent qui pourra servir à sensibiliser les jeunes de sa communauté, propose le maire.

«  Je ne peux pas changer la volonté du gouvernement fédéral. J’aime donc mieux tirer des avantages pour la municipalité et avoir des sous pour créer un fonds destiné aux jeunes  », a exprimé M. Martel.