Le C.A. n'avait aucune influence, croit Carolle Dallaire

La candidate défaite aux élections municipales dans le district #15, Carolle Dallaire, a siégé pendant près de trois ans au conseil d’administration de Promotion Saguenay avant de se lancer dans l’arène politique. Elle estime que des membres du C.A. ont été manipulés par la haute direction de la société de développement économique et que certains d’entre eux avaient une confiance aveugle en Ghislain Harvey et les procureurs qui représentaient l’organisme.

Invitée à commenter le raz-de-marée provoqué par le dévoilement du contrat de l’ex-PDG, Carolle Dallaire s’est exprimée sans retenue au sujet du scandale qui secoue présentement l’organisme paramunicipal. Elle confirme que les membres du C.A. n’avaient aucune influence sur les destinées de Promotion Saguenay et étaient tenus complètement à l’écart de la prise de décisions, une prérogative du comité exécutif. La femme d’affaires, bien connue pour son implication dans l’industrie du taxi à La Baie, explique que lorsqu’elle a été approchée pour siéger, elle s’est sentie flattée et y voyait un élément de prestige.

« C’était un beau fleuron. J’ai été nommée en même temps que des gens très respectables du domaine des affaires. Je pensais que j’apprendrais des choses avec ces gens-là [...]. J’ai assisté à une dizaine de réunions. C’était toujours assez vague. Je n’avais pas l’impression que je changeais grand-chose, mais il y a avait des employés de longue date qui étaient là et on avait des documents bien préparés. Dans ce temps-là on se dit fais confiance », confie Carolle Dallaire, qui voyait aussi son association à Promotion Saguenay comme l’occasion de garnir son réseau de contacts. 

La patronne de Taxi 2151 n’avait aucune idée de ce qui se passait en haut lieu à l’époque où elle était administratrice. Tout juste de retour de vacances, elle a pris connaissance des événements des derniers jours et s’est retrouvée avec un goût amer en bouche. Ce sentiment a été exacerbé par le fait que pendant une bonne partie de la campagne électorale, elle a été associée au Parti des citoyens de Saguenay (PCS), fondé par l’ex-maire Jean Tremblay, mais dirigé en coulisses par Ghislain Harvey.

« Il y a beaucoup de choses qui me surprennent. Est-ce Ghislain Harvey qui était manipulateur à ce point ? Avait-il vraiment besoin d’une indemnité de départ de 425 000 $ ? Des gens vont travailler au salaire minimum toute leur vie et ne gagneront jamais ça. Tout ce que ce monde-là a fait pour la ville est maintenant terni. Je pense que M. Tremblay est celui qui est le plus perdant là-dedans », poursuit Carolle Dallaire, qui se dit surprise du mutisme de l’ancien maire.

Confiance aveugle

Au sujet du préfet Gérald Savard, qui a signé le contrat du PDG de Promotion Saguenay en sa capacité de vice-président, Carolle Dallaire met les choses en perspective. 

« Vous savez, quand un avocat de la trempe de Pierre Mazurette te présente un document, tu acquiesces. Est-ce que ça va ruiner la carrière de M. Savard ? Je ne sais pas. Mais je pense que tout le monde n’était pas au courant de ce qui se passait vraiment », enchaîne la femme d’affaires. 

Si elle convient que le scandale au centre duquel se trouve Ghislain Harvey a un impact sur tous ceux et celles qui gravitent ou qui ont gravité autour de Promotion Saguenay, dont plusieurs employés qualifiés, Carolle Dallaire dort sur ses deux oreilles.

« Moi, j’ai l’esprit tranquille. Je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai rien signé quand je siégeais qui pourrait mettre mon intégrité en cause », martèle-t-elle.

L’ex-candidate aux élections municipales à La Baie Carolle Dallaire a siégé au conseil d’administration de Promotion Saguenay pendant trois ans. Elle convient que le grand C.A. ne prenait aucune décision et que tout était décidé en haut lieu.

La défaite dure à avaler

Lorsqu’elle a perdu les élections du 5 novembre aux mains de son adversaire Martin Harvey, Carolle Dallaire est tombée de haut. Près d’un mois plus tard, elle se dit toujours secouée par la tournure des événements et confie qu’elle a du mal à accepter le verdict populaire.

En cours de campagne, Carolle Dallaire a quitté le PCS puisqu’elle n’endossait pas le choix de Dominic Gagnon comme chef et parce que ses concitoyens lui disaient qu’ils ne voulaient pas du parti. Cette décision n’a pas été sans conséquence, elle qui s’est retrouvée soudainement sans machine électorale.

«Quand tout ce que tu as à faire, c’est approuver des montages et que tu te retrouves soudainement à écrire des textes et que ce n’est pas ta spécialité, ce n’est pas évident», poursuit celle qui a sincèrement cru qu’elle avait «quitté le navire à temps».

Même si Ghislain Harvey lui a dit qu’il ne lui pardonnerait jamais sa décision de partir et qu’elle irait «en enfer pour ça», Carolle Dallaire se sentait en paix avec sa décision.

L’ex-candidate croit que l’on assiste à l’émergence de la pointe de l’iceberg dans le dossier de Promotion Saguenay et affirme qu’elle ne sera pas surprise si d’autres éléments font surface. Elle n’écarte pas la possibilité de briguer les suffrages au provincial l’an prochain, mais se donne le temps d’y réfléchir.