Le budget suscite de grands espoirs pour les élus jeannois

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, déposera mardi son budget 2020-2021 et les maires des villes de Dolbeau-Mistassini, Roberval et Saint-Félicien espèrent que les prévisions budgétaires du gouvernement caquiste leur seront favorables.

À Dolbeau-Mistassini, le maire Pascal Cloutier espère des annonces qui faciliteront des projets déjà déposés.

« On attend des annonces d’investissements de la part du gouvernement dans le dossier du gaz naturel, car notre dossier a été étudié et chiffré. On espère avoir un signal du gouvernement dans leur budget. (…) En ce qui concerne la revitalisation des centres-villes, ça fait longtemps que l’on a un projet qui a été déposé et qui peut être planifié. Ça serait une bonne nouvelle pour nous autres si le budget incluait de telles annonces. »

Le maire ne cache pas non plus que certaines mesures économiques devront être prises afin d’alléger le fardeau fiscal des contribuables dolmissois. « Il y a eu une bonification auprès des municipalités qui a été faite via la taxe d’accise, mais il en faudra plus si on veut faire un rattrapage dans nos infrastructures comme pour les rues ou le système de traitement d’eau. Il y a encore des enjeux et on verra les annonces qui seront faites, car de plus en plus, les municipalités se font donner de nouvelles responsabilités, mais souvent l’argent ne suit pas, comme dans le cas des compteurs d’eau. »

En santé, Pascal Cloutier souhaite que le budget 2020-2021 répare certaines mesures adoptées par l’ancien gouvernement libéral. « En santé, on sait qu’il y a eu l’annonce du bloc opératoire, mais on espère vraiment que des investissements se feront afin de maintenir nos services de proximité. Il y a un défi de main-d’oeuvre, mais il y a aussi un défi budgétaire, pour défaire ce que l’ancien ministre Barrette avait fait. On avait perdu beaucoup de services en région. »

Celui qui assume le rôle de président d’Alliance forêt boréale réclame aussi le maintien du crédit d’impôt à l’investissement dans le milieu forestier. « On réclame depuis longtemps une modification du régime forestier, surtout que l’avenir du crédit d’impôt à l’investissement semble incertain. C’est un point important, car si les entreprises investissent, c’est grâce à ce crédit d’impôt. Il faut absolument que cette mesure soit maintenue afin de stimuler l’économie forestière. »

Roberval

Quant au maire de Roberval, Sabin Côté se dit en faveur des axes ciblés par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

« On va un peu dans la même direction que l’UMQ, c’est-à-dire les quatre dimensions qu’elle veut travailler : des orientations sur les changements climatiques, le transport collectif, le développement économique et les partenariats. »

En entrevue avec Le Quotidien, le maire Côté n’a pas caché ses inquiétudes en ce qui a trait à l’usage du Fonds vert.

« L’affaire qui nous chicote est l’usage du Fonds vert et sa révision. Il faut que le Fonds vert serve pour des actions pour lutter contre les changements climatiques. Une des mesures que l’on aurait souhaitée serait pour l’industrie forestière en donnant de l’argent du Fonds vert pour investir massivement dans le reboisement. Le Forestier en chef a clairement établi que les capacités de reboisement sont supérieures aux actions qui sont posées présentement. »

Il aimerait aussi davantage d’investissements dans le transport collectif et pour l’électrification des transports. « On a un bel exemple avec Accès transport, car ça va bien. Par contre, ça reste encore un financement qui provient en bonne partie des municipalités. Pour la MRC du Domaine-du-Roy, c’est environ 150 000 $ de décaissement que cela nous coûte, la mise en place du transport collectif. (…) Il faut aider davantage dans le déploiement de l’électrification du transport. À Roberval, on a des bornes lentes à la mairie et des bornes rapides à l’aréna. Bientôt, ça va en prendre dans les hôtels, au centre d’achats (…). Il faut subventionner les bornes, car il n’y en a pas assez. »

Pour aider aux problèmes de pénurie de main-d’oeuvre, le maire Côté croit à la migration régionale. « Avec quelques incitatifs, c’est plus facile pour une personne de choisir notre région et de s’intégrer. Il faut donc investir dans la régionalisation de la main-d’oeuvre et dans des programmes de crédits d’impôt pour les personnes âgées qui veulent rester à l’emploi. C’est essentiel que le gouvernement propose ça rapidement. »

Saint-Félicien

À l’instar de son homologue dolmissois, le maire de Saint-Félicien, Luc Gibbons, croit que le financement des infrastructures municipales et la revitalisation des centres-villes sont deux enjeux qui devraient être priorisés dans le prochain budget.

« La Ville dispose d’un grand territoire avec un vaste réseau routier. C’est clair que nous devons avoir des programmes de subventions très généreux pour permettre d’entretenir notre réseau routier afin de garder la qualité et la sécurité des utilisateurs. (…) Il y a plusieurs centres-villes dans des municipalités comme la nôtre qui ont besoin de rafraîchir et de ramener la population dans leur centre-ville. Il nous faut absolument des programmes pour densifier et faire de nouvelles constructions. »

De plus, le maire Gibbons soutient que des programmes de main-d’oeuvre pourraient faciliter l’hébergement des travailleurs. « C’est un secret pour personne, il faut appuyer toutes les initiatives de logements pour accueillir la main-d’oeuvre et les nouveaux arrivants. »