Le président de la commission des finances de Saguenay, Michel Potvin, est catégorique. Pas question de toucher au budget 2019.

Le budget ne changera pas

Le président de la commission des finances de Saguenay est catégorique. Bien qu’un comité ait été formé, il n’est pas question pour Michel Potvin de changer quoi que ce soit au budget adopté ou de moduler à la baisse le taux de taxation foncière des citoyens de Laterrière.

« On est très étonnés des propos de Mme Virginie Hallahan Pilotte comme quoi le premier objectif des représentants de Laterrière au comité est de revoir le budget 2019 en détail. La première chose qu’il faut régler, c’est que le budget de cette année et le taux de taxation ont été adoptés à l’unanimité et nous ne les réviserons pas », a-t-il débuté. Rappelons que les élus ont accepté lors du dernier conseil municipal de former un comité avec quatre conseillers et quatre citoyens de Laterrière, le secteur du conseiller Potvin. Quelques centaines de Laterrois s’étaient déplacés pour l’occasion, après s’être fédérés à l’initiative de Mme Pilote. La première rencontre est prévue en février.

Michel Potvin tue aussi dans l’œuf l’idée d’avoir un taux de taxe foncière différent à Laterrière.

« Le décret des fusions municipales du 27 juin 2001 est clair, la Ville ne peut pas fixer des taux de taxes différents selon les parties du territoire municipal. Même si on voulait, on ne pourrait pas », a-t-il juré.

Cette interprétation a été confirmée par Pierre-Luc Lévesque, relationniste au ministère des Affaires municipales. « Les seules exceptions sont la taxe spéciale pour le remboursement de travaux pour les personnes d’un seul secteur, l’harmonisation des taux des ex-municipalités qui ont fusionné et le régime des taux variés selon les catégories d’immeubles prévues aux articles 244.29 et suivants de la Loi sur la fiscalité municipale. Ainsi, hormis les exceptions citées ci-dessus, les lois municipales ne permettent pas des taux de la taxe foncière générale qui varient d’un secteur à l’autre. Toutefois, une municipalité pourrait aussi utiliser la tarification, afin de réduire la taxe à facturer sur la valeur foncière », a-t-il précisé par courriel.

Pour l’instant, le taux de taxe foncière oscille autour de 1,11 $, 1,12 $ partout à Saguenay. « Il reste des millièmes de différence à cause des petites dettes des anciennes villes. Là, le taux est harmonisé », a-t-il poursuivi, rappelant que le processus d’harmonisation avait été ralenti sous l’ère Jean Tremblay.

Une certaine confusion avait suivi le dépôt du budget, alors que la hausse avait été présentée comme plus élevée à Laterrière. Michel Potvin avait déjà admis dans ces pages que le tout avait été mal annoncé. Grosso modo, la hausse du 100 $ d’évaluation était de 7 à 8 sous partout sur le territoire, passant d’environ 1,04 $ à 1,11 $ et 1,12 $. Cette hausse du taux était donc d’environ 7,5 %. C’est la baisse généralisée de l’évaluation qui avait ramené la hausse moyenne à 3,9 % du compte de taxes (la hausse de la taxe foncière appliquée à la hausse de l’évaluation). Dans le cas de Laterrière, l’évaluation moyenne avait plutôt augmenté de 0,8 %, passant pour une maison moyenne de 241 384 $ à 243 327 $. Ainsi, avec la tarification aqueduc-égouts-vidanges qui est demeurée stable, la hausse moyenne du compte de taxes à Laterrière était donc de 6,9 %.

Le panier de services

Quant au comité de Laterrière, Michel Potvin se dit prêt à écouter les suggestions. « Quand on rencontre des gens, il y a des bonnes idées auxquelles on n’avait pas pensé », a-t-il dit. Par contre, il est prêt à apporter des correctifs. « Pour l’amélioration des services, on est conscients que de la surveillance policière, il en manque dans les périphéries. Il y a des agencements qu’on peut faire, on peut améliorer la qualité de vie. Quand on parle de qualité de vie, c’est diminuer la vitesse, asphalter l’accotement, améliorer plus rapidement la qualité de la structure des rangs », a-t-il énuméré.

Cependant, dans une optique plus large, Michel Potvin se dit prêt à ouvrir un débat sur la capacité de payer de Saguenay, sur la fourchette de ce qui est offert et de ce que les citoyens veulent payer. « Maintenant, on s’engage à ne pas dépasser l’évaluation. On comprend que les gens sont tannés de payer des taxes. Vous ne voulez pas en payer des taxes ? Ok, sauf que je vais m’attaquer au panier de services. (...) Dans le panier de services, il y a le Mont-Fortin, la pêche blanche, le parc de la Rivière-du-Moulin où on met des centaines de milliers de dollars. Aussi, les loisirs et la culture, on met 25 M$, on finance la piscine du Cégep de Chicoutimi par exemple. Est-ce que c’est de nos affaires ? On va se poser la question. Même chose à La Baie où on paie des heures de piscine pour les citoyens. Moi, je vais tout regarder, mais si les gens veulent tout faire, c’est sûr que je ne peux pas faire de miracles. Pour moi, la principale fonction d’une ville, c’est le déneigement, les aqueducs, les égouts, l’entretien des routes. À mon avis, depuis 15 ans, on a tout fait sauf ça. On s’est éparpillés dans les dons et subventions, à coups de 10 000 et 100 000 $. C’est sûr que ça aide à se faire réélire et qu’on ne mange pas des tas de bêtises comme actuellement », a-t-il énoncé. Il est même disposé à inclure dans la réflexion, des projets comme la place Nikitoutagan ou la bibliothèque à La Baie qui sont sur la table, mais dont les budgets sont prévus pour 2020 et non 2019.

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APPUI UNANIME À L'AMPHITHÉÂTRE

Les six conseillers de Chicoutimi sont unanimes : ils appuient le projet de l’Amphithéâtre+, même s’ils reconnaissent qu’un pas de recul a été fait en élargissant la consultation à la vocation de la zone ferroviaire.

Les élus ont profité d’une séance du conseil d’arrondissement pour joindre leur voix à celle de leur collègue, Marc Pettersen, qui était allé d’une sortie sur Facebook, puis dans les médias, la semaine dernière.

C’est ce dernier qui s’est d’abord exprimé, avant d’être appuyé à tour de rôle. Seule Brigitte Bergeron n’a pas pris la parole. Selon le conseiller de Chicoutimi-Nord, ne rien faire coûterait plus cher, en parlant du projet de 80 M$ qui serait financé au tiers par Saguenay.

Le président de l’arrondissement, Michel Tremblay, a dit que son appui n’était nullement entaché par le fait que c’est lui qui avait présenté la résolution élargissant la consultation. « Je reste convaincu que c’était le plus beau projet pour Chicoutimi et pour la région au complet. Si les gens veulent un amphithéâtre, on va le pousser encore plus », a-t-il assuré. 

Peu présent dans les médias jusqu’à maintenant, Marc Bouchard a joint sa voix. « J’ai toujours appuyé le projet dans sa totalité. Je suis encore pour et je vais toujours travailler pour ce projet-là », a-t-il dit.

Ils ont cependant déploré que certains de leurs collègues de Jonquière avaient semblé se réjouir du recul de Josée Néron. « Il y en a qui sont allergiques à la glace et qui ont dit que même gratis, ils n’en voulaient pas », a critiqué Michel Tremblay.