La rectrice Nicole Bouchard entend se battre afin de récupérer la somme de 4,2M$ .

Le budget de l’UQAC amputé de 4,2 M$

Le budget de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) est amputé de 4,2 M$. La presque totalité des enveloppes destinées aux universités régionales qui lui étaient accordées a été abolie avec les nouvelles règles budgétaires publiées en juillet dernier par le gouvernement libéral.

La rectrice Nicole Bouchard n’accepte pas la décision dont elle a pu mesurer l’impact au cours des derniers jours. L’UQAC est l’université la plus touchée par cette coupe. Le manque à gagner est déjà effectif et a des impacts majeurs pour le budget 2019-2020.

« Les règles budgétaires ont été annoncées en juillet, mais on n’avait pas de chiffres. On vient de les obtenir pour chaque établissement. Pour nous, 4,2 M$, c’est la quasi-totalité de ce qu’on recevait pour le développement régional. Il nous reste une très petite portion, presque négligeable », dénonce celle qui estime que cette décision menace le développement de l’établissement.

Les enveloppes avaient été mises en place en 1999-2000 afin de compenser le surcoût d’enseignement des universités en région dû à leur petite taille, de même qu’à soutenir leur rôle régional. Le soutien permettait notamment de financer les coûts additionnels engendrés par les frais de transport lors de déplacements administratifs vers les grands centres, ainsi que pour les partenariats en région.

« On a mis sur place des partenariats et on voit disparaître ces enveloppes. En nous en privant, on porte atteinte à notre mission de développement des communautés. On porte atteinte au cœur des universités. On nous donne de plus en plus le mandat de stimuler le développement des régions. C’est une de nos trois missions. On reçoit des demandes et les attentes sont énormes. Ces enveloppes devraient plutôt être bonifiées puisqu’on nous en demande plus. Je ne ferai jamais plus avec moins. Ça prend plus pour faire plus », insiste-t-elle.

Nicole Bouchard écarte la possibilité d’imposer des coupes financières à l’organisation. « De telles actions replongeraient notre organisation dans un climat d’austérité qui aurait des répercussions. Nous n’irons pas là. On ne perdra pas cette bataille. On ne reculera pas. »

La rectrice a déjà interpellé le nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. « La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un nouveau gouvernement et que dès le premier contact avec le responsable du bureau du ministre, on a senti énormément d’ouverture, une main tendue. »

Une rencontre avec le ministre Roberge est prévue avant le congé des Fêtes.

« Nous avons bon espoir que cette situation se verra régularisée dans les meilleurs délais et soyez assurés que, dans le cas contraire, nous verrons à tout mettre en œuvre pour corriger cette anomalie dans la mise en place de la nouvelle formule de financement. »

L’UQAC voit son budget amputé de 4,2M$.

Réactions

Sylvain Gaudreault juge l’abolition des enveloppes destinées aux universités en région complètement inacceptable. Le député de Jonquière à l’Assemblée nationale affirme que le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur doit rapidement corriger le tir.

« Le ministre doit tout de suite annoncer qu’il va corriger cette décision inqualifiable des libéraux et il faut que ce soit confirmé dans la mise à jour budgétaire du ministre des Finances Éric Girard la semaine prochaine. Ils ont une belle occasion à saisir. »