Le budget 2020 de Saguenay rejeté

Les 11 conseillers indépendants de Saguenay ont rejeté le budget 2020 présenté par la mairesse Josée Néron et le président de la Commission des finances, Michel Potvin. Seuls les trois membres de l’Équipe du Renouveau démocratique (ERD) ont voté en faveur. C’est au niveau de la dette, trop élevée aux yeux de plusieurs conseillers, que le bât blesse. Ils devront donc se rasseoir et s’entendre d’ici le 31 décembre.

Le rejet n’a pas été une grande surprise, mercredi midi, puisqu’en matinée, les indépendants ne s’étaient pas présentés à la plénière prévue au cabinet de la mairesse. Ils s’étaient plutôt rassemblés au sous-sol du restaurant Mike’s de la rue Racine pour discuter du dépôt du budget. Une situation déplorée par la mairesse et M. Potvin lors du huis clos avec les journalistes. Ils se sont dits déçus par la situation après «tant d’efforts et de concertation». Ils rappellent qu’au cours de la dernière année, 27 rencontres ont été tenues et deux séances ont eu lieu avec les arrondissements concernant le budget.

Le 9 décembre, selon la loi, les documents du budget et du plan triennal d’investissements ont été déposés pour consultation. Seuls Kevin Armstrong, Julie Dufour et Simon-Olivier Côté se sont prévalus de leur droit.

«Ils ont joué la technique de la chaise vide; ils ne se sont pas présentés. J’ai parlé hier (mardi) à plusieurs conseillers qui devaient être là. J’étais prêt à répondre aux questions, mais je ne peux pas répondre à une chaise vide», s’est désolé M. Potvin, en parlant du «parti des indépendants». 

Le ton était donc donné pour le rejet du budget, qui a eu lieu quelques heures plus tard, lors de la séance du conseil. Une première depuis la fusion.

Après la présentation du budget, plusieurs conseillers ont pris la parole pour dénoncer principalement la dette trop élevée, qui serait passée de 347 millions $ à 377 millions $ au cours de la prochaine année, une hausse de 40 millions $. Certains sont même allés jusqu’à dire que la hausse des taxes aurait dû être plus élevée. 

Le budget

Josée Néron et Michel Potvin ont présenté un budget équilibré de 358,8 millions $, une hausse de 9,5 millions $ comparativement au précédent. 

Lors du huis clos avec les journalistes, Mme Néron avait présenté son troisième exercice financier comme étant «tourné vers l’avenir» et construit «sur des bases financières solides pour redresser la structure financière et assurer la prospérité de Saguenay à long terme».

Il prévoyait une hausse du compte de taxes de 1,9%, donc 53$ pour une maison moyenne évaluée à 204 281$. Ce montant représente 1,14$ du 100$ d’évaluation, sauf pour Shipshaw, où le montant monte à 1,15$ en raison de l’ancienne dette de la municipalité. Au cours des deux dernières années, la hausse du compte de taxes avait atteint 4,1% et 3,9%. 

Pour les propriétés commerciales, le taux de taxes prévu était de 3,16$, une hausse de 2,3%. Pour les industries, le montant restait le même, soit 4,04$ du 100$ d’évaluation.

Pour les services comme l’eau, les eaux usées et les matières résidentielles, la tarification était gelée à 150$ pour chacun des services. 

Dans le budget, un montant de 18 millions $ était prévu pour la réfection du réseau routier.

Au printemps dernier, le conseil de ville avait exigé à la direction générale de couper 5,2 millions $, mais l’effort budgétaire a finalement atteint 3 millions $.

Dette

Selon les chiffres présentés par Mme Néron et M. Potvin, 48 millions $ auraient été réservés au remboursement de la dette, dont la hausse estimée était de 40 millions $ par année. 

Le président de la Commission des finances a prévu qu’au cours des cinq prochaines années, sur 200 millions $ de plus à la dette, 160 millions $ auraient été consacrés aux infrastructures comme l’eau, les égouts, l’achat de camions et les bâtiments. 

«Quarante-huit millions $ étaient réservés pour les grands projets, donc la hausse de la dette ne leur était pas attribuable. La grande majorité de la croissance de la dette est due au retard des infrastructures», a précisé M. Potvin.

Plan triennal

Josée Néron a également présenté le Plan triennal d’immobilisations 2020, totalisant 201,8 millions $. De ce nombre, 119,8 millions $ devaient provenir du financement par emprunt et 82 millions $ de subventions et autres sources de financement. 

Plus précisément, 145,7 millions $ étaient destinés aux affaires courantes, dont 57,5 millions $ en subventions, et 56,1 millions $ aux projets structurants (24,5 millions $ de subventions).

Le pont de Sainte-Anne, le centre multisport de Jonquière, la place Nikitoutagan, le terrain de la Consol, l’autogare, le centre multifonctionnel et le pavillon de l’Agriculture font partie des projets structurants qui étaient inclus dans le plan triennal

«C’est là où on peut se positionner et se différencier. C’est ce qui fait que c’est agréable de vivre ici», avait mentionné Mme Néron.