Me Julien Boulianne souhaitait une peine de six mois de prison pour son client, mais le juge a imposé une sentence de neuf mois à Robin Perron.

Le «bon monsieur», multirécidiviste de l'alcool au volant, en prison

Robin Perron est qualifié de « bon monsieur » par le tribunal, mais cela ne l'a pas empêché de se voir imposer une peine de neuf mois de détention, car il est un multirécidiviste de l'alcool au volant. 
L'homme d'une soixantaine d'années a reçu sa sentence, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. L'individu savait à quoi s'attendre, car il est arrivé avec son sac de vêtements.
Le client de Me Julien Boulianne a été impliqué dans un accident matériel le 8 octobre 2016. Lors d'une pluie torrentielle, l'individu a omis d'effectuer un arrêt obligatoire et a frappé un autre véhicule.
À leur arrivée, les policiers ont remarqué une odeur d'alcool et ont utilisé l'appareil de détection d'alcool (ADA), qui a indiqué échec (fail). L'homme a ensuite soufflé un taux d'alcool de .145. 
Au moment de rendre la sentence, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, s'est retrouvé avec un certain dilemme entre les mains. Il devait notamment évaluer les suggestions de six mois moins un jour suggérées par la défense et des 12 mois recommandés par la Couronne.
« La question en litige est quelle peine imposer à un gentil monsieur, mais qui est un multirécidiviste de l'alcool au volant ? L'homme est un actif pour la société et est père de famille. Le soir de son arrestation, l'accusé a dit aux policiers qu'ils faisaient un bon travail. Et ce n'était pas sarcastique », indique le juge Lortie.
« Cela démontre que ce type de criminalité peut toucher toutes les couches de la société. Dans la sentence, je tiens compte du plaidoyer de culpabilité et je dois aussi tenir compte des décisions de la Cour d'appel du Québec qui dit qu'il faut des peines de dénonciation et de dissuasion pour les cas des multirécidivistes de l'alcool au volant », ajoute le magistrat.
Le juge a donc imposé une peine de neuf mois de prison et une interdiction de conduire de cinq années.
Il faut dire que Robin Perron a déjà été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies en 1987, 1988, 1994 et 2000. La dernière fois, il avait fait 90 jours de prison en discontinu et avait été deux années sans pouvoir conduire.
Sachant qu'une peine d'emprisonnement ferme l'attendait, Perron a pris une entente avec son employeur afin de ne pas perdre son emploi de foreur. Surtout qu'il est à quelques années de la retraite.
« J'ai demandé une peine de six mois moins un jour, car il fallait une peine plus importante que la dernière fois. Mon client s'était entendu avec son employeur pour prendre un sans solde de six mois. Ça va lui coûter 20 000 $. Je pense qu'il fallait tenir compte du fait qu'il avait été 17 ans sans revenir devant le tribunal », a indiqué Me Julien Boulianne.
Me Sébastien Vallée, de la Couronne, mentionne que le Code criminel canadien a été amendé à quelques reprises pour durcir les peines.
« Dans les années 70, ça coûtait 100 $ pour une faculté affaiblie. Mais depuis, il y a eu une évolution importante dans le domaine. La société ne tolère plus les conduites avec les facultés affaiblies », a indiqué Me Vallée.