Yves-Francois Blanchet, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe.
Yves-Francois Blanchet, Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe.

Le Bloc québécois songe à l’après-coronavirus

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pris connaissance des préoccupations de la région à l’occasion d’une tournée virtuelle qu’il a effectuée jeudi en discutant avec des élus de la MRC du Fjord-du-Saguenay, de Saguenay et de la Chambre de commerce de Saguenay-Le-Fjord, un exercice qui devrait amener la formation politique à formuler un programme post-COVID-19.

De son bureau de Shawinigan, M. Blanchet dit avoir ressenti l’incertitude que la pandémie crée chez les intervenants touristiques du territoire de la MRC de même que dans le secteur forestier.

« Nous sommes dans un contexte unique qui demande patience et solidarité. Les gens se demandent ça va être quoi le lendemain de la pandémie. Est-ce qu’on l’aura échappé dans le secteur du tourisme et de l’économie en général ? », se demande M. Blanchet.

Tourisme

Il constate que le secteur récréotouristique est très complexe et englobe le monde du spectacle, les activités d’écotourisme, la présentation de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, etc. « J’ai demandé à mon collègue Maxime Blanchette-Joncas de préparer un diagnostic afin de savoir si les programmes mis en place font le travail pour assurer une pérennité des entreprises et des OBNL et une bonne circulation à l’intérieur du marché touristique du Québec. »

Il devient évident, selon le chef du Bloc, que des secteurs doivent rouvrir, à l’exception des festivals qui ne pourront réunir sur un même site des milliers de spectateurs.

Les entretiens tenus avec les représentants de la Chambre de commerce de Saguenay-Le Fjord lui ont permis de constater moins d’inquiétude qu’ailleurs au Québec en raison d’un certain maintien du niveau d’activité industrielle. Le principal point d’interrogation demeure le comportement des étudiants, cet été, dans le contexte où ils pourront toucher 1250 $ mensuellement alors que les besoins de main-d’oeuvre dans certains secteurs comme l’agriculture seront criants.

Dette

À ceux qui s’inquiètent que le Canada et le Québec vivent actuellement sur la « carte de crédit » avec des programmes d’aide totalisant 300 G$, M. Blanchet rappelle que tous les pays aux prises avec la pandémie ont dû utiliser la planche à billets afin de protéger leur propre fiscalité future en évitant le maximum de faillites d’entreprises et de citoyens.

Dans ce contexte, l’équipe régionale du Bloc Québécois travaille à la réalisation d’une étude dont l’objectif sera d’apporter une nouvelle vision du secteur de la foresterie afin de créer des emplois en innovation et en diversification.

Avec un carnet de projets de 16 G$, dont quelques centaines de millions dans le secteur de l’aluminium, M. Blanchet est sûr que ce dernier secteur profitera de la relance économique à venir.

Critiques

M. Blanchet a décoché quelques flèches à l’endroit du gouvernement Trudeau dans la crise actuelle en déplorant qu’Ottawa n’ait pas encore annoncé un programme d’aide pour les aînés de 65 ans et plus, une strate qui représente 19 % de la population du Québec. « Je suis censé parler au premier ministre ce soir (jeudi). Mon but n’est pas de dire que le gouvernement n’est pas bon, mais que les Québécois reçoivent les meilleurs outils pour eux. »

Quant aux commentaires émis jeudi par M. Trudeau sur le recours du premier ministre François Legault pour l’utilisation de troupes militaires dans les CHSLD du Québec, M. Blanchet estime que les Québécois n’ont pas à être gênés, d’autant plus qu’ils contribuent par leurs impôts et taxes à financer l’armée canadienne. Il a conclu que par le passé, les Québécois ont su apprécier les services rendus par les militaires, entre autres à l’occasion des inondations de l’an dernier.