Les candidats bloquistes, Alexis Brunelle-Duceppe, Valérie Tremblay et Mario Simard, ont dévoilé leur plateforme régionale. Ils étaient accompagnés du député péquiste Sylvain Gaudreault, qui a officiellement appuyé les candidats.

Le Bloc propose l’Indice boréal

Le Canada, et surtout la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme terre d’accueil au reboisement planétaire ? C’est ce que proposent les candidats du Bloc québécois (BQ) dans la région.

La plantation d’arbres serait actuellement la meilleure solution aux changements climatiques, selon une étude suisse dévoilée au cours de l’été. Les chercheurs ont estimé que 205 gigatonnes de carbone pourraient être stockées grâce à 900 millions d’hectares de forêts supplémentaires (1000 milliards d’arbres). Ce qui représente les deux tiers de tout le carbone émis dans l’atmosphère par l’activité humaine depuis la révolution industrielle. Seuls six pays peuvent accueillir ces nouvelles plantations, dont le Canada.

Ce sont notamment ces conclusions qui ont inspiré le candidat bloquiste dans Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, l’instigateur de cette idée. Une idée reprise par la plateforme nationale de la formation politique autrefois dirigée par son père.

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Une première

Plusieurs pays font du reboisement une priorité. Mais aucun élu n’avait encore offert son territoire à d’autres nations. Appelée l’Indice boréal, cette création du Bloc permettrait aux différents pays de réduire leurs émissions de GES en plantant des arbres ici, où le savoir-faire se trouve.

« Ce n’est pas tous les pays qui peuvent planter des arbres sur leur territoire. Mais ceux-ci doivent participer à l’effort de réduction. Ils seront alors tentés par cette solution qui est volontaire », lance le candidat jeannois.

« Ici, nous avons le territoire, la main-d’œuvre qualifiée, les pépinières, les entreprises. On demeure un des meilleurs endroits au monde pour offrir cette solution », ajoute Alexis Brunelle-Duceppe.

Les pays invités à planter des arbres ne payeraient pas le même prix. Le Bloc suggère de moduler les tarifs en fonction du PIB, permettant ainsi aux pays moins riches de faire leur part.

Les candidats bloquistes se montrent confiants de faire accepter cette idée à la Chambre des communes. « Nos idées sont inattaquables au niveau de la logique environnementale et de la logique économique », lance la candidate dans Chicoutimi–Le Fjord, Valérie Tremblay, qui a également proposé de faire modifier la loi sur le ministère des Travaux publics afin de favoriser les projets de construction en bois.

Les candidats proposent également la création d’une grappe en économie verte dans la région, en finançant notamment davantage l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) dans ses recherches. « Au pays, les fonds publics octroyés pour la recherche scientifique sont concentrés dans une quinzaine de grandes universités, alors que la moitié des chercheurs universitaires évoluent dans des universités de petite ou de moyenne taille. Il faut revoir cette façon de faire et mieux distribuer les fonds. Il a d’ailleurs été démontré que les résultats ne sont pas à la hauteur de ce que cette poignée d’universités reçoit », plaide pour sa part le candidat dans Jonquière, Mario Simard.

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À PROPOS DE LÉTUDE

L’étude suisse a été réalisée par des chercheurs de Crowther Lab, un laboratoire associé à l’ETH, une université de Zurich. Selon les scientifiques, spécialisés en génétique, cartographie, biologie et climat, la plantation doit débuter maintenant, car l’espace disponible devrait rétrécir de 220 millions d’hectares d’ici 2050, principalement dans les milieux tropicaux. Il faudra également attendre quelques dizaines d’années avant que les arbres atteignent leur plein potentiel de stockage.

Deux bonnes raisons pour planter rapidement alertent les chercheurs. L’Australie, la Russie, les États-Unis, le Brésil, la Chine et le Canada sont les pays en mesure d’accueillir une plantation massive. Cette étude, précisons-le, ne fait pas consensus dans le monde scientifique. Certaines voix se sont levées en martelant que de stopper les émissions de GES liées à la production de pétrole et de gaz demeure la meilleure solution pour lutter contre les changements climatiques.