Le Bas-Saguenay réclame le maintien du bureau de la SAAQ à La Baie

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les municipalités du Bas-Saguenay réclament de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qu’elle procède au lancement d’un appel d’offres afin de recruter le plus tôt possible un nouveau mandataire pour exploiter le bureau de La Baie. Saint-Félix d’Otis est même prête à opérer elle-même un tel bureau.

La tenue des assemblées mensuelles virtuelles des assemblées des conseils municipaux, lundi, à Petit-Saguenay, L’Anse-Saint-Jean, Rivière-Éternité et Saint-Félix d’Otis, a été l’occasion pour les élus d’exprimer leur volonté de maintenir ce service de proximité alors que des résolutions abordant le sujet ont été adoptées dans chaque municipalité.

Rappelons qu’à partir de mercredi, 6 mai, le mandataire installé sur la rue Victoria à La Baie est fermé à la suite de l’avis d’intention émis par Groupe Performance Stratégique et l’homme d’affaires Roger Boivin de ne plus exploiter le bureau qui complète 40 000 transactions annuellement.

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme Lafrance, l’auteur de la résolution modèle, n’est pas du tout d’accord avec la décision de la SAAQ qui a déjà exprimé son intention de ne pas aller en appel d’offres sous le prétexte de la période de pandémie.

M. Lafrance affirme que la fermeture du mandataire baieriverain oblige les citoyens du Bas-Saguenay à se déplacer à Jonquière non seulement pour les transactions reliées aux automobiles, mais également pour le renouvellement des photographies des cartes d’assurance-maladie. « Aller à Jonquière pour ces transactions, on est quasiment aussi bien d’aller à Baie-Saint-Paul », affirme-t-il.

Il ajoute que les besoins ne seront pas comblés avec la fermeture définitive du bureau baieriverain. « On pense que c’est le pire moment pour couper les services. Ils (la SAAQ) se protègent avec la pandémie. On ne se laissera pas fermer les services parce qu’on est en pandémie », tranche-t-il.

Le maire de Rivière-Éternité, Rémi Gagné, partage la même opinion et n’est pas d’accord avec la fermeture, d’autant plus que le Bas-Saguenay a déjà perdu des services de proximité dans le passé.

À L’Anse-Saint-Jean, le maire Lucien Martel se souvient qu’à titre de membre du conseil de la Caisse populaire, cette dernière offrait le service et qu’il n’était pas rentable, d’où la décision de cesser les activités. Les citoyens du Bas-Saguenay avaient accepté que le service soit offert à La Baie. Cette fois, il n’est pas question d’accepter une nouvelle centralisation du service vers Jonquière.

À Saint-Félix d’Otis, les élus ont inclus dans leur résolution la possibilité que la municipalité exploite elle-même le bureau advenant le cas où personne ne démontre de l’intérêt.

François Tremblay

Le député de Dubuc, François Tremblay, n’a pas l’intention d’accepter la fermeture du bureau baieriverain de la SAAQ. En entrevue au Quotidien, il affirme avoir écrit une lettre à son collègue et ministre des Transports, François Bonnardel, afin d’assurer le maintien du service. D’autres démarches ont été effectuées par son bureau auprès de la SAAQ.

« J’ai eu un contact direct avec les gens de la SAAQ et on m’a demandé s’il y avait des mandataires potentiels pour prendre la relève », explique-t-il.

Depuis que M. Boivin a annoncé dans Le Quotidien l’arrêt des opérations, le député affirme avoir reçu sept appels de mandataires potentiels intéressés à offrir le service. L’un d’eux est un organisme communautaire qui serait intéressé à offrir un plateau de travail dans le cadre d’un projet d’économie sociale. Le nouveau mandataire pourrait loger dans un centre commercial ou près de Service Québec, situé à proximité. Selon lui, peu importe le lieu, l’important aux yeux de la SAAQ est que le milieu démontre une volonté de maintenir le service à la population de La Baie et du Bas-Saguenay.

« Le maintien du service est la première de mes priorités. Je demande à la SAAQ de me déléguer un chargé de projet qui va travailler avec les mandataires potentiels. On veut un nouveau mandataire le plus rapidement possible », conclut-il.

Du côté de Saguenay, le conseiller du secteur, Raynald Simard, est entièrement d’accord pour revendiquer le maintien du service d’autant plus qu’il répond grandement aux besoins de la population de La Baie et du Bas-Saguenay, mais aussi à ceux de Chicoutimi et Chicoutimi-Nord. « C’est un service de proximité extraordinaire qui crée de l’achalandage à La Baie. Des gens sont venus ici pour la première fois et ont découvert La Baie. »

M. Simard prépare actuellement avec la greffière une résolution d’appui au maintien du service qui devrait faire l’unanimité lors d’une prochaine assemblée spéciale du conseil municipal.