L'ambulancière Dany Thibeault a fait part de ses conditions de travail au député de Dubuc Serge Simard. Les paramédics du Bas-Saguenay souhaitent l'abolition des horaires 7-14 qui les obligent à être disponibles 24 heures sur 24, sept jours consécutifs.

Le Bas-Saguenay appuie ses paramédics

Les municipalités du Bas-Saguenay ont adopté des résolutions pour appuyer leurs paramédics qui revendiquent l'abolition des horaires de faction 7-14. Les ambulanciers ont rencontré Serge Simard, lundi matin, afin de lui remettre les documents et lui faire part de leurs conditions de travail.
Serge Simard a échangé avec le groupe devant ses bureaux de La Baie pendant une quinzaine de minutes. Le député de Dubuc a prêté une oreille attentive tout au long de la rencontre. 
Le Syndicat des paramédics Saguenay-Lac-Saint-Jean-Nord FSSS-CSN avait en main les résolutions d'appui des municipalités du Bas-Saguenay. Les sept membres réunis pour remettre les documents ont profité de l'occasion pour sensibiliser le député de Dubuc à leurs conditions de travail. 
« Je vous entends. Je vais faire ce que vous attendez de moi. Je vais parler au ministre Barrette », a assuré Serge Simard en fin de rencontre. 
Revendications
Les paramédics du Bas-Saguenay, qui sont sans contrat de travail depuis trois ans, revendiquent des horaires de travail mieux adaptés. Ils souhaitent que le ministre Gaétan Barrette soit sensibilisé à leur situation et espèrent que leurs revendications soient entendues à l'Assemblée nationale.
« Pour nous, la question des horaires est un point tournant, affirme Martin Harvey, président du syndicat. Quand les horaires de faction ont été instaurés en 1988, ça devait être temporaire. Si on n'a pas réglé les horaires de faction, on ne pourra pas régler le reste. Il y a moyen de s'entendre pour améliorer tout ça, mais pour ça, il faut s'asseoir et parler », a-t-il affirmé. 
« Ça fait trois ans que ça traîne. Personne ne remet le ministre Gaétan Barrette à sa place. J'espère que cette fois, les bons messages vont se rendre. On espère que tu puisses te lever et dire que ça n'a plus de bon sens », a affirmé Martin Harvey au député. 
Les paramédics du Bas-Saguenay composent actuellement avec des horaires de faction. Ils travaillent 24 heures sur 24 pendant sept jours consécutifs. 
Contrairement aux ambulanciers, qui attendent les appels dans l'ambulance, les paramédics peuvent être à la maison ou ailleurs, mais doivent être prêts à intervenir en tout temps. À chacune de leurs interventions, quelques minutes sont toutefois nécessaires afin qu'ils se rendent à l'ambulance. 
Chaque minute compte
Selon les paramédics, les personnes qui habitent les secteurs desservis par des ambulanciers avec des horaires de faction sont pénalisées. Les délais d'interventions sont plus longs et les ambulanciers plus fatigués.
« Au Bas-Saguenay, les gens ont droit aux mêmes services qu'ailleurs », soutient Martin Harvey. 
« Lorsque quelqu'un fait un arrêt cardiaque, chaque minute qui passe diminue ses chances d'être réanimé de 10 %. Ça peut prendre jusqu'à 25 minutes se rendre sur place », renchérit l'ambulancière Alice Lavoie. 
La jeune femme de 22 ans tenait aussi à souligner qu'elle n'accepterait jamais les conditions de travail de ses collègues du Bas-Saguenay. « J'ai remplacé à temps plein pendant deux semaines, cet été. Je ne serais jamais capable de faire ça tout le temps. S'il y avait un poste, je le refuserais. »
Ses propos viennent confirmer ceux de Martin Harvey. « La relève est là, mais elle n'endurera pas ces conditions de travail. »
Témoignage
Dany Thibeault et son conjoint, Robin Tremblay, tous deux ambulanciers depuis 33 ans, ont témoigné de leur situation. 
« Un horaire de 24 heures par jour, ce n'est pas bon pour la santé. On est des intervenants de première ligne. On doit être là à 100 %, mais on est fatigués. On dort avec la radio à côté de l'oreille. On est des êtres humains. Je me demande pourquoi ces horaires existent encore. Je ne peux pas croire que le ministre de la Santé tolère ces horaires qui nous rendent malades », a affirmé l'ambulancière. 
« Qui accepterait de travailler 24 heures et d'être payé 12 heures. C'est un non-sens », a renchéri l'ambulancier Jean-Philippe Gauthier. 
Une dizaine de paramédics se partagent la tâche dans le Bas-Saguenay.