Le directeur général d’Élysis, Vincent Christ, explique que la technologie développée par l’entreprise, qui compte entre autres pour actionnaires Rio Tinto, Alcoa et Investissement Québec, est une fierté, puisqu’il est rare qu’un procédé industriel permette le mariage entre économie et environnement.

Le « Saint Graal » de l’aluminium

Faire connaître les projets du secteur minier : voilà le but de l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM), qui organisait jeudi une conférence où le directeur général d’Élysis, Vincent Christ, était invité.

Professionnel de recherche au Centre d’études sur les ressources minérales (CERM) à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et membre de l’ICM, Christian Tremblay explique que l’institut a pour but de faire connaître le secteur des mines au grand public à l’aide d’activités comme la conférence, où il est possible de réseauter et d’obtenir de l’information.

« Il faut faire connaître le secteur des mines, il faut faire connaître les projets, plaide M. Tremblay. On en a besoin des mines. » Le chercheur cite le téléphone cellulaire comme exemple des besoins en ressources minières.

« Un cellulaire, ça prend la moitié du tableau périodique, en termes d’éléments, pour le fabriquer. Ça prend du verre, ça prend des métaux rares, ça prend du lithium, nommez-en. Il y a beaucoup d’or, du palladium. Il y a entre 3,5 et 4 milliards de téléphones cellulaires en circulation dans le monde, et la durée de vie des téléphones c’est de 30 mois. »

Pour Christian Tremblay, pas de doute que l’industrie minière est un élément clef de la transition énergétique. « Actuellement, on entend beaucoup parler de transition énergétique et c’est effectivement quelque chose qu’il faut regarder, envisager. Il faut se préparer à ça. Mais dans la transition énergétique, peut-être qu’on va se passer du pétrole, mais on va avoir besoin d’autres métaux, d’autres substances, pour assurer cette transition énergétique. Si on veut fabriquer des panneaux solaires, ça prend toutes sortes de composantes, si on veut fabriquer plus d’autos électriques, il faut construire des batteries, et ça, il faut le réaliser. Si on veut garder notre niveau de vie et qu’on veut faire une transition énergétique sans créer le chaos, il faut se préparer, il faut faire ça par étape et, surtout, il faut trouver les métaux dont on va avoir besoin pour assurer notre transition énergétique. »

Élysis et l’environnement

Christian Tremblay rappelle que la réduction n’est pas la seule option pour résoudre la problématique de l’émission de gaz à effet de serre (GES). « Il y a des projets de recherches qui travaillent beaucoup sur la captation de CO2. Oui, on peut réduire nos émissions, si on peut le faire il faut le faire, mais ce n’est pas la seule solution. »

La compagnie Élysis, une coentreprise créée par Rio Tinto et Alcoa, est justement un exemple de ce type de solutions. Élysis veut notamment développer un procédé d’électrolyse permettant non seulement d’éliminer les GES émis lors de la production d’aluminium, mais aussi de produire de l’oxygène.

Pour Vincent Christ, directeur de la compagnie et conférencier à la soirée, la technologie développée par Élysis est le « Saint Graal » de l’aluminium. « Il n’y a pas de gaz à effet de serre, les coûts de production sont moindres, si un jour il y a une taxe CO2, il n’y en aura pas parce qu’on n’en produit pas, et puis en plus, puisque c’est un procédé qui produit de l’oxygène, il y a de fortes chances que ça attire une prime. »

M. Christ parle également d’une fierté, puisque « ce n’est pas tous les jours qu’on arrive à marier l’environnement avec l’aspect économique. » « Ça, c’est assez unique, c’est l’aspect le plus unique, ajoute-t-il, parce qu’il y a plein d’autres recherches qui se font sur la décarbonisation du produit ou du procédé, c’est faisable, mais à quel coût économique ? Et pour nous, c’est l’inverse, on ne vise pas que l’environnement devienne un coût économique, mais un avantage compétitif, parce qu’on a des avantages au niveau des coûts de production. »