L’avenir québécois des robots volants

Au cours des prochaines années, on verra de plus en plus de drones survoler l’espace aérien du Québec pour une foule d’application. L’événement TECH DEMO présenté à Alma par le Centre d’excellence sur les drones (CED) au cours des derniers jours a permis de voir à quoi pourrait ressembler l’avenir des vols sans pilotes dans la belle province.

« Les robots volants ont un potentiel énorme en agriculture, en foresterie ou encore pour la surveillance du réseau électrique », a souligné Charles Vidal, ingénieur chercheur pour le Conseil national de recherche du Canada (CNRC), lors du TECH DEMO. Mais pour y arriver, la réglementation devra permettre des vols hors de la portée visuelle.

« Aujourd’hui, pour faire voler un drone de manière légale, il doit y avoir un observateur au sol pour toute la durée de la mission, question de ne pas frapper un avion, un hélicoptère, un fil électrique ou toute autre structure », explique ce dernier, qui croit que cette béquille restreint le plein potentiel d’utilisation des drones.

Toutefois, le développement des technologies de détection automatique d’aéronefs, des systèmes de longue portée avec des liens radios beaucoup plus solides ainsi que des systèmes antigivrage, permettent d’envisager que les vols hors de portée visuelle seront bientôt possibles. « Un centre comme celui que l’on retrouve à Alma est un espace aérien où il est possible d’activer des restrictions aériennes pour faire des tests de vols en toute sécurité, avant de déployer ces technologies à grande échelle », note le chercheur du CNRC.

Des tests de vols hors de portée visuelle offerts par le CED permettront de développer l’expertise localement pour faire l’inspection des berges et du réseau hydroélectrique québécois, remarque pour sa part Marc Moffat, le directeur général du CED.

À court et à moyen terme, les robots volants ne vont pas remplacer l’utilisation des avions et des hélicoptères, croit Charles Vidal, mais leur utilisation permettra de rendre des tâches risquées ou répétitives plus efficaces. Par exemple, des drones pourraient être utilisés pour faire la patrouille des glaces sur le Saint-Laurent en hiver de manière plus sécuritaire, cite-t-il en exemple. D’ici quelques années, les robots volants pourront même être équipés de petits outils pour faire des travaux de réparation sur les ponts, les viaducs, ou les voies ferrées, ajoute ce dernier.

En foresterie, les drones permettront aussi de faire des inventaires de manière beaucoup plus efficace.

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UNE COMPÉTITION DE DRONES À ALMA EN MAI

Près de 150 étudiants en provenance de 15 universités canadiennes participeront à une importante compétition étudiante du 3 au 5 mai 2019. Leur défi : développer une solution pour faire l’inspection d’une ferme de panneau solaire. Pour se faire, ils devront réaliser une cartographie du site hors de portée visuelle, en faisant une inspection détaillée pour déterminer quels sont les dommages précis, et par la suite déployer des marqueurs pour identifier ces bris, détaille Charles Vidal, ingénieur chercheur pour le Conseil national de recherche du Canada (CNRC). « C’est une tâche difficile, car les étudiants doivent développer des systèmes de génie logiciel, électrique et mécanique, pour développer leur prototype pendant toute l’année scolaire », explique-t-il. La compétition de mai 2019 sera le point culminant de leur projet où ils pourront tester leurs aptitudes lors d’une compétition contre les autres universités canadiennes.