Le premier ministre Philippe Couillard voit l’intelligence artificielle comme un domaine d’avenir pour le milieu de la recherche québécois.

L’avenir passe par l’intelligence artificielle

En matière d’intelligence artificielle, le premier ministre québécois Philippe Couillard estime que le Québec « a une parole utile à donner » pour le développement de cette technologie dans ses aspects social et éthique.

Invité d’honneur du 86e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), M. Couillard a pris la parole, lundi, lors de la soirée d’ouverture, à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Le politicien a souligné l’importance de « rejeter la pensée unique », alors que l’événement se déroule sous le thème de « célébrer la pensée libre ».

Celui qui est aussi ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean assure qu’il compte le réseau de l’Université du Québec, créé il y a 50 ans, comme un des grands actifs de la province. « Il fait l’envie de plusieurs, mentionne-t-il. [...] Parce qu’on a plus de moyens maintenant, il faut réfléchir encore plus à la façon de les utiliser. »

Le premier ministre suggère la piste de l’intelligence artificielle, domaine dans lequel le Québec a pris une longueur d’avance, selon lui, mais où il peut facilement se faire rattraper par les pays aux ressources financières plus grandes. « C’est une explosion de changements », croit Philippe Couillard. 

Les établissements d’enseignement supérieur en région peuvent à son avis contribuer à appliquer l’intelligence artificielle dans des domaines comme la foresterie et l’agriculture. Les hommes de sciences ont aussi « une grande responsabilité » pour transmettre leurs connaissances à la population, afin que le progrès technologique ne devienne pas une source supplémentaire de conflits dans la société.

La présence de M. Couillard a été saluée par la rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, et la présidente de l’ACFAS, Lyne Sauvageau, qui y voient là « le reflet de l’importance que le gouvernement accorde à la recherche ». La ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a décrit son chef comme « le plus grand défenseur de l’enseignement supérieur en région ». Certaines personnes dans l’assemblée, composée de chercheurs toujours en quête de subventions, ne semblaient pas tout à fait convaincues. Une femme s’est levée pour interpeller le premier ministre, mais elle n’a pas pu poser sa question à ce moment. La nomination de Mme David au ministère de l’Enseignement supérieur est d’ailleurs vue « comme un baume sur une plaie » encore récente par la rectrice Nicole Bouchard.

Pari audacieux

Signe que la libre pensée était réellement au rendez-vous, l’UQAC a convié le clown noir Diogène pour la deuxième partie des allocutions. Le choix du personnage philosophe, pour suivre les discours de Philippe Couillard et d’Hélène David, a de quoi faire sourire quand on pense que la troupe de théâtre est bien connue au Saguenay pour son humour grinçant et pour critiquer, entre autres, les décisions culturelles du gouvernement.

+ Le MAGE-UQAC rencontre Couillard

Le Mouvement des associations générales étudiantes de l’UQAC (MAGE-UQAC) est reconnaissant d’avoir pu rencontrer le premier ministre Philippe Couillard lundi après-midi, mais se désole que le chef du Parti libéral n’ait pas « voulu prendre position sur plusieurs sujets prioritaires pour la communauté étudiante ».

Le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) d’Énergie Saguenay, la rémunération des stages des étudiantes et étudiants, le salaire minimum à 15 $ de l’heure, le financement des universités en région, le cadre règlementaire sur les hydrocarbures et le projet Accès libre faisaient partie des préoccupations.

« Ce fut une belle expérience pour notre nouvel exécutif, qui vient tout juste d’entrer en poste », mentionne par voie de communiqué le président du MAGE-UQAC, Keven Desgagné.

M. Couillard était invité dans le cadre du projet de « Conférence des chefs » de l’association étudiante, qui vise à connaître les positions sur divers enjeux des chefs des quatre grands partis politiques du Québec.