La caserne de Saint-Gédéon est l’une des infrastructures menacées.
La caserne de Saint-Gédéon est l’une des infrastructures menacées.

L’avenir des casernes de Lac-Saint-Jean-Est incertain

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Quel est l’avenir des casernes de pompiers des municipalités de Saint-Bruno, d’Hébertville-Station, d’Hébertville, de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, de Saint-Gédéon et de Desbiens ? La réponse est toujours inconnue alors que la Régie intermunicipale de sécurité incendie du secteur Sud (RISISS) évalue quatre scénarios allant de deux à quatre casernes complètes sur le territoire. La rumeur voulant que seules les casernes d’Hébertville et du secteur Métabetchouan conservent des camions de pompier n’a pas été confirmée par le comité. Chose certaine, les sept casernes ne pourront pas toutes poursuivre leurs activités.

Le maire d’Hébertville-Station et président de la RISISS, Réal Côté, reconnaît qu’il s’agit d’un dossier délicat et de longue haleine. « Il faut analyser les scénarios de A à Z. Il y a des gens qui ont des inquiétudes. Nous travaillons à ce que les gens se sentent en sécurité. C’est la base de nos discussions », a-t-il confié, lors d’un entretien avec Le Quotidien.

Sans vouloir trop s’avancer, M. Côté mentionne que la fermeture de certaines casernes est inévitable. « Nous avons sept casernes. C’est impossible. Il n’y en aura pas sept. On travaille les scénarios. Est-ce que ce sera deux ou quatre ? Il faudra vendre notre idée à la population », mentionne l’élu, qui assure ne pas avoir l’intention de « jouer avec la sécurité des gens ».

Métabetchouan conserverait ses camions de pompier, selon les informations qui circulent.

Le président de la RISISS ajoute que l’implantation de casernes satellites est également considérée dans les divers scénarios évalués.

Inquiétude

L’inquiétude se fait sentir auprès de certaines personnes. Des pompiers volontaires de Saint-Gédéon se sont notamment présentés, lundi, à la séance ordinaire du conseil municipal de Saint-Gédéon afin de tenter d’en savoir plus. L’un des pompiers a confié au Quotidien qu’il craignait l’alourdissement du temps d’intervention ainsi que des conséquences advenant une fermeture de route en période hivernale.


« C’est impossible. Il n’y en aura pas sept. »
Réal Côté

De son côté, le maire de la municipalité, Émile Hudon, préfère attendre la décision finale. « La Régie intermunicipale est en train de regarder qu’est-ce qu’on va faire, combien on va garder de casernes. Il y a différentes alternatives, mais aucune décision de prise. Je les ai rassurés en disant qu’il n’y a rien présentement. Quand ça sera le temps, on va présenter (le scénario) à la population », a-t-il mentionné.

Même s’il concède que l’option priorisée, en ce moment, est celle de camions placés dans le secteur de Métabetchouan et d’Hébertville, M. Hudon rappelle qu’aucune décision n’a encore été prise. « C’est vraiment de minimiser les impacts sur notre territoire. C’est ce qui est important », conclut-il.

Le maire de Saint-Bruno, François Claveau, et le maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, André Fortin, ont préféré s’abstenir de commenter le dossier, rappelant que Réal Côté était le porte-parole des municipalités dans ce dossier.

La municipalité de Saint-Bruno pourrait être privée de caserne, selon le scénario retenu.

Le maire de Desbiens, Nicolas Martel, semble faire cavalier seul. L’élu ne cache pas son désaccord quant au scénario envisagé et qui rimerait avec la fermeture de la caserne de sa municipalité.

Plus tôt cette semaine, il a de nouveau affirmé au Quotidien que Desbiens aurait bel et bien une caserne et qu’il s’agissait d’une certitude « à 300 % ».

2 M $ à Hébertville

La municipalité d’Hébertville est la moins à risque dans cette analyse alors qu’elle pilote un projet de construction d’une nouvelle caserne de pompier.

Un règlement d’emprunt de plus de 2 millions de dollars a d’ailleurs été adopté en août dernier.

À la même époque, le maire de la municipalité, Marc Richard, confirmait que le nouveau bâtiment de la rue Commerciale allait répondre au nouveau schéma de couverture de risques en sécurité incendie.

Manque de relève

Le choix des casernes à maintenir n’est pas l’unique préoccupation de la RISISS. La relève est également au coeur du problème. « Notre gros problème, c’est que même si on met des casernes et des camions, on n’a pas de relève. On n’a plus de monde. Ce n’était pas un problème qui existait il y a deux ou trois ans. C’est un problème qui est arrivé comme un cheveu sur la soupe », raconte Réal Côté.