La rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, entourée des vice-recteurs Réal Daignault et Alexandre Cloutier, ne cache pas que l’avenir repose sur la volonté gouvernementale d’assurer sa présence pour les années à venir.

L’avenir de l'UQAC dépend de la volonté des gouvernements [VIDÉO]

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) pourrait bien célébrer son 100e anniversaire dans 50 ans, mais tout dépendra de la volonté des gouvernements québécois et du désir de la région de maintenir sa maison d’enseignement supérieur.

La rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, et les vice-recteurs Alexandre Cloutier et Réal Daigneault ont souligné le 50e anniversaire de l’institution au Cercle de presse du Saguenay, qui célèbre aussi son demi-siècle d’existence.

Mme Bouchard croit que l’UQAC arrivera à son 100e anniversaire, mais ajoute que ce n’est pas gagné d’avance.

« Nous nous sommes aussi posé la question. Le réseau de l’Université du Québec est un réseau inachevé, car il s’agit d’une œuvre politique inachevée. Nous devrons jouer un rôle de leader pour nous questionner collectivement comme région et pour établir nos besoins », de dire la rectrice.

« Il y a une réflexion à faire. C’est à notre réseau universitaire d’y travailler, tout en impliquant les gens de la région. Sans la reconnaissance de la spécificité des universités en région, sans la reconnaissance de leur apport à l’économie et sans la reconnaissance concrète d’un financement bonifié, ça va être difficile », estime Mme Bouchard.

Mission accomplie

Cette dernière ne sait donc pas où en sera le réseau dans les prochaines années, mais pense que l’UQAC a réalisé de grandes choses depuis sa création et devrait pouvoir surprendre encore le milieu.

Selon Mme Bouchard, avec toutes les réalisations régionales et les défis relevés, les dirigeants de l’UQAC, passés et présents, peuvent dire mission accomplie.

L’arrivée des universités en région a dérangé l’ordre des maisons d’enseignement bien établies. Au départ, l’UQAC ne pouvait développer de cycles supérieurs et ne pouvait miser sur la recherche.

« Mais c’était sous-estimer l’audace des gens des régions. Huit années plus tard, nous avons développé une maîtrise en géologie. Et 10 années après, c’était un doctorat. Dans tous les champs, nous nous sommes dotés de maîtrises et de doctorats. Et c’est parce que nous avons transgressé les interdits. Dans ces cas, ce fut porteur et ça explique notre croissance. Nos enseignants ne voulaient pas être des profs de seconde zone », de poursuivre la rectrice Bouchard.

Cette dernière précise aussi que l’UQAC est parvenue à développer des créneaux qui ont été sculptés à même les besoins de la région, comme l’aluminium, le bois et la forêt ou le plein air.

Nicole Bouchard croit que l’enfant a bien grandi et a fait son entrée dans l’âge adulte. Il doit maintenant continuer son développement.

« L’UQAC n’a que 50 ans. C’est encore jeune. Elle a des défis de persévérance, de développement, de maturité. Les signes sont bons. Mais ça ne se fera pas sans la vitalité de la région. Nous sommes nés du désir de la région et nous allons vivre de ce même désir », conclut la rectrice.

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RECRUTEMENT: UNE TÂCHE ARDUE

Les dirigeants de l’UQAC redoubleront d’efforts dans les années à venir afin d’attirer la clientèle vers l’un de ses 216 programmes d’enseignement. En raison de la baisse démographique et de la pénurie de main-d’oeuvre, la tâche s’annonce ardue.

En 2019, l’université compte 6700 étudiants, 231 enseignants et 344 employés dans ses 18 pavillons.

Il y a 50 ans, l’UQAC comptait 857 étudiants, 104 professeurs, 85 autres travailleurs et 31 programmes.

Le développement a été fulgurant. À son 50e anniversaire, l’UQAC compte 56 000 diplômés et bénéficie de 16 millions $ en programme de recherche.

« Mais nous avons stagné, au cours des trois dernières décennies, en nombre d’étudiants. Nous avions 7200 étudiants en 1989. Nous en avons entre 6500 et 6700 depuis 1999, dont environ 1200 étudiants internationaux », explique la rectrice Nicole Bouchard.

En raison de l’importance des étudiants étrangers, l’UQAC a l’intention d’y poursuivre son recrutement, mais entend aussi y aller d’un effort supplémentaire auprès des jeunes de la région et des régions avoisinantes.

« La population étudiante, c’est le défi de l’avenir. On peut expliquer la stagnation des inscriptions par la démographie, mais il n’y a pas que ça. »

« Nous avons noté une faille dans notre croissance au niveau du recrutement des gens de la région et de tout le Québec. Nous devons redevenir attractifs, un phare », précise la rectrice.

Alexandre Cloutier, vice-recteur aux partenariats et secrétaire général, indique d’ailleurs que l’UQAC mènera deux consultations à Saguenay et au Lac-Saint-Jean afin de bien connaître les besoins du milieu et de la communauté pour la formation traditionnelle et continue.

Concernant l’impact de la problématique de la main-d’oeuvre sur le recrutement des étudiants, la rectrice confirme que ça peut nuire.

« Ça joue négativement. C’est un élément dans le tableau complexe. Le fait que les jeunes de secondaires IV et V soient attirés vers le marché du travail, ça a des impacts. On veut jouer un rôle de leader pour les attirer vers l’université », indique Mme Bouchard.

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JEAN BRIAND ENGAGÉ SELON «UN PROCESSUS NORMAL»

L’embauche, à titre contractuel, de Jean Briand, auprès du vice-recteur Alexandre Cloutier, fait l’objet d’une plainte auprès du Protecteur du citoyen.

Le Comité de mobilisation de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), le COMO, revient sur la décision prise en octobre dernier de recruter l’ex-attaché de presse de M. Cloutier à l’époque où il était député de Lac-Saint-Jean.

« Jean Briand a été embauché à titre d’employé contractuel pour participer à la mise sur pied des activités de partenariat du nouveau vice-rectorat (aux partenariats et secrétaire général) et accompagner le vice-recteur dans la mise en place d’une structure de fonctionnement pour le développement du secteur », écrit-on dans le communiqué.

« Cette embauche a été réalisée sans comité de sélection. Elle nous semble problématique. M. Briand a été l’ancien attaché de presse de M. Cloutier et il semble que ça porte flan au Code d’éthique et de déontologie de l’UQAC », poursuit-on.

Le COMO aurait voulu déposer la plainte auprès du groupe à l’université qui s’occupe du processus de divulgation d’actes répréhensibles, mais la personne responsable est l’objet de la plainte. 

Aucune faute

Les dirigeants de l’UQAC sont au courant de la situation et en ont brièvement discuté mercredi matin. 

« Il n’y a rien d’autre à dire, si ce n’est que nous avons respecté le processus normal », a mentionné Alexandre Cloutier.

La rectrice Nicole Bouchard ne s’en fait pas outre mesure avec la plainte, estimant que l’UQAC n’a rien à se reprocher.

« Nous n’avons absolument pas dérogé aux règles. Ce n’est pas la première fois que l’UQAC embauche des gens. Il y a tout un concours de circonstances. De notre côté, nous avons toujours la même réaction. Nous travaillons à visage découvert, en transparence et nous espérons que ça se fasse comme ça de l’autre côté », a conclu la rectrice.