André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi, a promu la nécessité d’innover dans le secteur de l’éducation devant une trentaine de membres de la Chambre de commerce Saguenay–Le Fjord.

L’avenir de l’enseignement doit passer par l’innovation, selon le directeur général du Cégep de Chicoutimi

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ».

C’est avec cette citation d’Albert Einstein que le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, a conclu une conférence non traditionnelle donnée lors du dernier déjeuner de l’année 2019 organisée par la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le-Fjord.

Abordant le thème de l’innovation et du développement des compétences, M. Gobeil a rappelé que pendant sa carrière, il a œuvré durant plusieurs années dans cette filière en étant à l’origine de la fondation d’un centre de formation spécialisé dans la taille de diamants, en œuvrant en imagerie numérique chez Ubisoft en plus de travailler pour une entreprise de production d’électricité à partir d’éoliennes au Bas-Saint-Laurent.

Il s’est par la suite appuyé sur un extrait vidéo du fondateur du site chinois Alibaba, Jac Mana, dans lequel ce dernier affirme qu’après avoir transféré pendant des siècles des connaissances apprises par cœur via les écoles, il est maintenant temps de se consacrer au développement des compétences, ce qui implique la mise à profit des valeurs de la communauté, de collaboration et de la créativité des individus. « Êtes-vous du type Sears ou Amazon ? Au début d’Amazon, avec son site de vente en ligne, Sears affirmait qu’il ne s’agissait que d’une petite vague, que les gens auraient toujours besoin de magasins à grande surface pour acheter leurs vêtements et leurs souliers. Aujourd’hui, Amazon fait des milliards $ tandis que Sears a fait faillite », affirme M. Gobeil.

Le même défi touche le monde de l’éducation, qui doit faire face, lui aussi, à de grands changements, alors que des sites comme LinkedIn sont en mesure d’offrir des milliers d’heures de formation en français.

Une clientèle mobile

Les cégeps n’ont plus la même clientèle étudiante qu’à leurs débuts. En 2019, les étudiants travaillent davantage, se déplacent en automobile, effectuent un quart de travail entre deux cours et paient leur téléphone mobile, tout en subissant une plus grande anxiété générale. Il en va de même pour les technologies alors que la pellicule photographique, le fax, les clubs vidéo et les ordinateurs Mammouth sont depuis longtemps choses du passé.

Parmi les nombreuses formules innovatrices à appliquer en gestion des organisations, M. Gobeil a cité l’analyse FFOM (forces, faiblesses, opportunités et menaces), laquelle permet de comprendre d’une manière structurée ce qui se passe sur le terrain et d’identifier des opportunités et des menaces.

« J’ai demandé aux étudiants de me donner quelles étaient les forces et les faiblesses du Cégep de Chicoutimi. J’ai eu droit à des surprises lorsqu’on m’a dit que l’une des forces était la gentillesse et la bienveillance des dames qui travaillent à la cafétéria. Parmi les menaces, on m’a dit qu’il n’y avait pas assez d’espaces de stationnement malgré tous les efforts déployés par la Société de transport du Saguenay. »

Le directeur du cégep a également discuté de la mise en application de la méthodologie du laboratoire vivant, un écosystème où le cégep met à contribution Écobes, l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et des organismes divers pour développer une approche visant à garder dans la région les étudiants finissants. Il a fait un survol également des approches School as Services, dans laquelle l’école met à profit ses équipements au service de la population et des entreprises, de Fast Start, pour former des travailleurs en entreprises, de Design Thinking, pour le développement de nouveaux services pour clientèles ciblées.

Le club Asimov, le Formateur.com et Couguars E-Sport font partie de la panoplie d’initiatives innovatrices mises de l’avant par son institution d’enseignement.