L’architecte de Chicoutimi Daniel Paiement s’intéresse au dossier de la Maison Bossé.

L’avenir de l’édifice Gauthier Bédard à préserver

Le dossier de la démolition de la Maison Bossé intéresse l’architecte Daniel Paiement. Ce dernier croit que les autorités municipales devraient davantage se préoccuper de l’avenir de l’immeuble Gauthier Bédard en adoptant des mesures de protection strictes pour cet édifice qui a renfermé jadis une succursale de la Banque Nationale et le Guiness Pub.

Invité à commenter la décision prise par le conseil municipal autorisant la démolition de la Maison Bossé, M. Paiement en a long à dire sur les dossiers de protection du patrimoine bâti à Saguenay. « Dans les années 90, j’ai fait des inventaires un peu partout au Saguenay, mais mes documents sont demeurés lettres mortes », commente-t-il d’entrée de jeu.

Au sujet de la Maison Bossé, l’architecte croit qu’il faut distinguer l’intérêt historique et l’aspect patrimonial du bâtiment érigé il y a 150 ans par le notaire Ovide Bossé, fondateur de la commission scolaire de l’époque.

Sur l’aspect patrimonial du bâtiment, M. Paiement rappelle que du point de vue du ministère de la Culture, il faut que le bâtiment soit l’exemplaire unique d’un style d’architecture dans la région ou au Québec, ce qui n’est pas le cas. « C’est une maison d’esprit québécois. Elle n’est pas dans un état original puisqu’il y a eu rajout d’annexes, restauration des fenêtres. Ce n’est pas une maison exceptionnelle. Je me serais davantage battu bec et ongles pour la Maison Crevier qui a été démolie elle aussi », affirme-t-il.

Le fait qu’elle soit maintenant enclavée par le Manoir Champlain ajoute à la perte d’intérêt.

Selon lui, les autorités municipales et la population devraient être davantage pro-actifs et préventifs puisqu’il craint que la prochaine étape du développement au centre-ville pour assurer l’expansion du Manoir Champlain soit l’acquisition et la démolition de l’édifice abritant la firme Gauthier Bédard, ce qui serait une catastrophe pour le secteur. « Je crois qu’il serait temps pour la ville de réactiver un inventaire du patrimoine bâti et par la suite imposer des règles strictes sur ce que l’on veut conserver pour le futur.»

Mobilisation

En ce qui a trait à la Maison Bossé, M. Paiement croit c’est à la population et à ceux qui désirent la conserver de se mobiliser puisque les nouveaux propriétaires se disent prêts à la donner pour la faire déménager. Les terrains ne manquent pas dans le centre-ville et il croit qu’un déménagement ne serait pas si coûteux étant donné que certaines parties du bâtiment devraient être abandonnées, selon lui.

M. Paiement rappelle que des exemples de sauvetages ne manquent pas dans la région. À La Baie, il y a une trentaine d’années, une mobilisation a eu lieu pour déménager et sauver trois maisons à toitures mansardées dans le secteur du restaurant L’Opia. L’ex-galeriste Claude Simard, aujourd’hui décédé, avait entrepris une action exceptionnelle, selon M. Paiement, en déménageant l’ex-presbytère de Saint-Bruno à Larouche avec l’intention de le transformer en hôtel.

« Je pleure la Maison Bossé, mais je pleure encore plus la démolition de l’église Notre-Dame-de-Fatima à Jonquière. Vous ne pouvez imaginer l’intérêt mondial pour ce bâtiment. C’était un bâtiment unique au monde issu d’une conception avant-gardiste qui aurait eu le potentiel d’attirer bien plus de touristes et de croisiéristes que de leur montrer la cathédrale à Chicoutimi.»

Il conclut en affirmant que les autorités doivent miser pour conserver les joyaux et l’originalité du style architectural.