Suzanne Tremblay a, dans les 18 dernières années, accueilli plus de 30 étudiants chez elle, en plus de permettre à des centaines de jeunes de partir du Québec pour vivre une expérience d’étude à l’extérieur du pays.

L’autre côté de la médaille

Le courage de partir ne vient pas seulement des jeunes. Selon Justine Massé, les parents qui laissent partir leurs enfants à l’étranger démontrent énormément de courage aussi. « Il y a aussi le courage d’ouvrir ta maison et d’accueillir un jeune en échange. Tu sais un peu qui va s’établir chez toi, mais tu ne le connais pas vraiment avant qu’il arrive », explique-t-elle. Sa famille a accueilli deux étudiants en échange, un Brésilien et un Suédois.

Suzanne Tremblay a travaillé pendant 18 ans dans le domaine.Elle accompagnait des étudiants qui souhaitaient partir et s’occupaient de ceux qui venaient vivre au Lac-Saint-Jean. « J’ai accueilli moi-même 32 étudiants dans ma maison, et plusieurs centaines ont pu quitter le pays pour vivre de merveilleuses expériences », raconte-t-elle. Mme Tremblay explique que chaque étudiant a laissé une trace chez elle. « Ils viennent ici vivre une année formidable. Ils deviennent des adultes responsables et autonomes sous nos yeux. Ils retirent énormément de cette expérience, mais nous aussi, qui les voyons vieillir au quotidien. C’est un véritable partage humain et culturel. C’est très puissant. »

Ce n’est pas toujours facile d’avoir un étranger à la maison. « Parfois, on doit imposer des choses, des règlements. Ce n’est pas tout le monde qui est habitué de faire son lavage et de s’occuper de certaines tâches ménagères. J’ai déjà eu un jeune qui avait une bonne avant de venir chez moi. C’est un grand choc pour certains », se remémore la dame. Elle a accueilli son premier étudiant en 1991, un jeune homme du Brésil. « Aujourd’hui, il est citoyen canadien et vit dans le coin de Montréal avec sa famille. On se voit de temps en temps », ajoute-t-elle avec un sourire.

Richard Renaud a accueilli environ dix étudiants d’origines différentes, dans les dernières années.

L’impact que ce voyage a sur les familles est grand. L’enseignant de français au secondaire Richard Renaud a accueilli une dizaine d’étudiants au cours des dernières années. « Ça forme la jeunesse un voyage comme ça. Les jeunes grandissent et évoluent et nous aussi, en même temps qu’eux. C’est vraiment un échange. Ils apprennent autant de moi, que moi d’eux. »

Selon lui, une expérience similaire devrait être obligatoire pour tous les jeunes de cet âge. « Il n’est pas nécessaire de partir loin, juste d’aller voir ailleurs. C’est tellement formateur, tu en ressors grandi. Ça fait réaliser à quel point on est gâté et ça remet plein de choses en perspective », conclut-il.