L’autocueillette en vedette cet été

Mariane Guay
Le Quotidien
En raison du printemps tardif, des périodes de grande chaleur connues à la fin du mois de mai et du froid de la dernière semaine, il est encore difficile de se prononcer sur la saison des récoltes. Néanmoins, une chose est certaine : la population pourra se « bourrer la fraise » dans les champs des producteurs régionaux, car l’autocueillette sera possible cet été.

« Je pense que c’est bien parti pour les semences, mais l’avenir nous le dira », a lancé la directrice régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Saguenay–Lac-Saint-Jean, Lise Tremblay, après avoir souligné son inquiétude par rapport aux températures sous le point de congélation enregistrées dans le Haut-du-Lac dans les derniers jours.

La copropriétaire de Délices du Lac-Saint-Jean et de l’Économusée du bleuet sauvage à Albanel, au Lac-Saint-Jean, Émilie Gaudreault, reconnaît que la situation peut être préoccupante pour les bleuetières, mais elle ne s’en fait pas outre mesure, parce que la floraison des bleuets n’était pas complètement entamée.

« Effectivement, la période de floraison a été atteinte dans la dernière semaine, mais les fleurs n’étaient pas encore sorties pour une grande partie des producteurs. Donc, ça ne devrait pas être si dramatique », a-t-elle indiqué.

À la ferme Nelson Paradis de Saint-Prime, où les fraises sont reines, on s’attend à une belle saison, bien qu’un peu plus tardive qu’à l’habitude, en raison du printemps qui s’est fait attendre.

« Nous avons des conditions difficiles ce printemps. Avec temps frais en général et l’épisode de chaleur de la semaine dernière, la végétation n’avance pas rapidement présentement », a expliqué le propriétaire Nelson Paradis.

Selon son estimation, les petits fruits rouges seront prêts pour la cueillette aux alentours du 8 au 10 juillet, ce qui est légèrement retardé par rapport à la normale, laquelle se situe dans les premiers jours du mois.

« Il est encore tôt pour le dire, au mois de juin, comme ça, mais ça sent bon pour les récoltes », a pour sa part exprimé le président du Domaine Le Cageot, Pierre-Philippe Tremblay.

Pendant la période des framboises, vers la fin du mois de juillet et le début du mois d’août, il sera possible de s’adonner à l’autocueillette au Domaine Le Cageot, vignoble artisanal situé à Jonquière. Le secteur a été épargné par le gel hivernal. M. Tremblay est donc optimiste d’entamer les récoltes dans la troisième semaine de juillet.

Guide sanitaire

L’autocueillette sera donc possible, cet été, et les trois producteurs interrogés par Le Progrès ont déjà prévu le coup. Évidemment, les mesures de distanciation physique seront appliquées, ainsi que le lavage des mains. Les producteurs ont d’ailleurs reçu un guide de la santé publique afin de procéder à la cueillette de façon sécuritaire.

Chacun estime que la récolte dans les champs sera facilement réalisable dans le contexte actuel, puisqu’il s’agit d’une activité extérieure, avec beaucoup d’espace et peu de contacts les uns avec les autres.

Difficile de savoir toutefois si l’autocueillette sera plus ou moins prisée par la population cet été, mais Pierre-Philippe Tremblay, du Domaine Le Cageot croit que la situation entourant la COVID-19 pourrait entraîner une hausse de la clientèle.

« J’aurais tendance à dire que oui, qu’il pourrait y avoir une hausse de l’achalandage, parce que les gens sont dans la région et sortiront peut-être moins qu’avant, alors ils cherchent des activités qui se passent ici. »