Le chef du département de psychiatrie au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Dr Laurent Coulloudon, espère que des mesures seront prises pour aider son équipe à aller chercher de la relève.

Laurent Coulloudon lance un cri du cœur pour recruter des psychiatres

Le Dr Laurent Coulloudon, chef du département de psychiatrie pour le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, lance un cri du cœur. Il demande aux institutions de les aider à recruter des psychiatres dans la région, alors qu’ils sont présentement à 44 % d’effectifs. En effet, à Saguenay, sur les dix postes comblés, ils sont seulement sept qui travaillent à temps plein et il reste toujours six postes vacants.

Dans l’ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur les 26 postes de psychiatres disponibles, seulement 16 sont comblés. Ces 10 postes manquants représentent le quart du besoin en psychiatrie au Québec, qui compte environ 40 postes à combler. Du côté de la pédopsychiatrie, seulement 50 % des postes ont trouvé preneurs dans la région. Ces statistiques proviennent du Plan des effectifs médicaux du Québec (PEM), qui calcule les besoins de médecins dans les différentes régions de la province.

Depuis plusieurs années, le département de psychiatrie de la région redouble d’efforts pour recruter de la relève, sans succès. « Le département est inquiet. On fait des pieds et des mains, mais il ne doit pas y avoir que nous qui faisons des efforts », a-t-il indiqué. Des médecins prévoient de prendre leur retraite prochainement, ce qui cause un stress sur le département.

Mais le psychiatre ne se veut pas alarmiste. « On a un très bon service à la population, mais on ne pourra pas garder la cadence, parce que ça s’accumule. On a peur que les gens se retrouvent davantage à l’urgence ou qu’il y ait plus de délais pour la prise en charge. »

Le chef du département de psychiatrie au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Dr Laurent Coulloudon, espère que des mesures seront prises pour aider son équipe à aller chercher de la relève.

Selon le Dr Coulloudon, plusieurs facteurs viennent défavoriser la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Par exemple, le fait que les médecins puissent maintenant pratiquer la psychiatrie au privé et être payés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) décourage certains médecins à quitter les grands centres pour venir en région. « Avant, les gens s’en allaient en région parce qu’ils n’avaient pas le choix d’avoir un poste pour pratiquer. Maintenant, ils n’ont plus cette obligation », a-t-il admis.

Ces derniers travaillent de façon indépendante de l’hôpital. Dr Coulloudon se questionne sur l’importance de leur autonomie professionnelle face à leur responsabilité sociale, alors que le professionnel aimerait davantage collaborer avec eux et partager certaines tâches.

Des solutions pour pallier le manque

Afin de payer leurs salaires, des millions de plus seraient attribués aux soins en santé mentale, si dix psychiatres arrivaient dans la région prochainement. Dr Coulloudon aimerait que cet argent serve à aider le département afin de pallier le manque. « Vu qu’ils ne sont pas là, on n’a pas le droit à cet argent-là. On pourrait la prendre pour embaucher des psychologues, des travailleurs sociaux ou des infirmiers praticiens. C’est problématique parce qu’on n’a pas de système pour pallier ce manque », a-t-il remarqué.

Également, il considère que le meilleur moyen de recruter de futurs médecins est de les amener à découvrir la région et le département de psychiatrie. Même à ce niveau, il est difficile de recruter, parce que peu d’étudiants choisissent de venir en région éloignée. Ils sont pourtant une cinquantaine à finir le programme chaque année dans la province.

« On se questionne à savoir si les universités ne devraient pas avoir davantage de responsabilités sociales. Elles pourraient envoyer des médecins en résidence ici, pour nous rencontrer et découvrir le milieu », a avoué le docteur. Il pense par exemple à des stages obligatoires afin que des recrues viennent dans la région pour aider le département. Puisque la région a un énorme manque, il serait logique, selon lui, d’envoyer des candidats pour les aider à pallier le manque d’effectifs.

En plus, le fait que les professionnels aient plus de tâches fait en sorte qu’ils ont moins de temps pour s’impliquer dans l’éducation des futurs médecins.