Le maire de Saint-Edmond-les-Plaines, Rodrigue Cantin, serait prêt à accepter 150 000 $ pour la vente de la propriété, ce qui ramènerait de la vie dans son village.

L'Auberge des Plaines est à vendre

Le maire de Saint-Edmond-les-Plaines, Rodrigue Cantin, veut trouver preneur pour l’ancien presbytère de Val-Jalbert, qui avait été déménagé en plein cœur de son village et transformé, il y a cinq ans, en auberge.

Il serait prêt à accepter une somme de 150 000 $ pour la vente de la propriété, ce qui constitue, selon lui, une aubaine pour un promoteur de Saguenay qui voudrait par exemple acheter un établissement clé en main rénové presque entièrement de A à Z, de la toiture au restaurant, en passant par les chambres. Le cachet du presbytère a été soigneusement préservé. 

« C’est le cœur du village et on veut qu’il y ait de nouveau de la vie à cet endroit. Notre village est petit, mais vivant et les touristes aiment s’y retrouver », souligne M. Cantin. 

L’établissement hôtelier de cinq chambres et une suite a fermé ses portes en février et depuis, aucun promoteur n’a manifesté une intention sérieuse de le racheter. 

Un chiffre d’affaires satisfaisant

Pourtant, ce n’est pas le potentiel qui manque, selon la directrice générale du village, Nadia Genest. L’Auberge des Plaines avait un chiffre d’affaires annuel de 300 000 $. Il était géré par la Corporation de développement économique de la municipalité. 

Le lieu d’hébergement était devenu un endroit de prédilection pour les touristes européens, notamment parce qu’il avait de bons commentaires sur les sites de réservation en ligne. 

« En juillet et en août, c’était presque tout le temps complet. Les cyclistes avaient commencé à venir. Le restaurant aussi était populaire. Les vendredis et samedis, c’était toujours plein », assure-t-elle. 

La Véloroute des Bleuets ne passe cependant pas directement dans le village, il y a un détour de moins de 10 kilomètres à faire pour arriver à destination. 

L’auberge était même devenue un relais de motoneige grâce à la montée en popularité du Parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean, dont l’accès aux sentiers est à une dizaine de kilomètres à peine. Une piste de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec relie d’ailleurs le parc au village. 

Rodrigue Cantin compte maintenant sur la clientèle quadiste pour amener du va-et-vient chez lui. 

Des discussions sont en cours avec la Sûreté du Québec pour permettre aux utilisateurs de quads de rouler dans les rues du village, tout en respectant les règles de sécurité routière. 

« Mauvaise gestion »

Le problème, selon Mme Genest et M. Cantin, c’est que l’entreprise engageait beaucoup trop de monde : une dizaine de personnes y travaillaient à temps partiel.

« Je pense que c’est vraiment une question de mauvaise gestion. C’est un groupe de bénévoles qui travaillait sur le projet et ça peut présenter des difficultés importantes de s’occuper d’une nouvelle entreprise », croit Nadia Genest. 

La valeur marchande de la propriété est de 315 000 $ et son évaluation municipale se situe entre 150 000 et 200 000 $. 

Saint-Edmond-les-Plaines, qui a une population de moins de 400 habitants, ne compte qu’une caisse populaire Desjardins, un bureau de poste et un terrain de camping de 45 emplacements. C’est pourquoi elle souhaite attirer un promoteur pour reprendre l’auberge en main. 

« Les services d’épicerie et d’essence sont juste à côté, ça prend moins de dix minutes se rendre à Albanel ou Normandin », précise Nadia Genest.

La municipalité travaille par ailleurs sur un projet d’économusée d’héritage agricole qui devrait se concrétiser cet été.