Laterrière : aux citoyens de demander un référendum

Le projet de construction d’un édifice commercial de 7 M $ comprenant une station-service, sur le boulevard Talbot à Laterrière, continue de cheminer à Saguenay alors que les élus de Chicoutimi ont procédé à l’adoption du 2e projet de règlement, ouvrant la porte à un processus assez complexe menant à l’ouverture d’un registre et à un éventuel référendum.

Toutes les personnes intéressées assistaient à la séance régulière du conseil d’arrondissement de Chicoutimi qui s’est tenue mardi en fin d’après-midi à l’hôtel de ville de Saguenay.

Le propriétaire de Pétroles R.L., Éric Larouche, s’oppose à la venue d’un concurrent à sa station-service sur le boulevard Talbot à Laterrière.

Lors d’une période d’intervention du public, les deux opposants principaux au projet, soit les deux exploitants des stations-service existantes, ont fait part de leurs arguments. Ce fut d’abord le tour de Nutrinor, qui avait délégué son conseiller aux affaires juridiques et corporatives, Me Philippe Gauvin. Il a exposé aux élus que Nutrinor employait 700 personnes dans la région. Selon lui, le projet « met en péril les commerces et les emplois existants ». Il a ajouté que le projet proposé en 2018 « est en tous points semblable à celui de 2008 », qui avait alors été refusé dans le cadre d’un référendum. Il s’est dit en accord avec un projet qui serait complémentaire.

Le propriétaire de Pétroles R.L., Éric Larouche, a incité les conseillers municipaux à rejeter directement la demande de modification de zonage. « Vous pourriez très bien dire ‘‘On va prendre une décision et ça ne se fera pas’’. On n’est pas obligés d’avoir encore des frais avec des référendums. On peut décider que la population n’en veut pas et qu’on ne le fera pas. Le secteur est très bien desservi en matière de stations-service, de dépanneurs et de services de proximité. Je vous demande chers élus de réfléchir à ça. Vous pourriez très bien prendre cette décision-là », a conclu celui qui siège aussi à titre de représentant du tourisme au conseil d’administration de Promotion Saguenay, l’organisme de développement économique de la ville.

Le promoteur Jean-Michel Tremblay affirme qu’une étude de marché justifie l’ajout des services qu’il entend implanter.

Le promoteur Jean-Michel Tremblay a également pris le micro. Il a affirmé se baser sur une étude de marché lui disant qu’il y a de la place pour les services qu’il veut offrir, notamment une pharmacie et un service de restauration rapide.

« On respecte le plus possible les dires de l’étude. Il y a de la place pour deux pharmacies », a-t-il lancé. Il a aussi reconnu avoir approché des services existants pour qu’ils se joignent à son projet, pour leur donner l’occasion de bloquer l’arrivée d’un concurrent.

Le conseiller Michel Potvin.

Des citoyens sont également intervenus, majoritairement opposés au projet. Plusieurs craignent de voir des services quitter le village pour se retrouver le long du boulevard Talbot. Un citoyen favorable a cependant rappelé qu’historiquement des gens s’étaient élevés contre l’arrivée des centres commerciaux à Chicoutimi dans les années 60 et 70, disant qu’ils ne seraient pas rentables. Il a rappelé qu’heureusement, ils n’avaient pas été écoutés.

Un processus complexe

La suite des choses est maintenant assez complexe. Il y aura d’abord, dès le 22 novembre, la publication d’un avis public mentionnant la marche à suivre. Du 22 au 29 novembre, ce sera la période de dépôt de la demande de participation à un référendum. Si un nombre suffisant (12 personnes habiles à voter pour les zones de plus de 21, ou la moitié pour celles en bas de 21) est atteint indépendamment dans chacune des six zones visées (une principale et cinq contiguës), il y aura la signature d’un registre le 10 décembre à Laterrière. À titre d’information, si jamais toutes les zones demandent un référendum, il faudra alors 38 signatures sur les 270 votes admissibles. Le référendum éventuel aurait lieu un dimanche en janvier pour les zones qui se qualifieront. Le résultat de ce dernier sera alors contraignant.

Le conseiller aux affaires juridiques et corporatives de Nutrinor, Me Philippe Gauvin, est venu exposer l’opposition de l’entreprise.

Par contre, si aucun référendum n’est demandé, le règlement sera tout simplement adopté et le projet pourra aller de l’avant.

Selon la compréhension des règles, il sera à l’avantage du promoteur d’aller chercher des appuis de la population dans les zones contiguës pour demander un référendum. Car s’il n’y a que dans la zone principale qu’un référendum se tient, il n’y aura que cinq personnes habiles à voter, soit les cinq propriétaires du secteur. Il y aurait ainsi Nutrinor, Pétroles R.L., le Restaurant Chez Manon, la Caisse populaire Desjardins et le promoteur qui auraient droit de vote.