Le coordonnateur de LASTUCE, Sylvain Bergeron, et l’étudiante Valérie Néron, ont dénoncé mardi la manière dont Emploi Québec traite les dossiers de certaines personnes désirant suivre une formation visant à les réintégrer sur le marché du travail.
Le coordonnateur de LASTUCE, Sylvain Bergeron, et l’étudiante Valérie Néron, ont dénoncé mardi la manière dont Emploi Québec traite les dossiers de certaines personnes désirant suivre une formation visant à les réintégrer sur le marché du travail.

LASTUSE critique Emploi Québec

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le Lieu d’actions et de services travaillant dans l’unité avec les sans-emploi (LASTUSE ) Saguenay critique Emploi Québec pour la façon dont il vient en aide aux personnes souhaitant réintégrer le marché du travail.

Mardi, le coordonnateur Sylvain Bergeron a convoqué les médias afin de supporter la citoyenne Valérie Néron, de Jonquière, une dame ayant eu le statut de travailleuse autonome, qui se plaint d’être victime des méandres bureaucratiques.

La Jonquièroise, séparée de son conjoint, a bénéficié de l’aide sociale pendant un an avant d’ouvrir sa propre garderie en tant que travailleuse autonome. Après un échec dans ce projet de garderie, elle décide de retourner aux études puisqu’elle n’a complété qu’un secondaire 2. Son objectif est de devenir infirmière après avoir décroché un DEC. Elle s’inscrit donc au Centre de formation générale des adultes De La Jonquière et rencontre un agent d’Emploi Québec. En tant que mère de deux enfants, elle doit subvenir à leurs besoins, ce qui nécessite des revenus provenant de programmes, subventions, etc.

Selon sa version, l’agente d’Emploi Québec lui explique alors qu’elle ne peut recevoir d’aide financière pour son retour aux études parce qu’elle a déjà eu le statut de travailleuse autonome et qu’elle réside avec un conjoint qui n’est pas le père des enfants. Elle et lui paient à parts égales les factures mensuelles du couple, mais elle assume seule les factures pour les enfants.

Elle intervient auprès du bureau du député Sylvain Gaudreault, ce qui lui permet de toucher 45 $ par semaine pour l’achat de livres scolaires et la garde des enfants. Les paiements sont arrêtés pendant l’été et les vacances de Noël puisqu’elle n’est pas aux études. « Quand je ne suis pas à l’école, mes enfants et moi arrêtons de vivre et de manger », affirme ironiquement Mme Néron. Une discussion avec la responsable de l’école lui a permis de toucher des versements l’été dernier, des sommes qualifiées de ridiculement basses.

Pour le coordonnateur de LASTUSE, Sylvain Bergeron, le cas vécu par Mme Néron ainsi que d’autres personnes référées à son organisme démontre que des personnes pauvres voulant se tirer d’affaire doivent se battre contre un système arbitraire et discriminatoire. « La mission de Service Québec est d’aider les gens à revenir au travail. Il y a plus de critères pour refuser les gens que pour les accepter. Toutes les lois visent à rendre les personnes autonomes et à ce qu’elles deviennent actives », affirme M. Bergeron.

Selon lui, l’application des critères est à ce point devenue problématique qu’il n’intervient plus auprès des agents de service. « J’ai décidé de passer par les directions régionales. Je ne niaise plus. Je rencontre les ministres. Je vais rencontrer la ministre Laforest et je souhaiterais rencontrer le ministre du Travail, Jean Boulet, afin de tracer un portrait de situation puisque les organismes qui nous représentent au niveau national ne sont pas sur le terrain », conclut-il.