L’arrosage des glaces a débuté

L’arrosage des glaces a débuté dimanche matin à l’entrée du village de pêche blanche de Grande-Baie, une première à laquelle une dizaine de bénévoles ont pris part avec enthousiasme, malgré le froid glacial sur la baie des Ha ! Ha ! Le projet-pilote fait espérer à plusieurs un embarquement des cabanes à temps pour l’ouverture de la pêche au poisson de fond, le 13 janvier à minuit.

L’entrée du site de Grande-Baie, qui avait huit pouces d’épaisseur selon la cartographie des glaces effectuée par la firme Hydro Météo, a été le premier secteur ciblé par le projet-pilote.

L’équipe de bénévoles de Contact Nature souhaite ainsi faire épaissir la glace d’un quatre pouces additionnel, a expliqué sur place le directeur général de Contact Nature, Marc-André Galbrand.

« Ailleurs, on sait qu’il y a une moyenne de 11 pouces qui épaissit de jour en jour. Donc ce qu’on fait aujourd’hui [dimanche], c’est un déneigement et un arrosage très ciblé pour épaissir la glace à cet endroit-là, pour qu’elle puisse être à la même épaisseur qu’ailleurs, pour qu’on puisse ouvrir le village. [...] Si ce n’est pas assez épais, tout le village est compromis. »

Par la suite, d’autres secteurs pourront être ciblés à Grande-Baie, une fois qu’ils auront été déneigés. Le site de L’Anse-à-Benjamin, où la glace est en moyenne de 8 pouces d’épaisseur, fera aussi l’objet d’un arrosage ciblé.

« On va poursuivre pendant les prochains jours, selon les conditions, jusqu’au temps où les villages seront prêts », a précisé M. Galbrand, qui s’est dit assez optimiste pour l’embarquement des cabanes, à Grande-Baie, d’ici l’ouverture de la pêche au poisson de fond.

Une première

Puisqu’il s’agissait d’une première, les bénévoles présents ont été formés avant d’utiliser les deux pompes qui servaient à arroser les glaces. L’équipe compte au total une trentaine de bénévoles, qui se relaieront pendant la semaine. Contact Nature recevra deux autres pompes supplémentaires, mardi. 

Trois trous étaient creusés dans la glace du quadrilatère arrosé, où la pompe était installée avant d’être démarrée à la main. L’opération demandait de bons bras aux hommes qui l’activaient, l’équipement étant quelque peu réfractaire au travail, en raison du froid !

Les glaces qui entouraient la pompe étaient ensuite arrosées d’une fine couche d’eau. Une fois la glace figée, après environ 1 h 30, les glaces étaient à nouveau arrosées.

En fin d’avant-midi, lors du passage du Quotidien, un pouce de glace effective s’était déjà ajouté après quelques séances d’arrosage. En matinée, par un ciel dégagé et une température de -28 – d’un ressenti de -36 – les conditions étaient idéales pour l’opération.

Sous le soleil, le vent étant peu présent, les bénévoles, chaudement habillés, prenaient visiblement plaisir à la tâche, malgré tout.

« Je suis venu ici pour faire avancer les choses, au lieu de "chialer" sur Facebook ! a laissé tomber Sébastien Lavoie. On est une gang de chums, de pêcheurs, on se connaît tous ici ce matin. On a hâte d’embarquer nos cabanes. »

« À -25, ce sont des vrais ! », a lancé en riant le conseiller Martin Harvey, responsable du dossier de la pêche blanche à Saguenay, qui était venu assister aux opérations.

Rémi Aubin faisait partie de l’équipe de bénévoles, dimanche.

Selon Rémi Aubin, l’initiative va sauver la pêche blanche

«Dans les années futures, on va avoir des hivers qui vont être très doux, et l’arrosage va permettre de sauver l’industrie de la pêche blanche», a soutenu Rémi Aubin, de l’organisme Promotion Pêche, qui faisait partie de l’équipe de bénévoles, dimanche.

«On parle de plus de 5 M$ et demi en retombées économiques», a rappelé celui qui est aussi connu pour son rôle de responsable du département de chasse et de pêche à l’Accommodation des 21.

Il fonde beaucoup d’espoir dans le projet-pilote d’arrosage. En plus d’assurer la pérennité de la pêche blanche sur les glaces de La Baie, il estime que l’arrosage ciblé permettrait même d’épaissir la glace de certains secteurs, dans les années futures, afin de réserver des espaces aux cabanes de pêche les plus imposantes.

«Les gens y croient [à l’arrosage], et nous autres aussi au niveau de la Ville, on y croit», a ajouté le conseiller municipal Martin Harvey, responsable du dossier de la pêche blanche.