L’APTS lance un appel au gouvernement

L’Alliance du personnel professionnel et technique du réseau de la santé et des services sociaux (APTS) appelle le nouveau gouvernement à relever son premier défi, soit celui d’envoyer aux centres intégrés (CISSS et CIUSSS) le message clair de retourner aux tables de négociation et d’arriver, en toute bonne foi, à une entente à la satisfaction des deux parties.

C’est l’appel qu’a lancé Sylvain Sirois, représentant national de l’APTS dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, après que les employeurs de 15 CISSS et CIUSSS, où se déroulent des négociations locales avec le syndicat, se soient retirés des pourparlers. « Une négociation, ça se fait à deux, rappelle-t-il. Comment voulez-vous négocier avec quelqu’un qui se retire? », a déclaré M. Sirois.

Ce retrait massif est d’autant plus étrange, souligne l’APTS, que ces négociations relèvent de la responsabilité de chaque établissement. Il y a en effet autant de tables de négociation qu’il y a de CISSS et de CIUSSS dans le réseau. Chacun négocie indépendamment avec ses salariés les matières locales de la convention. Pareil retrait de leur part suppose donc qu’il y a eu un mot d’ordre, selon M. Sirois, et les établissements se sont concertés ou ils ont reçu une directive venant « d’en haut ».

Ces négociations locales ont été rendues nécessaires à la suite de la fusion massive des établissements en 2015. Leur échéance légale était prévue le 30 septembre dernier dans la majorité des cas. À défaut d’une entente à cette date, les parties étaient tenues de passer à l’étape de la médiation. Elles pouvaient néanmoins continuer à négocier jusqu’au début de celle-ci, ce à quoi la très grande majorité d’entre elles s’employaient activement avant ce retrait unilatéral.

« L’enjeu va bien au-delà de nos seules conditions de travail, insiste Sylvain Sirois. Le résultat de ce processus va conditionner, pour les années à venir, la qualité et l’accessibilité des services destinés à nos concitoyens. » D’autres syndicats et d’autres acteurs sociaux partagent la même analyse. C’est notamment le cas de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui a récemment dénoncé les effets indésirables engendrés par la fusion des établissements qui, souvent, éloignent les services de leurs concitoyens et entraînent des pertes d’emplois localement.