Claude Collard, président de l’Association de protection du lac Kénogami, s’oppose à la mise en application du plan spécial de récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons, lequel fait présentement l’objet d’une consultation.

L’APLK dit non au plan

Le plan spécial de récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette au sud du lac Kénogami ne passera pas comme une lettre à la poste auprès de Claude Collard, président de l’Association de protection du lac Kénogami (APLK). Il n’entend pas laisser les entreprises bûcher dans ce secteur qu’il considère comme une aire protégée projetée.

En entrevue, M. Collard reprend le bâton du pèlerin afin de protéger le secteur de la forêt Cyriac, à l’est du lac Kénogami, celle située au sud ainsi que l’aire longeant la rivière Cyriac, jusqu’à une soixantaine de kilomètres au sud.

M. Collard rappelle qu’à partir des années 90 jusqu’en 2013-2014, des discussions et des débats ont eu lieu au plan régional au sein de la défunte Conférence régionale des élus (CRÉ), afin de faire consensus vers la création d’une aire protégée dans ce secteur forestier dont le réseau hydrographique alimente la source d’eau potable de toute la ville via les rivières Chicoutimi et aux Sables.

« Ça fait 12 ans que dans le cadre de ce consensus, on tente au sein de la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TLGIRT) d’inciter le ministère de l’Environnement à bouger dans le dossier. En janvier dernier, on est allés à Québec rencontrer les fonctionnaires des Forêts pour se faire dire qu’un ministère de l’Environnement ne répond pas aux demandes de l’autre. »

Parmi les autres éléments qui s’ajoutent à son argumentation, M. Collard affirme que le territoire défini plus haut bénéficie d’une protection administrative prévue à l’article 6.3 du Plan d’aménagement forestier intégré tactique (PAFITE 2018-2023) de l’Unité 23-71. En vertu de cette protection administrative, ces zones non encore désignées légalement sont retirées de la possibilité forestière et de la planification lorsqu’elles ont franchi l’ensemble des étapes nécessaires à leur délimitation finale. M. Collard affirme qu’en vertu de la réglementation qui l’encadre, le ministère de l’Environnement a l’obligation de collaborer à la mise en place d’une aire protégée potentielle.

Or, M. Collard n’admet pas que le ministère des Forêts dépose en urgence un plan d’aménagement pour la lutte contre la tordeuse en organisant une consultation qu’il qualifie de bidon.

Il ajoute avoir rencontré la semaine dernière la mairesse de Saguenay, Josée Néron, en compagnie des conseillers Michel Potvin et Johathan Tremblay. Il leur a alors exposé le point de vue de l’APLK dans le dossier. « On est conscients qu’avec notre position, c’est une épine qu’on met au pied du ministère des Forêts. Ça fait 25 ans qu’il veut faucher cette forêt. »

Un autre intervenant qui contribue à ce que rien ne bouge, selon lui, est la MRC du Fjord-du-Saguenay qui pilote le dossier de Parc régional du lac Kénogami.

Même si les coupes seront effectuées de façon sélective, M. Collard prétend qu’il s’agit d’un cheval de Troie qui pourrait permettre aux forestières d’aller bûcher toute la forêt présente dans le futur.

Rappelant les dégâts causés par le déluge de 1996, Claude Collard souligne l’importance de conserver le couvert forestier au sud du lac Kénogami puisqu’il est de nature à absorber des pluies abondantes dans ce vaste bassin hydrographique.

+

UN PASSAGE ÉTROIT POUR GAZODUQ

Le corridor pour le passage du futur gazoduc inclut tout le sud du Lac Kénogami jusqu’à Grande-Anse.

À quinze jours des premières consultations à Saguenay pour le projet Gazoduq, prévoyant l’aménagement d’une conduite de 750 km devant relier la région de Remore en Ontario à Grande-Anse, Claude Collard, président de l’APLK, croit qu’Énergie Saguenay devra limiter le corridor de passage entre le secteur ouest du lac Kénogami et la plaine d’Hébertville.

Participant la semaine dernière à l’une des séances d’information technique organisée par Énergie Saguenay sur ce projet de 4,5 G$, il a constaté sur les cartes fournies que l’entreprise a défini un corridor incluant le territoire au sud du Lac Kénogami incluant la forêt Cyriac, le Parc régional projeté et le secteur de Laterrière jusqu’aux limites de l’autoroute 70.

M. Collard affirme avoir appris de la part des promoteurs que le futur gazoduc transportera du gaz naturel de l’Ouest canadien issu d’un processus de fracturation hydraulique utilisant des millions de litres d’eau.

Un autre point d’intérêt, selon lui, est que le gazoduc d’un diamètre de 42 pouces pourrait être tout simplement bétonné à la fin de sa vie utile, mais il existe aussi la possibilité qu’il puisse être converti en pipeline pétrolier, moyennant des investissements pour convertir ou ajouter des équipements.